Rien qu’avec la marque, on sait qu’on s’embarque dans le grand luxe. Pourtant notre auto du jour va réserver son lot de surprises. Non seulement notre Bentley S2 Continental Cabriolet est la première S2 qui nous passe entre les mains, avec le V8 donc, mais en bonus, c’est donc une Continental ET c’est un cabriolet. Ce dernier point était peut-être le plus problématique en ce mois de Février 2026 avec une pluie constante sur la France. Mais les dieux du cabriolets semblaient être avec nous au moment de nous rendre chez Osenat.
En bref :
– La Bentley S2 Continental Cabriolet propose un style « classique » mais aussi des traits qui lui sont propres
– Techniquement, elle inaugure un des moteurs les plus mythiques de la production automobile
– Au volant, le confort est roi… mais les performances ne sont pas sacrifiées
– Elle sera proposée lors de la prochaine vente de Osenat Automobiles le 23 Mars
Au sommaire :
Notre Bentley S2 Continental Cabriolet du jour
On s’est déjà mis au volant d’une Bentley S1 (lire : Essai d’une Bentley S1, suffisante à tous points de vue) par le passé. Pour autant, notre voiture n’a pas grand chose à voir avec sa devancière, extérieurement parlant. Pas parce que c’est une S2 puisque finalement on trouve peu de différence entre une S1 et une S2 quand il s’agit d’une berline. Par contre, on vous l’a dit on est en présence d’une auto un peu plus particulière.
Déjà parce qu’on parle d’une Bentley S2 Continental Cabriolet, donc d’abord d’une Continental. Ce nom désignait les versions les plus sportives des S2 et proposait à la fois un moteur plus puissant, des rapports de boîte différents et une carrosserie allégée. Ces S2 Continental avaient la particularité de n’être disponibles qu’en châssis nu ! Une chose plus qu’originale pour une voiture née en 1959. 388 furent produites et furent des berlines et coupés mais quelques unes devinrent des cabriolets et c’est le carrossier Park Ward qui se chargeait de les habiller… et qui les a rendu si différents des autres modèles de la gamme.

Aucun rapport entre les deux versions ? En fait, ce serait oublier l’immense calandre chromée placée à l’avant. D’ailleurs, c’est elle qui vous permettra de faire la différence entre une Bentley S2 et une Silver Cloud II puisque la calandre de Bentley est plus arrondie tout en apportant une impression massive. Cette calandre fait naître un capot rebondi, rattaché aux ailes par un léger replat. Un dessin plutôt vintage en fait.
La grosse différence entre notre Bentley S2 Continental Cabriolet du jour et une S2 berline classique viendra des phares. Quand les S2 et même les Continental Coupé inséraient les phares entre ailes et calandre, Park Ward plaça ses phares au bout des ailes. Intégrés dans un enjoliveur finalement anguleux, ces phares apportent une vraie touche de modernité à l’auto. Ils sont complétés par des feux additionnels fixés sur l’énorme pare-chocs aux butoirs qui tiennent du pare buffle et on trouve en dessous des phares, toujours à l’avant des ailes, les veilleuses et les clignotants.
Toutes ces différences, et celles qui suivent, sont l’œuvre du norvégien Vilhelm Koren qui marqua les esprits anglais avec un coupé Alfa Romeo et fut embauché par Park Ward (propriété de Rolls-Royce).





Le profil permet de voir la pureté de la ligne. Depuis le haut des phares et jusqu’au sommet de l’aile arrière, une seule ligne s’étend. Très légèrement courbée, elle est haute et parfaitement réhaussée par un liseré tiré sur toute sa longueur. Seule une baguette très fine vient souligner les bas de caisse tandis que les gros pare-chocs débordent légèrement. Les roues ? Très simples, avec un logo discret au centre.
Par contre, même avec cette ligne de caisse assez haute, la Bentley S2 Continental Cabriolet n’est pas trop massive. Là, c’est le miracle du cabriolet et ça vaut surtout quand on arrive à ranger la capote qui dépasse, certes, mais apporte une touche « d’époque » à cette ligne. Le pare-brise est peu incliné mais n’alourdit pas cette ligne.

Enfin, on passe à l’arrière. Il faudra s’y connaître pour identifier une Bentley S2 Continental Cabriolet en regardant sous cet angle. Pourquoi ? Parce que la marque n’est rappelée qu’avec un logo sur le pare-chocs (tout aussi massif que celui de l’avant, de son épaisseurs à ces butoirs). Pas de mention de Continental. En bonus, on aura du mal à relier notre auto aux autres S2 puisqu’elle propose des feux totalement différents de ceux fins et verticaux des S2 Berline et S2 Continental berline.
Là on retrouve donc des feux ronds, dans un logement qui semble creusé dans l’aile bien plus pointue à l’arrière qu’à l’avant. À l’époque, ça avait aussi l’avantage de faire plus sportif.
Sinon, la malle est évidemment immense pour pouvoir caser non pas des valises mais, justement, des malles signées par les plus grands maroquiniers du monde.
En bref ? La Bentley S2 Continental Cabriolet propose un style qui la distingue au sein de sa gamme. C’est d’autant plus remarquable qu’on parle tout de même d’une voiture qui n’a pas atteint d’énormes volumes de production. Le tout est élégant, à la fois ancré dans son époque et, surtout, apporte un côté statutaire qui colle parfaitement à la définition même de l’auto… et à ses dimensions.




Sous le capot : ça change !
Au niveau de la technique, et sans aller jusqu’à la Continental, la Bentley S2 repose sur le même châssis que la Bentley S1, avec quelques améliorations sur le train avant qui devient moins artisanal. Par contre, niveau moteur, c’est un gros changement. La S1 utilisait un 6 en ligne. La S2 inaugure le tout nouveau V8 en alliage. S’il cube plus gros, sa construction permet de gagner 15kg.
Avant même parler de chiffre, il faut s’arrêter sur le pedigree de ce moteur. Cette version du « L410 » est la première mais on le connaîtra surtout dans sa version « 6 ¾ » dont la production ne s’est arrêtée qu’en 2020 !
Pour y accéder, il faut libérer les crochets de chaque côté et relever le capot qui est en deux parties. Là, c’est vintage et n’espérez pas une belle accessibilité sous prétexte qu’on parle d’une voiture ancienne : entre la boîte à air, la clim et la direction assistée, il est bien engoncé !

C’est le moment de parler de chiffres. Ce moteur intégralement étudié en interne par Rolls-Royce et Bentley (qui ne forment qu’une seule société) il cube alors 6230cm³. Le « 6 ¾ » n’apparaît en réalité qu’en 1970. Côté puissance, on se contente alors de dire que c’est « suffisant » et on est autour des 200ch sur une large plage allant de 3000 à 4000 tours. Plus intéressant pour une voiture de ce calibre, on atteint les 460Nm de couple dès 2200 tours et on a déjà 375Nm à 1500 tours !
Vous vous dites qu’avec de tels chiffres on a affaire à une sportive ? Ce serait oublier que la Bentley S2 Continental Cabriolet pèse plus de 2100kg ! Cela ne l’empêche pas d’être performante et de plafonner à 175km/h ! Notez que les accélérations sont évidemment pénalisée par le fait que la bête n’est disponible qu’avec une boîte automatique (d’origine GM) mais, même en 1959, elle dispose de 4 rapports.



Intérieur : Bentley, what else ?
Si on a récemment essayé des anglaises qui se passaient de boiseries à bord, ce n’est évidemment pas le cas de notre S2 Continental Cabriolet. On retrouve d’ailleurs une différence entre S1 et S2 puisque les premières centraient leur instrumentation alors que les S2 les placent derrière le volant (quel que soit le côté).

Cette instrumentation est plus que complète, on s’étonnerait presque de retrouver un compte-tours sur une voiture pensée pour être plus placide que rapide. Les compteurs sont simples et abrités sous une « casquette » habillée de cuir. De chaque côté des compteurs, des boutons à tourner commandent, notamment, les phares. Le centre du tableau de bord ne comprend finalement que les commandes de clim, quelques voyants et la montre. Même l’autoradio est placé juste derrière le volant !
Le volant est d’ailleurs très simple avec sa jante noire, son milieu chromé qui actionne le klaxon et on retrouve derrière la grosse commande de boîte de vitesse avec ses 4 modes et la marche arrière.



Mais il faut noter d’autres choses sur notre Bentley S2 Continental Cabriolet. Ça tient d’ailleurs en une seule idée : le luxe. La sellerie est rouge, magnifique, avec un cuir qui semble conférer à lui seul une formidable épaisseur aux fauteuils (on ne peut pas utiliser le mot siège). On note aussi les portes, qui accueillent elles aussi des boiseries et les commandes, petites et discrètes, des vitres électriques.
On se doit aussi de passer à l’arrière de la S2 Continental Cabriolet. La place est comptée au niveau des jambes mais on a une belle profondeur d’assise. Comble du luxe, on y dispose aussi de commandes vitres et de cendriers !



Au volant de la Bentley S2 Continental Cabriolet
S’installer à bord d’un tel paquebot n’a rien de compliqué. On s’attend presque à avoir une rampe qui se déploie mais, non, on s’installe normalement. Le seuil de porte n’est ni haut ni large et le volant, malgré sa grande taille, n’est pas si génant. On trouve vite nos marques et pour moi ça veut dire être proche des pédales. La position est ajustée, les ceintures ne sont pas de la partie, reste à démarrer le fameux V8 « pas encore 6 ¾« , ce qui se fait facilement… quand on a compris qu’il fallait préalablement placer la boîte en neutre.
Le V8 n’émet pas un son à réveiller les voisins mais se fait tout de même entendre quand on met un coup de gaz. Un coup de gaz qui est inutile au moment de placer la boîte auto sur « 4 » et de lâcher le frein. La salle des machines a reçu les instructions et la Bentley S2 Continental Cabriolet se met en mouvement. Niveau prise en main, j’ai vraiment cherché les ennuis avec une rue à double sens qui ne permet quasiment pas de croisement. Je surveille bien l’avant des ailes que je n’aperçois qu’en me redressant.
Arrive ensuite un démarrage en côte. Merci la boîte auto, quand le feux passe au vert, c’est d’une simplicité à toute épreuve et le gros cabriolet anglais démarre. Dès lors, me voici sur une route où, visiblement, notre auto impressionne. C’est vrai qu’avec le temps pourri de ses dernières semaines, les automobilistes ont oublié à quoi ressemble un cabriolet et puis pour beaucoup un cabriolet est une petite voiture, pas un yacht sur roues de 5,38m de long et 1,87m de large.

Sauf que ces valeurs, si elles étaient impressionnantes pour l’époque, font de la Bentley S2 Continental Cabriolet une voiture de la taille d’un gros SUV, la hauteur en moins. Cela n’empêche pas les automobiliste de regarder avec insistance la voiture et les piétons de sortir leurs smartphones. Car, oui, on s’est engagé en centre-ville, sur des rues pavées. Si la suspension de notre voiture du jour demande quelques petits travaux, le confort reste impressionnant. On entend plus les pavés qu’on ne les ressent. Et le moteur ? Si discret que le sifflement d’une MG (moderne et électrique) est plus bruyant.
Le centre-ville est derrière, les artères sont plus larges mais entrecoupées de ralentisseurs que la S2 Continental Cabriolet avale sans trop sourciller et sans tasser nos lombaires qui disposent d’un matelas aussi moelleux et épais que celui de Duplantis quand il s’envole à plus de 6m30.
Maintenant, place à la campagne. Le V8 est à température et on a quand même envie de voir ce que veut dire une « puissance suffisante ». L’accélérateur s’écrase et… la Bentley S2 Continental Cabriolet réagit. Non, on n’est pas en présence d’une voiture qui monte en vitesse patiemment, l’accélération est bien réelle. On se met même à entendre le V8 ! Il prend des tours sans sourciller, à la force de ses pistons. La boîte change les rapports de façon quasi imperceptible.



Nous voilà amenés à une vitesse de croisière qui transforme le yacht en hors-bord ! On n’exagère pas, c’est impressionnant. Le confort reste royal, c’est d’autant plus marquant. La direction se fait un peu plus légère. Si la précision n’est pas son fort, avec un flou prononcé au milieu, elle sait être suffisamment bonne pour bien placer la Bentley S2 Continental Cabriolet dans les virages rapides. La masse de la bête se fait à peine ressentir.
Dans les virages plus serrés ? Forcément l’anglaise n’est pas le genre de monture qu’on emmènerait tambours battant à l’assaut du Turini. Néanmoins, son freinage impressionne lui aussi. Même sans compter sur beaucoup d’aide de la boîte pour amener du frein moteur, les tambours sont efficaces. On s’inscrit sans forcer dans la courbe et la boîte rétrograde pour attaquer la réaccélération.


Ne nous faites pas dire que la Bentley S2 Continental Cabriolet serait une sportive. Non. Le dynamisme est celui d’une grosse voiture. C’est à dire qu’elle va se montrer performante mais qu’il ne faut pas non plus la brusquer. Le rythme est bon, aucune voiture moderne ne viendra se plaindre qu’on est une chicane roulante. Pour autant, c’est certain qu’une vraie sportive sera encore meilleure. C’est en fait un ressenti quasiment sportif qui naît du croisement des performances et de l’idée qu’on se fait de la voiture en la regardant et en zieutant sa fiche technique.
En tout cas, tout roule. Le confort reste royal. Le chauffage fait son office. Déjà qu’on a de la chance de ne pas avoir trop de pluie, côté mercure, on reste quand même dans l’hivernal. Niveau sonore, même quand le moteur se démène, rien n’empêche de discuter à bord. Alors on enchaîne les kilomètres sans se faire peur, même quand il y a du monde sur un rond-point et qu’on a pas le temps de tergiverser, la Bentley S2 Continental Cabriolet montre qu’elle peut se sortir de toutes les situations. Allez, un peu de manœuvres pour la garer et c’est, déjà, terminé.



Conclusion
Il ne faisait quasiment aucun doute qu’on allait essayer une voiture luxueuse. Une voiture qui impose son statut de cabriolet de luxe de sa ligne à son intérieur. Par contre, on ne s’attendait vraiment pas à retrouver de telles sensations au volant. Contrairement à beaucoup d’autres cabriolets équivalents, la Bentley S2 Continental Cabriolet ne se contente pas d’afficher des chiffres impressionnants sur sa fiche technique, elle sait aussi les exploiter.
N’oubliez pas cependant qu’on reste en présence d’une voiture lourde. La Bentley S2 Continental Cabriolet a beau être une Continental, ça en fait une voiture performante sans être sportive. Elle saura se montrer rapide, et peut vraiment remercier son V8 pour ça, mais n’espérez pas ressentir des performances folles à son volant.
| Les plus de la Bentley S2 Continental Cabriolet | Les moins de la Bentley S2 Continental Cabriolet |
|---|---|
| Le grand luxe | Son poids |
| Le V8 performant | Quelques côtés archaïques |
| Les performances générales | |
| La ligne qui lui va si bien |






| Fiche technique | Bentley S2 Continental Cabriolet |
| Années | 1959-1962 |
| Mécanique | |
| Architecture | 8 cylindres en V |
| Cylindrée | 6230 cm³ |
| Alimentation | Carburateurs |
| Soupapes | 16 |
| Puissance Max | ±200 ch à 4000 trs/min |
| Couple Max | 460 Nm à 2200 trs/min |
| Boîte de Vitesse | Automatique 4 rapports |
| Transmission | Propulsion |
| Châssis | |
| Position Moteur | Longitudinale Avant |
| Freinage | Tambours AV et AR |
| Voies | AV 1486 mm / AR 1524 mm |
| Empattement | 3124 mm |
| Dimensions L x l x h | 5384 x 1867 x 1549 mm |
| Poids (relevé) | 2100 kg |
| Performances | |
| Vmax Mesurée | 175 km/h |
| 0 à 100 km/h | 12,1s |
| 400m d.a | 18,4s |
| 1000m d.a | 33,9s |
| Poids/Puissance | 10,5 kg/ch |
| Conso Mixte | ± 18 litres / 100km |
| Conso Sportive | ± 26 litres / 100 km |
| Prix | ± 160.000 € |
Conduire une Bentley S2 Continental Cabriolet
Attention, ce n’est pas une mince affaire ! Déjà, sachez que les Bentley S2, tous modèles confondus, n’ont été produites qu’à 2308 exemplaires en un peu plus de trois ans. C’est peu. Les Continental ne furent que 388. Sur ce total, la majeure partie concerne en fait des S2 Continental Cabriolet puisque 125 ont été fabriquées. Pour arriver à notre modèle en particulier, une S2 Continental Cabriolet MAIS avec conduite à gauche, on tombe à 65 voitures !
On se trouve donc en présence d’une voiture plutôt rare. Une bonne partie de ces autos se retrouvent en vente aux enchères et ce sera donc le cas de la nôtre, qui sera proposée par Osenat le 23 Mars prochain (catalogue en bouclage, vous pouvez encore proposer votre auto, c’est ici). L’estimation est cohérente avec les derniers chiffres observés. Cette S2 Continental Cabriolet parfaitement roulante mais qui mériterait quelques travaux est estimée entre 150 et 180.000€.
Côté guide d’achat ? Il ne faudra pas oublier qu’une S2 Continental Cabriolet propose un gros V8 avec une grosse consommation. L’entretien de la boîte se fera auprès de spécialistes des boîtes autos de ces années là tandis que la carrosserie sera à confier à un vrai pro vu la taille des différentes parties. On ajoutera que l’accessibilité du moteur peut vraiment être problématique donc, dans tous les cas, assurez vous de savoir à qui la confier !
Un grand merci à Guillaume et tout l’équipe d’Osenat Automobiles pour avoir permis cet essai.






Hugues
Bonjour Benjamin, si vous souhaite une Continental SC3, je pense avoir l’une des seule en France en conduite à gauche (35 de construites)
· · 24 février 2026 à 18 h 06 min