On a testé pour vous : la Suzuki Cappuccino

Pour une fois, News d’Anciennes teste une voiture plus moderne, mais atypique en tout point, la Suzuki Cappuccino.

Je me souviens encore de la première fois que j’ai vu cette voiture il y a 5 ans maintenant, lors d’une balade avec un ami. Je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander à monter dedans, en passager bien sûr, aujourd’hui il me laisse le volant et me raconte son histoire. Et promis, je ne dirai pas, comme à mon habitude « même de près on a l’impression qu’elle est loin »… oups !

Les Kei cars, un concept japono-japonais

La Cappuccino est une Kei car (keijidôsha au pays du soleil levant), c’est-à-dire une voiture conçue pour répondre à des contraintes administratives particulières au Japon. En effet, elles bénéficient d’une taxation et de primes d’assurance réduites, dans ce pays où le moindre mètre carré compte. Pour cela, une Kei car ne doit pas dépasser (dans les années 1990, aujourd’hui les dimensions ont légèrement augmenté) 3.30m de long, 1.40m de large et 2m de haut et son moteur ne doit pas dépasser 660 cm3 de cylindrée.

C’est donc dans ce segment de micro-citadines que Suzuki se décide à produire un roadster à vocation plaisir, destinée au seul marché japonais. Elle est équipée d’un 3 cylindres 657 cm3 12 soupapes turbo de 64 chevaux, de quoi apporter suffisamment de sensations dans cette mini propulsion de 725 kg !

La production commence en 1991 (série EA11R) dans l’usine de Kosai, et la commercialisation débute en novembre de la même année, portée par le slogan « Exauce votre vœu de posséder une sportive 2 places abordable ».

Vu le charme de l’auto, l’antenne anglaise de Suzuki entame les négociations avec la maison-mère afin de pouvoir importer la Cappuccino au Royaume-Uni, au bout de 18 mois de négociations, le projet est validé pour 1500 exemplaires et la Cappuccino présentée au British International Motor Show de 1992. Commercialisée à partir d’octobre 1993, elle ne sera proposée qu’en deux coloris rouge ou gris, vu la petite quantité exportée hors du Japon (le volume étant ramené à 1182 exemplaires, du fait des quotas d’importations britanniques). Au final, 1110 voitures seront immatriculées en Angleterre entre 1993 et 1995, les 72 autres trouvant preneur sur le vieux continent.

Suite au durcissement des normes anti-pollution en Europe, Suzuki fait évoluer la Cappuccino en 1995, car le prix de revient d’une adaptation sur place ne serait pas économiquement rentable, du fait du petit volume d’importation. C’est ainsi qu’apparait le modèle EA21R, équipé d’un moteur plus léger, à distribution par chaîne et non plus par courroie, produisant plus de couple, de jantes plus légères, et pouvant aussi recevoir une boite automatique en option. La production se poursuivra jusqu’en 1997, date à laquelle la Cappuccino tire sa révérence.

Vous l’aurez compris, la Suzuki Cappuccino est rare dans nos contrées, seulement 25 environ sont répertoriées en France.

La conduite d’une Suzuki Cappuccino : les plaisirs simples

Tout d’abord il nous faut faire un choix, la séance se fera avec un appareil photo compact, sinon on ne pourra pas se balader top down, en effet, le toit démontable en 3 parties, ainsi que la bulle arrière basculante, qui permettent de choisir entre la configuration T-bar, Targa ou complètement ouvert, se rangent dans le coffre, et prennent toute la place

Allez, il est temps de se glisser derrière le petit (à l’image de la voiture) volant, et première surprise, mon mètre quatre-vingts rentre sans problème, il y a de la place pour les jambes même si c’est un peu étroit au niveau des épaules. Contact, mais du calme, le petit moteur turbo est réellement sensible au temps de chauffe/refroidissement (d’ailleurs, c’est rappelé sur le pare-soleil du conducteur, en japonais bien entendu), c’est le moment idéal pour demander à Stéphane pourquoi ce choix.

C’est en fait très simple, il avait envie d’un petit roadster japonais, il s’était donc penché, comme beaucoup, vers la Mazda MX-5, mais son garage posait un souci, la place était trop restreinte. Issu de la génération « geek », comme moi, il aperçoit la Daihatsu Copen et la Suzuki Cappuccino dans un dessin animé japonais et se penche sur le sujet de ces deux inconnues. Son cœur balance pour la Cappuccino, et (à l’époque) son portefeuille aussi. Il se met en quête d’une « vraie » Cappuccino, qu’il fait importer du Japon et voilà, 6 ans plus tard, elle est toujours là, avec la patine de ses 22 ans.

Et il l’aime ma MX-2 et demie comme il l’appelle parfois, l’entretien est plus que suivi, tout ou presque a déjà été refait. Pas de vitesse stratosphérique bien sûr mais un comportement très sain, dû aux roues implantées aux 4 coins de la voiture et une parfaite répartition des masses entre l’avant et l’arrière, un vrai kart !

Place aux premiers tours de roues, histoire de s’habituer au moteur (ici monté à environ 80 chevaux environ, grâce à la cartographie Suzuki Sport), et de prendre ses marques avec la conduite à droite, et surtout les commodos inversés (qui me devront quelques lancements d’essuie-glace au lieu du clignotant, sous le regard amusé du propriétaire). La direction est souple malgré l’absence d’assistance, mais il faut dire qu’avec un tel poids plume, et des pneus 165/65 en 14 pouces, il y avait peu de risques de se retrouver avec une enclume.
Le moteur est très réactif, la petite cylindrée et le tout aussi petit turbo lui permettant de répondre à la moindre sollicitation. Volontaire, il ne rechigne pas à prendre ses tours jusqu’au rupteur (même si ce n’est pas là qu’il est le plus à l’aise, comme tout moteur turbo de l’époque) et permet des accélérations tout à fait satisfaisantes, compte-tenu du gabarit de l’auto. Cependant tout n’est pas parfait, soyons honnêtes, elle n’est pas faite pour avaler les kilomètres sur l’autoroute, ce n’est en rien son élément, il faut rester à mouliner à 4000 tr/min pour filer à 130 km/h et sa petite taille est un handicap certain : les autres automobilistes ont du mal à évaluer la distance qui nous sépare d’eux et il est facile de se trouver dans l’angle mort d’un poids lourd dont les roues sont à peine plus petites que l’auto !

Place aux petites routes des bords de Seine, le long des méandres, l’endroit est idéal pour notre nippone caféinée. On ressent tout, sans que ce soit inconfortable, mais la proximité des occupants avec les trains roulants et la direction incisive vous permettent de ne faire qu’un avec le bandeau de bitume qui défile devant vos yeux. C’est le plaisir à l’état brut, pas besoin de vitesses vertigineuses, juste les sensations, et la Cappuccino est tout sauf avare de ce côté-là. Le moteur et l’échappement sont communicatifs, mais pas envahissants, la direction et les suspensions vous remontent tout ce dont vous avez besoin, l’architecture propulsion lui donne une agilité bluffante. En résulté, elle vit entre les mains de son conducteur, tout ce que j’aime dans une auto.

En un mot comme en cent, cette voiture est un jouet pour grands enfants, impossible de la conduire sans le sourire.

Conduire une Suzuki Cappuccino

Comme nous l’avons évoqué plus haut, la Cappuccino est quasiment introuvable dans l’hexagone, donc elles sont très rares sur le marché de l’occasion français. Il reste toujours la solution d’en faire importer une soit depuis le Royaume-Uni, soit depuis le Japon, mais dans un cas comme dans l’autre, vous devrez vous frotter à la réception à titre isolé, qui peut être un vrai marathon. D’autre part, les pièces sont, du coup, difficiles à trouver à un prix abordable sur notre territoire, mais il est possible de trouver tout ce dont vous avez besoin au Japon, et certains sites permettent d’accéder au stock de Suzuki Europe. Tout dépend ensuite du prix et des performances recherchés

Impossible donc, de vous donner une cote fiable en Europe, vu la rareté du modèle, cependant il faut compter entre 4000 et 12000€ au Japon suivant l’état du véhicule, auxquels il faudra rajouter les frais de transports, taxes, travaux de normalisation européenne et frais de réception.

Cette voiture est tout sauf un achat coup de tête, mais le plaisir qu’elle délivre est incontestablement là.

Un grand merci à Stéphane, pour sa passion, sa bonne humeur, et surtout pour avoir pu conduire son adorable engin.

Note globale :

4 etoiles

Avantages

Inconvénients

– Passe Partout Rareté –
– Vrai roadster avec toit en dur Difficulté de trouver des pièces en France –
– Ligne très agréable  Homologation quasi obligatoire –
Rareté 5 etoiles
Prix 4.000 € à 12.000 €

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4 réflexions au sujet de « On a testé pour vous : la Suzuki Cappuccino »

  1. Tiens je la connais cette voiture je crois même l’avoir conduite!!! .
    Très bon post sur la suzuki cappuccino encore très méconnu en france alors que peut être verrons nous un jour débarquer la honda S660 en version européen. Sa permettra peut être plus d’engouement pour ces merveilleux keikars!

    • Je ne suis pas sûr que l’Europe soit très friande de kei cars, quand on voit les faibles volumes de vente de la Daihatsu Copen qui était au catalogue français. Plus particulièrement en France, les toutes petites voitures n’ont pas vraiment le vent en poupe…

      • portant quand tu prends une Berlinette A110 on est pas trop loin des dimensions des Kei cars du japon. la différence c’est que c’est du Renault c’est forcément plus connue pour l’ensemble des français….

        • Oui, enfin la Berlinette, c’était il y a cinquante ans… La kei car n’est probablement pas assez statutaire sur notre marché. Heureusement il y a toujours les passionnés pour en faire arriver chez nous !

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