Au volant de la D.B HBR4 victorieuse du Mans 1960-61

Au volant de la D.B HBR4 victorieuse du Mans 1960-61
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Au volant de la D.B HBR4 victorieuse du Mans 1960-61
Vincenthttp://autodantanmag.canalblog.com/
Etudiant et passionné d'automobiles , il commence en 2011 en écrivant "Auto d'Antan", une revue amateur sur les voitures anciennes. Trois ans plus tard il se lance sur la blogosphère puis rejoint l'équipe de News d'Anciennes en 2016 . Il partage la route avec sa Motobécane N40T et de son Vélosolex 3800.

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Il y a un an, en juin 2020, je vous faisais découvrir l’histoire de cette D.B HBR4. Une barquette qui remporta l’Indice de Performance aux 24h du Mans en 1960 et 1961. Nous devions la retrouver cette semaine pour l’édition 2021 du Mans Classic. Malheureusement, en raison du report de l’événement, il faudra attendre une année supplémentaire. Pour vous aider à patienter, je vais vous partager mon expérience à bord de cette voiture chargée d’histoire. Alors installez-vous bien au fond de votre baquet, mettez votre casque, vos lunettes et préparez-vous à faire vrombir le moteur de cette D.B HBR4. En piste !

L’histoire de la D.B HBR4 #1091

Avant toute chose, il convient de revenir aux origines de cette voiture. Pour cela, il faut retourner en 1936. Date à laquelle les deux français Charles Deutsch et René Bonnet créent les Automobiles D.B. Ensemble, ils fabriquent un prototype qu’ils engagent en compétition. Au fil des courses, la voiture est améliorée et plusieurs modèles se succèdent.

Peu après la guerre, Charles Deutsch et René Bonnet se lancent dans la production artisanale de modèles en petite série. Ces automobiles sportives et légères sont motorisées par une mécanique Panhard et assemblées dans un petit atelier à Champigny-sur-Marne. En parallèle, les deux hommes continuent de faire courir leurs autos et prototypes sur les plus grands circuits de l’époque. Les petites D.B y démontrent toute leur ingéniosité et décrochent nombre de victoires de classe. La marque comptera même cinq victoires à l’Indice de Performance lors des 24h du Mans (1954, 1956, 1959, 1960 et 1961).

Ce prix tient compte de la moyenne horaire réalisée en course, rapportée à la cylindrée et la masse de la voiture. Il favorise l’engagement des petits constructeurs et leur permet de bénéficier de la même récompense qu’une victoire au classement général. Une catégorie où les D.B excellent grâce à des moteurs de petites cylindrée et une recherche perpétuelle de la réduction des masses. Une philosophie plus qu’actuelle…

Evidement, ces succès ne sont pas seulement le fruit d’automobiles aux mécaniques bien conçues. Elles découlent aussi du talent et de la vaillance des hommes qui les pilotent. En 1954, René Bonnet fait la rencontre de Gérard Laureau. Très vite, ce-dernier fait ses preuves et devient pilote pour l’écurie D.B. Il remporte une première fois l’Indice de Performance lors des 24h du Mans en 1956. Puis il réitère l’exploit en 1960 et 1961 au volant la D.B HBR4 portant le numéro de châssis #1091.

Cette voiture est l’une des trois dernières barquettes fabriquées par D.B en 1959. L’année suivante, l’une d’entre elles, la #1092, se voit équipée d’un toit. Elle sera alors surnommée “la vitrine”. La dernière de cette série porte le numéro #1093. Elle est aujourd’hui la propriété de l’ACO et est exposée au musée des 24h du Mans. Ces prototypes de course seront les plus aboutis de l’ère D.B. Une nouvelle génération lui succèdera en 1962 lors de la séparation de Charles Deutsch et René Bonnet. Ce dernier créera une nouvelle marque à son nom et choisira de s’orienter vers des automobiles à moteurs Renault montés en position centrale arrière.

Palmarès connu de la barquette D.B HBR4 #1091 sous l’immatriculation 3021 JB 75

EpreuveDatePilotesClassement
24h du Mans20 et 21 Juin 195947Gérard LAUREAU / Pierre CHANCELAbandon
Coupe Delamare – Debouteville à Rouen12 Juillet 195947Pierre CHANCEL10ème
2h de Clermont-Ferrand26 Juillet 19594BARTHOLONI10ème

Palmarès connu de la barquette D.B HBR4 #1091 sous l’immatriculation 1244 W 75

EpreuveDatePilotesClassement
24h du Mans25 et 26 Juin 196048Gérard LAUREAU / Paul ARMAGNAC15ème au scratch et 1er à l’Indice de Performance
Nogaro2 Octobre 196038Paul ARMAGNAC1er
12h de Sebring25 Mars 196172HANNA / Richard TOLANDAbandon
1 000 km de Nurburgring28 Mai 196151Gérard LAUREAU / Paul ARMAGNAC35ème
24h du Mans10 et 11 Juin 196153Gérard LAUREAU / Pierre BOUHARDE18ème au scratch et 1er à l’Indice de Performance
1 000 km de Paris22 Octobre 196141Gérard LAUREAU / Paul ARMAGNACAbandon
12h de Sebring196280HANNA / Richard TOLAND27ème

Pour en savoir plus sur la carrière sportive de Gérard Laureau et l’aventure mancelle de cette barquette D.B HBR4, je vous invite à lire cet article :

L’aventure continue

Antoine, un des petit fils de Gérard Laureau, a grandi bercé par les récits des exploits mécaniques de son grand-père. Avec ses amis Vincent Dursen et Xavier Seidl, ils reforment l’Equipe Los Amigos. Une association de gentlemen drivers qui courraient pour diverses écuries de l’époque et dont Gérard Laureau faisait parti.

L’objectif affiché de cette nouvelle association est simple : faire connaître de nouveau les Automobiles D.B au grand public, tout en partageant cette passion entre amis. Pour cela, en 2017 et 2019, ils participent au Tour Auto avec leur coach D.B HBR5. On retrouve aussi la petite auto bleue lors du Mans Classic en 2016. Puis en 2018, un Djet René Bonnet rejoint l’écurie pour le Mans Classic.

N’hésitez pas à les contacter en cliquant ici si vous souhaitez les soutenir dans leurs divers engagements ou si vous disposez de documents d’époque sur Gérard Laureau, René Bonnet ou D.B.

Après de longues recherches, Antoine parvient à retrouver la D.B HBR4 pilotée par son grand-père au Mans entre 1959 et 1961. En 2020, la voiture revient sur le sol français après 60 années passées aux Etats-Unis. Pour Antoine, la barquette n’est pas seulement une voiture historique, c’est un héritage familial. En ramenant la voiture, il effectue ainsi son devoir de mémoire.

« En 1959, mon père avait 17 ans et mon oncle en avait 15. Ils étaient au Mans à chaque victoire de mon grand-père. Naturellement ils ont été très émus de revoir la barquette. Aujourd’hui, mon rôle est de transmettre cette histoire à mes enfants. Alors dès que je peux, je les emmène avec moi. Ils savent que c’est une voiture de course et que c’est leur arrière-grand-père qui la pilotait. » – Antoine Laureau

Paradoxalement, cette barquette est à la fois légendaire et méconnue. Son histoire a été oubliée du grand public. De nos jours, elle n’a pas la reconnaissance dont peut bénéficier une Alfa Romeo TZ et pourtant, sa ligne et son palmarès n’ont rien à lui envier. Autrefois, les vaillantes D.B se disputaient la piste avec des automobiles dont la cylindrée était parfois deux à quatre fois supérieure : Porsche 718, Ferrari 250 GT, Aston Martin DBR1, AC Ace… Il est maintenant temps de réparer cet oubli.

Pour faire revivre cette histoire, l’Equipe Los Amigos va reprendre la fiabilisation de la voiture pour l’engager au Mans Classic et aux différentes épreuves historiques auxquelles la barquette participa jadis. Comme ils l’ont déjà fait avec leur coach HBR5, ils vont montrer à quel point ces voitures de petite cylindrée peuvent être performantes !

Bien évidemment, la barquette ne sortira seulement si les conditions sur piste ne présentent pas de risque pour elle et ses occupants. A ce propos Antoine reste humble :

« On est pas des pilotes et on a rien à gagner à prendre des risques. Ce qui compte c’est de tourner avec la voiture de mon grand-père avec laquelle il a fait sa carrière et sa renommée. La première fois que je vais prendre les Hunaudières, je pense que ce sera un grand moment pour moi. » – Antoine Laureau

Notre D.B HBR4 du jour

Lorsque je redécouvre la voiture, nous sommes cette fois-ci sur l’autodrome de Linas-Montlhéry. La D.B HBR4 intrigue. Elle dégage un réel pouvoir d’attraction. La scène parait surréaliste. La barquette apparait dans sa robe en aluminium, arborant sa teinte Bleu de France. La voiture s’intègre parfaitement au décor de l’autodrome qui a conservé son esthétique d’antan.

C’est un lieu à la fois symbolique et historique car Gérard Laureau participa aux 1000 km de Paris, sur ce même circuit, en 1960 et 1961.

« C’est une journée assez particulière pour moi. Faire revenir la voiture où elle termina sa carrière française il y a 60 ans est quelque chose de vraiment exceptionnel. » – Antoine Laureau

Contrairement à notre dernière rencontre, la barquette se présente cette fois-ci dépouillée de son arceau. Elle a retrouvé sa ligne de l’époque. La forme générale de la voiture reprend le profil inversé d’une aile d’avion. Un dessin épuré que l’on doit à Jacques Hubert.

L’aérodynamisme de la barquette D.B HBR4 a en effet été très soigné afin d’en accroître la vitesse maximale. D’ailleurs, si l’on se penche pour jeter un œil aux dessous de la belle, on observe qu’elle ne révèle presque aucun appendice mécanique. Mis à part l’échappement central et le carter d’huile, l’intégralité du soubassement est entièrement caréné et parfaitement lisse.

La caisse est elle aussi extrêmement fluide. Les phares jaunes sont directement intégrés aux ailes. Seule une légère excroissance du capot retouche le dessin de la barquette. On notera que ce relief est nettement moins prononcé et plus harmonieux que sur la Camionnette D.B. De plus, il renforce le caractère sportif de la barquette. Derrière, le pare-brise en plexiglass se compose de deux parties. Il est muni d’un essuie-glace qui s’avère aussi réglementaire que décoratif.

A l’avant, on retrouve une paire d’antibrouillards Marchal 640 de part et d’autre de la calandre. Si, si, trois barrettes verticales ça compte bien comme une calandre. Cette prise d’air centrale est vitale au refroidissement du moteur. L’air s’y engouffre avant d’être aspiré et forcé en direction du moteur grâce à un carter métallique. Enfin, l’air est expulsé à l’arrière des ailes. Mis à part ces aérations latérales, rien ne dépasse. Pas même une poignée de porte. Les roues arrières sont même carénées.

L’arrière est beaucoup plus massue et moins stylisée. Tout comme à l’avant, il intègre un équipement minimaliste : feux de routes, feux stops, réflecteurs et éclairage de plaque. Sur le dessus, la D.B HBR4 a retrouvé sa lanterne pour éclairer son numéro de course. Etonnamment, le bouchon de réservoir ne se trouve pas sur le côté mais bien au centre de la voiture. Le style avant tout !

Entrez dans la légende

Lorsque l’on ouvre la porte, on découvre un intérieur très dépouillé, légèreté oblige ! Les portes ne sont pas garnies et les longerons ainsi que leurs trous sont apparents. Le tableau de bord en aluminium est peint en noir mat pour ne pas éblouir le pilote. Le volant en bois et métal est à la fois sobre et élégant.

Côté instrumentation, on retrouve un ampèremètre, un manomètre de pression d’huile, la température d’huile et le compte tours. Seulement ? Oui, il n’y a pas de compteur de vitesse. En course, ce n’est pas l’information la plus importante. On verra cela après, au chrono.

Enfin, si vous observez bien, vous trouverez le casque et les chaussures de Gérard Laureau. Un détail chargé d’histoire et qui fait tout le charme de l’auto.

Sous le capot

L’intérêt majeur de la barquette D.B HBR4 #1091, c’est qu’elle dispose encore de son moteur du Mans. Ce dernier est un bicylindre à plat refroidi par air de 702 cm³ d’origine Panhard. Il est alimenté par deux carburateurs double corps Zénith 38 NDIX. Les données de l’époque affichent une puissance de 80 ch SAE mais pas certain que la voiture ait été passée au banc pour le vérifier… La transmission se fait aussi via une boîte Panhard mais avec un couple conique spécifique. Les amortisseurs télescopiques sont couplés à une suspension assurée par des barres de torsion pour la partie supérieure, tandis que le bas est triangulé.

La D.B HBR4 a été restaurée il y a 20 ans. Le savoir-faire de l’époque n’était pas le même et certains points ont nécessité une remise en conformité. Ce rafraîchissement a également permis d’apporter des éléments indispensables pour rouler sur route et sur piste en toute sécurité. La barquette s’équipe donc d’un coupe-circuit, d’un feu FIA, de clignotants et d’un klaxon. Les freins et le faisceau ont été refaits. Le réservoir a été changé. Il faut maintenant rouler suffisamment avec la voiture pour la fiabiliser.

Il y a un an c’était encore une voiture de musée. Mais maintenant qu’elle peut rouler, il s’avère que son moteur historique n’est pas aussi performant qu’il devrait l’être. L’objectif est de conserver au maximum l’authenticité de la voiture, tout en la faisant vivre. Pour cela, l’Equipe Los Amigos va lui préparer un nouveau moteur afin de participer à de futures compétitions. Un choix judicieux qui évitera tout risque d’endommager le moteur victorieux des 24h du Mans 1961.

Au volant de la barquette D.B HBR4 #1091

A travers leurs différents projets, Antoine, Vincent et Xavier véhiculent une énergie et une amitié très forte. Cela faisait des mois que j’attendais de les retrouver pour prendre part à leurs nouvelles aventures. Aujourd’hui, on élève encore le niveau. Je me trouve à Montlhéry, avec mes amis, en présence d’une voiture hors-normes dont je vais prendre le volant. L’émotion est intense mais je vais vite passer aux choses concrètes.

Pour cet essai, je fais mes premiers tours de roues sur l’anneau de vitesse, le temps de prendre en main la barquette. Un peu plus tard dans la journée, on file sur le routier pour réaliser le véritable essai. Je monte avec Vincent qui sera mon instructeur.

Première étape : s’installer dans la barquette. Il y a beau y avoir des portes, il faut parvenir à loger ses jambes sous la planche de bord en prenant appui sur le longeron latéral et sur les rebords du siège.

La D.B HBR4 est très basse, on est à seulement quelques centimètres du sol. Je tâte les pédales pour régler mon siège, celles-ci sont fermes et la course de l’embrayage assez longue. Une fois bien calé dans le siège, le volant est à bonne distance. La position de conduite à droite n’est pas gênante du tout, encore moins sur piste. Même en étant un petit gabarit (1m74), ma tête dépasse du pare-brise. Les lunettes sont donc indispensables pour ne pas prendre toute la traînée de la carrosserie et du pare-brise pile dans les yeux.

Maintenant, il faut suivre la procédure de démarrage. Je commence par alimenter la pompe à essence. Pied sur l’accélérateur, j’actionne la tirette de démarrage, qui vient sous ma main gauche, en donnant en même temps un léger coup de gaz pour démarrer. Le moteur s’élance avec sa sonorité si caractéristique du bicylindre à plat Panhard, à la différence que celui-ci semble plus brutal et rauque.

Je pousse la première en haut à droite et c’est parti. Le moteur Panhard requière un dosage méticuleux de l’accélérateur. Il faut accompagner la montée en régime progressivement jusqu’à 3500 tr/min avec pression linéaire sur la pédale. Une hésitation, un relâchement ou au contraire, mettre le pied dedans, feront brouter le moteur et ses remous ne feront qu’amplifier le phénomène.

C’est une mécanique dont la plage d’utilisation est assez haute et à laquelle il faut être habitué. Malgré une approche déjà expérimentée en Dyna X et en PL 17, la barquette D.B HBR4 demande une grande précision pour être pilotée convenablement.

Je lance donc le moteur sans à-coups, quitte à faire patiner un peu l’embrayage, jusqu’à ce que le bicylindre s’éveille et prenne 3500 tr/min. A partir de 4500 tr/min je peux passer la seconde. Ici, rien d’anormal, le rapport se trouve juste en dessous. La troisième se trouvera en haut à gauche. La position des vitesses n’est pas perturbante mais le maniement de la tringlerie n’est pas des plus aisés à prendre en main. Le mouvement de placement est technique mais il faut l’exécuter avec rapidité, sous peine de perdre en régime et de faire grogner le moteur.

Après un premier tour, je commence à comprendre la voiture. J’en profite pour me concentrer sur le tracé de la piste. Pour cela, je profite de la carrosserie découverte qui offre une visibilité presque totale. Un second rétroviseur permet de couvrir l’angle mort gauche. Un coup d’oeil et le champ est libre pour placer la voiture où je le souhaite.

Dans les premières courbes, je freine et je rétrograde par réflexe, bien que ce ne soit pas toujours nécessaire. Déjà parce que le frein moteur est minime et parce que la D.B HBR4 tient très bien la route. Avec un peu plus d’assurance, les roues avant attaquent fort et l’arrière suit. Finalement, je ne repasse la seconde que pour les virages serrés.

D’ailleurs, dans un formidable article de Patrice Verges sur Gérard Laureau (à découvrir en cliquant ici), ce-dernier explique qu’il ne fallait que peu freiner ou ralentir avec les D.B car la perte de régime était compliquée à rattraper et se répercutait inévitablement sur le chrono.

En sortie de virage, je repasse le point de couple à 4500 tr/min. La D.B HBR4 est si légère, qu’une fois lancée à plein régime, j’hésite à presser franchement l’accélérateur. Vincent me lance “Vas-y, appuie !”. J’accélère alors plus vigoureusement et le questionne du regard : “Encore !”. Je réussi mon passage de la seconde à la troisième. Le moteur Panhard se relance et fait “PAN-PAN-PAN-PAN !!!”. Je le sens qui se libère dans un regain d’accélération. L’aiguille du compte tour s’envole. La sensation est grisante.

Pas le temps de passer la quatre. Au virage suivant, j’élargie et plonge. Malgré la légèreté de la voiture, la direction est assez dure mais reste précise. La voiture passe partout où on l’emmène. Côté suspensions, on ressent précisément la piste sans pour autant être inconfortable. Il faut dire que le revêtement du circuit a aussi bien vécut par endroits.

Malheureusement, la journée touche à sa fin et il faut rendre le volant. Lorsque je coupe le moteur, je reste un temps assis dans la barquette, encore galvanisé. Le silence. Le retour à la réalité.

Pour Antoine, Vincent et Xavier aussi c’est une expérience forte :

« C’est aussi une grande émotion de rouler sur la même piste et au volant de la même voiture que mon grand-père. Surtout le routier, qui est un vrai circuit. Une expérience incroyable ! » – Antoine Laureau

Les héros de la piste

Evidemment, je ne suis pas pilote et le but recherché n’était pas de revivre une vraie course. Encore moins de me risquer à brusquer la mécanique d’un monument de l’Automobile ! Pourtant, conduire cette D.B HBR4 m’a fait prendre conscience de la bravoure des pilotes de l’époque. Gérard Laureau, Paul Armagnac et bien d’autres, ces hommes roulaient sur piste avec une précision et une régularité quasi parfaite.

La barquette est une voiture si légère et si fragile. Il suffit de voir l’épaisseur de l’aluminium pour comprendre à quel point on est exposé à la route. Les pilotes courraient au péril de leur vie, sans arceau, sans armure. En ligne droite, les grosses cylindrées déboulaient fort sur les D.B. Il est important de se rappeler que ce n’était pas seulement des Jaguar et des Ferrari qui faisaient la course.

Conduire une D.B HBR4

Cette voiture a été produite à seulement trois exemplaires. On ne va donc pas vous proposer un guide d’achat. Ce qui importe le plus, ce n’est pas la valeur pécunière de cette barquette mais bien ce qu’elle représente. La D.B HBR4 #1091 est un patrimoine automobile français mais aussi c’est une histoire de famille et d’amitiés.

On ne peut donc que saluer l’initiative d’Antoine et de l’Equipe Los Amigos qui ont fait revenir ce patrimoine en France. Vous pourrez bientôt vous aussi en profiter en retrouvant la barquette sur piste et peut être un jour en exposition au musée des 24h du Mans.

Conclusion

Même si sa mécanique n’est pas des plus simple à appréhender, une fois prise un main, la barquette offre un plaisir de conduite sans pareil. Sans parler de l’émotion qu’une telle histoire véhicule. La barquette D.B HBR4 #1091 est véritablement un bijou de l’Automobile, que ce soit pour son palmarès, son authenticité mais aussi pour sa technicité avant-gardiste.

Fiche Technique de la barquette D.B HBR4 #1091 de 1959 (données d’époques connues)
MécaniquePerformances
Architecture2 Cylindres à platVmax+200 km/h
Cylindrée702 cm³0 à 100 km/h?
Soupapes4Poids / Puissance5,9 kg/ch
Puissance Max80 ch SAERéservoir97 L
Couple Max?
Boîte de vitesse4 rapports manuelle

TransmissionTraction
Châssis
Position MoteurPorte à faux avant
FreinageTambours Al-fin AV et AR 
Dimensions Lxlxh365 x 150 x 97 cm
Poids 470 kg

Un immense merci à Antoine Laureau, Vincent Dursen, Xavier Seidl, Benjamin Pette, David Deroy et Jean-Luc Grizard pour leur amitié et avec qui je partage ces belles aventures D.B. Merci aussi à l’UTAC pour nous avoir permis de rouler avec émotion sur le mythique Autodrome de Linas Montlhéry.

Cet essai est dédié en hommage à Patrick Laureau, fils de Gérard Laureau et oncle d’Antoine, qui nous a malheureusement quitté le 30 avril 2021, avant de revoir la barquette sur piste.

Source concernant la carrière sportive de la barquette D.B HBR4 #1091 – “D.B 1932-1962 Les automobiles de Charles Deutsch et René Bonnet” par Alain Gaillard

Vous voulez la voir bouger ? Alors découvrez nos 4 points dédiés à cette auto :

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