Quand Renault rencontre un carrossier : la Frégate Chapron

La Renault Frégate représente une tentative courageuse mais un peu vaine du losange pour conquérir le marché haut de gamme. On en parle dans cet article dédié. Mais il faut savoir que la voiture aura aussi droit à sa déclinaison coach « Grand Luxe », c’est la Renault Frégate Chapron.

Celle qui illustre cet article a été vue par Bertrand au rassemblement Gazoline il y a quelques jours.

L’après guerre, fatal à bien des carrossiers

Au sortir de la seconde guerre mondiale, l’heure n’est plus au grand luxe automobile. La rationalisation gagne en effet la production automobile. Le prix et la disponibilité des matières premières est un grave problème. Et cela ne s’améliore pas au cœur des années 50.
Delahaye, Delage, Hotchkiss, vont en faire les frais. Et avec ces petits constructeurs haut de gamme, les grands carrossiers vont avoir du mal à suivre. C’est tout un pan de l’économie qui disparaît, les constructeurs implantés que sont Renault, Peugeot et Citroën n’ont pas de châssis motorisé à donner aux carrossiers pour qu’ils s’expriment.

Panhard et Simca sont un peu à part, ils travaillent avec des « petits » Pichon-Parat ou Facel Metallon. Chapron résiste cependant, son aura est bien grande.

En 1953, c’est de Renault que va venir une belle commande. La régie veut dynamiser sa Frégate avec une image plus luxueuse. Elle demande alors à Letourneur et Marchand de réaliser un cabriolet sur base Frégate et à Chapron de réaliser un Coach. En plus, Ghia réalisera un autre cabriolet. Si c’est ce dernier, le vert en photos, qui sera sur le stand Renault au salon de Paris, cette étude ne reprend presque rien de la berline. Elle serait trop chère à fabriquer. Par contre, le cabriolet Letourneur et Marchand et la Coach Chapron sont basées sur le même dessin signé Carlo Delaisse.

Le lancement de la Renault Frégate Chapron

La régie donne alors le feu vert à la production des deux versions. Les premières coques arrivent chez les carrossiers en Mars 1954. Par chance, ces autos sont toutes équipées du moteur Étendard de deux litres et 77 ch. C’est beaucoup mieux que la précédente version et ses petits 55ch. Il y aura 79 cabriolets, et environ 25 coach Frégate Chapron.

Il faut reconnaître que le travail de Chapron est limité. On commence par découper le pavillon, on soude des panneaux en lieu et place des portes arrières, on ajoute un nouveau pavillon magnifiquement arrondi, une sellerie cuir et des chromes.
En 1956 le dessin évolue, particulièrement sur la poupe. Elle gagne ce qui à la mode de l’époque : des pontons, terminés par des phares verticaux. Les mêmes que ceux de la Hotchkiss Montceaux dont on vous parlait dans cet article par exemple.

Cette Renault Frégate Chapron

Pas très difficile de trouver trace de cet exemplaire. On l’a vue au rasso Gazoline et le magazine en avait fait un reportage complet. Elle est de 1958 et dans un superbe état. On apprend qu’elle a la particularité d’avoir été un peu préparée. Le moteur a 0.5 points de compression en plus, des soupapes d’admission plus grosses et un échappement sport. Au final ce sont 3 chevaux que l’on a gagné.

Ce n’est pas du luxe, l’auto est lourde, en particulier avec la transmission Transfluide qui automatise l’embrayage. Le sigle est d’ailleurs plus gros que celui de Chapron !

La voiture est rare, seul cinq seraient roulants et un cinquième existe, coupé en deux. C’est très peu. Autant on trouve une côte pour le cabriolet, autour de 70.000 €, autant, pour une Frégate Chapron, aucune idée du prix, mais il ne serait pas étonnant qu’il faille débourser le double !

Photos : News d’Anciennes, Club Frégate, Artcurial, JP 60

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