Histoire de Carrossiers, ép. 18 : Allemano

Histoire de Carrossiers, ép. 18 : Allemano
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Histoire de Carrossiers, ép. 18 : Allemano
Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Après Touring et Drogo, on s’intéresse ce mois-ci à un autre carrossier italien : Allemano. Un carrossier méconnu qui a pourtant réalisé des carrosseries pour les autos les plus mythiques et les plus grandes marques… y compris françaises !

Les lents débuts d’Allemano

C’est en 1928 que Serafino Allemano crée son entreprise. Installée à Turin elle se contente, dans un premier temps, de réparer les carrosseries des italiennes réalisées par d’autres.

Mais l’homme a de l’ambition. Il se fait vite connaître et en 1935 il crée sa première carrosserie complète. Il travaille au début avec des bases locales : Fiat et Lancia.

La Carrozzeria Allemano subit les affres de la seconde guerre mondiale. L’usine est totalement détruite et il faut tout reprendre à 0.

Allemano après-guerre

Pour autant Serafino Allemano ne baisse pas les bras et remonte son activité. Ses lignes sont encore classiques mais cela va vite changer. Ferrari lui offre une belle exposition avec la carrosserie des 166 S Barchetta et Coupé. Ce dernier remporte même les Mille Miglia 1948, créant par là la 166 MM (qui se fera carrosser chez Touring).

Allemano travaille toujours avec des bases Fiat, Lancia et bientôt Abarth. Si chaque auto reçoit une ligne spécifique (les autos sont produites en petite série) est unique, de grands traits apparaissent. Les spider, cabriolet et berlinettes créés par la carrozzeria ont un avant et un arrière relativement pointus et un pavillon incliné vers l’arrière. Des lignes réellement dynamiques, souvent travaillées en aluminium.

Au début des années 50 le carrossier s’intéresse d’ailleurs à des mécaniques françaises. En 1951 il créée une berlinette sur base Panhard Dyna et en 1953 c’est le carrossier italien qui est chargé d’habiller la Le Marquis de Rédélé, dessinée par Michelotti. On notera aussi des cabriolet et coupés sur base 4CV et Dauphine.

À la fin des années 50 les créations d’Abarth sont réparties entre deux carrossiers. Si Zagato se charge des coupés, notamment ceux de compétition, Allemano est à l’œuvre sur les cabriolets.

Quelques coupés seront néanmoins produits, notamment sur les bases 2200 et 2400. L’un de ces derniers est même l’auto personnelle de Carlo Abarth.

Allemano va être mis à contribution dans l’éphémère aventure ATS et produira la carrosserie de la 2500 GT. Mais le projet n’ira pas au bout.

Cela correspond à une réelle perte de vitesse pour les carrosseries spéciales. Les grands, Bertone, Pininfarina ou Zagato continuent mais les plus petits ferment. Allemano est de ceux-là et en 1965 la société cesse ses activités.

Quelques réalisations d’Allemano

On trouve très peu de documentation sur les carrosseries d’avant-guerre d’Allemano. Cette publicité de 1947 montre le classicisme des réalisations de la Carrozzeria après le conflit.

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En 1948, les premières Ferrari 166 passent donc par l’atelier Turinois d’Allemano. Les deux brilleront, le coupé sera même rendu mythique avec la création des 166 MM, en hommage à ses victoire aux Mille Miglia.

Au début des années 50 on retrouve encore le style classique de la carrosserie sur des coupés Fiat.

En 1952 on retrouve une magnifique création de Michelotti, alors styliste indépendant, mis en oeuvre par Allemano sur une base de Lancia Aurelia B53 désignant les châssis nus de la B20. Ces autos se retrouvent parfois en salle des ventes, chez Bonhams (notre photos) ou RM Sotheby’s (les deux autres).

En 1952 commence la la période française. C’est une Panhard Dyna qui est utilisée comme base pour ce coupé qui sera notamment engagé aux Mille Miglia.

En 1953 Michelotti a donc dessiné le coupé Le Marquis, première auto de Rédélé, avant Alpine, sur base Renault 4CV.

Au salon de Turin cette même année, l’italien dévoile aussi une Dyna Cabriolet traitée à la façon d’une Simca Sport (réalisée chez Facel).

Toujours en 1953, on retrouve une Panhard X86 comme base de cette berlinette (qui a été proposée à la vente par Artcurial il y a quelques années).

Pour autant Allemano travaille toujours sur ses bases habituelles avec notamment cette Fiat 1400 Coupé avec des lignes classiques.

Par contre les lignes peuvent être plus audacieuses sur des notamment sur ces 1100, elles aussi de 1953.

On retrouve aussi son œuvre sur une Aston Martin D2/4 unique, dessinée par Savonuzzi, une auto équipée d’un moteur de DB3.

En 1956 on retrouve une belle réalisation d’Allemano sur une des toutes dernières Maserati A6G.

L’année suivante le style s’est affiné sur les petites autos. En témoigne cette Lancia Appia Coupé :

En 1957 Abarth veut confier le dessin de sa Fiat Abarth 750 Spider à Zagato qui fait la sourde oreille. Il fera bien faire ses coupés chez Zagato mais c’est Allemano qui produira les Spider, avec ou sans hard-top.

Le carrossier italien travaille toujours sur des bases Renault. En témoigne ce coupé présenté à Genève en 1957 sur base Dauphine, ce cabriolet sur base 4CV et cette pub pour un autre coupé, datée de 1958 avec une base Floride.

En 1959 Maserati sort sa 5000 GT. Produite à seulement 34 exemplaires, il faut noter qu’Allemano en réalisera 22 jusqu’en 1964 avec des styles pouvant légèrement varier.

La même allée les derniers Spider Abarth sortent. Celui-ci a reçu un moteur 850 cm³. Si la carrosserie est proche des 750, on peut déceler quelques différences. Cette auto fut proposée par Artcurial il y a quelques années.

Toujours en 1959 on retrouve Allemano à l’œuvre sur de plus grosse Abarth. Ici un coupé 2200 :

Ce style sera aussi porté sur les 2400, ici la voiture personnelle de Carlo Abarth :

L’année suivante on retrouve ce qui semble être un mix des deux derniers styles présentés sur une Abarth 850 Coupé.

Allemano ne reste pas cantonné dans une ligne pour autant. En témoigne cette Fiat 1550 de 1963.

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La même année apparaît l’ATS 2500 GT. Douze exemplaires seront produits.

On termine par une dernière œuvre “française” difficile à dater : la base est une Citroën 2CV et on serait au milieu des années 50.

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Photos complémentaires : Coachbuild et maisons de vente

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