Histoire de Carrossiers, ép. 6 : Labourdette, ses skiffs et son Vutotal

Histoire de Carrossiers, ép. 6 : Labourdette, ses skiffs et son Vutotal
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Après vous avoir parlé de Saoutchik, Franay, Pourtout et Letourneur et Marchand, on attaque l’histoire de Labourdette. Un carrossier méconnu qui a marqué par ses célèbres skiffs.

Les Labourdette, une lignée de carrossiers

Tout commence dans le Béarn. Jean-Baptiste Labourdette y est forgeron et carrossier mais décide avec ses frères de déménager à Paris. Il y crée en 1855 Labourdette & Frères au 105 Avenue de Malakoff. Les premières réalisation sont évidemment hippomobiles. Son fils Henri-Jean Labourdette prend sa succession et rebaptise la société Henri Labourdette. En 1896 elle s’intéresse à un nouveau marché, celui des voitures automobiles.

Il produit ainsi les carrosseries d’un vis à vis Georges Richard, le premier du genre, avant de réaliser la carrosserie de la première automobile Renault, la Type A, en 1899.

La troisième génération crée les Skiff

En 1910 Henri-Jean décède et c’est son fils Jean-Henri, avec son frère Fernand-Henri, qui reprennent le flambeau. Labourdette est déjà bien implantée dans le milieu automobile. Une succursale existe à Madrid et bientôt une autre s’implante à St Petersbourg. C’est simplement pour se rapprocher de deux clients importants, la famille royale Espagnole et les princes russes.

En 1912 on les voit notamment réaliser la carrosserie d’un Torpédo sur une Bugatti Type 18 pour Rolland Garros qui vient de traverser la Méditerranée en avion. Mais cette robe n’est guère innovante.

Par contre, du côté des Skiffs, là on innove. Le premier arrive donc en 1912 et est commandé par René de Knyff, directeur de Panhard et Levassor, et la carrosserie est montée sur une X19 20HP. Labourdette s’inspire là directement du milieu nautique, et plus particulièrement des runabout, ces petits bateaux de plaisance effilés et souvent recouverts de bois. Sur les torpédos, et roadster, automobile, on remarque un arrière pointu recouvert de bois. La recette aura beaucoup de succès et sera copiée par quelques autres carrossiers.

L’age d’or de Labourdette

Comme la plupart des carrossiers, l’age d’or de Labourdette se situe à l’entre deux guerres. Le nom était déjà bien établi mais les commandes affluent.

De grandes marques voient leurs châssis habillés chez Labourdette. Hispano-Suiza, Bugatti, Delage en font partie. Les hauts de gamme de chez Renault, Panhard et Peugeot également, et même quelques Citroën. Les skiffs ne sont pas obligatoire mais sont vraiment une marque de style. En dehors d’eux, les carrosseries Labourdette des années 20 sont belles mais sans “signature” stylistique.

Les Vutotal, dernières créations remarquables

En 1936, au salon de Paris, Labourdette expose une Delage V12. Une auto qui fait encore parler mais qui inaugure le nouveau trait stylistique du carrossier. Il s’agit des vitres Vutotal, avec pare-brise large et des surfaces vitrées sans montants. Perfectionné plusieurs fois on le retrouve sur diverses créations. Il devient même monobloc et courbé et équipe des autos d’une Bugatti Type 57 à une Chenard et Walcker, mais aussi des bus.

En 1939 sur une base de Rolls Royce Phantom III, le Vutotal Cabriolet va plus loin. Cette auto adopte le pare-brise mais utilise également un style très particulier et avant-gardiste avec phrases encastrés et lignes tendues.

Ce sera la dernière création remarquable de Labourdette. La seconde guerre mondiale sera fatale au carrossier qui ne redémarrera pas ses activité par la suite. Seules quelques études seront réalisées, sur base 4cv ou Georges Irat. Jean-Henri Labourdette décédera en 1972.

Quelques créations de Labourdette

On commence au tout début. Cette Georges Richard est le premier vis à vis connu. Et c’est une réalisation de Labourdette. Elle est visible à la Cité de l’Automobile.

Cette Renault XB est un Landaulet Transformable de 1907. On l’a vue à Pebble Beach en 2019.

Une des autos les plus célèbres, la Bugatti Type 18 Black Bess de 1912, vendue par Bonhams à Rétromobile en 2009 contre 2.427.500 €.

Une autre auto, de la même année, le premier Skiff automobile, la Panhard X19 de Kniff, vue à Chantilly Arts et Elegance il y a quelques années :

On arrive après-guerre. En 1922 Labourdette réalise cette Hispano-Suiza H6B passée chez Gooding & Co :

Histoire de Carrossiers, ép. 6 : Labourdette, ses skiffs et son Vutotal

En 1923 on habille une Citroën B2 Caddy Sport. On a pu la voir à Automédon en 2017.

Plusieurs créations de 1924 ensuite. On commence avec cette Delage GL passée chez Gooding & Co :

Histoire de Carrossiers, ép. 6 : Labourdette, ses skiffs et son Vutotal

Toujours en 1924 donc, on retrouve cette Peugeot 174, également visible à la Cité de l’Automobile :

Enfin une Renault 40CV Landaulet, elle aussi à la Cité de l’Automobile :

On arrive en 1925 avec une autre Renault 40CV, cette fois en Skiff, passée elle aussi chez Gooding & Co :

En 1928 on retrouve une carrosser Labourdette sur une Bugatti Type 49 Roadster, elle aussi passé chez Bonhams :

La même année, une Peugeot 184 Landaulet, vue à Chantilly il y a quelques temps et au Musée de l’Aventure Peugeot le reste du temps :

En 1936, un coach sur base Delahaye 135, assez classique, et passé chez Osenat :

On entre maintenant dans la période Vutotal. La première, la Delage V12 dont une reconstruction est en cours :

Autre Vutotal de cette année là, une Bugatti Type 57 qu’on retrouve elle aussi à la Cité de l’Automobile :

En 1939, en plus de la Rolls montrée plus haut, on retrouve aussi le Vutotal sur une Chenard et Walcker, une auto vue chez Osenat à Epoqu’Auto :

Enfin les raretés de l’après-guerre. On a croisé deux Georges Irat habillées par Labourdette en 1949. La première a été vue à Rétromobile 2016 et vendue par Artcurial :

La seconde a été vue à Epoqu’Auto en 2017 sur le stand du Club Georges Irat. Destinée à habiller une nouvelle mécanique, cette carrosserie se retrouvera finalement sur une OCL3.

Photos : News d’Anciennes, Coachbuild, Bonhams, Gooding & Co, Arcturial, Rex Gray, Renault,

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