Peugeot 304, la voiture s’agrandit, la gamme aussi

Peugeot 304, la voiture s'agrandit, la gamme aussi
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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La Peugeot 304 est liée à l’histoire de la 204 et de la 504. Parce que l’appétit vient en mangeant, à la fin des années 60 le lion commence à se créer une vraie gamme… avec seulement deux modèles. Et du côté de Sochaux on en veut plus.

Une recette déjà éprouvée… chez Renault

Vous voyez certainement déjà où on veut en venir. Du côté du losange quand on a voulu offrir une version plus cossue de la Renault 8 on a créé la Renault 10. C’est simple : on garde la cellule centrale et on allonge l’avant et l’arrière. Ce n’est pas une recette miracle, mais ça marche et ça offre une auto différente pour sa gamme avec un prix de développement plus que réduit.

Du côté de chez Peugeot on s’est donc créé une gamme en lançant la 204 en 1965. Première 6cv de la marque elle descendait en gamme et se plaçait sous la 404. Cette dernière est remplacée en 1968 par la 504 mais il existe toujours un fossé entre la 204 et la berline milieu/haut de gamme, le segment préférentiel de Peugeot après-guerre. Le fossé est un mix de commercial et de taille d’auto. La 204 reste une auto de taille relativement réduite et pour passer sur la taille du dessus, il faut sortir le porte-monnaie.

C’est ce trou là que va devoir combler la nouvelle voiture qui devra donc être plus grande sans être beaucoup plus chère. Le projet D18 est lancé en 1967 alors que la 504 se rapproche de la commercialisation.

Pour cette nouvelle auto on va donc reprendre la base de la Peugeot 204. Et quand on dit la base : tout ou presque est identique sur les deux autos y compris la principale innovation de la 204 dans la gamme : c’est une traction. Entraînée par un moteur 1.1 en alliage, la Peugeot 304 sera motorisée de la même façon. Sauf que le moteur gagne en cylindrée avec 1288 cm³ pour 65ch.

Côté présentation par contre on va différencier au maximum les deux autos. En fait on va faire ressembler un dérivé de 204 en une mini-504. C’est mieux pour flatter l’ego du futur acheteur ! Ça commence forcément à l’extérieur. Pour reprendre le parallèle avec la R10, force est de constater que la recette ne s’applique pas à l’avant de la Peugeot 304 puisqu’elle ne gagne que deux centimètres (il est vrai que la Renault a son coffre à bagage de ce côté là, et ça change tout). Par contre le dessin est très 504 avec les phares trapézoïdaux de la grande sœur (dus au bureau de style Peugeot) et forcément un peu plus carré, ou moderne, c’est vous qui voyez.

La cellule centrale, c’est la même et on arrive donc à l’arrière. Un des griefs principaux de la petite 204 c’est son coffre réduit. Sur la Peugeot 304 on ajoute 13 centimètres de longueur sur l’arrière pour offrir un coffre largement plus grand mais un dessin relativement proche.

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Dernier effort pour choyer le client : on ajoute une bande de faux bois sur le tableau de bord de la nouvelle auto.

1969 : la Peugeot 304 débarque

Comme toute nouveauté qui se respecte c’est au salon de Paris en Octobre 1969 qu’est présentée la Peugeot 304. Commercialement elle complète en effet la 204 puisqu’elle se place dans la catégorie des 7CV. Une seule version est disponible mais elle fait déjà de l’effet et les premières commandes arrivent vite.

Dès l’hiver 1970 la gamme s’élargit. Les coupés et cabriolets sont présentés au salon de Genève et arrivent sur les routes quelques semaines plus tard. Là encore on a joué l’économie : si on excepte le moteur et la face avant ce sont les mêmes autos que les 204 du même nom. Changement notable tout de même : le levier de vitesse de ces versions, qui peuvent avoir des clients cherchant du sport, est déplacé au plancher.

Au salon de Paris 1970 on fête la première année de la Peugeot 304 avec un nouveau modèle : le break. En parallèle les berlines reçoivent un allume-cigare tandis que la dynamo est remplacée par un alternateur sur toutes les autos de la gamme.

La nouveauté suivante arrive en Mars 1972. Ce n’est pas un nouveau modèle à proprement parler mais des versions S sur les coupés et cabriolets. Vous l’aurez compris, S sous entend sport et si la cylindrée reste à 1288 cm³ la puissance atteint 74,5ch avec un carbu double-corps, une nouvelle culasse et un échappement doublé. On reconnaît ces autos à leur compte-tours, leurs appui-tête et de nouvelles jantes en plus de la calandre noire mate. Le coupé Peugeot 304 S atteint 160 km/h.

Au salon de Paris à l’Automne les berline sont aussi disponibles en S. L’intérieur est en simili, la calandre noire, les jantes et les appuis-tête sont repris et on ajoute un nouveau volant.
La gamme reçoit également un sérieux lifting. On remplace le tableau de bord sur toutes les Peugeot 304 avec désormais trois cadrans ronds (le compte-tour remplace l’horloge sur les S). Le toit des berline est légèrement réhaussé et l’arrière du pavillon est plus carré. Des aérations apparaissent sur les montants de custode tandis que les feux arrières deviennent rectangulaires.

L’évolution suivante sera le passage aux pneus 155 au lieu des 145, toujours en 14″.

En Juillet 1975 les coupés et cabriolet disparaissent de la gamme. Le millésime 1976 voit la Peugeot 304 recevoir un double circuit de freinage, un nouveau carburateur et surtout le moteur est revu, avec 1290 cm³ de cylindrée mais surtout une nouvelle culasse.

Au salon de Paris 1976 on dévoile le millésime 1977 qui revoit totalement la gamme. La 204 a tiré sa révérence. Du coup on élargit la gamme vers le bas avec le break GL et le moteur 1127 cm³ de 59ch.

On ajoute aussi la version fourgonnette, toujours en remplacement de l’équivalent 204.

Toute la gamme peut recevoir le 1357 cm³ diesel, jusque là dévolu à la 204 et les vitesses passent au plancher.

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Côté appellation, les berlines S deviennent SLS, les berlines et breaks sont désormais disponibles en GL et SL (Grand et Super Luxe).

En 1978 c’est le train avant qui change en étant élargi et les Peugeot 304 reçoivent de nouvelles roues. Mais c’est déjà la fin qui s’annonce puisque la 305 est sortie. Les autos reçoivent des ceintures à l’arrière, un embrayage mécanique et plus hydraulique, une nouvelle calandre avec un lion intégré et plus rapporté.

En Mars 1979 c’est l’arrêt de la production pour les berlines. En attendant les breaks 305 les 304 font de la resistance. Les dernières autos recevront même le diesel 1548 cm³ de la descendante !

Au total ce sont 1.178.425 Peugeot 304 qui auront été produites en 11 ans.

Aparté : la carrière américaine de la 304

La Peugeot 504 a marche très bien aux USA et Sochaux décide de s’attaquer aux Cox et autres Simca qui se vendent plutôt bien sur place. La 304 traversera donc l’Atlantique à partir de 1970 aussi bien berline (Sedan) qu’en break (Station Wagon).

Forcément il faut adapter le produit. Seule la finition super luxe est disponible. Extérieurement les phares comportent deux optiques rondes, des catadioptres sur les ailes et des feux arrières entièrement rouges.

Néanmoins le succès ne sera pas au rendez-vous et la 304 n’y est proposée que jusqu’en 1972. 4269 voitures auront été vendues sur place.

La Peugeot 304 de nos jours

Même si elle s’est arrêtée après la 204 il faut bien reconnaître que la Peugeot 304 est moins courante que cette dernière. Les coupés et cabriolets, des modèles qui se distinguaient plus, sont les plus visibles… et ceux qui sont le moins partis à la casse.

Pour ce qui est des prix d’achat, les plus chères sont les versions cabriolets que vous dénicherez entre 8 et 12.000 €, les S sont évidemment plus chères. Pour moins de 5000 € vous pourrez acquérir un coupé.

Ensuite pour ce qui est des Peugeot 304 Berline, les S et SLS sont plus chères mais tous les cas vous en trouverez de beaux modèles sous la barre des 3000 €. Enfin les breaks sont les moins chers mais pas de beaucoup.

Sources : l’Automobile Ancienne et Club 204 & 304

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3 Commentaires

  1. La planche de bord initiale n’avait rien de commun avec celle de la 204, le compteur était linéaire alors que celui de la 204 était formé de 3 cadrans circulaires après avoir été une sorte de combiné mais rien à voir avec celui de la 304 qui équipera plus tard le bas de gamme 504.

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