La BMW 1600, « petit » moteur, gros caractère

Essai du jour, une allemande. On pourrait s’attendre à un gros moteur, une voiture sportive, un coupé lourd, etc… Au lieu de cela, c’est d’une BMW 1600 que j’ai pris le volant. Une très belle auto qui a plus d’un atout en main.

Histoire de la BMW 1600

A la fin des années 50, BMW va mal. La gamme est resserrée et la BMW 507 est loin d’être le succès annoncé, pire elle met la firme dans une situation financière très très délicate, tout est dans notre article dédié ici. Pourtant Herbert Quandt, déjà actionnaire dans la marque croit dur comme fer à la future berline qui vient d’être mise à l’étude. Il rachète donc la marque et attend le messie !

Après les Neue Klass, apparaît les BMW Serie 02. Parmi ces autos, la petite de la gamme est la 1600-2 qui sort en 1966. Elle est disponible en coach, un coupé avec glaces de custode, et adopte une allure sportive avec ces deux phares additionnels très « rallye » devant la calandre. La voiture sera appelée 1602 en 1971 au moment de son restylage pour mieux s’intégrer à la gamme, aux côtés de la 2002 et son plus gros moteur (qui sera le premier à recevoir en Europe un turbo de série, voir notre article sur la BMW 2002 Turbo). BMW produira 266.967 exemplaire de la voiture qui sera aussi disponible en version Ti et Touring et Cabriolet, jusqu’en 1975.

Au volant d’une BMW 1600

Avant de monter à bord, petit tour du propriétaire. La BMW 1600 est juste superbe. Les chromes ne permettent pas de dire qu’elle soit particulièrement sobre mais la ligne globale est très réussie. Cette carrosserie coach est élancée, fine bref elle sublime. Plus on regarde la voiture plus on trouve de détails. On notera tout de suite les accessoires Alpina. Cela va des jantes au volant, en passant par un petit coup de main au moteur. Dans tous les cas, c’est bien intégré.

Ensuite, on s’installe à bord. J’ai souvent quelques soucis, si ce n’est plus, à m’installer à bord, malgré ma taille moyenne. Heureusement, Alexandre, le propriétaire de la voiture fait à peu près la même taille que moi et il me suffit de reculer un peu le siège pour prendre mes marques. Le volant est facile à prendre en main, la pédale d’embrayage a une grande course mais ce n’est pas du tout un soucis. La pédale de freins a moins de course, avec la réputation des BMW, ça me fait un peu réfléchir. L’accélérateur est fixé au plancher, cela ne me changera pas des derniers essais ! Le siège offre un confort correct mais je me suis habitué à du plus moelleux dans des anciennes, Deutsche Qualität…

On tourne la clé et la BMW 1600 démarre toute seule. Sans starter, deux petits coups d’accélérateur suffisent à stabiliser la voiture sur un ralenti stable. Pas trop de vibration et pas trop de bruit, la voiture reste civilisée, c’est parfait. On démarre, et ho, le moteur se fait entendre. Pas trop prenant, on note juste qu’on a affaire à une voiture qui sait s’exprimer.
La puissance est bien là, le couple aussi. Les villages en 4e à 50, les virages en troisième à 30, la voiture repart sans brouter. La souplesse est agréable, on ne joue pas trop de la boîte qui se manie très bien. Seul « hic », son étagement, si on passe la 4e trop tôt, on note un sacré trou. Mais comme au final, la voiture aime prendre les tours, je me fais avoir une fois et pas deux !

On prend vite de la vitesse, les 87ch n’ont que 940kg à emmener et ils y arrivent très bien. La direction est un peu déroutante en flottant un petit peu. La technologie de boîtier à galets n’étant pas la plus efficace, je sais. Au point milieu  ça va mais il arrive de devoir apporter deux ou trois petites corrections alors qu’on pensait être bien parti.
Attention à ne pas prendre trop de vitesse, un virage un peu rapide et là c’est le moment où on attend, on attend, et ça tourne. En haute vitesse, elle a tendance à vraiment écarter quand on augmente l’allure. Il vaut mieux le savoir. Mais ce côté joueur est très sympa et ajoute un peu de piment sur les routes sinueuses.
Au niveau du freinage, la réputation de BMW est usurpée, en même temps elle est arrivée bien plus tard dans l’histoire de la marque. La BMW 1600 freine, bien, de façon progressive avec un beau touché de pédale, bref, on s’arrête et plutôt bien. En tout cas, c’est mieux que dans la frêle berlinette Alpine A110 en tout cas !

Avant de rendre la voiture, petit tour en ville. Le rayon de braquage est très correct et les manœuvre ne sont pas difficiles. Bref, la BMW 1600 est une voiture très sympathique, sportive comme il faut, plutôt confortable et facile à utiliser, mais qui saura vous amuser si vous le voulez.

Conduire une BMW 1600

La BMW 1600 n’est pas la plus connue des séries 02, elle n’a pas l’aura d’une 2002 et on en voit beaucoup moins sur les différents rassemblements. Sur certaines courses, comme le Tour Auto, elle est néanmoins bien représentée, mais en version Ti.

Pour en acquérir une, vous allez peut-être chercher longtemps, mais au final les prix, hors cabriolets sont abordables avec des autos démarrant à 6000 € et allant jusqu’à un peu plus de 10.000 €. Les cabriolets s’affichent eux vers 40.000 € !

 

Note globale :

4 etoiles

 

Avantages

Inconvénients

– Utilisable au quotdien n’a pas l’aura d’une 2002 –
– Performances très sympa pas une Ti –
– Ligne indémodable
Rareté 3 etoiles
Prix 6.000 à 10.000 €

Photos : Mark

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