L’Aston Martin DB3S, deuxième pas vers la victoire

On ne présente plus l’Aston Martin DBR1 qui a donné à la marque ses premières lettres de noblesse. Mais avant elle, au début des années 50, deux autos conçue pour la course ont écrit une partie de l’histoire de la marque. On parle là de la DB3 mais surtout de la DB3S.


Avant la DB3S la DB3

En 1947 David Brown rachète Aston Martin, exsangue. La marque n’a plus une livre en poche et des modèles vieillissants. La DB1 (ou DB 2 Litres) arrive assez vite mais restera dans l’ombre de la DB2 qui sort en 1950 et sera beaucoup plus diffusée. Cette auto de sport est tout à fait performante mais pas de taille à viser les victoires au général dans les grandes courses.

Aston Martin lance alors un programme pour doter la marque de véritables autos de compétition. On voit même loin puisque l’ambition d’arriver en F1 est réelle. David Brown met alors le paquet et recrute un des ingénieurs les plus en vue de l’époque. Eberan Von Eberhorst c’est l’Adrian Newey de l’époque, il a conçu les redoutables Auto Union Type D de l’avant-guerre et comme la technologie automobile n’a pas tant évoluée, il devra être l’homme de la situation.

La base technique, ça va être la DB2. On reprend son moteur 2.6 litres, en spécifications Vantage avec ses 133 ch, qu’Aston a récupéré de la fusion avec Lagonda et dont le créateur est un certain Mr Bentley. Châssis et carrosserie sont donc différents et conçus spécialement pour cette auto de course.

Son développement va prendre du retard. Initialement prévues pour être en piste au Mans en 1951, elle n’apparaîtra qu’en Septembre au Tourist Trophy. Au début de l’année 52, la voiture n’est pas à son aise en course, loin des Type C par exemple et les quelques places d’honneur ne suffisent pas. On décide donc de mettre un plus gros moteur dans l’auto en passant le 6 cylindres à 2.9 litres.

Les Aston Martin DB3 abandonnent toutes aux 24h du Mans 1952 et n’accrochent comme véritable succès que les 9h de Goodwood. Une belle seconde place à Sebring au début de l’année 53 sera un autre fait d’arme, mais sa remplaçante pointe le bout de son nez.

1953, l’Aston Martin DB3S arrive

L’échec de la DB3 vite identifié, Aston se doit de rebondir. La solution va ressembler à un coup d’état. Eberhorst est toujours aux manettes et se voit proposer des modifications par son assistant William Watson. Face aux refus de l’allemand, il le court-circuite et va proposer le projet directement à John Wyer, alors en charge du département compétition d’Aston. Celui-ci remonte jusqu’à David Brown et l’aval est donné.

La DB3S est une évolution de la DB3. D’abord on garde le moteur qu’on approche encore des 3 litres et dont on tire presque 180 ch. Ensuite le châssis tubulaire est plus compact, les suspensions revues et la carrosserie alu redessinée et affinée. Plusieurs dessins se succéderont au fil des ans, notamment pour la face avant.

Les Aston Martin DB3S en course

La première auto est engagée en Mai 1953 à Chaterhall avec Reg Parnell et il l’emporte ! La semaine suivante il confirme les performances à Snetterton.

Voilà les autos engagées au Mans ! Trois autos sont au départ avec Parnell et Collins, Abecassis et Salvadori et Thompson et Poore. Aucune ne voit l’arrivée, pour des causes diverses.

La fin de saison voit la DB3S s’imposer au British Empire Trophy, aux 9h de Goodwood et au Tourist Trophy !

Pour l’années 1954, Aston Martin améliore encore son auto. La carrosserie est passée en soufflerie et une version coupé est préparée pour Le Mans. On la dote aussi de freins à disque à l’avant.

Les victoires sont moins prestigieuses, aucun grand rendez-vous n’est vraiment convaincant. Les 24h du Mans se soldent par un abandon des 4 voitures officielles, la 5e, une privée, n’a pas pris le départ.
Mais ces voitures privées vont devenir de plus en plus nombreuses.

En 1955 les places d’honneur de multiplient. Si l’auto engagée sur les Mille Miglia ne termine pas, au Mans, la DB3S de Collins et Frère termine à une belle deuxième place.
1956 sera du même acabit, avec une nouvelle deuxième place au Mans pour l’équipe officielle tandis que les autos privées s’illustrent dans diverses courses anglaises et américaines.

En 1957 les DB3S sont remplacées dans l’équipe d’usine par les DBR1. Les privées continueront cependant à les faire courir encore plusieurs années.

Les Aston Martin DB3S de nos jours

Pour une auto uniquement dévolue à la course, la production de la DB3S n’est pas ridicule, loin de là. Aston Martin fabriqua 11 autos utilisées par l’usine et 20 commandées directement par les clients. Ce n’est pas une auto très courante, mais il nous arrive encore d’en voir.

Malheureusement c’est de plus en plus sur les moquettes des salons que cela arrive. Les sorties de ces autos sont plus rares sur la piste, et Goodwood est un peu the place to be pour en voir une ces dernières années… alors que les DB3S étaient encore visibles dans les années 2000.

Côté prix, vous vous doutez bien qu’elles sont chères. Elles passent de temps en temps aux enchères avec des estimations supérieures à 5 millions de dollars… mais ne se vendent pas tout le temps !

Photos : News d’Anciennes, Bonhams et RM Sotheby’s


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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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