Opel Kapitän, Admiral et Diplomat, le haut de gamme du blitz

Opel Kapitän, Admiral et Diplomat, le haut de gamme du blitz
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Opel Kapitän, Admiral et Diplomat, le haut de gamme du blitz
Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Dire qu’on en voit peu est un euphémisme. Dans les années 60 la marque au blitz a pourtant proposé avec ses Opel Kapitän, Admiral et Diplomat, trois modèles haut de gamme intéressants. On vous raconte leur histoire.

Opel Kapitän et Admiral : de vieilles connaissances

Avant le trio d’autos, on peut remonter dans le temps pour retrouver leurs ancêtres. L’Opel Admiral est la plus ancienne. Présentée en 1937 au salon de Berlin, elle s’attaque aux Horch, Mercedes et Maybach avec son 6 en ligne de 3.6 litres de 75 ch (partagé avec le camion Blitz). Grosse auto de 5.27 m de long et 1.8 m de large, elle possède un châssis séparé ce qui lui permet d’être proposée à des carrossiers indépendants. Néanmoins on peut la retrouver dans la gamme en tant que limousine ou cabriolet.

Moins chère que ses concurrentes, elle représente environ 25% des ventes du segment. Sa carrière sera courte puisque sa production est arrêtée en 1939. Beaucoup d’autos seront d’ailleurs réquisitionnées par l’armée allemande pour en faire des autos d’état-major.

La Kapitän apparaît également avant la seconde guerre mondiale. Développée en 1938 et apparue en 1939 au salon de Genève, elle embarque également un 6 en ligne, de 2.5 litres cette fois. Proposée en berline, en coupé et en cabriolet, elle possède une carrosserie monocoque. Elle est moins prisée par les carrossiers mais Hebmüller, notamment, en propose une version cabriolet.

Arrêtée à l’Automne 1940 après 25.000 exemplaires, elle est relancée en 1948, avec des adaptations et uniquement en version berline. C’est d’ailleurs la seule auto allemande à 6 cylindres à cette époque !

Une nouvelle version débarque en 1951, avec une nouvelle carrosserie très américaine, on parle d’Opel tout de même, mais une technique similaire.

En 1953 arrive une nouvelle auto, plus longue, plus large, avec un 6 cylindres remanié et des améliorations techniques. Elle recevra même une boîte auto. Derrière la Cox et la Rekord c’est la troisième auto la plus vendue en Allemagne : en 5 ans il en sort 154.000 exemplaires.
La Kapitän P1 qui arrive en 1958 ne dure qu’un an mais cartonne toujours avec un style et une technique au goût du jour.

La Kapitän P2 restera quatre ans au catalogue. Avec un pare-brise panoramique, elle se distingue surtout avec un moteur 6 cylindres de 2.6 litres entièrement nouveau et des performances en hausse. La concurrence s’est repris, notamment du côté de Mercedes et 48.000 autos sont produites jusqu’en 1953.

L’arrivée de la triplette Opel Kapitän, Admiral et Diplomat A

C’est en 1964 qu’arrivent les trois autos qui vont porter le haut de gamme Opel. Ce trio sera connu comme KAD pour Kapitän, Admiral, Diplomat. Trois autos haut de gamme, sur la même base mais avec des prestations différentes.

La base c’est du classique pour des autos haut de gamme du milieu des années 60. À l’avant on retrouve des doubles triangles et ressorts hélicoïdaux mais à l’arrière c’est bien un essieu rigide qui est à la manœuvre avec des ressorts semi-elliptiques. Les freins sont à disque à l’avant, à tambours à l’arrière.
Les Opel Kapitän, Admiral et Diplomat sont de grosses autos : 4.95 m de long, 1,90m de large et un poids qui se situe autour des 1400 kg pour les versions les plus légères.

La Kapitän A joue donc la continuité. On retrouve sous son capot le 6 cylindres en ligne de 2605 cm³ et ses 100 ch. Le couple est conséquent : 181 N.m et l’auto file à 155 km/h. C’est la version d’entrée de gamme et on la reconnaît à sa calandre à barrettes horizontales.

L’appellation Admiral fait donc son retour avec le modèle A. Le 6 en ligne est identique à la Kapitän, les performances aussi. On la reconnaît à son meilleur équipement et à l’extérieur avec sa calandre à barrettes verticales et une baguette chromée sur les arches de roues.

La nouvelle appellation est donc pour l’Opel Diplomat A. C’est le haut de gamme et elle diffère des ses deux sœurs : elle ne reçoit pas le 6 cylindres ! C’est un V8 Chevrolet 283 ci (4638 cm³) de 190 ch qui se charge de la faire atteindre des hautes vitesses. D’ailleurs elle est modifiée dans cette optique avec des ressorts renforcés, des pneus radiaux de 15″ et une assistance de freinage. En même temps elle file à près de 200 km/h ! Pour la sportivité, on oublie, on fait uniquement appel à la GM Powerglide automatique à 2 vitesses pour la transmission…

Les Opel Kapitän, Admiral et Diplomat A sont saluées par la critique. La Diplomat notamment dont le confort et les performances sont placées au niveau des meilleures allemandes et américaines de l’époque.

Les Opel Kapitän, Admiral et Diplomat vont connaître de belles évolutions en 1965.

Concernant les Kapitän et Admiral reçoivent un nouveau 6 cylindres en ligne. Il cube cette fois 2784 cm³ pour 125 ch et même 140ch dans une version Haute Performances. Mais sa principale nouveauté c’est l’adoption d’un arbre à came en tête. On reconnaît ces nouvelles Opel Kapitän et Admiral 2800 S et 2800 HL avec l’apparition du nom Opel sur la calandre et plus sur les ailes avant.

En parallèle, l’Admiral peut recevoir, contre un sacré surcoût, le V8 de la Diplomat.

D’ailleurs la Diplomat aussi évolue puisqu’on en propose une version coupé. Son moteur est le 327 Ci des Corvette. Avec 5354 cm³ et 230 ch, c’est un gros coupé (qui partage la même base que la berline), mais aussi un très cher coupé. Il est en effet vendu 25.500 DM, plus qu’une Mercedes 280 SL !

Quelques temps plus tard, ce V8 peut être demandé en option sur la Diplomat. On s’est en effet rendu compte qu’il accepte bien mieux le fonctionnement “autobahn” prolongé. Le “petit” 283 ci a tendance à chauffer, le 327, conçu initialement pour la course, ne connaît pas ce problème.

Il faudra attendre 1967 pour retrouver des évolutions sur les Opel Kapitän, Admiral et Diplomat. Les monogramme de modèle passent des montants de custode aux ailes avant. La Kapitän reçoit des bandes de protection latérales, l’Admiral et la Diplomat s’en dotent également mais en version chromée. Cette même année le Coupé Diplomat est retiré du catalogue après seulement 347 exemplaires produits !

En Novembre 1968 les Opel Kapitän, Admiral et Diplomat de génération A s’arrêtent. La production :

  • 24.249 Kapitän
  • 55.876 Admiral
  • 8848 Diplomat

Les Opel Kapitän, Admiral et Diplomat passent au B

Quelques mois pour écouler les stocks et voilà les “KAD” qui passent à la version B, présentée en Mars 1969.

Les Opel Kapitän, Admiral et Diplomat B sont un peu plus courtes et un peu moins larges. Le style est toujours très américain, lisse et plat. Pour les reconnaître : l’Admiral B a la même calandre que la Kapitän mais des passages de roue chromés et la Diplomat B abandonne les phares carrés pour des phares rectangulaires et verticaux.

Techniquement on a renforcé la sécurité avec des zones de déformation, une colonne de direction de sécurité et un double circuit de freinage. Le train arrière est également revu : fini l’essieu rigide, remplacé par un pont De Dion, plus complexe, plus lourd, mais plus performant et confortable. Dernier point : les pièces de carrosserie sont galvanisées, offrant forcément une bien meilleure résistance à la corrosion.

L’offre de moteurs disponible sur les Opel Kapitän, Admiral et Diplomat évolue également.
La Kapitän B n’aura droit qu’au 2.8 litres avec un ou deux carbu Zenith pour des puissances de 130 à 145 ch.

L’Admiral B fait l’impasse sur le V8, seules quelques centaines d’exemplaires de la A avaient eu recours au moteur Chevrolet. Elle peut accueillir le 6 cylindres avec un, deux carbus ou même l’injection Bosch. La puissance atteint alors 165 ch.

Enfin la Diplomat B est désormais disponible avec le 6 cylindres à Injection ou le V8 327 de 230 ch. Pour le coup, on pense toujours à la sécurité et les versions V8 reçoivent d’office quatre freins à disques. Toutes les versions sont par contre dotées de la boîte auto.

Dès 1970 la gamme se réduit : la Kapitän ne séduit pas assez et elle est arrêtée en Mai après 4976 exemplaires produits en 15 mois. C’est peu.

En 1971 des cabriolets sont créés par Fissore et Karmann sur la base des Diplomat. Commandés par la marque, ils sont au nombre de quatre.

Il faut attendre 1972 pour que les Opel Admiral et Diplomat évoluent. La première change de calandre pour passer aux barrettes horizontales, les deux reçoivent le logo Opel au centre de la calandre et plus sur le capot.

En 1973 la Diplomat est disponible en version longue : 10 cm de plus en longueur et 15 en empattement.

En Avril 1976 on redessine le tableau de bord qui adopte des matériaux moins réfléchissants. Ce ne sera adopté que peu de temps sur les Admiral. En Juillet de cette même année elles changent de nom, mais pas de look. Opel ne propose alors que des Diplomat : les versions 6 cylindres gardent le look Admiral, les version V8 ont le look Diplomat. Celles-ci disposent en plus de jantes alliage, de vitres teintées et de lave-phares.

Pour autant… ça sent la fin. En Juillet 1977 les dernières Diplomat sortent des chaines. 61.659 Opel Kapitän, Admiral et Diplomat B auront été produites.

En collection, il faut se tourner vers l’Allemagne pour en voir rouler. En France, elles sont plus que rares… mais est-ce qu’on les connaît bien ?

Vous en avez une ? On en ferait bien un essai. Plus d’infos ici.

Photos supplémentaires : Wheelsage

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