Mamie Fait du Sport, Au Volant d’une Porsche 356

Avant même que les Porsche 912, 914 puis 924 ou 944 ne soient qu’une idée dans les cerveau des ingénieurs Porsche, le quatre cylindre était maître à Zuffenhausen. C’était tout au début de l’histoire du constructeur, avec la Porsche 356.

Allez dire à quelqu’un que ce dimanche matin, vous vous levez pour prendre le volant d’une auto de 1956 qui fait 60 ch. Au mieux on pense à une routière avec un moteur satisfaisant. Mais peu pensent à une sportive, et pourtant !

Pour ceux qui suivent News d’Anciennes depuis quelques temps, c’est bien la voiture de Felix, la même qu’on avait vue en vidéo, c’est en cliquant ici. Ah, si, elle a gagné depuis une fin de rodage, des autocollants et des pare-chocs !

La Porsche 356, c’est un peu l’histoire de Porsche

« La 911 c’est LA Porsche ». Alors tout le monde peut le penser, il n’empêche, la première Porsche c’est bien notre Porsche 356. Apparue en 1948, elle se base sur une auto signé Ferdinand Porsche mais badgée VW, la Coccinelle. Les deux autos utilisent un 4 cylindres refroidi par air situé en porte à faux arrière…
Mais ça s’arrête là. Au niveau de la carrosserie, c’est bien différent. La Porsche a elle aussi un style tout en rondeurs mais bien plus sportif et ramassé. La Porsche 356 est plus large, plus courte (y compris son empattement) et plus basse.

La voiture va vite être engagée en course où elle va… cartonner. Son statut de voiture abordable mais performante lui permettront de s’inviter dans toutes les courses, des rallyes aux 24h du Mans. La Porsche 356 recevra des moteurs allant de 1086 cm³ à 2 litres, pour des puissances de 40 à 140 ch ! Elle terminera sa carrière en 1965, mais seulement quand la 911 sera suffisamment bien installée.

Au volant de la Porsche 356

La Porsche 356 sous toutes les coutures

La Porsche 356 de Felix est une auto de 1956. C’est la première génération des A. La voiture a un pare-brise bombé, des roues de 15 pouces et déjà des voies élargies. Depuis la vidéo, elle a donc gagné deux pare-chocs. La voiture a un beau passé entre la Californie de ses débuts, l’Italie de son retour en Europe, l’Angleterre avant Felix. En France elle a été restaurée. Ce gris métal n’est pas d’origine et ne restera peut-être pas indéfiniment sur la voiture mais il lui va à ravir.

En plus des petits détails « habituels » Felix a rajouté quelques stickers « racing ». En fait avec les différentes 356 qu’on voit régulièrement en piste, cela ne dénote pas, c’est presque naturel. Les détails de la voiture sont tous soignés. Les tout petit feux mis sur cet arrière très callipyge donnent un côté féminin à la voiture. On remarque au passage toute l’inspiration qui donne la PGO qu’on a déjà testée. Les petits détails sont nombreux et la finition plutôt bonne.

On notera par exemple la plaque Reutter, le carrossier qui habille les Porsche 356, derrière la portière. Petite anecdote, une Porsche 356 Matching Number ce n’est pas évident du tout. Moteur + châssis ça va. Par contre, le numéro de châssis est frappé sur tout un tas de pièces, même sur le mécanisme d’essuie glace !

On notera également le capitonnage du compartiment moteur, aux couleurs de la sellerie. Le moteur a de la place dans son logement et il est relié à un pot central, pas d’origine sur cette auto mais qui n’est pas inconnu aux Porsche 356.

A l’intérieur de la légende

Il est temps de s’installer dans la Porsche 356. En s’approchant on se rend compte d’une chose, sa petite taille est bien réelle. Mais à l’intérieur, et bien on a de la place. En fait c’est plus du au fait que la Porsche est de 1956 que de l’habitabilité. On est pas gêné par la console centrale. Le tunnel qui contient la commande de boîte est petit. Le levier est situé entre les deux sièges avant mais on a la place de le manier.

La banquette arrière dépannera pour emmener un enfant, et on aura même la place de caser un petit sac de voyage. A l’avant on est bien dans les sièges. Pas d’appuie tête, pas de ceinture, pas de maintien non plus. Mais au moins on trouvera bien sa position.

Forcément le pédalier comporte une pédale d’accélérateur au plancher. On est dans une Porsche. Pour info, au dessus de nos pieds, c’est le réservoir ! La commande de boîte est bien située. Attention cependant, le maniement n’est pas si évident puisque le point mort est située entre la première et la seconde.
Enfin, dernier point Porsche, la clé est située à gauche du volant. Comme quoi, certaines choses restent !

Sur la route, c’est qu’elle avance mamie !

Quand je passe la première, elle rentre toute seule et c’est parti. Le moteur n’est pas très coupleux et il faut monter un peu dans les tours pour démarrer. La première est très (très) courte et on se retrouve vite en seconde. Aucun problème, la voiture accélère bien. Même avec nous deux à bord, on est bien en dessous de la tonne ! Les 60ch du vaillant 1.6 litre devraient suffire.

Première sortie de village, en côte, et bien on a 60ch mais ça part bien. Sur le même chemin, la Peugeot 205 GTI, semblait moins vive. C’est que mamie Porsche est encore verte. Et elle est même nerveuse. Le petit poids n’est pas un problème. Par contre, les trains roulants d’époque et les freins à tambour rappellent qu’on est pas dans une 718 Cayman (Porsche + 4 cylindres + moderne). La voiture a une bonne vitesse de passage mais il ne faut pas trop pousser.
Le moteur est en sac à dos, en porte à faux arrière, et l’arrière demande à passer devant. On ne va pas trop taper dedans, la vénérable Porsche est un morceau qui se garde entier. De l’extérieur, c’est pire, Mark qui nous suit nous demande même si on est pas gênés par ce train arrière qui tressaute !

La Porsche 356 étonne sur toutes les routes. La direction est précise. Les freins se débrouillent plutôt bien. Sur des bouts droits, à 90 voire légèrement au dessus (ça grimpe vite) on se rend compte que voyager loin et longtemps, ce n’est pas son truc. La voiture est un peu bruyante, et vu les sensations en virage, dès qu’on peut se jeter dans une épingle on y va. Bon, on ne va pas se mentir, il arrive qu’on ait un peu de mal à trouver sa vitesse. Ce point mort qui n’est pas au centre, ça déroute.

En tout cas, la Porsche 356 peut se résumer en deux mots : sportive et facile. On comprend pourquoi les autos ont été autant (et sont autant) utilisées en course.

Conduire une Porsche 356

Une Porsche 356, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on n’en conduit pas facilement. Il y en a eu 76.313 produites et il se murmure que la moitié roulerait encore. On dira plutôt qu’elles existent encore. Car toutes ne roulent pas tous les jours, ni même tous les ans.

Certaines autos restent dans les garages de peur de les abîmer. D’autres sont inutilisables sur la route, les préparations course les rendant beaucoup trop pointues.

Ensuite quand on regarde la côte de la Porsche 356, on comprend un peu mieux. Les plus petits moteurs montés sur les Porsche 356 B et 356 C sont côtées aux alentours des 50.000 €. Plus on monte dans les cylindrées, plus on monte dans les prix.
L’exception, c’est avec les Porsche 356 de première série. En fait, les autos fabriquées en Autriche à Gmünd, qui donnera son nom à la série ont un moteur 1100 mais peuvent coûte jusqu’à 300.000 € !
Mais les moteurs Carrera et les carrosserie Cabriolet mais surtout Speedster, propulsent les Porsche 356 concernées au dessus du demi-million d’euro !

Note globale :

5 etoiles

 

Avantages

Inconvénients

– Une Porsche mythique Presque pas de maintien –
– Une vraie sportivité… Des prix qui s’envolent –
– Mais une belle facilité Pièces et entretien parfois cher –
– Une bouille symptoche
Rareté  4 etoiles
Prix de 50.000 à 600.000 €

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