Ford Mustang

Ford Mustang MkI & II, cheval en liberté !

1969-1973


Changement d’orientation pour la Mustang

Le millésime 1969 fut l’occasion d’une refonte profonde de la Mustang. En effet, si plus de 470.000 exemplaires furent vendus en 1967, le chiffre tomba à 317.000 l’année suivante. Ford attendait donc beaucoup de cette année 1969 et mit pour cela les petits plats dans les grands.

À l’extérieur, le style marquait une rupture avec une carrosserie 10 cm plus longue et une calandre gagnant beaucoup en largeur. La variante fastback fut renommée sportsroof et une version “Grande”, visant le haut de gamme, rejoignait l’offre. Elle se démarquait par un toit en vinyle, des enjoliveurs spécifiques, des prises d’air latérales communes avec la GT, des sièges au meilleur maintien…

Autre nouveauté : la Mach 1, uniquement configurable en V8. Elle recevait un capot noir surmonté d’une prise d’air, des bandes latérales, des rétroviseurs sport peints ton caisse, des sorties d’échappement chromées et des suspensions améliorées. L’habitacle se parait d’une finition orientée sport avec un volant à trous, des sièges semi-baquets et une console centrale.

La Boss était également de la partie. Elle était équipée de suspensions arrière type Hotchkiss, de jantes Magnum et d’un V8 302 ci voire… 429 ci (7.0 L) !
En résumé, les blocs moteurs s’échelonnaient du modeste six cylindres 200 ci de 115 ch au V8 429 ci Boss de 375 ch, sans oublier les V8 302 et 351 ci (4.9 et 5.8 L). Bref, un choix immense.

L’année 1969 se solda par une nouvelle baisse des ventes avec environ 300.000 unités produites. Il faut dire que si la Mustang était quasi seule à occuper le terrain lors de son lancement, la concurrence parvint à mieux s’armer au fil des ans. La Chevrolet Camaro et sa cousine la Pontiac Firebird, lancées en 1967, mirent notamment en difficulté Ford. Sans compter que le marché des pony cars donne des signes de faiblesse dans un marché automobile en perpétuelle quête d’innovations.

Il fallait redresser la barre d’urgence en 1970 et, pour cela, le constructeur américain revit profondément le modèle. Les phares passèrent dans la calandre et furent remplacées par des prises d’air. Les feux de position latéraux devinrent verticaux à l’avant tandis que les optiques s’enfoncèrent dans leurs blocs à l’arrière. À l’intérieur, le tableau de bord conservait le placage en bois et la console centrale séparant en deux parties la planche.

La variante luxueuse Grande et les plus sportives Mach 1/Boss restaient au catalogue. La gamme complète de moteurs restait étalée du L6 200 ci au V8 Boss 429 ci.

Malgré les efforts déployés, le bilan se révéla néanmoins en demi-teinte. 190.000 exemplaires furent vendus, un résultat certainement grévé par l’arrivée de la Dodge Challenger…

Pour 1971, nouvelle redistribution des cartes avec une mouture à la carrosserie largement modifiée pour afficher plus de muscles. L’auto gagnait 5 cm en longueur et 6 cm en largeur, alors que les lignes se révélaient plus droites.

Selon les versions, la calandre intégrait ou non des antibrouillards. Les feux de position repassaient au format horizontal à l’avant et l’arrière recevait des blocs optiques plus rectangulaires. Sur le coupé classique, la lunette arrière devenait cintrée et dans le prolongement du toit.

D’un point de vue technique, le six cylindres d’entrée de gamme disparaissait au profit d’un 250 ci (4.1 L) de 145 ch. Les V8 étaient, eux, disponibles en 302 ci (4.9 L) de 210 ch, 351 ci (5.8 L) de 240 à 330 ch (sur la Boss 351) et 429 ci (7.0 L) de 370 ch.

Cette fois, c’est sous la barre des 150.000 ventes que passait la Mustang.

Si le millésime 1972 était quasiment inchangé au niveau de l’apparence, il n’en était rien côté mécanique. Une régulation plus sévère des émissions de CO2 fut mise en place, entraînant la disparition de la Boss 351 et du big block 429 ci. Nouvelle désillusion pour Ford. A l’inverse, l’entrée de gamme était assurée par le six cylindres 250 ci dont la puissance affichait… 95 ch.

125.000 exemplaires furent vendus pour cette année 1972. La sonnette d’alarme était tirée.

Pour sa dernière année de production, la Mustang fut en partie restylée. La calandre intégrait des clignotants verticaux et le pare-chocs avant était peint couleur carrosserie. Le choix de moteurs se limitait au L6 250 ci (98 ch), V8 302 ci (140 ch) et 351 ci (177 à 266 ch).

La production réussit à se maintenir avec 135.000 exemplaires vendus.

L’heure était venue de mettre la Mustang à la retraite et de préparer sa descendante, dans un contexte économiquement difficile.

Les Mustang I & II ont, chacune dans un style différent, incarné une vision de leur époque. Si les années 1960 étaient animées par la volonté d’aller toujours plus loin et toujours plus vite en offrant le maximum aux clients, les années 1970 ont été placées sous l’égide d’un retour au rationnel.

La première génération est celle davantage sous les projecteurs depuis son entrée en collection. C’est certainement un effet générationnel cumulé à une recherche avant tout des big blocks de la part des acheteurs qui domine, sans compter l’effet Shelby qui a tendance à doper le marché.

La deuxième mouture mérite toutefois que l’on s’y attarde puisqu’il s’agissait d’une voiture bien conçue, qui a su répondre aux attentes et s’inscrire dans un paysage automobile en quête d’un nouveau souffle. On en parle plus bas.

Shelby, vers une fin annoncée

La version 1969 de la Mustang eut son pendant chez Shelby. Elle aussi allongée, elle recevait des ailes et un capot en fibre. Un fin pare-chocs chromé à l’avant s’établissait sous une calandre reculée et ornée d’un cobra. Une bande latérale était ajoutée et précisait le nom du modèle alors que l’arrière voyait des feux de Thunderbird être greffés. Disponible en fastback comme en cabriolet, elle était déclinée en GT350 (V8 351 ci de 290 ch) et en GT500 (V8 428 ci de 335 ch).

Les ventes ont malheureusement été très médiocres, si bien que près de 800 Shelby ‘69 sont renumérotées pour devenir des modèles 1970. Les seules minimes différences était l’intégration d’un spoiler avant et l’ajout d’un jeu de bandes noires sur le capot. Cela marqua la disparition de la Shelby Mustang, qui ne fit son retour qu’en 2006 !

L’histoire de la Ford Mustang

La Genèse

Ford Mustang MkI & II, cheval en liberté !

1964-1968

Ford Mustang MkI & II, cheval en liberté !

1974-1978

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Thomas
Passionné d'anciennes en général mais vouant surtout un culte aux Facel Vega (au grand dam de son entourage...), il a rejoint News d'Anciennes en 2015 suite à une discussion impromptue lors de Rétromobile avec Benjamin.
Pour le moment non propriétaire d'une auto intéressante, il espère bientôt passer le cap !
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Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

3 commentaires sur “Ford Mustang MkI & II, cheval en liberté !”

  1. Merci Thomas,
    super article!
    Herve CORDEL
    Proprietaire d’une Mustang convertible 66 et d’une facelia F2B a moteur pont a mousson en cours de resto!
    ( pourquoi se moque t’on des amateurs de facel?…lol)

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