Histoire de Carrossiers, ép. 17 : Drogo, le recarrosseur

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Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Après Touring, c’est par là, on continue notre tour des carrossiers italiens avec Drogo. S’il est moins connu que beaucoup d’autres grandes Carrozzeria c’est surtout que sa période d’activité est réduite… et tardive !

Piero Drogo le pilote

Piero Drogo voit le jour le 8 Août 1926 à Vignale Monferrato, dans le Piémont italien. Pour autant c’est au Vénézuela qu’il grandit. C’est également là qu’il fait ses premiers tours de roues en tant que pilote au milieu des années 50.

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Ses premiers engagements se font au volant d’une 300 SL (pour une victoire à Maracay) avant qu’il ne dispute plusieurs saisons au volant d’une Ferrari 500 TR. Avec cette auto il fait ses débuts mondiaux aux GP du Venezuela, puis Cuba ou les 1000 Km de Buenos Aires. Souvent placé, sa 4e place argentine le propulse vers les 24h du Mans 1958, qu’il abandonne.

D’ailleurs il ne va pas revenir en Amérique du Sud et il s’installe dans la région de Modène. L’année suivante on le trouvera à la 5e place de la Targa Florio sur une Maserati A6G et engagé, sans participer, au Tour de France sur Ferrari 250 GT.

En 1960 il fera même ses débuts… en F1 ! C’est sur une Cooper-Climax T43 de l’écurie Colonia et il se classera 8e de son seul grand prix… à Monza, excusez du peu !

Mais Piero Drogo n’est pas QUE pilote. Il est également mécanicien chez Stanguellini et raccroche son casque pour se lancer dans une nouvelle aventure.

L’aventure de la Carrozzeria Sports Cars

En 1960 Piero Drogo s’associe à Lino Marchesini, Mario Allegretti et Otello Benedetti pour fonder la Carrozzeria Sports Cars (également appelée Sports Cars di Benedetti & C. entre 1963 et 1969.

Évidemment elle est établie à Modène et l’entreprise commence à carrosser de petites autos de courses produites par les artisans locaux. Drogo est l’homme clé de l’entreprise puisqu’il parle plusieurs langues et est parfaitement introduit dans le milieu.

Ainsi une des activités de la Carrozzeria Sports Car va rapidement être une activité de réparation-customisation. Qu’elles soient abimées ou non, les autos arrivent chez Drogo pour recevoir une nouvelle robe, souvent plus agressive, et toujours selon les idées du propriétaire. Souvent les autos sont des Ferrari, mais quelques autres projets existent, notamment une Porsche 550 Spyder ou une Maserati Birdcage !

La création la plus renommée de ce début des années 60, c’est évidemment la Ferrari 250 GT Breadvan créée par la Scuderia Serenissima, on en parle en détail ici.

La renommée de l’entreprise grandissant Drogo est mis à contribution par les constructeurs directement. En 1964 c’est une Maserati Tipo 151 qu’il habille. Ensuite c’est l’usine Ferrari qui lui confie, à partir de 1965, la carrosserie des P2, P3 et P4 puis des Dino 206 SP.

Un ancien de chez Ferrari, Bizzarrini, fait également appel à Drogo pour carrosser la sportive Iso Grifo A3C… et par conséquent les futures Bizzarrini 5300 GT.

En 1967 Drogo collabore de nouveau avec le Comte Volpi et signe la carrosserie de la Serenissima Agena.

C’est une période faste… pourtant l’entreprise n’est pas au mieux… En fait elle ferme ses portes en 1971. Un passage éclair dans le monde de la carrosserie en fait.

Piero Drogo décédera lui en 1973, lors d’un accident de voiture à seulement 46 ans.

Quelques réalisations signées Drogo

À la fin de l’année 1961 Drogo réalise l’auto qui est sa “pièce maîtresse” : la Breadvan, sous la supervision de Giotto Bizzarrini pour la Scuderia Serenissima.

En 1962 on retrouve une Ferrari 250 GT. Engagée au Mans elle y est gravement endommagée. La nouvelle carrosserie qu’elle reçoit la rend particulièrement reconnaissable !

La même année on lui amène une Jaguar Type E accidentée. Le résultat… n’a rien à voir !

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En 1963 on retrouve une autre auto voulue par Bizzarrini et mise en œuvre par Drogo : c’est une ASA 1000 GTC, conçue pour la course.

En 1964 Drogo reçoit la commande d’une carrosserie. La base est une 250 Testa Rossa et il la rapproche d’une GTO. Elle retrouvera sa ligne à la fin des années 70.

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La même année il dessine (mais ne met pas en forme) la carrosserie de la Maserati Tipo 151 003 :

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En 1965, troisième collaboration entre Bizzarrini et Drogo avec les Iso Grifo de course, les A3C.

Il modifie la même année cette Ferrari 212 Inter de 1952. La carrosserie Vignale est remplacée par une ligne plus moderne directement inspirée des California Spyder.

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En 1966 ce sont les “petits” prototypes au cheval cabré qui passent par la Carrozzeria Sports Car : les Dino 206 SP dont 18 exemplaires seront produits.

La même année il retouche le nez de cette 250 LM. Plusieurs autos de ce type recevront la même modification.

En 1967 Drogo modifie la Ferrari 250 GT (à robe Pinifarina d’origine) en raccourcissant le châssis et en la dotant de cette robe agressive.

La même année donc le Comte Volpi fait appel à la carrozzeria pour réaliser sa voiture de route : l’Agena.

En 1968 Drogo fait fort. On le sait adepte des lignes saillantes, il recarosse deux Ferrari 250 GT SWB avec cette forme (proche de celle de la Jaguar de 62) ! Elles retrouveront leur forme originale par la suite.

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Photos supplémentaires : Coachbuild

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