Sortie de Grange Collection Bataille

Sortie de Grange : 51 autos de la Collection Bataille bientôt sous le marteau d’Osenat

Il est des lieux qu’on rêve de découvrir par soi-même avant que la magie ne les quitte. Cette magie on la trouve encore pour quelques semaines dans les bâtiments qui abritent la Collection Bataille. J’ai pu accompagner l’équipe de la maison de vente Osenat et découvrir ces belles endormies.

Les origines de la collection Bataille

Maurice Bataille était un casseur. De ceux qui récupéraient les épaves ou les autos de fourrière. Mais pas que. Celui qui a créé la collection que j’ai sous les yeux aimait aussi les conduire… différemment. C’est ainsi qu’on l’a vu faire de belles acrobaties, souvent sur deux roues, en marge de bien des événements automobiles. Camions, Voitures et Tracteurs ont ainsi été ses armes. Un de ses fils est d’ailleurs devenu un compère de Rémi Julienne et a réalisé de très nombreux films publicitaires. C’est lui qui a traversé le Tunnel du Fréjus sur deux roues et en camion ! Sa femme était également habile au volant d’autos, mais c’est en stock qu’elle a brillé en étant championne de France et d’Europe au début des années 50.

Désormais décédés, ils avaient gardé quelques véhicules, prêts à être retapés ou à être utilisés dans des projets de restaurations et ce sont ces véhicules qui seront en vente le 15 Juin lors d’une vente aux enchères de la maison Osenat (on en reparlera).

La collection Bataille : sept bâtiments pour une chasse au trésor

Difficile de sortir un top lot de cette collection.” Stéphane Pavot annonce la couleur. Et dès les premiers véhicules que je découvre, je comprends. La collection Bataille n’est pas la collection Baillon. On ne parle pas de lots inestimables accumulés par un entrepreneur à succès. Ici ce sont des autos plus courantes, plus populaires et plus en rapport avec une activité de casseur. “Il y a beaucoup d’avant-guerre, des autos qu’on ne voit pas tous les jours. Certaines sont sauvables mais pas toutes.

Dès les premières voitures que je découvre, ça se confirme. Les trois Simca Aronde ont chacune des éléments manquants. Mais on retrouvera quand même des éléments intéressants pour une restauration. On pourrait même les combiner. Juste en dessous, une 201 et une Renault KZ prouvent qu’effectivement les avant-guerre sont bien représentées dans ces hangars.

Dans le hangar suivant les deux autos ont meilleure mine. La Celtaquatre est en bel état et semble plutôt complète. La Ford T et son arrière woodie auront besoin d’un nouveau plancher et de sièges arrière plus en rapport avec son époque mais la caisse est propre.
Autour, on retrouve de nombreuses pièces. Elle seront également proposées à la vente, par lots, le 15 juin prochain.

Ensuite on découvre des locaux plus petits. La Dyna X camionnette me ravit car c’est LE spot idéal pour une sortie de grange. De la paille devant, une 103 Vogue et des pièces de chaque côté et cette originale laborieuse au milieu. A côté une Citroën 5HP en bon état côtoie une Peugeot 173 démontée mais entourée de toutes les pièces du puzzle. Enfin une Buick remplit tout l’espace d’un autre local.

Un peu de contorsion

Oui, il y a beaucoup d’avant-guerre dans la collection Bataille. Et le bâtiment suivant va le confirmer. Une seule auto n’en est pas une, c’est une Simca 8. Mais pour y arriver il va falloir rentrer le ventre et faire un peu de contorsion. C’est assez simple de passer entre les deux Renault NN, mais derrière ça se complique !

Les Mathis, Chenard et Walcker, Renault NN encore sont tellement serrées qu’il faut monter sur le marchepied de certaines en s’appuyant sur l’aile d’une autre (en ayant confiance) pour arriver au bout. Là on retrouve donc la Simca 8, mais surtout celle qui a certainement l’insigne la plus prestigieuse de la collection Bataille. C’est une Delage Di, transformée en camionnette, probablement à la fin des années 40, quand ce type de véhicule était plus recherché qu’une luxueuse berline.

Un petit tour à l’extérieur

Avant d’attaquer le plus grand hangar, j’en fais le tour. Derrière deux camions Renault attendent leur tour. Sous un abri on retrouve une autre Peugeot 201 mais aussi deux camions Citroën et un imposant rouleau compresseur.

Le hangar principal de la collection Bataille

Ça y est. J’ai déjà vu quelques beaux trésors de la collection Bataille, mais le hangar central est le plus grand et c’est certainement là qu’on va retrouver le plus d’autos. Dans une première partie je tombe nez à nez avec une BMW 524 TDS. Une auto récente mais en plutôt bon état. Une Clio, un camion Iveco et un Berlingo complètent la partie des véhicules récents. Mais les anciennes ne sont pas en reste. Deux américaines pour commencer, une AMC Pacer et une Cadillac Seville paraissent en plutôt bon état. Une enième Peugeot 201 est également présente ainsi qu’une Citroën C4 et une Renault KZ.

Tout autour on retrouve des étagères remplies de pièces, d’outils, d’un peu de documentation. Bref des trésors potentiels qui demanderont un certain tri.

Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin. La seconde partie de ce hangar renferme de magnifiques trésors. L’endroit est immense et une mezzanine accueille des dizaines de pièces, de pneus, d’éléments de carrosserie. J’ai une belle vue générale de tout ce qui va pouvoir ravir les futurs enchérisseurs. Et il y a de très belles choses !

Dès l’entrée je retrouve une Simca Aronde. Banale ? Non, celle là est une conduite à droite ! À ses côtés, une autre après-guerre, une seconde Panhard camionnette. Une Renault et une Citroën complètent le tableau. Derrière elles, encore une Renault, mais aussi un autre blason prestigieux : celui de Hotchkiss qui trône sur une Cabourg qui paraît plutôt complète et en bon état.

Au centre je retrouve deux autos plutôt bien conservées. Il s’agit d’une Celtaquatre dont la couleur blanche attire autant la lumière que l’objectif de mon appareil photo. Derrière elle, une Citroën C4 est également bien conservée. Deux belles autos entourées par une C6 en moins bon état, une Trèfle et de l’autre côté un tracteur Massey-Harris Pony.

C’est au fond, bien cachées, que je retrouve deux autres autos en bon état. Une Citroën Trèfle, une de plus, se démarque par sa couleur… Citron. Elle tranche avec sa voisine, une 301 qui affiche elle une robe bicolore faite de bleus. Devant elles, une caisse de 403 à nue tranche avec une autre 403, bleue, mais aux traces évidentes de chocs. Deux Renault complètent le tableau de ce magnifique hangar.

Une belle et vraie sortie de grange

Au delà de l’histoire qui entoure la collection Bataille, la forme est géniale. C’était ma première vraie sortie de grange, avec autant de voitures. Un exercice qui se rapproche autant de l’archéologie que de la mécanique. Des trésors dans tous les sens, des portes qu’on ouvre sans savoir ce qu’on va trouver derrière. En tout cas une journée bien remplie.

Chacun pourra bientôt découvrir ces autos lors de l’exposition qui sera organisée avant la vente du 15 Juin. Les dates, et le lieu, seront communiqués prochainement. Le listing complet des lots est sur le site d’Osenat et vous le retrouverez ici. Le reste des véhicules de la vente est détaillé ici.

Un grand merci à Stéphane, Loïc et Augustin de l’équipe Osenat pour m’avoir embarqué dans cette aventure.

On se quitte avec encore quelques photos :

En complément, on vous propose de vous remettre dans l’ambiance avec cette vidéo :

Benjamin on Email
Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

6 commentaires sur “Sortie de Grange : 51 autos de la Collection Bataille bientôt sous le marteau d’Osenat”

  1. Wouah, quelle decouverte, magnifiques photos. Après avoir fait des recherches, la Renault à queue de pie serait une Monaquatre YN4 de 1935 et non une Celtaquatre. Ceci étant dit, la Celtaquatre AEC1 était basée sur la même caisse mais disposait d’un hayon spécifique à l’arrière car elle n’existait qu’en Commerciale.

    1. Message à Aurélien
      Bonjour,
      J’ ai possédé la même en vert bouteille elle était de 1935 mais il y plus de 20 ans que le l’ai vendue et de mémoire c’était une Celtaquatre ” Queue de pie ” avec deux petits carreaux à l’arrière donc pas comme celle de la photo, mais vous avez peut-être raison.

  2. Un vrai plaisir que de voir encore ces véhicules tous réunis comme dans un cocon avant qu’il sr mette à éclore * Merci pour cest images chargées d’histoire et d’émotions.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.