Ford Thunderbird I à IV, toujours plus grosse !

Ford Thunderbird I à IV, toujours plus grosse !
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Ford Thunderbird I à IV, toujours plus grosse !
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Aujourd’hui on s’intéresse à une auto qui s’est fait son propre segment. Réponse décalée à une concurrente, elle a su se faire sa place et les quatre premières générations de Ford Thunderbird illustrent bien ce placement si particulier !

Une place à prendre

Dans les années 50 quand les américains voulaient une petite voiture sportive… ils achetaient une auto européenne. Les constructeurs ne proposaient pas de stricte deux places de taille plutôt réduite. Chez Ford on commence à travailler sur le concept au débit des années 50. La Vega est un premier jet, mais elle est justement trop européenne.

Alors on se remet au travail. Frank Hershey, designer de la marque est mobilisé sur le projet. Le but est donc de produire une voiture ouverte, pour deux passagers, avec un poids contenu, un moteur puissant… mais en gardant une philosophie très américaine avec du luxe et du confort.

Les premières esquisses sont prêtes et on passe vite au prototype. La Ford Thunderbird est révélée en Février 1953 au Salon de Los Angeles et c’est une bonne réponse de l’ovale à son rival GM qui a révélé sa Corvette C1 un mois auparavant. Pour le nom on a pioché dans la mythologie amérindienne, le Thunderbird étant un oiseau surnaturel synonyme de puissance et de force. La ligne est singulière par rapport aux autres modèles de Ford. Plus élégante, moins massive en fait.

Ford Thunderbird I à IV, toujours plus grosse !

Néanmoins ce n’est qu’un prototype et son accueil est si bon, tant du côté du public que du board de Ford, qu’on décide de se dépêcher pour sortir la version définitive.

Sous le capot de la Ford Thunderbird on retrouvera le tout nouveau V8 Interceptor à soupapes den tête de 292 ci. Elle est performante, d’autant qu’on a réussi à garder un poids “contenu” de 1470 kg. D’accord, c’est plus que la Corvette, mais celle-ci n’embarque que 6 cylindres.

Le châssis est le même que sur d’autres autos de la marque, avec un empattement raccourci. D’ailleurs beaucoup de pièces proviennent des autres autos de la série.

Et puis dans sa définition, la Ford n’a rien à voir. Elle est plus longue avec 4,62 (4,25 pour la ‘vette) et bien plus cossue. En fait elle n’est pas positionnée sur le même segment. Quand la Chevrolet vise les sportives européennes, la Ford Thunderbird crée son propre segment : la deux places de luxe à l’américaine. Pour autant elle file à 185 km/h !

La Ford Thunderbird se lance

La version définitive est exposée au salon de détroit le 20 Février 1954. L’auto est donc un cabriolet avec capote en toile mais elle est vendue d’office avec un hard-top en plastique et fibre de verre.

Côté équipement, elle est bien placée avec une boite auto ET une boite manuelle, contrairement à la Corvette, elle reçoit une colonne de direction télescopique et le siège est réglable sur 4 positions.

Bon, si on parle de version définitive, il faut quand même attendre le 9 Septembre pour que la première auto sorte de l’usine ! Du coup elle démarre au millésime 1955. Déjà le succès est là. Quand la Corvette a du mal à démarrer, les premiers retours ne l’y aident pas, la Ford Thunderbird se vend à 16.155 exemplaires !

Comme toutes les autos américaines à chaque millésime ses nouveautés. Dès la deuxième année, 1956, on apporte des modifications. Pour gagner de la place dans le coffre on place la route de secours à l’extérieur. À l’arrière on ajoute aussi des hublots ronds sur le hard-top pour améliorer la visibilité en circulation, mais en option (gratuite hein). Les échappements sont déplacés vers les extrémités du pare-choc et des entrées d’air sont placées derrières les roues avant pour améliorer la ventilation de l’habitacle.

Une autre option apparaît, un V8, toujours Y-block de 312ci et ses 215 à 225 ch (en fonction de la boîte choisie).
La production baisse mais avec 15.631 autos vendues, le succès reste au rendez-vous.

Pour l’année 1957 la Ford Thunderbird évolue stylistiquement. Déjà à l’avant avec un nouveau pare-chocs aux butoirs métalliques intégrés. À l’arrière les ailes gagnent de vrais ailerons, très tendance à cette époque. La roue de secours retourne dans le coffre mais à la verticale.
À l’intérieur les sièges Dial-o-Matic permettent de régler la position électriquement.

Sous le capot on peut choisir un V8 de 312ci dont des versions sportives à compresseur qui délivrent 300 et 340 ch selon la version choisie.

La production de cette version 1957 est plus étendue, la version 58 se fait attendre. Et les ventes sont encore là puisque ce sont 21.380 autos qui sortent des chaînes.

La Ford Thunderbird II, la Square Birds, se réinvente

Si les premières années la concurrence de la Corvette était absente, la C1 a su se réinventer en adoptant notamment des V8. Et puis les ventes sont bonnes mais Ford en veut plus. Une étude de marché montre que la configuration en stricte deux places limite les ventes. Dont acte : on abandonne les 2 places.

Du coup l’auto s’agrandit et atteint 5,22 m de long ! Le style se charge, c’est la mode, et il est vrai que la filiation avec les premiers modèles n’est pas évidente. D’ailleurs la carrosserie devient monocoque. Et puis la nouvelle Ford Thunderbird se déclinera avec un coupé ET un cabriolet.

Côté mécanique il y a aussi du changement. Le moteur de base devient le V8 352 ci (5,8 litres) de 300 ch. On peut le coupler à une boîte manuelle à trois vitesses avec overdrive ou une boîte auto à autant de rapports, en option. La suspension avant reste indépendante mais l’arrière reçoit des ressorts hélicoïdaux, des pneumatiques ayant été envisagés !

On l’a dit, la Ford Thunderbird II s’est faite attendre. Au lieu d’être commercialisée au début de l’automne ce n’est que le 20 Décembre que les premières sortent des chaînes. Et encore, on ne parle que du coupé, le cabriolet n’arrivera qu’en Juin 1958 ! Avec ça on pourrait croire à une année en demi-teinte mais les 37.892 voitures construites montrent un score jamais atteint. Ford a visé juste !

Les autos de l’année 1959 présentent une calandre différente. La décoration change également par petites touches. Un nouveau moteur est disponible en option, le V8 430 ci (7.0 litres) de 345 ch. Par contre on fait machine arrière concernant l’essieu… arrière. Il revient à des ressorts à lames. Enfin à l’intérieur on peut bénéficier d’un intérieur cuir ! Plus encore que l’année précédente, c’est un succès. Cette fois on atteint 67.456 autos dont 10.261 cabriolets. La Ford Thunderbird a pris le bon virage.

L’année modèle 1960 ne voit pas d’évolution particulière. Seul un toit ouvrant optionnel “Golde Edition” (du nom de la société allemande détenant le brevet) et l’apparition d’un troisième feu dans les blocs optiques arrières sont à noter. La production continue de croître et ce sont 92.843 autos dont 11.860 cabriolets qui sortent des chaînes.

La Ford Thunderbird III, la Bullet Birds du show bizz

Vous l’aurez compris les générations de Ford Thunderbird se succèdent et se renouvellent tous les trois millésimes. Fin 1960 apparaît donc le modèle 1961 qui change une nouvelle fois de forme.

Cette fois on simplifie la ligne. L’avant devient pointu, reprenant le dessin des ailes. Les ailerons se calment un peu à l’arrière et le pare brise semble gagner en hauteur, émergeant d’une ligne de caisse continue. Sous le capot on retrouve une seule motorisation : le 390 ci.

Mais c’est au chapitre du luxe et des équipements qu’on va retrouver les plus grosses évolutions de la Ford Thunderbird. D’abord dans les équipements de série on retrouve la direction assistée, l’assistance de freinage ou les sièges baquets (on tient encore au côté sportif). Côté options, la clim, les vitres et les sièges électriques ou les jupes d’ailes arrière sont prisés. Mais deux équipements sont de vraies nouveautés. Tout d’abord le volant “Swing Away” qui permet, lorsque la boite de vitesse est en “park”, de décaler le volant de 46 cm afin d’aider le conducteur à sortir ! L’autre est moins impressionnant mais c’est une première : le rétroviseur intérieur est collé au pare-brise !

La Ford Thunderbird va recevoir un beau coup de pub en étant utilisée par Kennedy pour son défilé d’investiture et quelques mois plus tard en étant le pace car des 500 Miles d’Indianapolis.

Si les chiffres de vente sont en petite régression, 73.051 unités, et toujours aux alentours des 10.000 cabriolets, ils n’en sont pas moins excellents.

En 1962 un moteur Code M avec une culasse spécifique et trois carbus double corps est disponible. La puissance est de 345 ch mais le succès n’est pas là. D’ailleurs il peut être combiné avec la finition Sports Roadster qui permet notamment de doter le cabriolet d’un couvre-tonneau en fibre de verre qui recouvre les places arrières. L’auto est alors dotée de de roues à rayons qui vont rencontrer quelques problèmes de jeunesse…
Autre nouveauté : la Landau qui pare le toit de vinyle.

Au delà de ça on compte 78.011 Ford Thunderbird vendues.

La troisième année de ce cycle, 1963, voit les chiffres de ventes de la Landau dépasser le cabriolet. C’est d’ailleurs la base d’une édition limitée “Principality of Monaco” avec 2000 exemplaires numérotés et du blanc de la carrosserie au cuir intérieur.
Sinon on dote tout de même l’auto d’une condamnation centralisée par dépression et d’une radio AM/FM en option, l’AM étant désormais de série.

Néanmoins les ventes sont en baisse. 63.313 auto sont produites, mais les cabriolets ne sont plus que 5913 et les Sports Roadsters ne sont que 455. La Ford Thunderbird est bien devenue un gros coupé.

La Ford Thunderbird IV, originalité en baisse

En 1964 la Ford Thunderbird abandonne son profil pointu et arrondi à la fois pour revenir à quelque chose de plus carré. La calandre est redessinée et revient entre les phares. Plus conventionnelle, elle est aussi mieux intégrée stylistiquement au reste de la gamme. Le moteur est toujours le 390 ci avec pour seule transmission la boite auto.

La Landau prend de plus en plus de place dans la gamme, les cabriolets de moins en moins et les Sports Roadsters ne sont plus que 50… sur les 92.465 autos sorties d’usine !

Pourtant c’est bien en 1965 que la Ford Thunderbird va exprimer tout son potentiel. C’est celle année là qu’apparaissent les freins à disques à l’avant. Du côté de l’arrière, on retrouve désormais un allumage séquentiel des feux pour le clignotant avec des ampoules qui s’allument de l’intérieur vers l’extérieur : moderne ! Les cabriolets gagnent également une ouverture du couvre-capote en une seule partie.
Pour autant les chiffres de vente régressent et pour cause : Ford a sorti une auto plus dynamique qui vise encore plus les jeunes (et qui est meilleur marché) : la Ford Mustang. En conséquence on ne vend “que” 74.972 Ford Thunderbird.

Pour tenter de rattraper ce manque de dynamisme les modèles 1966 peuvent recevoir le V8 428ci de 345 ch et le 390ci grimpe à 315 ch. Côté style, le capot est plus plat, les ailes sont remodelées, le pare-choc est continu à l’avant, Regardez bien, on trouve un air de Mustang !
Du côté du toit on présente la Town Hardtop qui ne présente plus de vitres arrières. Le Town Landau reprend d’ailleurs l’idée. La Landau est d’ailleurs le modèle le plus vendu avec 35.105 autos sur les 69.176 produites.

La suite ?

Pour nous, on s’arrête là, avec cette quatrième génération on trouve l’aboutissement du concept de la Ford Thunderbird. Les suivantes seront moins novatrices et intéressantes. Surtout elles seront de plus en plus décriées… et les chiffres de vente baisseront peu à peu.

On comptera au total 11 générations, les deux dernières étant séparées par 5 années… sans que le modèle ne redevienne aussi important.

La Ford Thunderbird de nos jours

Forcément avec autant de version différentes, il faudra déjà déterminer celle qui vous plaît le plus.

Les Ford Thunderbird de première génération s’échangent entre 35 et 55.000 € selon l’état de l’auto. Les autos dotées d’un compresseur sont un poil plus chères.

La seconde génération est moins prisée et moins chère, les coupés se trouvent en dessous des 20.000 € !

La troisième génération, plus fantasque dans son style se trouve entre 15 et 30.000 €, attention, les Sports Roadsters sont des raretés qui vont chercher au dessus des 60.000 € !

Enfin les Ford Thunderbird de 4e génération se trouvent elles aussi entre 15 et 30.000 €, les cabriolets sont les plus prisés.

En attendant, n’oubliez pas : ce n’est pas vraiment une auto sportive. Elle reste performante mais vous ferez du cruising rapide, pas de la performance !

Reconnaître les différentes Ford Thunderbird !

Reconnaître les différentes génération n’a rien de très compliqué. Par contre les classer par année, c’est compliqué ! Voici quelques astuces.

Pour la première génération de Ford Thunderbird on les distingue de cette façon :
– les modèles 1956 ont une roue de secours extérieure
– les modèles 1957 ont un pare-choc qui forme un décroché

Concernant la seconde génération de Ford Thunderbird :
– les modèles 1958 présentent une grille de calandre à ouverture ronde
– les modèles 1959 présentent une grille horizontale
– les modèles 1960 ont une grille carrée

Pour la troisième génération :
– les modèles de 1961 présentent trois baguettes sur les ailes arrière
– les modèles 1962 les ont remplacé par trois rectangles
– les modèles 1963 ont des rectangles sur les portières et un monogramme Thunderbird à l’arrière

Pour la quatrième génération :
– les modèles 1964 ont le monogramme à l’avant
– les modèles 1965 l’ont à l’arrière
– les modèles 1966 ont un pare-choc rectiligne !

C’est simple non ?

Photos complémentaires : Rm Sotheby’s

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2 Commentaires

  1. Vous avez oublié un seul détail que je connaisse: le fait du hublot de custode (vous écrivez en “option gratuite”, ce que j’ignorais aussi ) qui n’a été livrable que pour l’année modèle 57, c’est à dire, comme en France, de fin 56 à fin 57.
    Un peu la même histoire que pour la lunette AR de la Corvette, dont la version en 2 partie n’a duré qu’une seule année.
    Hervé SMAGGHE

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