Grand Prix de l’Age d’Or 2021, jour par jour, course par course

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Grand Prix de l'Age d'Or 2021, jour par jour, course par course
Jacques
Photographe, plus qu'amateur, et passionné de courses historiques, Jacques sillonne l'Europe pour voir les plus belles courses.

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Après qu’Elvis et Joris vous ait déjà livré un aperçu du Grand Prix de l’Age d’Or 2021, il est là, c’est mon tour. Retour sur un week-end de course pas comme les autres.

Le doute.

Il plane au dessus de nous depuis maintenant un an et demi. Il a changé nos vies et occupe une grande partie de nos pensées. Notre sport favori n’échappe pas à ce phénomène voir pire, il est victime de plusieurs doutes :

  • Etat de la Pandémie en France.
  • Brexit et ses conséquences.
  • Règles de circulation transfrontalière.

L’évolution permanente des règles attachées à la pandémie pèsent sur l’organisation même des événements (annulation des Dix Milles Tours en début d’année). Les organisateurs vivent donc depuis des mois sans avoir de visibilité sur le futur alors que, bien évidement, la mobilisation d’un circuit et de quelques trois cent concurrents venant de toute l’Europe ne peuvent se faire en une semaine. Autre problème, l’accès, ou pas, du public et donc d’une recette de billetterie.

Comme vous le savez, la Grande Bretagne est le centre de gravité de la compétition automobile mondiale. Depuis l’annonce du Brexit, on se doutait que celui-ci aurait un impact sur notre sport mais sans connaître précisément lequel. On peut maintenant voir que cela touche d’une part les importations de pièces ou de véhicules se trouvant en Grande Bretagne et d’autre part l’importation temporaire de véhicules (aussi bien les voitures de courses que les transporteurs et véhicules d’assistance) en vue d’une compétition. Ceci ne facilitant évidemment pas la venue de pilotes d’outre Manche constituant environ 1/3 des plateaux ces dernières années.

Dernier doute affectant la venue des pilotes étrangers, les règles sanitaires impactant leur venue chez nous et le retour chez eux. Là encore, l’incertitude règne.

Prenant en compte tous ces éléments, on ne peut que saluer le travail des organisateurs pour la mise sur pied d’un événement aussi international que ceux des séries Peter Auto. Bravo Messieurs Dames.

Jeudi, il fait beau et on ouvre les coffres à jouet

La lecture des listes d’engagés avant les courses est toujours un moment délicieux, un peu comme on salive devant la carte d’un restaurant… Mais on sait qu’il y a toujours des impondérables qui font que certains ne seront pas là et d’autres viendrons. C’est donc toujours avec un grand intérêt que l’on découvre les paddocks et leurs habitants.

Repérée sur la liste des engagés en CER1, la Ferrari 312P est là. Je m’attendais à la berlinette vue au Mans Classic en 2016 mais c’est une barquette. Comme elle appartient au même propriétaire, je pense que celui-ci l’a faite modifier pour des raisons qui lui sont propre. C’est incontestablement la reine du bal.

On note aussi la présence étonnante d’une famille Allemande qui ne présenta pas moins de 6 voitures engagées en Historic Grand Prix Car Association et en Greatest Trophy (4 Maserati, une Osca et une Alfa Romeo 8C Monza). La Osca ne prendra pas la piste.

Sans surprise, très peu de concurrents Britanniques mais on a vu pourquoi.

Malgré le port du masque obligatoire, l’ambiance est aux sympathiques retrouvailles après cette longue interruption.

Vendredi, on crame au soleil pour suivre les essais

C’était un autre doute qui pesait sur cette reprise; la météo.

Bien évidemment scrutée jour après jour avant l’évènement elle évoluait plutôt favorablement au fil du temps mais demeurait incertaine. Ce jour, c’est grand soleil.

Pas de grandes surprises pendant ces qualifications, les meilleurs de l’an dernier sont toujours devant

Samedi, déluge matinal et essais perturbés

Samedi matin, c’est l’horreur. Il pleut sans interruption de 8h à 12h15. La piste est bien évidemment trempée mais les photographes aussi et le matériel est mis à rude épreuve…

Heureusement, tout ce qui devait tomber ce week end est tombé. On en a terminé avec la pluie mais on ne le sait pas encore et la météo demeure très incertaine pour le reste de la journée et pour le dimanche.

Quelques concurrents, et non des moindres, s’abstiennent de rouler dans ces conditions. La Ferrari 312P en CER1 et la Jaguar XJR14 du Groupe C restent au paddock.

Trois courses sont au programme de ce jour. La course 1 du TGT, celle des HPGCA et les 60’s Endurance.

Les concurrents de The Greatest Trophy nous font une superbe démonstration de leur maitrise dans des conditions très difficiles Mention spéciale à Carlo Vogele et son Alfa TZ qui terminent à une très belle seconde place devant des voitures beaucoup plus puissantes.

Piste bien sèche pour les HPGCA et course limpide pour les cinq premiers du classement. Il y a dans ce plateau également des voitures à moteur avant et la présence exceptionnelle de cinq Maserati 250F ce qui est déjà un évènement en soit.

À l’avant, deux pilotes se livrent à une lutte épique : Guillermo Fierro et Steve Hart. Ils roulent comme jamais je n’ai vu rouler de telles voitures et ne se lâchent pas une seconde. C’est Fierro qui remporte la première course.

Les participants des Sixtie’s Endurance ont de la chance, ce sera, pratiquement (dommage pour Christophe Van Riet), sec pour les deux heures de course.

Dès le départ et pendant toute la course, ce sera une bagarre incessante en tête. Au final, moins de quarante secondes séparent les cinq premier ce qui donne une bonne idée de l’intensité de ces deux heures de course. Bravo Messieurs, le spectacle était exceptionnel. Premier gros succès du week end pour Equipe Europe qui réalise le triplé.

Pour la petite histoire, Guillaume Mahé, courant sur deux voitures, se retrouve premier et deuxième dans la même course.

Une dernière remarque sur ce plateau pour ceux qui s’interroge quand à la différence entre une Cobra et une Daytona : 12.9 Km/h dans la ligne droite à l’avantage de la Daytona. Ce n’est pas négligeable et met plus en valeur la performance des pilotes de Cobra.

Avec autant de partants, ce serait dommage de se limiter à ces seules 5 premiers, voici un tour d’horizon des autres participants :

Dimanche, plein de courses sous un ciel menaçant en permanence

La journée commence par le CER2. Cette catégorie est dominée depuis un bon moment par Yves Scemama et sa Toj SC304 mais, lors des dernières courses, celui-ci est régulièrement à la lutte contre son frère Philippe avec sa spectaculaire Lola T600 et contre le jeune Maxime Guénat sur Lola T286.

Maxime à depuis un bon moment prouvé qu’il pouvait être très rapide mais, manquant de constance, il commettait de petites fautes dont ses ainés profitaient. Ce dimanche, il a su être rapide et constant et gagne très logiquement cette course alors que Yves, bon second à la régulière sort trop vite des stands et écope d’une minute de pénalité qui le rétrograde à la troisième place. Equipe Europe fait quand même 1 et 3 dans cette course.

En proto moins de 2L, la course est beaucoup plus limpide et les positions ne changent pas hormis pendant l’arrêt obligatoire de la mi course.

En GT, les positions semblent là aussi acquises sauf que Hans-Jörg HÜBNER se trompe d’un tour et laisse passer Sébastien Crubilé (qui lui rend presque 20km/h dans la ligne droite), pensant que la course est terminée, avant le drapeau à damier. (voir la vidéo de ce relais).

La seconde course de la journée, les Fiftie’s Legend voit la large domination de Eugène Deleplanque et de sa TVR Grantura. Rapide et régulier, personne ne peut lutter. Un concurrent remarquable de ce plateau : David Barrere sur Mini Cooper S 1300. Parti de la sixième position sur la grille, il se hisse rapidement à la seconde, bien qu’il rende 20Km/h en pointe à ses concurrents, malheureusement, une panne l’immobilise à quelques mètres de la ligne d’arrivée dans le dernier tour et il se voit privé de sa superbe seconde place. Il termine finalement cinquième.

Ensuite vient le tour des Group C qui retrouvent ce circuit après quatre ans d’absence. Comme à l’habitude lorsqu’il est présent, Christophe d’Assembourg s’envole dès le départ tournant près de deux secondes plus vite au tour que son meilleur poursuivant. Malheureusement, comme d’habitude, la transmission de l’auto pose problème après 17 tours et il est contraint à l’abandon laissant le champ libre à Pierre Alain France et sa Nissan R90.

On en profite pour quelques images bonus, en plus des 5 premiers :

Après les 12 partants des Group C, ce sont les 41 fous furieux des HTC qui prennent la piste et ils n’amusent pas le terrain.

Comme attendu, le duel est très serré entre Maxime Guénat et Christophe Van Riet. VanRiet prend la tête dès le 2ème tour et la conserve jusqu’au 18ème tour où il est passé par Guénat. Il reste dans son ombre voire même le passe mais se fait repasser. Malheureusement, ce beau duel se termine par une casse de boite sur la Capri de Van Riet et Maxime Guénat empoche sa troisième victoire du week end.

Equipe Europe termine donc 1 et 3 avec Guillaume Mahé qui finit derrière Christian Traber. La domination outrageuse des BMW 3.0 CSL depuis des années est pour la première fois mise en cause par ces deux Capri 3100 RS et la suite de la saison s’annonce passionnante avec ce plateau.

Remarquons également la surprenante 4ème place de la Javelin de Marc Devis/Martin O’Connel ainsi que la fantastique progression de Yves Scemama qui, remonté comme un coucou Suisse, termine 6ème en étant parti en 18ème place sur la grille !

Forcément avec un si gros plateau, voici une autre grosse dose de photos de ce plateau HTC :

En début d’après midi, reprise des hostilités avec la course 2 de The Greatest Trophy. La piste est bien sèche ce qui élimine d’entrée deux participants qui avait brillé sous la pluie avec leurs «petites» autos. C’est donc des Bizzarini et des Ferrari qui tirent leurs épingles du jeux avec, dans l’ordre d’arrivée :

Christian BOURIEZ, 7 Vincent GAYE, Remo LIPS/David FRANKLIN, Dirk EBELING/Leon EBELING et Hans HUGENHOLTZ.

On en profite pour vous montrer quelques autres autos remarquables qu’on a pu voir en piste :

Course 2 également pour le HGPCA. Cette course 2 ressemble beaucoup à la 1 mais dans celle-ci, c’est Steve Hart qui prend le meilleur sur Guillermo Fierro après une nouvelle lutte épique.

Là encore, petit florilège des autres autos présentes.

C’est le moment que l’on attend ; le CER1. Va-t-on voir la 312P en piste ? Elle n’est pas dans la mise en place de la grille et il manque également la Matra 650.

Pas de V12 chantants ? Grosse déception !

En fait, la Ferrari a connu quelques problèmes de démarrage et Mr John of B ayant couru la série précédente est lui aussi, en retard. Même si cela fausse la course, le spectacle reste de grande qualité puisque la Ferrari est de loin la plus rapide en piste, elle tourne 2.3 sec plus vite que la Lola T70 de Pierre Alain France. Malheureusement, elle est victime d’une crevaison lente et termine au ralenti mais quel spectacle.

John of B quand à lui se démène pour remonter son retard du départ. Les deux V12 chantent bien. Il se démène tant qu’il se hisse en cinquième position à 4 tours de la fin, bravo.

Devant, c’est Pierre Alain France qui l’emporte devant Emmanuel Brigand, Armand Mille et Serge KRIKNOFF. Nouveau 1-3 pour Equipe Europe qui termine la journée en beauté. Gageons que l’évènement à du être fêté comme il se doit.

Pour se faire plaisir, un rapide tour de plateau :

La journée se termine avec les Porsche 2L. Moitié moins nombreuses que l’an dernier du fait de l’absence de Britanniques (17 au lieu de 33). Le spectacle va souffrir de ce petit nombre de partant Belle course néanmoins puisque alors que Kohler/De Siebenthal ont mené presque toute la course, ils se font doubler à 2 tours de la fin.

Voila, le doute est levé, la saison 2021 est partie et bien partie. Espérons simplement que les conditions sanitaires permettront aux Britanniques de revenir sur le continent pour repeupler les différents plateaux.

Un grand bravo à Peter Auto pour avoir su organiser un tel évènement dans les circonstances actuelles et rendez vous au Mans début Juin.

Photos additionnelles : Luc Joly

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