3000 Bornes en Anciennes, Deuxième Partie, Bourg St Maurice – Lac de Côme

Après avoir fait le chemin entre Troyes et Bourg Saint Maurice, c’est dans notre premier article ici, on reprend le voyage. Quelque part à l’est de Bourg saint Maurice.

Si le programme de la première journée s’apparentait à emmener mamie au Mexique pour la spring break, cette seconde journée s’annonce plus proche de la partie de cartes dans le salon. 

Le Petit Saint Bernard pour bien commencer

7h du matin, l’auto m’attend après une nuit passée dehors sous la pluie. Quart de tour et la ballade reprend. Reprise assez forte puisque j’attaque à froid le petit saint Bernard.

Le Petit Saint Bernard, parlons-en pendant que le 6 chauffe. Comme le 320, ce col souffre de la comparaison avec son grand frère Suisse, le col du Grand Saint Bernard (2469m). Et pourtant ce passage que l’on considère comme moyen reste un sacré morceau alpin. 51km, 2200m d’altitude, pas vraiment de quoi rougir. La montée française est belle, large, rapide, technique. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment. Et autant en profiter, notre 2.0L a retrouvé ses poumons et enchaîne les passages techniques, tranquillement sans avoir à jouer du levier.

Au sommet, ambiance particulière en ce début de matinée. Une grande ligne droite fend la montagne. D’un côté, la vallée de la Tarantaise, encore embrumée de la veille, de l’autre, l’Italie et l’aube bien installée sans nuages. Saint Bernard pointant son doigt vers l’horizon et l’hospice du XIe siècle sont les témoins d’une histoire chargée, d’un trait d’union entre deux civilisations. Et moi, énième voyageur de cette route, me sent obligé de faire une courte halte contemplative. Et il y en a des choses à observer, entre les perses monuments, les massifs (Mont Blanc, Grand Paradis etc…) nous surplombant ce col mériterait à lui seul une journée d’exploration.

Et voilà l’Italie par la vallée d’Aoste

Encore émerveillé par le spectacle, je reprend ma route en direction du soleil. Enfin l’Italie pointe le bout de son nez. Apres une descente sinueuse assez étroite mais fraîchement rénovée nous arrivons sur la Thuile, puis la vallée d’Aoste. Il est temps de prendre l’autoroute. Ceux qui comme moi on déjà tenté la vallée d’Aoste par la nationale comprendront ce choix.

Premiers kilomètres calé pépère à 110km/h, le pont long prend tout son sens, le moteur est assez bas dans les tours, le silence est remarquable, un bon fond musical et on profite du trajet d’autant que la route est encore déserte. Quelques kilomètres plus tard les tunnels s’enchaînent et invitent à tomber la 3eme pour profiter du 6 en ligne. 110 130 160 puis 4eme. Et là, oups on a pas mis si longtemps pour y arriver. Ce moteur est pétillant et rageur passé 4000 tours. Sans pour autant me plaquer contre mon siège, on sent que l’auto en veut et monte aisément jusqu’à 180km/h. Et quelle bande son jouée par le petit 6 pattes. Celle-ci on ne la retrouvera pas avec un 2.5L un poil trop rauque. Bref, sourire assuré et même si l’auto peut sembler un peu molle comparé à un 2.5L et moins sportive qu’une 318is, il faut rappeler que ce n’est pas la sa vocation.

Aoste, quelques citadelles témoins du point névralgique que représente cette vallée, Ivrea et s’en est fini des Alpes. Direction Milan et la plaine du Pau. Peu intéressant mais nécessaire pour rallier l’étape du jour. A 130 l’auto se montre stable et assez moderne dans son comportement. Pas de jeu de direction, point neutre précis, pas de vibrations, on cruise bras sur la portière pendant que les milanais nous doublent, élancés bien au delà des limitations.

Le Lac de Côme, un joyau tout simplement !

Milan, Monza, puis direction Côme et son lac. Après une grosse heure nous voici sur les rives du lac. Comparée au lac majeur, l’arrivée n’est pas très spectaculaire ni belle, on est en ville, c’est bouché et je ne vois pas grand chose. Je remonte sur Bellagio par la petite route et enfin je l’aperçois dignement. Le lac de Côme ! Et bon sang ça envoie du lourd. La Méditerranée et les hautes Alpes réunies en un même endroit.

Au loin on entrevoit les villas et les Rivas si représentatifs. Quelle élégance et pour le coup notre Série 3 et son look d’origine ne font pas tâches. Si à la fin des 80′ la petite BM semblait vieillotte, au regard de la concurrence, aujourd’hui, à cet endroit, il n’en est rien. Les lignes, désuètes en son temps, sont devenues justes et élégantes aujourd’hui. Contrairement à ses rivales, on a pas l’impression d’être au volant d’une auto low budget des 80′.

Bellagio enfin. Je me gare sur la pointe aux côtés d’une 911 Targa des années 80. Les italiens ont le pouce levé et me regardent manœuvrer avec curiosité. Plus loin une 500 attend paisiblement au bord du quai. Dolce vita ! Il est midi ça tombe bien on va pouvoir visiter Bellagio. Ce petit village emprunt d’élégance, niché entre les alpes et les berges du lac, m’invite à flâner.

14h retour à l’auto et direction l’embarcadère du ferry qui nous mènera directement au vieux port de Varenna après 15min de traversée. Au prix du voyage (environs 20€) il n’est pas utile de s’embêter sur les bords du lac. En effet, circuler le long des berges reste particulièrement énervant lorsque le trafic se charge.

Si Bellagio semblait déjà fort sympathique, le village de Varenna est encore plus beau et moins prisé des touristes. Après une courte marche dans le centre ville et le long du lac, petite pause café sur une terrasse privée. L’instant est un véritable cliché, tonnelle en feuilles de vigne, le lac à mes pieds, petit ponton en teck pour amarrer le Riva. What else? Mais je ne croiserai pas Georges cette fois ci.

Fin d’après midi, le ciel se couvre et quelques averses éclatent. Ahhhhh les Alpes… Je retourne à l’a voiture pour rejoindre l’hôtel à Colico au nord du lac. Fenêtre ouverte calé à 50 le ciel bleu fait son retour. Je savoure puis m’arrête quelques minutes pour apprécier le coucher de soleil et déguster une pizza en terrasse au bord de ce lac si particulier. Retour à l’hôtel ou je rencontre une autre E30 toute droit venue de Finlande? Chapeau l’artiste ! Hélas je ne pourrais discuter avec son propriétaire demeurant introuvable. Je laisse donc mon 320 en charmante compagnie pour une courte nuit.

Pour clôturer cette journée je dirais que cet endroit vaut vraiment son pesant d’or, et, le choix d’une auto exotique rend l’expérience encore plus intéressante, comme un amplificateur d’instants. 10 ans après mon premier grand lac (lac de garde) je ne regrette pas d’avoir patienté et terminé par celui-ci.

Extinction des feux, mince il pleut…

Vous aimez ? Partagez !

Laisser un commentaire