Peugeot 404 Break Commerciale

Essai d’une Peugeot 404 Break Commerciale, éloge de la simplicité

Après le confinement, un tour en MG C a fait du bien. Mais un tour en populaire c’est quand même super sympa. Heureusement un de nos lecteur nous avait proposé une auto qui collait parfaitement à cette image. Une Peugeot 404 Break. Mieux, une Peugeot 404 Commerciale. Plus populaire, ce serait compliqué. Alors direction la Beauce pour se mettre au volant qui fleure bon son époque.


La Peugeot 404 break en bref

On ne va pas vous refaire toute l’histoire de la Peugeot 404 puisqu’on l’a déjà abordée dans un précédent article.

Concernant notre auto du jour par contre, histoire de vous rafraîchir la mémoire, les 404 Break apparaissent en Octobre 1962, donc millésime 1963. Deux modèles sont au programme : la familiale avec ses 7 (voir 8) places sur trois rangées et la Commerciale avec 5 ou 6 places. On la reconnaît à sa présentation simplifiée et un moteur de plus faible cylindrée.

La 404 break aura une carrière relativement courte, surtout si on compare à sa remplaçante la Peugeot 504. Les familiales et commerciales sont en effet retirées du marché européen en 1971 et définitivement stoppées en 1975. Si 2.885.374 Peugeot 404 ont été produites au total, il y a eu “seulement” 393.732 break au programme !

Notre Peugeot 404 Commerciale du jour

Nous voici donc devant une Peugeot 404 U6 Limousine Commerciale Grand Luxe. Sacré appellation qui s’efface rapidement devant le simple terme de 404 Break ou au pire 404 Commerciale. C’est un modèle de 1964 que nous avons sous les yeux et quand on la regarde on identifie le modèle… et son utilisation !

Dans les grandes lignes la 404 break est assez imposante. Si l’avant la relie très vite aux 404 Berline, la partie arrière la démarque assurément. Et c’est elle qui paraît grande. En fait elle ne fait pas que paraître. L’empattement de ce châssis 404L est plus long de 19 cm. La longueur totale bondit elle de 14 cm. Néanmoins l’adaptation en break est bien réussie. La grande vitre arrière apporte une certaine finesse renforcée par un tout petit montant final. Le feux arrière mérite qu’on s’y attarde tant sa forme est particulière. Au final c’est mieux fait que dans une 504, sans le décroché de toit, c’est fluide… et classique.

Concernant la 404 Commerciale en particulier on note quand même quelques différences. En gros, chez les 404 Break la familiale reprend en grande partie la présentation de la berline quand la 404 Commerciale est la plus dépouillée. Ça se remarque dès l’avant où la calandre n’a que deux barrettes et l’entourage des phares est peint couleur carrosserie et pas chromé.

Ensuite on retrouve un petit détail au bas de l’aile avant droite. En dessous des rayures de peintures dues à son utilisation dans des marchés locaux pendant des dizaines d’années, la 404 Commerciale affiche sa petite plaque d’utilitaire mentionnant bien la charge maxi. Côté roues on différencie les familiales des commerciales à leurs enjoliveurs. Ceux de notre auto du jour ne couvrent que le centre de la roue.

À l’intérieur, la 404 Commerciale se trahit

S’il vous reste des doutes pour différencier les différentes 404 break, regardez donc à l’intérieur. Notre 404 Commerciale n’emporte que deux rangées de siège. Qui plus est, la banquette arrière est rabattable. Une fois que c’est fait, on se retrouve devant un volume assez impressionnant qui vous permettra d’emporter pas mal de cageots pour aller au marché, ce que faisait le précédent propriétaire de l’auto, ou même d’installer un matelas si vous partez en vadrouille !

Du côté de l’avant on retrouve une certaine simplicité sans tomber dans une austérité abusive. La décoration est apportée par la plaque reprenant le logo 404, au centre, et par la couleur de la bande qui l’entoure. Le combiné d’instrumentation est simple mais comporte tout ce qu’il faut. On remarque d’ailleurs les chiffres légèrement déformés, une petite touche sympathique qui ne nuit pas à la lisibilité. On ne trouve pas de compte-tours, mais qui en aurait réellement besoin dans une 404 break ? Pourquoi pas des baquets ? D’ailleurs les sièges sont relativement lisses et on se questionne un peu sur le maintien latéral.

Au pire, on se rattrapera au volant. Celui-ci est énorme, mais vraiment. Moi qui aime ces grands et fins volant, j’ai vraiment celui qu’il me faut entre les mains. Autour de la colonne on remarque à gauche un bouton… étrange. En fait c’est le contacteur et le démarreur. Oui, le neiman était en option. À droite c’est le levier de vitesse qui est fixé.

On a fait le tour ! Maintenant on va voir les entrailles de la bête !

Sous le capot : le petit de la famille

Si la Peugeot 404 se différenciait des 203 et 403 avec un nouveau moteur 1618 cm³, il n’est pas pour tout le monde. Parmi les 404 break, seule la familiale y a droit. La 404 Commerciale a seulement droit au plus petit moteur de la gamme : le 1468 cm³ qui est en fait récupéré de la 403. La puissance ? 60ch DIN à 5000 tours, encore une fois, le Monte Carlo n’est pas au programme. Évidemment il ne reçoit pas non plus l’injection Kugelfisher qui fait est une innovation apparue en 1962 sur le cabriolet avant de se généraliser aux modèles Super Luxe. Notons que la 404 Commerciale pouvait aussi recevoir un moteur 1.8 litres diesel Indenor.

En tout cas il y a de la place sous le capot. On s’étonnera presque que le radiateur soit si petit puisqu’il ne couvre pas toute la surface de la grande calandre. Bon, il n’y a pas grand chose d’autre à dire de plus. On referme et on part !

Au volant de la 404 Commerciale

L’installation à bord est aisée. Ensuite on règle sa position de conduite en avançant le siège ce qui se fait bien puisque ce n’est pas une banquette qui nous reçoit mais bien deux sièges séparés. Le contact se met donc à gauche et on tourne encore le contacteur pour démarrer. Un coup de gaz et le 1468 se met en branle. Bien réglé, il n’envahit pas l’habitacle.

Gérard me redonne le mode d’emploi. J’avoue adorer les vitesses au volant, ce serait quand même mieux de ne pas se tromper. La marche arrière est vers nous, en haut. La première, non synchronisée, est en bas. La seconde se passe toute seule en allant vers le haut et elle fait face à la troisième. Enfin pour aller chercher la 4e il faudra pousser le levier vers l’avant. J’avoue tâtonner un peu pour mettre la première, surtout que je ne sais pas vraiment si elle est enclenchée. Au deuxième essai c’est bon. Je desserre le gros frein à main situé sous le tableau de bord, à gauche et c’est parti.

La première ne sert vraiment qu’au démarrage. La seconde se passe en effet toute seule, la troisième aussi. Pour ces premiers tours de roue en ville, c’est suffisant. La petite route que l’on prend ne m’invite pas encore à tester le rapport suivant. Par contre elle donne sur un stop et une nationale.

C’est l’occasion de tester les freins. Leur assistance arrivera sur les 404 Break au millésime 1965, c’est à dire quelques mois après que notre auto du jour ne soit sortie des chaînes. Résultat, je me fait presque peur. Si la pédale est progressive ce n’est pas le freinage qui est progressive mais le ralentissement. Le système à tambours est bien à la peine pour stopper les 1400 kg de la bête et de ses occupants !

La 404 Commerciale repart sans aucun souci. En roulant on ne perçoit plus ce flou du verrouillage des rapports et le bout de route est assez grand pour que je puisse tester la quatrième. L’accélération est forcément moins franche mais l’auto ne s’assoit pas pour autant. Sans mettre le pied au plancher, on arrive assez vite aux 80 km/h réglementaires et toujours dans un bruit très correct.

J’évite les sueurs froides en anticipant au maximum le freinage suivant. Et quand le feu passe au vert… et bien la première n’était pas mise. La 404 Commerciale ressemble là à ma Simca 1100. Les quelques virages en ville qui s’enchaînent prouvent qu’effectivement, niveau maintien latéral on a fait bien mieux. Mais le maniement du grand volant permet de garder le corps là où il faut. Si vous vous posez la question des ceintures, il n’y en pas, question suivante.

Sur de toutes petites routes goudronnées la 404 Break est à son aise. La direction est suffisamment maniable pour slalomer entre les nids de poule. Bon, j’éviterais de le faire trop vite. L’essieu arrière rigide à barre Panhard crée un petit déhanché et le porte à faux est grand. On est pas venu en Beauce pour rejouer le trophée Andros non plus.

Déjà que la route n’était pas large, Gérard est joueur et nous indique un chemin pour continuer notre route ! Tiens donc. En même temps la 404 Commerciale était une besogneuse et elle a du en voir des petits chemins. Celui-ci est relativement carrossable et permet de rouler au ralenti en seconde… et laisser faire la voiture. L’avant est parfait dans cet exercice, l’arrière se déhanche toujours et rebondit un peu plus mais sans excès.

Une fois revenu sur la route, je suis le conseil du propriétaire. Aller se caler en 4e et ne plus bouger. Certes le moteur n’est pas gros et les 111 mKg n’ont rien du tracteur mais le dernier rapport peut en effet convenir à la route comme à la ville.

Après un dernier tour sur des routes dégagées, histoire de voir qu’on peut aller chercher des vitesses autoroutières (j’ai pas dit 150 sur la voie de gauche hein), il est temps de rendre les clés. Enfin même pas puisqu’avec ce démarrage sans neiman, je ne les ai même pas eu entre les mains !

Conclusion

La Peugeot 404 Commerciale c’est la populaire idéale pour celui qui voudrait de temps en temps ramener une demi voiture en pièce détachée dans le coffre. Elle roulera longtemps, sans se fatiguer ni vous fatiguer. Facile à vivre, avec un côté utilitaire totalement assumé, c’est une auto utilisable de nos jours pour tous les trajets. Simplement si vous n’avez pas besoin d’autant de chargement et que vous avez une famille nombreuse, privilégiez peut-être la 404 Break familiale qui apporte 5 ch qui feront une différence à ce niveau.

Mais n’oubliez pas la célèbre maxime : qu’importe le flacon, tant qu’il y a l’ivresse. Et une voiture ancienne de ce genre y colle tout à fait !

La démarche déplairai aux fanatiques de l’origine (dont je peux faire partie de temps en temps). Mais au final mieux que de débattre du pourquoi ou de l’auto d’origine, se mettre au volant vous apportera toutes les réponses.

Points forts Points faibles
Le volume de chargementLa puissance un peu juste
Utilisable facilementLe freinage très juste
Économique à tous points de vueSe trouve souvent en état “rincé”
Image
Essai d'une Peugeot 404 Break Commerciale, éloge de la simplicité
Entretien
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Plaisir de Conduite
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Ergonomie
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Facilité de conduite
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Note TotaleEssai d'une Peugeot 404 Break Commerciale, éloge de la simplicité

Conduire une Peugeot 404 break

Sans surprise les Peugeot 404 Break son plutôt abordables. Et la 404 Commerciale est même l’un des modèles les moins chers de la gamme, en compagnie de la berline diesel. Pour environ 5000 € vous aurez une auto avec très peu de choses à faire.
Si vous cherchez un peu plus de raffinement les belles familiales de base et Super Luxe vous demanderont environ 1000 € de plus.

On reste donc dans un segment de prix très populaire. Pour ce qui est des pièces, ce n’est pas un gros souci. Niveau mécanique, rien de sorcier si ce n’est que ce moteur 1468 litres est beaucoup moins répandu que le 1618. Pour tout le reste entre les bourses et les quelques vendeurs spécialisés vous trouverez votre bonheur.

Évidemment à l’achat on vous conseille de bien regarder la rouille… et bien inspecter tous les éléments. Avec un compteur kilométrique à 5 chiffres il faudra regarder l’état d’usure général pour savoir s’il en est à son premier ou 5e tour !

Mais comme on l’a dit plus haut, le plus dur sera peut-être de trouver une 404 Break. Au final elle a été assez peu produite comparée aux berlines. Alors patientez et scrutez bien les annonces !

Un grand merci à Gérard pour nous avoir passé le volant. Ce fidèle lecteur a proposé son auto via le formulaire que vous retrouverez ici.

Fiche Technique de la 404 Commerciale
MécaniquePerformances
Architecture4 cylindres en ligneVmax130 km/h
Cylindrée1468 cm³0 à 100 km/hNC
Soupapes8400m daNC
Puissance Max60 ch à 5000 tr/min1000m daNC
Couple Max112 Nm à 3200 trs/minPoids / Puissance20 kg/ch
Boîte de vitesse4 rapports manuelle

TransmissionPropulsion
ChâssisConso Mixte10,5 l /100
Position MoteurLongitudinale avantConso Sportivexxx
FreinageTambours AV et ARCote 1964
Dimensions Lxlxh458 x 162 x 149 cmCote 20205000 €
Poids1200 kg à vide

Source additionnelle : Auto Forever

Benjamin on Email
Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

2 commentaires sur “Essai d’une Peugeot 404 Break Commerciale, éloge de la simplicité”

  1. Que de souvenir en 404 Break et Familiale… mon père a eu la 404 Familiale SuperLuxe en essence et ensuite une 404 break Diesel dans lequel il avait remis la 3e banquette. Avec ces deux 404 on a sillonné les routes de France et de Navarre et même du Luxembourg, la caravane attelée…. Le Break Diesel, sans être une commerciale n’avait pas le niveau de finition de la Familiale Essence, de plus le démarrage et l’arrêt du moteur indénor était une véritable cérémonie, il ne fallait pas espérer monter à bord et partir sur les chapeaux de roue…. Le préchauffage se faisait par un bouton à bascule situé sous la planche de bord et durait une éternité (ou deux) et il fallait démarrer sitôt le voyant de préchauffage éteint sans quoi il fallait recommencer… Pour l’arrêt, il y avait une grosse poignée qu’il fallait tirer à gauche… de ce côté là, les Diesel modernes ont bien évolués… après ces 2 404 il est naturellement passé à…. la CX 2200D Super 🙂

  2. Du volume à ne plus savoir quoi en faire…
    Un comparatif avec une DS break de l’époque serait amusant / Même volume, technologie différente.

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