Rassemblement de Verna 2019, une belle réussite et des centaines d’autos

Cette année encore, l’Association Kick et Manivelle Dauphinoise, l’AKMD38 a frappé fort pour le Rassemblement de Verna 2019, avec une exposition allant des origines de l’automobile à beaucoup plus récent.

Un beau moment d’échange, avec la bourse de pièces, et de passions autour de tout ce qui roule avec un moteur, moto, auto, utilitaires et transports en commun. Les 40000 m² dédiés à la concentration n’ont pas été superflus !

Le contexte

L’avantage d’organiser un rassemblement dans un village comme Verna, c’est que le lieu est à la fois pittoresque, accueillant et accessible. En plus, comme chaque année, l’organisateur nous gâte avec un temps magnifique. Pour les accès, le sens unique organisé permet de ne pas avoir à se croiser dans les petites rues du village, et fluidifie bien la circulation, notamment grâce à l’équipe organisatrice omniprésente et la police rurale qui veille au grain. Sur le plateau, le parking dans les champs limite l’ardeur des exposants tant en arrivant qu’en partant, si bien que tous, visiteurs comme exposants, circulent avec facilité et en sécurité.

Les bénévoles de l’association ont une nouvelle fois réalisé un excellent travail, pour accueillir les visiteurs, les exposant et les boursiers de ce Rassemblement de Verna 2019. Ce travail a commencé il y a plusieurs mois avec l’agrandissement du terrain, suite à l’envahissement de l’année dernière (on en parlait ici). Et heureusement qu’il y avait plus de place parce que samedi matin vers onze heure le site affichait presque complet.

Et si ces parkings sont pour la plupart découverts, des zones ombragées permettent de se protéger du soleil, et faire de petites pauses rafraîchissantes. Quant à l’affluence, massive, il est difficile de la chiffrer, mais ce qui est certain, c’est qu’elle a un peu dépassé l’équipe AKMD38, puisque le samedi comme le dimanche, le service boisson était assuré, mais il était difficile de trouver à manger après 15h00. La rançon du succès !

Herbe, poussière et étoiles

Attaquons maintenant notre promenade au cœur du Rassemblement de Verna 2019. Premièrement, cette concentration de Verna se déguste tranquillement, sans précipitation. Alors, une fois arrivé sur le parking visiteur à l’entrée du village, il faut suivre les méandres de la rue principale avec des yeux dans le dos, pour voir évoluer ces anciennes au milieu des vieilles pierres, et en écoutant entre deux, l’eau couler aux fontaines qui jonchent le trajet. Même si ce ne sont que quelques centaines de mètres plus long que l’accès piéton au parking, comme les véhicules vont et viennent très régulièrement tout au long des deux journées, le roulage dans le village reste animé en permanence.

Puis on arrive au parking, où les véhicules sont garés côte à côte dans des champs arasés pour l’occasion. Et là, on a vite des étoiles plein les yeux. Même s’il est difficile de placer rigoureusement les véhicules ne sachant pas ce qui viendra et en quel nombre, des espaces dédiés sont organisés. On retrouve donc les Simca-Talbot-Chrysler, les Cabrio, les motos, les américaines, les avant-guerres, les camion, les … Ouf ! de quoi donner le tournis ! Et cette année, ce sont 2  espaces qui sont octroyés aux Citroën. Vous avez dit centenaire ?

Alors entrons un peu dans ces univers et cherchons les coups de cœur…

Les Citroën du Rassemblement de Verna 2019

Citroën avait donc deux espaces. L’un plus particulièrement dédié aux bicylindres avec des 2cv, des Dyane, des LN, et autres Méhari.

La curiosité, c’était sans nul doute cette 2cv 6 spécial modifiée 4×4 par Marc Voisin : la «Marc Voisin 2cv», officiellement reconnu «plus petit constructeur de France» par la Drire en 1980. Contrairement à la version Citroën officielle, la 4×4 Sahara, la Voisin 4×4 ne possède qu’un moteur et fait le pari de la légèreté pour performer en franchissement. Le but de Marc Voisin était de mettre à disposition un 4×4 cohérent avec l’esprit de la 2cv : une petite voiture légère et financièrement accessible.

Donc l’architecture reste simple : moteur avant et pont arrière. Mais il ne suffira pas de regarder sous les jupes de la belle pour voir celui-ci, la 2cv restant gracile avec son pont arrière suspendu relié par l’arbre de transmission à la boîte de vitesse d’origine. Certes, c’est le volume de coffre qui en pâtit.

Environ 700 véhicules sortiront de l’officine de Marc Voisin, qui commercialisera également des kits pour permettre aux propriétaires des 2cv les plus récentes d’effectuer la transformation. Dernier détail et non des moindres pour une auto de puissance modérée, la voiture ne prend que 45 kg dans l’histoire !

Dans l’autre zone, outre des Citroën de la première heure Type A, 10HP ou C4, ou encore le cortège toujours impressionnant de Tractions, on retrouve les ID, DSuper et DS, les CX, et de nombreuses autres Citroën plus récentes.

Moins exubérante, mais toujours rare en rassemblements, une BX 16 soupapes fait la causette avec une Visa cabriolet, plus découvrable que cabriolet d’ailleurs puisque les montants des portières sont fixes, seul le toit et la vitre arrière s’escamotant à la manière d’une 2cv.

Au niveau Tractions, j’allais oublier une curiosité de ce Rassemblement de Verna 2019 : une 11 d’avant-guerre, reconnaissable à ses fameuses jantes Pilote mais aussi aux deux « feux de guerre », situés juste sous les optiques de phares, qui encadrent la grille de radiateur. Cette grille qui justement donne le sentiment que la proue de l’auto est bizarre qu’il semble « manquer quelque chose ». En y regardant de plus près, il manque quasiment le tiers inférieur du radiateur et en lieu et place pointe une excroissance mécanique. Sur cette protubérance, un nom : Cotal. La 11 est tout simplement équipée d’une boîte électrique surmultipliée 4 vitesses de type MAAG de chez ce spécialiste. Jolie rencontre, donc.

L’étonnante MEP

Au milieu de ces Citroën, un double chevron attire inexorablement le regard. Le véhicule est rouge, à l’allure d’une sportive italienne des années 50 mais son capot de malle arrière porte les chevrons. Sous les chevrons, 3 lettres MEP… Quelle est cette auto ? Impossible à savoir tant que l’on n’en connaît pas son histoire. Et pour cause, l’exemplaire est unique, dans sa peinture d’origine qui malgré l’âge de la belle, ne se craquelle que très modérément. Cette apparition, c’est Daphné : la MEP Daphné 170SL, née en 1954.

Avec cette auto, l’objectif d’Albert Mazel, ingénieur mécanique, propriétaire de la marque, et de Maurice Pezous, Maître carrossier (décédé sur le circuit d’Albi en 1968, année de démarrage des monoplaces MEP), était de créer une GT française reprenant toutes les meilleures technologies automobiles de l’époque. En fait, l’exemplaire n’est pas réellement unique, puisque 7 furent construits. Mais il est le seul rescapé de cette histoire dans laquelle le contrat signé entre les concepteurs et Citroën en 1955 n’aboutira pas. En termes de technique, la motorisation est issue de la Traction mais le bloc est un ID 19 poussé à 92 cv alimenté par 2 carburateurs Weber, le freinage est à disques et la voiture atteint les 160 km/h. Ce modèle est propriété de la famille Mazel depuis 1982.

Les avant-guerres du Rassemblement de Verna 2019

En plus des Citroën dans l’espace dédié, dans les allées on pouvait croiser Citroën B14 et Rosalie. Ajouté au chevronnés, une Peugeot 201 et une Renault Monaquatre et vous un beau panel de ce qui composait nos routes entre les deux guerres. Il y en avait somme toute pas mal, avec encore des Bugatti type 35, Ford A, Peugeot 302 et j’en passe…

On retrouvait une Fiat Balila sous licence Fiat-Simca, de 1936 et dans son jus, qui restait bien à l’abri du soleil sous son chapiteau.

Les Panhard à la fête aussi

On commence l’anniversaire des 120 ans de la marque par une luxueuse Panhard et Levassor 6 DS, embarquant un moteur 6 cylindres en ligne, restaurée et mettant ostensiblement en avant toute la débauche de luxe des années folles. Allure princière, volant à droite et sièges profonds tendus de riches étoffes, vases fixés aux montants de portières, bois, cuivres et mascotte de Sphinx grec, arrogante, au sommet de l’imposant radiateur. De la bien belle ouvrage !

Détail majeur : contrairement à beaucoup d’auto ou moto où la dénomination SS est associée à la sportivité, ces lettres encadrant le monogramme PL signifient ici « Sans Soupape » : et oui, pas de soupape pour gérer les gaz à l’admission et à l’échappement, mais des fourreaux coulissants en acier mince. Une technologie parfaitement adaptée à cette auto de luxe, lui autorisant un grand silence de fonctionnement et beaucoup de souplesse à la conduite.

Les modèles Panhard plus modernes étaient également de la partie.

Les Chrysler, Simca et Talbot

Beaucoup de modèles de la marque étaient là, des années 50 aux années 80, avec bien sur les Simca 1000 dans leurs versions civilisées ou les Rallye. Du côté CG une belle barquette était proche d’une Simca 1501.