Balade d’Automne dans l’Aube, première partie

Après deux grandes balades les années passées (3500 Bornes en E30 et avant cela 3000 Bornes en ancienne), je repars pour une nouvelle série. Cette fois, pas besoin de rouler aussi longtemps, je reste dans mon département. C’est parti pour une balade d’Automne dans l’Aube.

Novembre, l’automne est bien installée dans nos contrées tempérées. La végétation prend des couleurs, le froid s’installe progressivement, et l’atmosphère dégage la douce odeur du bois de cheminée. Bref c’est ma saison préférée, et celle pendant laquelle je préfère me promener. C’est parti allons mettre le plein de sans plomb dans la vingtenaire, et faire une petite virée dominicale.

Première partie : Tout commence quand les autres partent se coucher

Dimanche 4h45 du matin, le réveil sonne. Je sais je suis un peu barré. 4h45 c’est plutôt l’heure à laquelle les jeunes comme moi vont se coucher nauséeux et titubants. Mais après des années à
essayer, j’ai fini par me rendre compte que je n’appartenais pas à cette espèce. Non, je préfère claquer mes deniers durement acquis dans le plein de mon gros 6 en ligne. D’ailleurs c’est aussi à
cause de lui que je me réveil à 4h45, alors que je pourrais être en train de vomir mes excès sur les genoux d’une conquête, qui ne se souviendra plus de moi à 7h venue. Bref, pendant que les
boulangers pétrissent leurs miches, je touille promptement mon café avec la joie de savoir que dans quelques minutes je ne serais plus assis à ma table.

Et pourtant, cette fois je ne pars pas à des milliers de kilomètres. Non je vais rester sur la terre de mes ancêtres enterrés là, l’Aube. Bon ce n’est pas vrai, ce n’est que mon département d’adoption,
mais je l’apprécie. Et comme dans la vie il n’y a pas que les Alpes et le sud, je vous propose d’en découvrir une partie dans cette virée. 5h30, c’est l’heure ! Pas une minute à perdre, l’instant
d’empoigner ma sacoche de photographe, et de filer au garage, que je saute dans mon second salon. Les portes s’ouvrent nous délivrant moi, et mon destrier, des carcans d’une société ou la dictature verte est en marche, ou tout est normalisé, et ou le dimanche est réservé à la grâce matinée. Quel gâchis !

2eme partie : Rendez-vous avec l’aurore aux portes du Chaourçois

5h45, le 328 file à travers les faubourgs déserts. A cette heure-ci, le monde nous appartient, rien ne vient perturber la sérénité ambiante. Une bonne musique, le 6 en ligne calé sur D, il n’y a plus qu’à se laisser transporter vers la sortie, flatté tel un seigneur par les louanges de sa mécanique. Bréviandes, Buchères, peu à peu la brume apparaît diffusant les éclairages urbains. Un dernier stop et nous voici enfin sorti de la ville. A cet instant je connais la destination, mais je me laisse encore la liberté de choisir l’itinéraire. L’esprit balade c’est aussi se laisser guider par ses envies, sans nécessairement suivre les sommations du GPS ou des guides touristiques. Tiens, si je passais par les gravières et les étangs de Vaudes ?

Non pas que la route soit intéressante, dans l’absolu ce n’est qu’un enchaînement de lignes droites à travers étangs, et terres agricoles, rendus lugubres par la brume matinale. Cela dit cette campagne noyée dans cette ambiance Burtonnienne a du cœur! A l’image du clocher de Rumilly les Vaudes qui se profile à l’horizon. D’ailleurs je n’ai pas choisi ce village pour rien. Premièrement, il est joli et possèdes deux curiosités. A savoir, le manoir des tourelles édifié en 1284, et son église saint Martin pour le moins impressionnante vue la taille du hameau. Secondement, ce village est la porte d’entrée sur l’une de mes routes favorites du département. Et, je l’admets à cette heure-ci, cela m’intéresse bien plus que les vieilles pierres.

3eme partie : L’aube dans le Chaourçois

Pas un badaud en vue, l’aurore pointe le bout de son nez. Bien calé dans mon fauteuil, il est temps d’admirer le spectacle du lever de soleil. Avec 2800 cm³ et 193ch, je pourrais avaler comme un demeuré les 10km de ce superbe tracé. Mais pas ce matin, les couleurs d’automne, et les premiers rayons de lumière m’invitent plus à la flânerie. Cruiser, prendre le temps de faire des pauses, apprécier le silence, la lumière, et les senteurs de l’automne, tout en admirant sa monture. C’est un peu stupide mais indissociable de la ballade, et c’est ce qui différencie le passionné, du conducteur lambda pressé d’en finir avec la route. Ici, les kilomètres filent sous la couverture orangée des feuillus, pendant que le soleil pointe le bout de son nez.

Nous voici désormais sortis de la forêt, les vallons brumeux baignent dans la lumière dorée des premiers instants du jour. Certes ce paysage n’a rien à voir avec les sommets affûtés de mes cols favoris, mais il n’est pas pour autant dénué de charme. Un peu comme ce 328. Trop jeune et inintéressante pour beaucoup, mais pourtant, une vraie machine à plaisir si l’on prend la peine de s’y intéresser. Le temps de traverser Chaource, nous prenons la direction du village de Pargues. La route qui y mène est là encore, sympathique, bordée d’arbres et alternant les courbes en appui, au gré d’une campagne délicieusement variée. Une belle façon de dire que je suis en train de dégourdir les bielles du b28. Economètre bloqué à 20L, compte tour à 5000, ce coupé flatte par sa sonorité feutrée, et son comportement !

4eme partie : Pause à Chaource

Ni une ni deux, Pargues surgit au détour d’une cuvette. A peine le temps d’apprécier au travers du pare-brise l’église fraîchement restaurée, et la pompe communale haute de 15m, que je file direction Maison-les-Chaources. La route est typique de ce que l’on trouve dans le coin. A savoir qu’elle serpente à travers champs, et offre un revêtement aussi cahoteux qu’une tempête dans le Morbihan. Maintenant que le spectacle du lever de soleil est derrière moi, il est temps de faire une pause. Ce sera à Chaource. Un nom qui respire fort le fromage qui pue, et le terroir ! Mais aussi et surtout un village atypique, typiquement champenois.

Ah la pause-café ! Un instant sacré pour tout rouleur qui se respecte. Alors que j’arrive sur la place du village, ce que je remarque en premier n’est ni la belle église, ni la halle atypique, ou encore les nombreuses maisons à colombages qui raviront les touristes. Non ce qui me saute aux yeux, c’est cette place de parking au pied de la terrasse ce PMU ! Il n’est que 8h30 mais la vie est déjà bien active. Tandis que la tenancière nettoie fièrement les carreaux de son bar, les habitués et les gens de passage se présentent déjà aux portes de ce petit coin de paradis. Il ne me reste plus qu’à m’installer en extérieur, admirer mon auto, et la vie locale, bercé par l’ambiance d’un petit matin au cœur de la France éternelle.

5eme partie : La route continue vers l’orient

Toutes les bonnes choses ont une fin, ma tasse de café en est l’exemple. Il est temps de reprendre la route, ce qui est loin d’être désagréable. Cette fois je vais quitter le Chaourçois et ses paysages
forestiers, pour me rendre du côté du parc naturel de la Foret d’orient et son lac. Histoire de vous montrer la belle église de Rumilly les Vaudes, je décide d’y repasser, maintenant que le jour est levé. Et puis, c’est surtout que cette satanée portion de route forestière est franchement cool ! D’ailleurs, je suis plus joueur qu’a l’aller, et, à ma demande le 328 dévore les enchaînements, avec pour conséquence un sourire enfantin.

Rumilly les vaudes, direction la plaine de seine, Fouchères, Chauffour les Bailly. Le paysage a changé depuis Chaource. La campagne est moins vallonnée, mais conserve cette belle alternance entre bois et champs, vêtus de leur manteau automnal. Je profite de cette douce monotonie pour réduire le train. Cette auto est géniale, vous voulez vous marrer elle peut le faire, vous voulez juste cruiser au calme elle le peut tout aussi bien. Montreuil sur Barse, Montiéramey, puis Mesnil St père, et enfin, le voilà ce fameux lac de la forêt d’orient ! Bon, à cette période de l’année il n’y a plus beaucoup d’eau. Mais ce n’est pas pour autant moins beau. Au contraire cette vaste étendue de vase bordée de bois, offre un paysage sauvage et lunaire, assez étonnant.

Carrément unique ! Et, si l’envie vous prend de vouloir vous y promener, vous serez gratifiés par des moments de silence religieux, entrecoupés par le cri des oiseaux migrateurs. Le tout avec face à vous l’un des plus beaux panoramas du département. Bref, c’est la cerise sur le Schwarzwald, et aussi mon lieu de pèlerinage dominical favori. D’autant que la route forestière qui longe les digues est assez sympa, offrant de belles courbes, et de nombreux points d’accès aux berges. Mais qui dit automne dit journées courtes, et les ombres commencent à s’étirer sur le sol. Il est temps pour moi et mon auto de rentrer au bercail après une chouette échappée !

6eme partie : retour sur Troyes

Tandis que le jour décline, je reprends la route en direction de Lusigny sur Barse. Pendant que les prés défilent, j’ai l’impression que ce matin était une autre journée. Mais pas que, j’ai aussi le
sentiment d’avoir parcouru des centaines de kilomètres, et vu des milliers de choses. Ce qui n’est pas le cas. C’est assez amusant cette faculté à nous déconnecter que peut avoir un simple tour de
voiture. Poussé à l’extrême, cela peut s’avérer aussi grisant qu’une bonne bouteille de Corton Charlemagne. Alors que le soleil se couche je suis à hauteur de Montaulin, le temps de faire quelques
photos, et les réverbères de la ville défilent au travers de mon pare-brise.

Vous l’aurez deviné, il fait nuit, et me voici de nouveau sur Troyes. En guise de bouquet final je m’offre un détour par le superbe centre-ville médiéval. C’est un peu chauvin de ma part, mais c’est
probablement l’un des plus vaste, et beau de France. Je pourrais épiloguer pendant des heures sur tout ce patrimoine, toutes ces choses à voir, mais je ne suis, ni Stéphane Bern, ni le guide Michelin. Je reste un contemplatif dans l’âme, pas besoin de savoir, ou de comprendre à l’excès, d’où viennent les choses. Tout ce qui compte c’est la vue et l’atmosphère. Alors je me contente de regarder, photographier, écouter, et faire ronronner le gros 6 en ligne dans les ruelles médiévales. Un vrai gosse ! Et je ferais bien d’aller ranger mon jouet avant de me faire gronder !

Conclusion

On me dit souvent que ce département est aussi plat et intéressant que la semelle d’une basket. Pourtant, il propose une variété de paysages étonnante, et offre un patrimoine d’une grande richesse. C’est d’ailleurs ce qui est remarquable ! Sans parcourir plus de 100km, on peut traverser vignobles, plaines agricoles, marais, forets, lacs, le tout parsemé de villages typiques et de
nombreuses curiosités. Si à cela vous alliez le plaisir de la ballade au volant d’une auto sympathique, alors vous ne perdrez pas votre journée, et rentrerez le soir avec des images plein la tête. Et, c’est quand même vachement plus intéressant que de rester vautré derrière « Maison à vendre » avec la pâteuse de la veille. Bref, pas besoin de partir loin pour se faire plaisir, suffit d’être curieux et de bousculer ses habitudes.

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Mark
Rédacteur-Photographe à News d'Anciennes
Passionné de photo et de sa BMW E30, Mark a rejoint News d'Anciennes courant 2016.
Essais, road-trip, reportages, tout l'intéresse du moment qu'il peut sortir son appareil photo.

5 commentaires sur “Balade d’Automne dans l’Aube, première partie”

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