Classic Car Festival aux Puces du Canal

Classic Car Festival 2019, un événement lyonnais à suivre

Comme à chaque nouvel événement, il y a toujours cette incertitude : les passionnés suivront-ils ? Ensuite, ce sont les visiteurs. Et lorsque l’événement se déroule en extérieur, la météo a son importance. Manifestement, pour ce premier Classic Car Festival, tout a été réuni pour en faire une manifestation de qualité. L’entrée libre a probablement eu son rôle à jouer en termes de fréquentation.

L’environnement

Le Classic Car Festival se déroule aux Puces du Canal, en banlieue Lyonnaise, sur la commune de Villeurbanne. Le choix du lieu est capital car il doit non seulement permettre la fluidité du trafic pour les exposants mais il doit également permettre aux visiteurs de se garer sans difficulté. Le site choisi permettait cela, même si l’entrée unique jetait un peu de confusion pour les visiteurs, certains se garant sur les parkings privés suivant le portail d’enceinte, sans aller questionner le vigile. Mais cela reste anecdotique et vite oublié devant le caractère du lieu.

Les Puces du Canal présentent un aspect de friche industrielle austère avec pourtant un côté accueillant, attachant. Des containers taggés desquels sortent les bric-à-brac propres aux marchés aux puces. Pourtant les marchandises sont exposées et présentées de façon propre et organisée, quasi scénarisée chez certains. Cette ambiance s’accorde parfaitement avec l’esprit de fête de l’automobile ancienne du Classic Car Festival.

Un bel exemple de cette atmosphère : une superbe XK120 à la vente parmi les autres objets du container « Louis La Brocante » et dont l’ardoise de mise en vente n’était autre qu’un Clap « Festival de Cannes » recyclé pour l’occasion.

L’organisation du Classic Car Festival

Le choix d’exposer des véhicules de prestige, à la vente, est techniquement bien vu : dès l’arrivée, Jaguar E-Type, Austin-Healey 3000Z, Triumph TR3 et d’autres attirent le regard. Carrosseries parfaites brillant sous le soleil du matin. Assez peu présentes dans les rassemblements auxquels j’ai pu assister, 3 belles Porsche 911 trônaient. Une Turbo 3.3, type 964, de 1991 avec son aileron tellement monstrueux qu’il en devient beau et ses 320 chevaux. Deux Targa noires, montées sur les mythiques jantes Fuchs, une 911E 2.4 type 901 dans son jus depuis sa sortie des chaines en octobre 1973 et une 911S de 1976 avec son flat six porté à 2,7 litres de cylindrée.

A côté de ces teutonnes, ou des autres anglaises, la petite Spitfire MK3 de 1969 paraissait bien frêle. Mais son caractère authentique est renforcé par son équipement très typé fin des sixties, avec ses cuirs, son bois et sa véronique 3 points portant une belle valise rouge.

Passé cette « mise en bouche », un plat d’exception : 4 Ferrari symboliques. Une Testarossa, que l’on ne présente plus mais qui fait à chaque fois le même effet : comment Pininfarina a-t-il pu créer une bête si fluide imposant tant de puissance ? En face d’elle, celle qui inaugura le 12 cylindre à plat en position centrale-arrière quelques années avant : la 512BB. Juste pour mémoire, pas de boxer là-dedans en dehors du nom de cette automobile (à relire par ici). Les deux autres sont des « presque Ferrari ». La Dino a gagné avec les années un nom de famille en plus d’un prénom, d’autant que la marque Dino fut créée par Enzo, Il Commendatore lui-même, en hommage à son fils, quant à lui à l’origine de l’un des plus mythiques V6 Italien. Bref, la 246 GT présentée reste la petite Ferrari…

Petite ? Pas tout à fait. Et il était possible de le constater au Classic Cars Festival : une ASA 1000 GT, parmi la centaine produite, y trônait. Je ne referai pas un topo sur l’histoire magique, mais tourmentée de ce modèle, ni sur son flop commercial, car vous pourrez le relire dans cet article, mais elle permet d’obtenir le compte : 4 Ferrari accueillaient les visiteurs.

Des autos mais pas que…

Bon, cela reste encore des autos, mais voir un Crosslé dans un tel rassemblement, on se doute que le Racing Classic School a fait le déplacement en voisin, Clermont-Ferrand et le circuit de Charade n’étant pas si loin. Cette école de pilotage ne vous dit rien ? Toutes les informations par ici ! Une présence scénarisée à l’esprit « so british ».

Le samedi 8 juin 2019, jour du Classic Car Festival, était également le jour de publication de l’article sur un peintre automobile au patronyme renommé : Eric Malartre. Des peintures, voire parfois des esquisses qui laissent volontairement à la photo le soin du détail mais qui sont pleines de vie et d’émotion. Mais l’homme ne se contente pas de ce talent et a constitué une équipe autour de lui pour recréer une course mêlant route, spéciales et circuit : le rallye historique Stuttgart-Lyon-Charbonnières. La première édition aura lieu du 16 au 19 Octobre 2019. Les inscriptions sont ouvertes et nous vous reparlerons de ce rallye !

Pêle mêle, des motos étaient venues se montrer, tous chromes dehors, mais elles n’ont pas réussi à faire passer au second plan les « cyclos » et autres « mob » qui étaient présentées fort à propos par un exposant régulier des Puces du Canal. Un petit plaisir qui se croque comme une madeleine pour ceux qui ont connu cette époque sur un air de « laisse béton » de Renaud.

Et le rassemblement ?

Mais l’animation de la journée est venue du rassemblement : sur le parking, entre les parvis des brocantes et les bars-restaurants du site, les collectionneurs sont venus en nombre exposer leurs bijoux. L’une après l’autre, chaque voiture qui partait cédait sa place. Même une estimation très pifométrique, certains partant puis revenant, donnerait largement plus d’une (voire deux) centaine(s), de véhicules renouvelés tout au long de la journée. Avec là encore quelques raretés, mais surtout une belle mixité tant de gamme que d’origines : françaises, allemandes, anglaises, italiennes pour l’essentiel étaient présentes.

Parmi ce qui n’est pas commun, un monstre consacré par le cinéma en version turbo, aux mains de l’Agent 007 : la Lotus Esprit S3 ici dans une rare version atmosphérique de 2174 cm³ et 162 ch DIN.

A l’opposé de la sportivité, un Multipla. Je vous vois déjà sourire. Non, je ne parle pas de l’ovni lancé par Fiat dans les années 90, mais plutôt de son ancêtre à la bouille sympathique de monospace plus que compact mais dont les dimensions sont à comparer à celles de la Fiat 600 dont elle est issue le Multipla de 1960, qui parvenait à emmener 6 personnes avec armes et bagages grâce à la bonne volonté de son petit 767 cm³ et ses 29 chevaux. On en a essayé une, c’est à lire par là.

Justement, une Fiat 500D Transformabile complétait le tableau. A côté d’elle, le Multipla paraît même un monstre de puissance, puisque le « pot de yaourt » découvrable et à panneau de lunette arrière amovible ne développe que 17,5 chevaux pour 479 cm³ !

Je vais vous parler d’une voiture aux ailes arrières à empennage, typique des années 50 avec cette mode débarquée des USA. 4 anneaux sur le capot, c’est donc une Audi. Donc ? Pas si certain. En fait, il s’agit d’une Auto-Union, et l’on peut dire l’un des derniers modèles de l’ère Daimler. La Auto-Union 1000 SP a en effet été construite de 1956 à 1965, époque à laquelle Volkswagen reprendra les rennes et fera renaître Audi. Seuls un peu plus de 6500 exemplaires ont été produits probablement du fait de cette ligne très particulière.

Quelle suite pour le Classic Car Festival ?

Bien sûr, les classiques des classiques étaient présents comme cette Citroën 11 d’après-guerre, avec ses jantes beiges, ces Déesses… DS, pardon, ou une Porsche 356 Super 90, une Rolls Royce Silver Spirit II, quelques américaines des années 60-70, hot-rods compris, sans oublier une 205 GTI 1.9, et autres Ferrari, et, et, et…

Belle mixité donc, et repasser 2 fois au même endroit permettait de voir 2 configurations automobiles différentes, mais avant de vous laisser jeter un œil à la galerie qui seule pourra illustrer cela, je vous rappelle que si vous avez manqué cette belle première édition, il ne faudra pas attendre 1 an pour la session de rattrapage : le samedi 28 septembre est à noter dès aujourd’hui dans vos agendas !

Fabien
Un lion et un cheval cabré m'ont fait aimer les voitures de mon enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des légendes, Fangio-Moss-Hawthorn, m'ont conduit à me passionner pour des bolides plus ancien.
A mon tour de partager avec vous.

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