Garage Hélicoïdal de Grenoble

Nouvelle rubrique sur News d’Anciennes, consacrée aux lieu mythiques, nous comptons sur vous pour la faire vivre.
Si vous connaissez un lieu chargé de vestiges d’un passé automobile, n’hésitez pas nous envoyer vos photos et commentaires à newsdancienne@gmail.com

Le premier article se cette section est de Jensen, qui nous fait découvrir le garage hélicoïdal de Grenoble.

Au milieu des années 20 le nombre de voitures dans la ville de Grenoble, alors gros bourg provincial de 80 000 âmes, augmente de façon exponentielle et déjà des problèmes de stationnement commencent à se poser…

Un permis de construire est déposé pour l’édification d’un immeuble de 1300m2 de surface au sol à usage de garage automobile en plein centre-ville, au numéro 6 de la rue Bressieux exactement

N’importe qui venu visiter Grenoble reconnaîtra les lieux…
La rue Bressieux est juste à gauche du magasin.

Une entrée très “Arts déco” des années folles !

Surplombé par une façade tout à fait anonyme…

On entre ?

Les fondations sont coulées en 1928 et, grâce au travail des géomètres-experts Louis Fumet et Louis Noiray, l’édifice peut être inauguré en juillet 1932.

Il s’agit d’un ouvrage entièrement en béton armé de 24 mètres de haut de pur style Art déco !

L’immense verrière, un puits de lumière !

Le haut vu d’en bas…

Et… Le bas vu d’en haut !

Les boxes sont au nombre de 225 répartis sur 7 niveaux, un garde veille à l’entrée et un atelier est intégré dans l’immeuble afin d’assurer le ravitaillement et l’entretien des autos, alors objets de luxe !

Les voitures grimpent pour rejoindre leur emplacement une pente régulière de 5%, sa largeur de 7 mètres est telle que 2 limousines pouvaient se croiser sans ralentir.

“Silencieuse et tranquille elle passe : C’est une Delage !”
De nos jours ce serait plutôt une Audi ou une BMW qui hante les lieux. Autres temps, autres mœurs…

Chuuuttt ! La bête fait dodo…

Au même endroit une Salmson, une Delahaye ou une Mathis a du faire de même.


Un ascenseur et un escalier permettent au conducteur d’accéder à l’étage où était garée son automobile, mais on pouvait se charger d’aller la chercher pour lui ! Il lui suffisait alors de patienter dans le petit salon attenant à la loge du gardien. Chaque niveau est doté d’un lavabo et d’un WC, tous les boxes ont un robinet d’eau et l’électricité. 

Certains boxes sont parfaitement entretenus, ils possèdent tous une fenêtre.

D’autres sont restés avec la poussière d’époque et les particules imbrûlées de la Rosengart du grand’père !

Chaque box peut supporter 3 tonnes, les Bugatti étaient lourdes en 1932…

Un robinet garanti 100% années folles ! 

Le panneau électrique ! Interrupteur, prise et abat-jour dans leur jus d’origine ! Seule l’ampoule manque à l’appel. 

Ils sont fermés à l’origine par un rideau métallique roulant de type “tôle ondulée” fabriquées par une manufacture locale (les établissements Jay & Jallifier).

En empruntant les escaliers plutôt que l’ascenseur on fait de belles trouvailles… Qu’a fait cette société lors de la construction ? Qu’est-elle devenue ?


Au sommet se trouve une verrière, c’est elle qui inonde l’intérieur de lumière naturelle, ainsi qu’une citerne recueillant les eaux de pluies dans l’optique de laver les voitures des copropriétaires ou locataires des lieux.


Après la seconde guerre mondiale la démocratisation de l’automobile aura raison de l’atelier et du service intérieur (seul le gardien restera en fonction, il l’est d’ailleurs encore de nos jours).

La citerne est supprimée en 1952, on en profite pour construire autour de la verrière 25 nouveaux emplacements sur la terrasse, en boxes simples ou doubles.
On crée aussi 2 places de parking à la verticale de la verrière au rez de chaussée.

Le Fort de la Bastille et son téléphérique. 

Vous en connaissez beaucoup des garages qui offrent un panorama pareil ? 



On trouve encore quelques vestiges de la grande époque ! 

En juillet 1989 le garage hélicoïdal, qui a la particularité d’être totalement invisible de l’extérieur, est classé monument historique par le ministère de la culture.

Vu du ciel : Les “Galeries Lafayettes” et la célèbre fontaine de la place Grenette en jaune, le garage en rouge…
La flèche symbolise l’entrée de celui-ci.

Il est toujours en fonction aujourd’hui, rendant bien service aux habitants ou professions libérales de la ville qui trouvent à se garer dans l’hyper-centre d’une cité de 158 000 habitants (420 000 avec l’agglomération), à deux pas de la place Grenette “centre névralgique” de la capitale des alpes !
Un seul “petit” bémol : les prix typiquement “Grenoblois”…

Location : Entre 140 et 160€ par mois…

A l’achat : Pas de vendeur à moins de… 35 000€ le boxe monoplace !

On trouve ailleurs dans la ville des boxes en location pour 70€ et 16 000€ à l’achat en moyenne.

Merci encore à Jensen (Forum-Auto) pour ses photo et ce texte.

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes

Passionné d’automobile ancienne, il a créé News d’Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.

Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu’elles sont un peu plus rapides !


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