Feu d’artifice d’anciennes au rassemblement 2019 du Club Bleu 16

En ce 14 juillet 2019, le Club Bleu 16 Rhône-Alpes organisait son rassemblement annuel à Saint Sorlin en Bugey, dans l’Ain. Soleil, chaleur et passion ont attiré les amateurs de voitures anciennes puisque ce sont plus de 450 autos qui se sont succédé tout au long de la journée. Une année record de la bouche même de Fabienne, la fondatrice et présidente du Club Bleu 16.

Un feu d’artifice ?

Arrivée à la fraîche, peu de temps après l’ouverture officielle des hostilités, au moment où les premières voitures se mettaient en place. Mais déjà, les bases étaient définies avec 4 gros piliers : des Renault 16, des Citroën (centenaire oblige, mais pas que…), un panel d’anciennes des années 20 aux années 90 d’une part et des populaires (besoin d’info complémentaires, c’est par ici) aux voitures d’exception, d’autre part. Et comme à chaque fois, des histoires autour des autos dont certaines ne se croisent, et ne se croisaient pas au coin de la rue.

La balade

Mais avant de s’attarder devant les véhicules exposés, en voiture pour 45 minutes de route dans la campagne vallonée aux alentours. La distance n’est pas énorme, 25 km, mais suffit à grimper sur les flancs des montagnes pour redescendre sur les rives du Rhône, via Souclin, entourés de verdure, de champs fraîchement moissonnés, et pâtures, et se faire surprendre par des panoramas magnifiques.

Mais pour suivre une balade appareil photo au poing, il faut pouvoir prendre des raccourcis. C’était sans compter sur les travaux d’aménagement routiers qui ont bloqué les chemins de traverse. Mais les quelques photos prises laissent entrevoir le plaisir de rouler sur ce type de route, entre copains, unis par la même passion de l’auto ancienne.

Les Renault

Renault 16…

Le Club Bleu 16 annonçait la couleur ! Enfin, aussi, mais surtout le modèle : la Renault 16. A quelques kilomètres de la manifestation, j’ai suivi deux de ces berlines familiales, classées à l’époque comme routières, qui s’y rendaient. La Renault 16, c’est une voiture que vous, lecteurs assidus de News d’Anciennes, commencez à bien connaître (article ici et un essai à la clé, ). Cette Renault au physique très particulier est une preuve que Citroën n’a pas eu l’exclusivité des innovations dans le milieu de l’automobile française.

Dès 1965, elle propose une carrosserie bi-corps, rare sur cette catégorie de véhicules, et surtout un hayon, une exclusivité sur cette catégorie : des aspects pratiques qui contribueront à son succès, en plus de son confort, de son habitabilité et de ses moteurs. Et au rassemblement du Club Bleu 16, la panoplie des différents modèles et des différentes évolutions était présente, de la TL à la TX, calandre 2 et 4 phares, restaurée et dans son jus.

… Et les autres

Outre les 16, bien d’autres Renault complétaient l’offre de l’ex-Régie. La plus ancienne ? Une KJ1 (commercialisée sous le nom de 6 CV), carrosserie Torpedo, de 1923. Restaurée par son propriétaire, qui me confiait que son vœu serait que cette auto finisse dans un Musée. Capote, boiseries, moteur, jusqu’au bruit de l’auto, tout nous ramène à cette époque où Renault présentait sa première voiture populaire à 4 cylindres, un petit 950 cm³. A côté, les dauphines, R10, R8, R6, même faisaient figure de jeunettes.

Alors que dire des R5 Turbo, de la Super5 GT Turbo et de cette superbe Safrane Biturbo de 1994. Cette-dernière, bien que sortie de Sandouville, est une rareté dont le V6i a été profondément modifiée par un sorcier Allemand, Hartge. Résultat : une intégrale forte de 268 chevaux. Pour finir avec les Renault, il y a avait des R4, dont une « vraie » 4L pour laquelle les informations manquaient, mais les signes de son âge ne trompaient pas : probablement produite entre 1961 et 1963, avec la calandre à grille chromée, les pare-chocs en tube, l’horloge au centre du volant bakélite, une auto contemporaine à la rare Renault 3.

Les Citroën

Difficile de passer à côté en cette année de centenaire ! DS, 2 CV, Tractions, Méhari, elles étaient là, bien sûr et en nombre. Mais il y avait quelques autres Citroën, rares sur les rassemblements il y a encore quelques temps, mais qui ont tendance à sortir des garages. Une GS X3, une Visa, une LNA…

J’ai eu un coup de cœur pour cette LNA, et son propriétaire. Il était fier de cette auto, dans son jus mais en parfait état, à l’extérieur comme à l’intérieur. Première auto née du mariage Peugeot-Citroën, la LN évolue en LNA en 1978 grâce au bicylindre de la Visa fort de 35 ch. implanté dans cette carrosserie de 104 mâtinée de détails Citroën comme les feux de Dyane, les enjoliveurs en inox, et la touche d’innovation au niveau de la banquette arrière, rabattable en 2 parties.

Question Visa, une « numérotée » a pointé le bout de son capot au rassemblement du Club Bleu 16. L’une des 1000 Visa II Chrono de 1982. La N°847. Pour ce qui est des caractéristiques techniques, tout est dans cet article. Pour ce qui est de la valeur sentimentale, son propriétaire en parle avec beaucoup de passion : une voiture qui démarre au ¼ de tour, agréable à conduire, qu’il a racheté en l’état et qui ne nécessite qu’un minimum d’entretien.

Difficile aussi de ne pas parler d’une Traction. Ni 15, ni 11, ni 9… Une 7C Cabriolet dans une livrée blanche, non d’origine, mais qui lui va à ravir. Achetée par M. Perrin, instituteur dans les Vosges, c’est aujourd’hui une deuxième main ! L’histoire de cette Traction 9CV est relatée par l’épouse de l’instituteur qui explique comment la voiture a échappé successivement, pendant la Seconde Guerre Mondiale, à la réquisition par l’Etat Français, puis la Wehrmacht, et la Résistance, pour, au sortir de la guerre, en pleine Libération, échapper encore à la convoitise d’un GI Américain ! Le cuir des sièges arrière escamotables est encore d’origine, tout comme les marche pieds sur les ailes arrière qui permettaient d’accéder à ces places d’appoint. Un bijou qui a fait tourner bien des têtes !

Quelques pépites

Du fait main

Comme à chaque événement, il est toujours difficile de parler de toutes ces autos uniques aux yeux de leurs propriétaires. Mais il y en a toujours qui émeuvent ou qui font l’unanimité par leur rareté. Je vais donc vous parler de ces autos. Tout d’abord une auto « faite au fond du jardin », un modèle unique qui a pris, en 1970, 2 ans de la vie de son propriétaire pour sa réalisation : une base de Jaguar XJ6, son moteur de 4,2 litres et un châssis spécifique au même titre que les pièces de carrosserie. Le pare-brise n’est autre que la lunette arrière d’une Dauphine !

Une Simca 1000 “matching number”

Vient ensuite une Simca 1000 Spéciale, achetée neuve en 1969 par les propriétaires actuels, l’une des premières à feux arrières carrés. La peinture est d’origine tout comme l’intérieur qui a parfaitement supporté les affres du temps !

Je passe ensuite sur cette Innocenti 3 cylindres dont la plupart des sœurs ont fini dévorées par la rouille, ou cette Sierra Cosworth dont la diffusion a été limitée, ou encore cette FIAT 500 Giardiniera qui met en avant le génie de Dante Giacosa d’avoir créé un moteur à plat sous le plancher de ce micro-break.

U.S. Marshalls

Puis il y avait cette américaine. Une Ford Crown Victoria de 1998. Une ? Pas tout à fait. Déjà, les clignotants, la sirène et le son que distillaient les pots d’échappement titillaient les sens. Verdict : V8 de 4,6 litres de cylindrée poussé à 250 ch pour cette Crown Victoria Detective équipée du « P71 Police Package » intégrant notamment un digicode au niveau de la portière chauffeur, et quelques améliorations moteur et châssis. Une voiture de Marshall, à ne pas confondre avec la « patrouilleuse » qui possédait une cage pour le transport de prisonniers.

La fête nationale

Pour finir ce 14 juillet, ce seront donc 3 marques françaises qui seront à l’honneur. 3 marques disparues : Berliet, D.B. et Talbot.

Berliet, marque Lyonnaise

Berliet, tout d’abord. Marque automobile emblématique de Lyon, avant de se spécialiser dans la réalisation de camions, Berliet était, jusqu’en 1939 un constructeur automobile. Cet utilitaire issu d’une berline familiale de type VIL de 1932 en est une preuve. Ce modèle est réalisé sur une base 944 pour 9 chevaux-4 cylindres-4 vitesses. Le circuit électrique est en 12 Volts d’origine ce qui a probablement contribué à la réputation de Berliet de produire des voitures « robustes, sérieuses et sans histoire ».

D.B. Le Mans

Ce Berliet a le même propriétaire que le D.B. Le Mans qui est la seconde pépite de la journée. Cette voiture date de 1960 et a été produite à 200 exemplaires. Elle est motorisée par un Panhard 1000 cm³. Mais si elle a régulièrement couru en VHC depuis les années 80, son intérêt supplémentaire est qu’elle a été pilotée par Georges Philippe, aux mains duquel elle a gagné quelques courses de VHC, mais aussi par son épouse, Denise Philippe, qui fut « Championne de France de la Montagne » au volant d’une X87 Barboni. Une famille de passionnés de ces auto, D.B. et Panhard & Levassor.

Talbot-Lago

Mais le clou de cette journée a probablement été la présence de l’une des 12 Talbot Lago T14 America 2500 produites entre 1957 et 1958. Avec son V8 BMW de 2500 cm³, ce coupé 2 places à carrosserie Ponton dessinée à l’origine par le designer Carlo Delaisse, atteint les 200 km/h. Mais ce modèle constitue le chant du cygne de la marque qui est revendue à Simca en décembre 1958.

Le mot de la fin

Encore une belle journée que ce Rassemblement du Club Bleu 16, aux rencontres passionnantes. Un feu d’artifice d’anciennes dont quelques-unes encore sont partagées dans la galerie.

Fabien
Un lion et un cheval cabré m'ont fait aimer les voitures de mon enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des légendes, Fangio-Moss-Hawthorn, m'ont conduit à me passionner pour des bolides plus ancien.
A mon tour de partager avec vous.

2 commentaires sur “Feu d’artifice d’anciennes au rassemblement 2019 du Club Bleu 16”

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