La Citroën Visa Chrono, série surlimitée

En Juin nous avions visité le Conservatoire Citroën, l’interview de son directeur, réalisé à cette occasion est ici. On a pu y voir une auto sportive, une GTI à la sauce chevron, créée sur la base d’une populaire qui est souvent moquée. On parle là de la Citroën Visa Chrono, et on a pu voir la n°1 tout simplement.

Avant la Visa Chrono, il y a eu la Visa I et Visa II

Pourquoi Visa I ? Parce que quand l’auto sort en 1978 elle est reconnaissable. Sa calandre lui donne un nez de cochon. Pas forcément très gracieux, c’est vrai. L’auto est née de la reprise de Citroën par Peugeot. Si la LN et la LNA sont des Peugeot 104 rebadgées, la Visa se démarque un peu plus. Sa carrosserie est différente, mais comme les LN et LNA, deux mécaniques se logent sous le capot : un 652 cm³ bicylindre bien connu de la marque, et le moteur X qui est LE moteur de la Peugeot 104… mais aussi de la Renault 14 !

La voiture se vend mal, et c’est Heuliez qui vient au secours de Citroën en proposant une version à la face avant revue. Les ventes de la Visa sont décevantes, et Citroën saute le pas. La Visa II boostera les ventes de la voiture qui deviendra, cette année là et la suivante, la voiture la plus vendue de la gamme.


La Visa se met au sport

En 1981, Citroën lance un trophée mono-modèle en collaboration avec Total. Le trophée devient même international en 1982. La version utilisée est une Groupe V, une auto au moteu X 1294 cm³ avec 115 chevaux sous le capot et des éléments de carrosserie spécifiques. Pour homologuer l’auto, 200 Visa Trophée sont produites en série. Mais le grand public veut aussi son auto !

La naissance de la Visa Chrono

En Mars 1982, Citroën, et Heuliez, présentent la Visa Chrono. Elle se base sur la Visa Trophée pour son style. Des appendices aéro font leur apparition, d’une discrète extension du capot au becquet de coffre, mais aussi une face avant revue. Les jantes Amil sont plus élégantes et sportives, mais surtout on la reconnait à ses décorations adhésives rouge et bleu.

Le tableau de bord change lui aussi, il compte désormais 6 cadrans. Les sièges sont des baquets fins et plutôt réussis.

Mécaniquement, elle est dérivée de la Visa Super X. Le moteur est celui de la 104 ZS, 93 ch sont sortis du 1360 cm³ gavé par deux carburateurs. A peine plus de 10 secondes pour atteindre les 100 km/h et 173 km/h de pointe, la voiture est performante, c’est sûr.

La Visa Chrono connaîtra deux séries. La toute première est limitée à 1000 exemplaires. Elle est reconnaissable à son n° apposé sur la portière conducteur. 1000 exemplaires sont prévus… mais on ne sait pas si toutes les autos seront produites. En tout cas, celle qui illustre cet article est l’authentique n°1, laissée par son propriétaire à la vue de tous au conservatoire Citroën.

En 1983 pourtant apparaît une seconde série de Visa Chrono. Elle sera elle produite à 2160 exemplaires. Elle est moins sportive puisque son moteur n’est “que” celui de la Visa GT et la puissance descend à 80 chevaux. Le tableau de bord est légèrement différent lui aussi. Surtout exportée, elle donnera même un dérivé aux Pays-Bas, la Spirit 330, du nombre d’autos réalisées, et avec un prix plus bas.

Il n’y aura pas eu que la Visa Chrono.

En 1984, la Visa va connaître une nouvelle version, elle aussi commercialisée à 200 exemplaires. C’est la version la plus poussée de la Citroën, c’est la Visa 1000 Pistes. Elle reprend le moteur 1360 cm³, porté ici à 112 ch, mais surtout c’est une 4 roues motrices, créée pour le Groupe B ! On la reconnait à ses phares ronds. Une auto rare qu’on a la chance de croiser dans les différentes rétrospectives dédiées aux autos de rallye.

Elle brillera en étant championne de France de Rallycross en 1984 et championne de France des rallyes terre entre 1985 et 1989.

La Visa Chrono de nos jours

De nos jours les Visa Chrono sont logiquement plus chères et plus recherchées que les autres Visa de la gamme, 1000 Pistes exceptées. Il faudra compter 8 à 10.000 € pour un beau modèle. Mais le plus dur sera certainement de trouver un modèle authentique de la première série. En effet les exemplaires numérotés ont été rares, et parfois imités à partir de Series II…


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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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