Ferrari 166 MM, les premiers lauriers manceau du cavalino

Ferrari 166 MM, les premiers lauriers manceau du cavalino
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Ferrari 166 MM, les premiers lauriers manceau du cavalino
Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Alors que Ferrari revient au Mans, dans la catégorie reine, le LMH on le précise, retournons en arrière. Pas sur la dernière des 9 victoires de la marque, en 1965 et on en parle ici, mais sur la première venue de la marque au Mans. C’était avec la Ferrari 166 MM.

De la 125 à la 166

On va même commencer l’histoire avant la 166. Car au final la Ferrari 166 et une des toutes premières autos construites par la jeune société. C’est Gioachino Colombo qui dessine la toute première Ferrari en 1946. Il ne voit pas la voiture finale puisqu’il est passé chez Alfa Romeo et c’est Aurelio Lampredi qui termine le travail. La 125, présentée en fin d’année, doit son nom à sa cylindrée unitaire. Voulue comme une voiture de course elle embarque un V12 à 60° de 1,5 litres donc, accolé à une boîte 5, le tout dans un châssis tubulaire.

La première auto roule en 1947. Les premiers succès arrivent dès le printemps. Le développement commence et on propose vite un nouveau moteur de 1908 cm³ qui sera monté sur les mêmes autos désormais appelées 159. D’ailleurs c’est Colombo, de retour chez Ferrari, qui parviendra à en tirer la quintessence. La 159 offrira la première victoire internationale à Ferrari, nous sommes au Grand Prix de Turin 1947.

En fin d’année on a encore modifié le moteur qui atteint 166 cm³ de cylindrée unitaire.

La Ferrari 166 s’impose

La première auto, 002C, le Syder Corsa est terminée en décembre et vendue dans la foulée. Deux autres autos suivent. Les 166 S sont nées. En avril la Scuderia Inter engage une auto à la Targa Florio. Troubetzkoy et Biondetti s’imposent ! Les Mille Miglia voient la victoire de Biondetti et Navone sur une 166 C Coupé carrossée par Allemano.

À la fin de l’année 1948 on décide d’arrêter les changements constants : la Ferrari 166 sera la première voiture construite (à peu près) en série par la marque. On distingue alors deux autos : la Ferrari 166 Inter, en hommage à la Scuderia Inter, sera l’auto de route, vendue pour faire rentrer des sous dans les caisses, la Ferrari 166 MM, pour commémorer la victoire aux Mille Miglia, sera la version de course.

Les deux voitures partagent le même châssis, utilisé sur toutes les Ferrari contemporaines. Les trains sont assez classiques, des triangles à l’avant et un essieu arrière rigide. Le moteur de 1992 cm³ se contente d’un carburateur sur l’Inter ce qui lui permet d’atteindre les 115 ch. Sur la Ferrari 166 MM il est gavé par trois carburateurs Weber et sort 140 ch !

Pour ce qui est de la carrosserie, les Ferrari 166 MM vont aller se faire habiller chez un spécialiste. Et en 1948, pour avoir une carrosserie légère et aérodynamique Touring, et sa technique Superleggera, sont en avance sur leurs concurrents. Ils dotent l’auto d’une carrosserie barquette qui deviendra une de ses signatures. D’ailleurs le carrossier habillera une grande partie des Inter.

La Ferrari 166 MM en course

La saison de la Scuderia Ferrari et de sa 166 MM commence par un abandon à la Targa Florio… tandis que Biondetti et Benedetti l’emportent sur une 166 SC.

Mais dès les Mille Miglia la nouvelle monture donne satisfaction. Biondetti, toujours lui, l’emporte avec Salani tandis que Bonetto et Carpani assurent même le doublé. La Ferrari 166 MM porte bien son nom.

Un engagement au GP de Naples se solde par un abandon de Musso et la deuxième place de Bonetto. Mais nous sommes le 19 Juin et la grosse échéance arrive.

Les Ferrari 166 MM aux 24h du Mans 1949

Enzo Ferrari commence à accumuler les lauriers avec sa propre marque mais il n’est pas certain de ces autos. Alors plutôt que de lancer sa Scuderia Ferrari dans le grand bain il va approuver (et soutenir) l’engagement de Ferrari 166 MM via des privés. Il va tout de même envoyer un courrier à l’ACO pour s’excuser par avant de la fiabilité de ses autos. Oui, les mêmes qui viennent de remporter les deux dernières éditions des Mille Miglia !

On va donc retrouver deux Ferrari 166 MM en course. La première est engagée par Lord Selsdon, un britannique. Ce pilote a déjà couru au Mans en 1935. Mais c’est surtout Luigi Chinetti qui est aux manettes. Il n’est pas encore l’importateur de Ferrari aux USA et n’engage pas encore les autos sous sa bannière du North American Racing Team. Pour autant il est déjà double vainqueur des 24h du Mans, en 1932 et 1934 sur des Alfa Romeo. Les deux se connaissent bien et on remporté les 12h de Paris l’automne précédent au volant d’une 166 Spyder Corsa.
La seconde auto est confiée à un équipage français. Jean Lucas fait équipe avec Pierre-Louis Dreyfus.

La concurrence est rude. Pour cette édition qui est celle de la reprise, à cause des travaux de reconstruction dicté par les bombardements de la zone pendant la guerre, on compte 104 demandes d’engagement. Quarante-neuf sont finalement retenues. Pour la gagne on retrouve des gros moteurs, ceux des Aston Martin, des Talbot, des Delahaye et Delage. Pour les plus petites autos on retrouve des Simca-Gordini, des Simca et même deux autres premières : la première auto à moteur arrière engagée au 24h du Mans, une Renault 4CV, et le premier diesel sur une Delletrez.

L’ordre sur la grille de départ n’est pas donné par le temps mais par la cylindrée des autos. La Talbot et son 4483 cm³ partent en tête. Les Ferrari sont bien plus loin, aux 22e et 23e positions.

Pour autant, après que les gros moteurs eurent dominé la tête de course, les soucis s’enchaînent. Ainsi Chinetti est en tête à 21h30. C’est ensuite au tour de Dreyfus de prendre la tête mais ils sort de la piste à Maison Blanche, gêné par des retardataires. Sa Ferrari est détruite.

Chinetti va reprendre la tête dans la nuit et laisse pour la première fois le volant à son copilote vers 4h30 alors qu’il à trois tours d’avance. En fait Mitchell-Thompson comte de Seldson n’a pas une santé lui permettant de tourner à bon rythme. Il repasse le volant à Chinetti une heure plus tard et ce dernier ne le lâchera plus ! En plus des soucis d’embrayage apparaissent.

Après plus de 22 heures au volant, Luigi Chinetti remporte ses 3e 24h du Mans. Il devance une Delage et une Frazer-Nash. La marque Ferrari a à peine deux ans, une seule participation aux 24 heures, et déjà une victoire !

Les Ferrari 166 MM après les 24h du Mans 1949

Forcément une telle victoire a de la portée ! Maranello va ainsi vendre 47 autos, surtout qu’une seconde série verra le jour en 1953 pour contenter les retardataires. Certaines seront modifiées et équipées de moteurs plus gros, notamment le 195.

Plus que le nombre de ces autos de courses produites, c’est bien leur palmarès qui impressionne. En 1948 la Ferrari 166 MM va également remporter les 24h de Spa (Chinetti-Lucas). L’équipage remportera également les 12h de Paris 1950. Par contre les 24h du Mans 1950 se solderont par un triple abandon des autos engagées par Chinetti et Lord Selsdon.

Les autos vont se mettre à gagner sur tous les continents, en Europe, mais aussi aux USA en SCCA. Bien sûr les derniers engagements seront moins fructueux avec des autos qui ne sont plus au top de la technologie. Mais l’histoire était déjà écrite.

Les Ferrari 166 de nos jours

De nos jours les Ferrari 166 se font rares. Pour les croiser il faut aller voir du côté des concours d’élégance ou des ventes aux enchères ! Lors de ces dernières les autos connaissent des fortunes (c’est le cas de le dire) diverses. En effet leur prix dépend énormément du palmarès de l’auto. Évidemment les plus anciennes sont les plus chères.

En France vous en trouverez une à chaque visite du Musée des 24 Heures. Attention, il ne s’agit pas de celle victorieuse au Mans en 1949 mais de celle qui a gagné les 24h de Spa la même année. Elle fut offerte par Luigi Chinetti lui-même.

Voici quelques autres auto croisées ici et là.

Photos complémentaires : Musée des 24h

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