Le samedi 12 septembre, les Rétros du 17 ont changé de dimension. Si les passionnés se souviennent d’une première édition organisée de façon confidentielle aux Batignolles en octobre 2025, cette édition 2026 marque véritablement la naissance publique de l’événement. Installée pour la première fois avenue Carnot, à quelques mètres de l’Arc de Triomphe, dans cette perspective unique ouverte sur l’un des monuments les plus emblématiques de Paris, passionnés d’automobile, curieux et familles se sont retrouvés pour partager une journée placée sous le signe de la mécanique ancienne, de la transmission et de la convivialité.
Organisée par la Mairie du 17e arrondissement et nos amis de l’Équipe Los Amigos, cette nouvelle formule avait l’ambition de faire découvrir au plus grand nombre le patrimoine roulant. Une ambition servie par un programme varié mêlant exposition, démonstrations dynamiques, animations musicales et pour enfants.
Une première édition avenue Carnot sous le signe du patrimoine roulant
Dès la matinée, l’avenue Carnot s’est métamorphosée en un vaste musée à ciel ouvert. Les véhicules anciens et de collection ont investi l’espace, offrant aux visiteurs un voyage à travers plusieurs décennies d’histoire automobile et motocycliste. Le cadre exceptionnel du lieu apportait une dimension particulière à la manifestation, les carrosseries d’époque se détachant sur la perspective de l’Arc de Triomphe.



Mais l’esprit des Rétros du 17 ne consiste pas seulement à admirer des véhicules à l’arrêt. Fidèle à la philosophie de l’équipe Los Amigos, l’objectif demeure le même : rappeler qu’un véhicule de collection n’est pas un simple objet d’exposition mais un patrimoine vivant, conçu pour rouler et être partagé.
Parmi les animations les plus remarquées figuraient les baptêmes en side-car proposés par l’équipe du Rétro Tour. Inspirés des célèbres Ural M72, descendants des side-cars militaires de l’après-guerre, ces équipages ont offert aux visiteurs une expérience originale et dépaysante, rappelant l’âge d’or de cette forme particulière de locomotion.

Autre attraction majeure de la journée : les autobus historiques de l’AMTUIR qui proposaient des balades à travers le 17e arrondissement. Le choix des véhicules n’avait rien d’anodin. Les bénévoles avaient ressorti deux autobus emblématiques évoquant directement l’histoire des transports parisiens dans l’arrondissement. Les visiteurs pouvaient embarquer à bord d’un TN6C2 de 1934 arborant l’indice de la ligne 31 ainsi qu’à bord d’un Renault TN4HP de 1936 portant la destination de la ligne 43, deux lignes historiques qui traversent encore aujourd’hui le 17e arrondissement.

Au-delà de la simple promenade, ces balades constituaient une véritable immersion dans le Paris des années 1930, lorsque ces véhicules assuraient quotidiennement les déplacements des Parisiens.
Tandis que les animations destinées aux enfants, le foodtruck et le concert du groupe Swing Cocktail ont contribué à installer une ambiance chaleureuse et familiale tout au long de la journée.
Cette diversité d’animations a confirmé l’ambition des organisateurs : proposer un rendez-vous accessible à tous, bien au-delà du cercle des seuls passionnés de véhicules anciens.

Des voitures de compétition et des modèles d’exception
L’une des réussites de cette première édition avenue Carnot résidait dans la diversité des véhicules présentés. En quelques dizaines de mètres seulement, le visiteur pouvait passer d’une populaire française ayant accompagné le quotidien de milliers de familles à des machines de compétition ayant écrit quelques-unes des plus belles pages de l’histoire automobile.
Impossible de ne pas commencer par la barquette D.B de l’Équipe Los Amigos. Ce petit prototype français, fruit du travail de Charles Deutsch et René Bonnet, rappelle les grandes heures de l’indice de performance aux 24 Heures du Mans. Son palmarès demeure impressionnant avec ses victoires à l’indice de performance lors des éditions 1960 et 1961, démontrant qu’intelligence technique et légèreté pouvaient rivaliser avec des voitures beaucoup plus puissantes.

À ses côtés, l’Alfa Romeo TZ2 attirait tous les regards. Avec sa carrosserie sculptée par Zagato et son impressionnant pedigree sportif, elle incarnait le raffinement et la performance à l’italienne. Rare sur les rassemblements, sa présence constituait l’un des moments forts de l’exposition.
L’Alfa Romeo GTA représentait quant à elle l’âge d’or du tourisme sportif des années 1960. Les amateurs de sportives ne s’y trompaient pas non plus devant les deux Porsche 911 présentes sur l’exposition, tandis qu’une spectaculaire Ferrari Testarossa apportait une touche de rêve venue des années 1980.




Le patrimoine automobile français largement représenté
Les constructeurs français occupaient une place de choix. Plus rare encore, une magnifique Bugatti Type 40 permettait de remonter aux origines de l’automobile sportive française et rappelait le génie de Molsheim.

Marque trop rare sur les évènements, une magnifique Mathis EMY6 Cabriolet comptait parmi les vedettes de la journée. Véritable symbole du savoir-faire d’Émile Mathis, elle rappelait qu’avant-guerre la marque strasbourgeoise figurait parmi les principaux constructeurs français. La remarquable Panhard 6CS X68 incarnait quant à elle l’élégance et l’audace technique du constructeur doyen de l’automobile française.
Les passionnés de Citroën pouvaient admirer un remarquable ensemble composé d’une rare Traction Avant 7C faux-cabriolet, d’une Traction 11BL et d’une imposante Traction 15/6. Quatre Citroën DS, une 2CV et une Visa complétaient ce panorama particulièrement représentatif de l’histoire de la marque aux chevrons.



Parmi les voitures les plus appréciées des connaisseurs figuraient également plusieurs créations de Charles Deutch, René Bonnet et Matra : une Coach D.B. HBR5, un cabriolet D.B. Le Mans, trois Djet René Bonnet et Matra ainsi qu’une Matra 530. Un ensemble particulièrement cohérent qui permettait de retracer une partie de l’aventure des petites sportives françaises qui ont souvent fait résonner la marseillaise sur les circuits.
Renault était également à l’honneur avec une 4CV et une Dauphine. Enfin, les Peugeot 404 et 504 représentaient deux des plus grandes réussites populaires du constructeur sochalien.




De l’élégance britannique aux V8 américains
Les amateurs de voitures de grand tourisme trouvaient également leur bonheur avec deux prestigieuses Facel Vega, une FV2 et une HK500. Ambassadrices du luxe automobile français, elles comptaient parmi les voitures les plus photographiées de l’événement.
Une élégante AC Aceca et une Jaguar Type E illustraient quant à elles le meilleur de la production britannique d’après-guerre. Trois MG et deux Austin Mini venaient rappeler que le Royaume-Uni a également joué un rôle majeur dans l’histoire de l’automobile populaire et sportive.
La présence de cinq Ford Mustang offrait un contraste saisissant avec les productions européennes. Le célèbre pony-car américain était accompagné d’un imposant Ford F100 qui apportait une touche typiquement outre-Atlantique à l’exposition.
Une BMW 728i représentait pour sa part l’école allemande des grandes routières des années 1970 et 1980. Un buggy Volkswagen complétait ce panorama éclectique en évoquant l’esprit de liberté et de loisirs qui a marqué les années 1960 et 1970.







Les motos également au rendez-vous
Le patrimoine motocycliste était lui aussi représenté avec une belle diversité de machines. Les visiteurs pouvaient ainsi découvrir des motos Ducati, Moto Guzzi et Honda, mais également des marques plus rares aujourd’hui comme Monet-Goyon, Velocette ou Terrot.
Parmi elles, une Terrot 125 ayant participé aux tentatives de records de vitesse de Bonneville suscitait un intérêt tout particulier, rappelant que l’histoire des deux-roues ne se limite pas aux routes européennes mais s’écrit aussi sur les immenses étendues salées de l’Utah.


Le mot de l’organisation
Avec cette première édition avenue Carnot, l’ambition de l’Équipe Los Amigos et de la Mairie du 17e était de faire franchir un nouveau cap aux Rétros du 17. Le choix de ce site prestigieux répondait à une double volonté : mettre en valeur le patrimoine roulant dans un cadre exceptionnel, au cœur de Paris, et ouvrir davantage l’événement au grand public.
Cette édition a également confirmé un principe cher aux organisateurs : préserver l’histoire automobile passe avant tout par sa transmission. En permettant aux visiteurs, aux enfants d’approcher les véhicules, d’échanger avec leurs propriétaires et de voir les mécaniques évoluer, les Rétros du 17 contribuent à faire vivre un patrimoine technique, industriel et humain qui mérite d’être partagé avec toutes les générations et pas uniquement les passionnés d’automobiles.

Paris retrouve le goût de l’automobile ancienne
Cette première édition organisée avenue Carnot marque sans aucun doute une étape importante dans l’évolution des Rétros du 17. Porté par un cadre exceptionnel et une programmation mêlant exposition, démonstrations et animations pour tous les publics, l’événement a démontré qu’il était possible de faire découvrir le patrimoine roulant au cœur même de la capitale.
Le temps d’une journée, automobiles, motos, autobus et side-cars ont ainsi rappelé que l’histoire des transports ne se lit pas uniquement dans les livres ou les musées : elle continue de s’écrire sur la route, au contact du public. Et, sous le regard de l’Arc de Triomphe, cette première avenue Carnot avait assurément un parfum de rendez-vous appelé à s’inscrire durablement dans le paysage parisien.
Quelques Chiffres : plus de 50 autos, 10 motos, 2 bus avec plus de 700 personnes transportées, 4 sides-car avec près de 100 baptêmes et plus de 2500 sourires tout au long de la journée.
Texte Xavier S. & crédits photos : Etilopi et Charles Cohen Boyer pour Mairie du 17e







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