Le debrief du Tour Auto 2020 par ses concurrents

Le debrief du Tour Auto 2020 par ses concurrents
Le debrief du Tour Auto 2020 par ses concurrents
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

À la une sur News d'Anciennes

Artcurial fait un carton avec la vente de la Collection André Trigano

La vente de la collection Trigano devait être une des ventes phares du printemps. Repoussée à ce dimanche 13 Septembre elle a...

Une Dauphine Gordini au Tour Auto 2020, une épreuve magique sans se ruiner !

Premiers à s'élancer en régularité, voire premiers tout court, François, Vincent, Yves et l’autre (Roger) se sont fait remarqué au volant de...

La Pommeraye Classic, Une neuvième édition de leur Montée Historique

Voilà bien longtemps que je n’avais pas fréquenté les abords d’une Course de Côte. Aujourd’hui, je retrouvais la magnifique région d’Anjou, avec...

Au volant d’une Renault 5, un plaisir simple

Une Turbo ? Non. Une R5 Alpine Turbo alors ? Non plus. Pourquoi la Renault 5 devrait-elle être sportive pour être intéressante....

On vous a fait suivre le Tour Auto 2020 dans son intégralité. Mais même en étant dans la “caravane” tous les jours, il est impossible de le vivre comme un concurrent. On vous propose donc de débriefer la course avec plusieurs des concurrents de l’épreuve.

Le debrief du Tour Auto 2020 par ses concurrents

Le Tour Auto 2020 par Raphaël Favaro et Lucien-Charles Nicolet, vainqueurs en VHC

Raphaël Favaro avait déjà remporté deux Tour Auto avec une Lotus Elan et Yves Badan en copilote.

Cette année, changement de voiture, de copilote, il nous expliquent :

RF : Avec Lucien-Charles on avait fait le Tour Auto 2017 sur une Jaguar qui était à un de mes amis. Je devais être copilote, mon ami est tombé malade et je suis passé pilote et Lucien-Charles m’a copiloté. Ça a bien marché puisqu’on a fait deuxième derrière la GT40 qui était intouchable. Ensuite je l’ai refait deux fois sur Lotus mais j’ai gardé contact avec Lucien-Charles.

LCN : J’avais fait mon premier Tour Auto avec Jean Brandenbourg et on avait cassé. En 2017 je me retrouve avec Raphaël et ça marche très bien. Ensuite j’ai couru en moderne et lui avec Lotus.

Concernant l’auto maintenant :

LCN : C’est un projet qu’on a conçu ensemble et sur une page blanche. La Lotus est une super auto mais sous motorisée et Raphaël doit donc la conduire à son extrême limite. On s’est demandé comment optimiser une participation sur le Tour Auto 2020. On s’est dit qu’une Semi-Lightweight bien préparée devrait le faire.

RF : On a trouvé une belle Jaguar en Angleterre. En plus on a pu confier sa préparation et son assistance à Equipe Europe. C’était un nouveau challenge avec une auto plus grosse, plus lourde, plus puissante et en conduite à droite ! J’ai du travailler la dextérité de ma main gauche avant le départ pour bien assurer le passage des vitesses.

Raphaël Favaro avait l’habitude de préparer lui-même l’auto et de faire son assistance. Avoir Equipe Europe derrière soi, ça change la vie ?

RF : C’est sûr que ça m’a donné plus de temps en amont du Tour Auto ! Par contre je n’ai vraiment touché à l’auto que peu de temps, sur une séance d’essai sur circuit, un mois avant la course. Et puis ce Tour Auto 2020 était particulier. Les années précédentes on avait toujours un peu de route après le départ pour prendre en main l’auto, pas cette année.

Côté ambitions maintenant, qu’est ce que cela donnait ?

RF : On ne partait pas pour cueillir des pâquerettes c’est sûr.

LCN : En 2017 j’étais parti presque parti par hasard, j’avais été prévenu la veille ! Là on était plus préparé et on savait qu’on pouvait viser le podium, au moins.

RF : Les années précédentes on était largués sur circuit. On a pas forcément bien débuté ce Tour Auto 2020 puisqu’on a eu des soucis de pompe à essence et de freins mais au bout de deux jours c’était réglé. Ensuite on a vraiment bien marché en spéciale. Sur circuit c’était la bagarre et on ne devait pas lâcher une miette. Les écarts étaient faibles, un ou deux tout-droit et c’était plié.
On savait que les 906, et les Cobra, serait imprenables à Magny-Cours, et même à Montlhéry on s’étonne d’être devant. Après en spéciale on savait qu’on avait des chances d’être devant. Le troisième jour on, avait comblé notre écart et comme je me sens à Lédenon comme chez moi je savais que j’allais y performer.
On a vraiment vécu un beau Tour Auto 2020. Et Arnaud, Fred et Alain étaient au top pour l’assistance. En plus il y a avait une bonne ambiance dans l’équipe.

LCN : Il faut quand même insister là dessus. Quand il y a une vraie alchimie, une vraie amitié entre pilote et copilote, on part avec un temps d’avance.

Justement, quel est le rôle du copilote dans un succès comme celui-ci ?

LCN : C’est évident que le pilote est important. Mais si le copilote est mauvais on peut vite perdre le Tour Auto. Il doit naviguer en liaison et gérer le carburant. Mais le grand talentueux de l’équipage reste quand même Raphaël.
En tant que copilote on ne peut pas faire d’erreur mais on ne peut pas avoir peur non plus. On s’en remet totalement au pilote. Raphaël n’a pas fait une seule erreur, notamment en spéciale, même si on attaquait.

Et maintenant ?

RF : On va devoir un peu développer la Jaguar. Notamment trouver plus de grip sur circuit. Même au niveau de la puissance, à la réaccélération les Cobra ou même Lajournade nous distancent. La voiture est en plus sous-vireuse et il faut privilégier la finesse. On va travailler pour être au rendez-vous dans 7 mois !

LCN : On a déjà prévu des conf-call pour planifier quelques travaux. On la connaît maintenant et on sait ce qu’il faut retravailler, sur des petits ou de gros détails.

Le Tour Auto 2020 par Quentin Leblond, copilote sur la Morgan n°159

L’ami Quentin vous le connaissez peut-être puisque c’est lui qui a lancé Mecanicus. Il a fait ce Tour Auto 2020 dans le baquet de droite de Stanislas Gurdjian dans la Morgan n°159.

Comment s’est passé ce premier Tour Auto ?

C’était ma première expérience dans une telle course. J’avais un regard neuf sur le Tour Auto. Et j’ai découvert une ambiance de fou dans une voiture de fous. Les équipages de notre plateau étaient super sympas, l’ambiance avec les mécanos de l’assistance était top. J’ai aussi découvert qu’il n’y a pas de repos, pas même sur les liaisons qui sont très courtes niveau timing, surtout si il faut remettre du carburant.
En tout cas la compétition est excitante, même en tant que copilote. On est dans une osmose, une bulle, pendant 5 jours.

Et niveau compétition du coup ?

Dès le début on savait qu’on allait se battre sur notre plateau avec Sebastien Berchon et Sebastien Bordier. Ça s’est vérifié dès Montlhéry et confirmé à Magny-Cours. La Morgan est peut-être plus rapide en pointe. Stanislas a gagné tous les circuits. Mais quand on sortait des spéciales on arrêtait pas d’actualiser les résultats pour savoir si on avait perdu 15, 20 ou 30 secondes ! On savait que sans casse il serait intouchable.

Que retenir de ce premier Tour Auto ?

D’abord les routes. Elles sont extraordinaires. L’équipe de Peter Auto a fait un superbe travail en reconnaissance.
Et puis il faut noter que l’auto bashing est en fait très parisien. Dès qu’on est arrivé en dehors des villes ont a commencé à voir partout des passionnés qui passaient leur journée dehors pour voir les autos passer ! Ce qui est cool c’est qu’il y avait plein de gamins, donc on transmet la passion. Ca fait plaisir surtout quand on a choisi de bosser dans ce milieu. On se dit que tout n’est pas perdu !

Le Tour Auto 2020 de François Allain, Stéphane Ruaud et leur GS

On en avait parlé avant la course, pour la troisième fois, le présentateur de Vintage Mecanic partait avec une populaire française. Et il tient à appuyer là dessus.

Au niveau de notre volonté de faire le Tour Auto 2020 avec une populaire française le contrat est rempli. C’était la troisième fois pour autant d’arrivées. Je trouves que c’est bien d’avoir des autos populaires. C’est bien d’alterner des voitures exceptionnelles et d’autres qui rappellent plus de souvenirs. Ça rappelle qu’on peut faire le Tour Auto sans mettre un énorme budget. Ce n’est pas ouvert QUE aux gros carnets de chèque. Pour nous, le coût de notre voiture, achat et préparation, c’est en dessous de l’engagement et heureusement qu’on a eu quelques, Citroën, Autobacs et Michelin.

Côté course du coup, quel a été le ressenti ?

On a réussi le pari et pour ça on a été quatre, Stéphane et moi puisqu’on a partagé le volant, mais aussi Nicolas et Gilles qui ont fait notre assistance. On avait pris le minimum de pièces en croisant les doigts, ça a fonctionné. Alors on a eu des soucis, mais trois fois rien. La panne de Montlhéry c’est pas de bol. On a un allumeur à cassette, spécificité Citroën, et on avait des allumeurs en rab’, mais comme il y avait trois modèles on avait pas le bon.
On a aussi eu un problème de freinage qui peut arriver sur une voiture neuve : un gravillon qui vient entre le disque et la plaquette. Ça a posé problème, on a démonté les freins dans la nuit et on est repartis sans problème. On a eu aucune grosse panne, aucun accident ou problème grave.

Et sans ce problème au départ, un bon classement était jouable ?

Oui je pense qu’on aurait fait un beau classement. On ne courait pas après de toute façon. Mais on s’en sort bien, surtout qu’on l’a fait au feeling ou presque !
Dans tous les cas on a fait une belle course, avec une belle popularité. On s’est arrêté sur la route auprès des spectateurs qui nous attendaient, quitte à perdre du temps.

Le Tour Auto 2020 (à part) d’Olivier Mazoyer

Olivier Mazoyer et Rachid El Bakkouri devaient faire le Tour Auto 2020 en MG A. Mais finalement c’est dans une autre anglaise qu’ils l’ont terminé !

Tout s’est joué pour vous dans la première journée, tu peux nous la raconter ?

La voiture était bien préparée. J’ai fait une séance de réglage avant la course, notamment pour la carburation car on a du mal à choisir entre le fait qu’elle marche bien dans les tours et le fait qu’elle fonctionne bien à bas régime. Du coup elle n’était pas très vaillante à l’accélération mais en essais tout marchait bien.
Le départ du Grand Palais a été magique, avec de grosses émotions. À Montlhéry la spéciale était très roulante mais je n’ai pas attaqué en me disant qu’on avait toute la semaine pour ça. Après sur la route, en roulant normalement, en dessous des 4000 tours, de la fumée commence à sortir du capot. J’appelle Jérôme de l’assistance qui me dit que ce n’est certainement rien de grave, je fais le niveau d’huile et je repars. Mais on a eu de plus en plus de fumée. À un moment j’étais obligé de pencher la tête pour l’éviter. On arrive à Magny-Cours, il ouvre la culasse et me dit qu’il y a un souci, un gros, et que le moteur étant préparé il ne pourra rien faire. Très grosse déception, je dis à Rachid qu’on rentre.
Mais là il nous trouve une solution. Un de ses copains avait prévu de nous suivre deux jours en Aston DB6. Il propose de nous la prêter, gros soulagement, on peut continuer le parcours.

Parce que vous continuez le parcours, mais pas la course ?

C’est bien ça. Je suis allé voir Claude qui s’occupe des concurrents et qui me dit “Dis toi que tu les a presque tous finis tes Tour Auto. Alors continue, tu vas découvrir la course d’une autre fraçon”.
On a enlevé les stickers de la MG et on les a mis sur l’Aston, ce qui explique qu’elle avait un numéro de course, mais barré puisque de toute façon elle n’est pas éligible au Tour Auto.

Du coup un “autre” Tour Auto 2020 commence.

On a découvert une folie autour de l’Aston. D’habitude ma MG A est appréciée, mais là… Les gamins étaient fous et m’appelaient James ! Le premier soir en arrivant à Clermont-Ferrand, le speaker regarde le numéro et commence à annoncer “Alors que voilà une MG A, ah non, c’est une Aston” et on lui a raconté notre histoire.
Le lendemain matin j’ai quand même eu une frustration, ma plus grosse de la semaine, parce qu’avec mes résultats de l’an dernier à Charade j’aurais été le premier à m’élancer pour les essais !
Les autres concurrents aussi venaient me voir, parce qu’on a suivi notre plateau, juste on ne faisait ni les spéciales ni les circuits. On regardait les courses et on suivait le parcours des assistances sur les spéciales.
J’ai fini par m’amuser au volant de l’Aston qui est beaucoup plus lourde et difficile à piloter que la MG.

Et du coup l’ambiance du Tour Auto 2020 “de l’extérieur”, ça donne quoi ?

C’était génial. Les jeunes de 18-20 ans ne passent plus leur permis mais là sur le bord des routes, ceux de 8-9 ans étaient fous en regardant passer les autos. C’était vraiment super et ça fait chaud au cœur.

Le Tour Auto d’Alexandre Bonnardel, 3e en régularité VHC

La Triumph blanche et verte, vous l’avez vue à plusieurs reprises dans nos résultats journaliers. Normal elle a performé sur ce Tour Auto 2020. Alexandre Bonnardel, qui partageait le volant avec son père Patrick nous raconte leur semaine.

Ce n’était pas votre premier Tour Auto, ni votre premier résultat…

C’était notre deuxième Tour Auto ! L’an dernier on était parti avec une Ford Escort, déjà en régularité et on l’a emporté en catégorie H/I. Cette année on l’a fait avec notre propre auto, une Triumph TR4 qu’on a acheté et préparée, même si le Covid a bien ralenti cette préparation. On a pu faire quelques essais avant de partir, histoire de régler les compteurs. On est notamment retourné sur une spéciale de l’an dernier histoire de se caler et savoir s’il vaut mieux rouler à gauche, à droite, au milieu, etc…
On appréhendait un petit peu les circuits de Montlhéry et Lédenon, qu’on ne connaissait pas. L’an dernier on était 12e, tout compris, en régularité. Là on visait un top 5.

Peux-tu nous raconter votre semaine… qui a commencé par un couac ?

Le premier soir on est en effet 16e ! En fait à Magny-Cours on a pas vu le drapeau tricolore. Sur circuit, en régularité, on a environ 10 minutes de reconnaissances et ensuite, quand on nous présente le drapeau tricolore on fixe un temps objectif qu’on doit ensuite reproduire à une seconde près ! Sauf qu’on a pas vu ce drapeau et du coup on a été un peu “à vue”. Du coup on a pris 30s de pénalité, autant dire que c’était mal parti pour le Top 5. On a déposé réclamation, pas de bol, je n’avais pas allumé lé GoPro. Finalement la direction de course a bien vu que notre rythme n’était pas celui d’un équipage qui se prend 30 secondes le premier jour.

On a fait une bonne remontée par la suite avec quelques top 5. Le souci en régularité c’est que tu ne peux pas attaquer ou gérer. Tu dois faire au mieux en espérant être meilleur que les autres. On avait nos résultats spéciale par spéciale et on savait qu’on était bien.
Par contre devant les Nicoules et Rigondet étaient intouchables.

En fait tout s’est déroulé sans souci ?

Pas tout à fait. On a découvert un problème avec le démarreur et un autre avec la pompe à essence. Heureusement pour nous, Lionel nous a changé en un temps record sur le bord d’une route et on a pas perdu de temps. Mais la voiture a été nickelle, très réactive et facile à emmener.
Maintenant on va la retester, toujours en régularité mais sur des spéciales plus grandes au Tour de Corse. Ça va être autre chose.
Et puis on verra pour l’an prochain, peut-être qu’on repartira en régularité… mais rien n’est sûr.

Le Tour Auto 2020 d’Hugo Baldy sur la Pichon-Parat Dolomites

C’était l’auto la plus petite, en cylindrée, du Tour Auto 2020. Hugo Baldy (que vous connaissez peut-être puisqu’il est redac’ chef adjoint de Rétroviseur et Auto Rétro) et Romain Grabowski sont allé au bout… Avec de belles perfs et une sacré aventure !

Déjà la préparation qui ne fut pas de tout repos !

Été 2018, après des mois de négociations, je parviens à acquérir une rarissime Pichon Parat Dolomites, une petite berlinette semi artisanale carrossée à Sens sur une base de Panhard Dyna X. J’identifie ma Dolomites comme étant l’ex-voiture d’Antoine Tortarolo, qui courra à son volant le Monte Carlo, le Lyon Charbonnières, la Course de Cote du Mont Ventoux et… le Tour de France Automobile en 1956. Fin 2019, nous décidons avec mon meilleur ami Romain Grabowski de restaurer l’auto pour l’aligner – avec le soutien de Motul – au départ du Tour Auto 2020. Branle-bas de combat : mon père Dominique est réquisitionné pour démonter l’auto, faire la navette avec le carrossier (la face avant, non d’origine, est à reprendre entièrement) et restaurer toute la partie mécanique, avec l’aide de notre ami Christian pour le moteur, pour palier le timing très serré. Après Rétromobile, nous prenons une semaine de congés, pour réassembler l’auto. Nous travaillons jour et nuit, mais nous avons été trop optimistes, et malgré l’énorme travail fourni par mon père, nous ne pourrons repartir avec la voiture. Il faudra reposer des congés pour venir finir l’auto (le garage familial est au fin fond du Sud-Ouest !) et la remonter en région parisienne avant le départ. La crise sanitaire de la Covid-19 bouleverse les plans. Un report de l’épreuve est programmé, début septembre, et en jonglant avec nos plannings, cela devrait le faire…

Des mauvaises nouvelles avant-même le départ !

Dimanche 30 août, le bicylindre Panhard résonne dans les rues de Paris. Nous avons fait 500 km avec la voiture : moteur à peine rodé, prise en main très approximative… Notre état d’esprit ? « On verra bien, les dés son jetés. » Et on veut simplement terminer chaque heure, chaque jour, et la semaine, pour rallier Marseille. L’indice de performance ? Nous n’y pensons pas encore, mais nous étonnons que la voiture ait été créditée du même coefficient que les deux Porsche 356 pré-A qui semblent nos concurrentes les plus directes, malgré un moteur cubant 1500 cm³. Il sera finalement revu à la baisse. En même temps nous écoperons d’une pénalité de 30 secondes au départ de chaque spéciale ou circuit, pour absence de Passeport Technique Historique (et de demande en cours…). Moral dans les chaussettes.

Et puis c’est le départ !

Après une courte nuit de sommeil, nous débarquons au Grand Palais, d’où, plus vieille auto inscrite en Compétition oblige, nous devons nous élancer en premier. La pression monte : l’auto va-t-elle démarrer ? Ouf, en bas de la rampe, c’est bon… nous filons à travers la ville qui s’éveille vers l’autodrome de Montlhéry, lieu de départ officiel du rallye, et cadre de la première épreuve spéciale. Sur place, on écourte la pause café pour comprendre comment raccorder le Hans à nos casques… Quand on vous dit qu’on est prêts ! Clac… clac… C’est bon. Quelques minutes plus tard, nous nous élançons sur “le routier” pour la première spéciale. Le soleil, qui se lève à peine, est aveuglant, et on découvre la voiture et nos rôles. Le tracé est rapide. Fin de l’épreuve, on enquille pour une grosse liaison direction Magny-Cours. Déjeuner rapidement avalé, prégrille, essais libres et départ de la course en peloton. Surprise, je ne suis pas dernier, loin de là, et je me bats avec une Mini Cooper S 1300, que je “gratte” dans les grandes courbes et au freinage, grâce à l’incroyable adhérence des Michelin XAS FF (merci Bibendum !) et au poids plume de l’auto (env. 450 kg). Fin de l’épreuve, encore une bonne liaison pour rallier Clermont-Ferrand, étape du soir. Mais, au bout de 20 km, le moteur se coupe dans un bruit “alarmant”. On trouve une remorque, et on décide de filer directement au parc fermé, voir ce qu’on peut faire. Entre-temps, mon père apporte un moteur que nous avions préparé, “au cas où”. On ne pensait pas que ça arriverait… ni si tôt ! On ne le sait pas, mais c’est là que nous perdons la victoire à l’indice de performance, puisque nous loupons de fait le CH (contrôle horaire et de passage) de Gannat. Au parc fermé, on prends la décision de changer le moteur directement plutôt que d’ausculter l’autre. Après 2h40 et un calage d’avance aussi rapide qu’efficace, le – nouveau – moteur Panhard donne de la voix. On décide de regarder les symptômes de celui qui nous a lâché. Verdict : une soupape neuve (refabriquée, bimétal…) a décidé de ne pas continuer l’aventure et semble s’être sévèrement fâchée avec le piston qui l’accompagnait. Au dîner, nous avons la surprise d’être appelé pour recevoir un trophée : nous avons remporté l’indice à Magny-Cours… Nous étions 2e à Montlhéry.

Deuxième jour, pour un rodage, il y a mieux qu’une course à Charade. Mais pas le choix, et comme je n’aime pas faire semblant, ce sera un rodage – très – accéléré ! Jean-Pierre Pin, 80 ans, qui pilotait avec succès une Dolomites en VEC dans les années 1980, a fait 150 km pour venir nous voir. Moment d’émotion. C’est le départ : l’auto marche incroyablement bien, le moteur sonne mieux que le précédent, et dans le sinueux, je suis “dans le cul” d’une 356, presque pare-chocs contre pare-chocs. Au freinage, j’arrive même à la “taper”. Dans ces moments-là, l’auto vibre tellement, que j’ai l’impression qu’elle va se désintégrer ! Après Charade, direction Limoges, via un petit parcours de santé qui comprend encore deux spéciales. Romain est parfait dans les notes et, une fois n’est pas coutume, nous finissons devant des autos bien mieux classées que nous… au scratch. Nous avons remporté les trois victoires à l’indice du jour, mais nous ne monterons pas chercher nos trophées ce soir-là, puisqu’un concurrent a porté réclamation contre nous. Qui et pour quel motif ? Mystère, mais le collège des commissaires ne donnera pas suite.

Jeudi, troisième jour de course, Limoges-Toulouse via le Lot – mon pays – et le Tarn, avec trois épreuves spéciales au programme. Retard à la première spéciale, il y a des chaînes errants sur le parcours ! Sinon, super feeling au volant, le moteur marche vraiment bien. Et moral à bloc, beaucoup d’amis venus nous voir passer. On s’arrête même discuter quelques minutes avec notre ami Jean-Pierre Fontenay, légende du Dakar… Dans l’après midi, après la dernière spéciale, vers Gaillac, petit coup de stress après avoir fait le plein, la voiture refuse de démarrer. 30 minutes et deux bougies plus tard, c’est reparti. À priori un coup de chaud de la bobine. Pour emprunter le périph’ toulousains, la police nous ouvre la route à moto. L’interfile en Dolomites, un grand moment ! Grosse révision au parc fermé : il reste deux jours de course…

Toulouse-Pont-du-Gard. À partir d’aujourd’hui, le départ des plateaux est inversé. Nous sommes toujours le premier équipage à nous élancer en compétition, mais les deux plateaux de Régularité se sont levés plus tôt et nous précédent. En liaison, il nous arrivera ainsi de doubler des concurrents partis bien avant nous. Sur certaines spéciales (il y en a deux aujourd’hui), Patrick et Sylviane Peter nous précédent, l’occasion d’échanger à la fin de l’épreuve avec Patrick, surpris de voir la voiture marcher si bien, et d’apprendre qu’ont peut “sortir” 60 ch du petit bicylindre. Sur le tourniquet de Lédenon, j’assure le spectacle, et le chrono : la petite Dolomites “lève la patte” au freinage et dans les épingles, et je joue avec une nouvelle Mini Cooper S qui – en dehors de la ligne droite – ne parvient pas à me distancer. La Simca 1000 Rallye 2 casse son moteur et inonde la piste d’huile (mais aucun drapeau…) : j’effectue deux amorces de tête à queue. Petite révision au parc fermé de Pont-du-Gard avant de profiter du buffet dînatoire et du superbe cadre.

Samedi matin, nous nous élançons pour la dernière journée de course, direction une première spéciale à quelques encablures du Mont Ventoux, où la voiture performa en 1956 (victoire de classe). Le tracé, tout en montée, ne nous est pas forcément favorable, mais nous réussissons encore une belle performance. La liaison qui suit jusqu’au circuit Paul Ricard est particulièrement longue. Au Castellet, pour la toute dernière course, je donne tout… Deux tours de mieux et je pouvais – enfin – espérer doubler une Porsche. Mais le drapeau à damiers tombe. Fin de la course, et de cette semaine extraordinaire. Nous mangeons un bout et passons sous l’arche d’arrivée. Là, une dame vient nous voir, nous expliquant que son papa était le sellier attitré de chez Pichon-Parât, et meilleur ami d’André Parat. Encore un grand moment d’émotion pour nous. Il est temps de dire au revoir à notre attachante berlinette bleue, time capsule à l’énorme capitale sympathie, et aux performances insoupçonnées. Nous terminons 5e à l’Indice. Sans la pénalité de 30 mn pour CH loupé, nous aurions “mis” 10 minutes à nos concurrents. Mais, promis, on se rattrapera. Si tout se goupille bien, rendez-vous en 2021 avec une nouvelle monture, et la victoire en tête…

Et puis un immense merci à Sophie pour tout, à Romain pour le travail fourni et son amitié, à Dominique et Christian pour l’aide mécanique et technique, et à Motul et Michelin pour le soutien logistique. Merci également à toute l’équipe de chez Peter Auto pour ce Tour Auto Optic 2000 inattendu et tant attendu…

Conclusion :

En lisant ces récits on voit bien qu’on peut vivre des Tour Auto très différents ! En tout cas ces récits donnent envie et on remercie ces différents intervenants de nous avoir répondu. Rendez-vous dans 7 mois pour la prochaine édition !

Le debrief du Tour Auto 2020 par ses concurrents

Sur le même thème

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Nos derniers articles

Mon Tour Auto 2020 par Benjamin

Le Tour Auto 2020 s'est terminé il y a deux semaines. Je vous avoue que ce n'est pour autant que j'ai fini...

Mon Tour Auto 2020 par Vincent

Deux semaines après la fin de ce Tour Auto 2020, la tête est encore pleine d'images et de souvenirs. Je vous propose...

Mon Tour Auto 2020 par Fabien

Le Tour Auto 2020, c'est fini... depuis deux semaines. Vous avez pu le suivre au jour le jour sur notre site (tout...

Sport et Collection 2020, une 26e forcément particulière

C'était l'un des événements phares du week-end, surtout quand on aime les belles sportives... ou les autos de course. Ce Sport et...