Essai d’une Jaguar Type E 2+2 : Devenir un gentleman, leçon 1

A nous les petites anglaises ! Avant de restyler des Ford Mondéo, Jaguar a eu beaucoup de talent ! Nous n’avons pas besoin de passer en revue tous les modèles mythiques de cette marque pour comprendre qu’ils inspirent le bon goût et l’élégance anglaise ! Et quand on a l’occasion de rouler à bord d’une Jaguar Type E 2+2, on se sent transformé instantanément en gentleman !

Histoire de la Type E

Présentée la veille du salon de Genève en 1961, elle sera produite pendant 14 années et s’est déclinée en 3 modèles : Coupé, Cabriolet et le modèle 2+2 que nous avons essayé.

Elle rappelle visuellement les lignes de la Type D et est une descendante de la série des Jaguar XK. Elle présente une conception très moderne pour l’époque car l’idée première était la compétition. Elle a été dessinée par l’aérodynamicien Malcolm Sayer et aura peu évoluée visuellement au cours de sa production. On notera dans ces modifications les phares avant et arrières mais la ligne de la voiture sera conservée tout au long de la production. D’autre évolutions viseront à améliorer confort, sécurité et performances de la voiture. Ces évolutions ont majoritairement été conditionnées par le marché américain pour répondre aux exigences des cahiers des charges en terme de réglementations. Pour plus de détail, un article complet lui est dédié ici.

La Type E, tout modèle confondu, sera produite à 72.584 exemplaires, ce qui représente un des plus gros succès de la marque au félin. Ce succès est notamment dû à son prix bien moins élevé que les concurrents de l’époque à savoir Ferrari et Aston Martin. C’est la première voiture ayant un aussi bon rapport qualité prix pour une “grand tourisme sportive”.

Elle sera remplacée en 1975 par la Jaguar XKS, moins chère et moins performante.

La Jaguar Type E 2+2, 4,2L

La Jaguar Type E 2+2 qu’on vous présente ici, vous la connaissez. Vous l’avez déjà vu dans une vidéo, visible ici, mais son propriétaire nous avait aussi à son volant jusque Beaulieu puis Brooklands, le road-trip est visible en cliquant ici pour la partie 1 et ici pour la partie 2.

La lady aux courbes généreuses

Par rapport à la Type E coupé, le 2+2 est plus long de 20 cm et légèrement plus haut pour accueillir un peu plus de monde à bord, on y reviendra. Quoi qu’il en soit, ces cotes allongées ne brisent pas les lignes splendides de cette voiture, et il faudra être fin connaisseur pour la différencier au premier coup d’œil. Cela dit, le 2+2 nous donne quelques indices pour le reconnaître rapidement : on notera la présence d’une baguette chromée sous la fenêtre conducteur qui s’étend légèrement après la portière et qui casse un peu l’effet de longueur.
Sur le modèle essayé, il y a également un toit ouvrant en toile qui écrase visuellement la voiture en contre-partie de son plafonnier rehaussé pour l’espace à bord. Les lignes du coupé sont conservées sans fausse note sur le 2+2 et le résultat est saisissant.

La Jaguar Type E, tout modèle confondu fait partie de ces voitures sportives qui représentent l’élégance bien avant que l’on se penche sur leurs performances. Ce qui fait de son, ou de sa, propriétaire une personne de goût. Cette voiture est un véritable aimant ! Elle attire près d’elle le moindre passant qui viendra d’office se mettre devant l’objectif pour l’admirer. Ça embête le photographe, mais qui ne le ferait pas?


Âme chaleureuse

Comme on l’a noté précédemment, la Jaguar Type E 2+2 est plus volumineuse que la version coupé cela dit, c’est relatif… Les places arrières ne sont en fait pas plus grandes que deux strapontins, en cuir certes, mais ils ne sont adaptées que pour des personnes de petites tailles. Ces derniers sont rabattables pour pouvoir profiter un plus grand coffre, mais le plus intéressant comme souvent se situe à l’avant. Le tunnel de pont et la boite de vitesse prennent un peu de place au centre, mais ça laisse malgré tout suffisamment de place pour ne pas se sentir engoncé. En même temps, on ne monte pas dans une Type E pour faire sa gym…

Les finitions sont parfaites, chaque bouton a sa légende, le levier de vitesse court tombe directement sous la main, et une fois le toit ouvert, la luminosité fait ressortir toutes les couleurs de l’intérieur…

Un cœur à prendre

Enlevons délicatement les deux accroches à gauche et à droite et dévoilons son cœur : 6 cylindres en ligne de 4,2 L qui offrent la bagatelle de 265 cv. Même sous son capot, le 2+2 est beau ! Le moteur est mis en avant comme s’il était posé sur un piédestal. Ce 6 cylindre XK s’accompagne d’une boîte de vitesse mécanique de 4 rapports.

Partons au bal avec la Belle

Prenons lui la main

Commençons par le début, on passe à droite pour la conduite ! Il faut être un peu souple pour entrer, la voiture est basse et ses jupes sont hautes. En moins de deux minutes on s’adapte à l’inversion main gauche / main droite pour le passage des vitesses et un peu plus pour rester correctement dans sa voie. Pour autant, petit détail à percevoir avant de se laisser aller à une prise de confiance trop hâtive : le compteur en miles…

En ayant pris en compte le fait que le capot est long et que par conséquent, les roues avant sont loin, il faut anticiper un peu, mais vu la précision de la direction, pas de problème. Une fois passés ces détails, la jaguar installe instantanément un sourire de bien être sur le visage. Le confort de conduite est absolument exceptionnel, la boite est extrêmement précise, les rapports s’enchaînent sans difficulté ce qui est surprenant vu la main gauche et son age, mais ça ne l’est plus quand on sait avec quelle minutie son propriétaire a opéré.

Attrapons la par la taille

Comme à l’habitude, c’est l’heure de chatouiller la pédale de droite… Les poneys ont beau être britanniques, ils sont 265 et ils ne sont pas de ceux à s’arrêter à 17h pour le thé ! God save the Queen, quelle sonorité… Entre la précision de la boite, de la direction et une tenue de route impeccable, il n’y a rien à redire ! A l’entrée d’une courbe, pas trop d’inquiétude, les freins sont bien présents, la voiture ne se tord pas et freine droit ! Elle dispose de 4 roues indépendantes, 4 freins à disques et une suspension arrière composée de 4 amortisseurs télescopiques avec ressorts intégrés, ce qui lui confère une tenue de route inégalée par rapport à ses concurrentes. Par contre, sur route mouillée, la Jaguar aurait tendance à vouloir danser la valse, peu étonnant puisque c’est une propulsion puissante qui ne dispose pas de système d’aide à la conduite…

La ramenons-nous chez nous ?

Donnons un bémol, la voiture n’appartient qu’à une personne… Le réglage des rétroviseurs étant a priori un enfer, ils sont restés dans leur position réglée par et pour le propriétaire, ce n’était pas ce qui était recherché pendant l’essai, donc pas de bémol. Quoique, le 4,2L présente un petit inconvénient… il a soif : la consommation moyenne dite de “conduite de pépère” est aux alentours de 15 à 20 L/100km ce qui n’est pas négligeable…

Hormis ce bref faux soucis, la Jaguar Type E 2+2 est une voiture exceptionnelle ! Elle a 50 ans, et je pourrais rouler avec tous les jours…

Conduire une Jaguar Type E 2+2, 4,2 L

La Type E, aussi mythique soit elle, est une voiture compliquée et coûteuse à entretenir du fait de sa conception de sportive issue de voiture de compétition. Pour rouler dans une 2+2, il faudra compter 40.000 € à 50.000 € pour une voiture en très bon état. Le coupé vient ensuite aux alentours de 120.000 € et le cabriolet chatouille les 250.000 €. Pour les série I Flat Floor, les toutes premières autos, le prix sera encore plus élevé !
Il y a des affaires à faire, quelques exemples en cliquant ici.

C’est un investissement à ne pas prendre à la légère, mais il ne faut pas oublier que la Type E est aujourd’hui la représentation des voitures de courses des années 60.

Un très grand merci à Jérôme de nous avoir permis de partager son rêve et de tutoyer le bonheur durant l’essai !

Image
Entretien
Facilité de conduite
Facilité de prise en main
Plaisir de conduite
Les Plus Les Moins
Look Consommation
Confort Conduite à droite
Souplesse Places arrières
Conduite à droite
Note Totale

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Pierre
Rédacteur à News d'Anciennes

Chauffeur officiel pour les travellings, il lui arrive de passer derrière le volant.

Propriétaire, de 4L, d’Alfa GTV, malheureusement pas grand chose en état de rouler !


14 commentaires sur “Essai d’une Jaguar Type E 2+2 : Devenir un gentleman, leçon 1”

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