Histoire de Carrossiers, épisode 4 : Letourneur et Marchand

Nous poursuivons notre série qui vous donne rendez-vous chaque deuxième du mois. Dans histoire de carrossiers on va rendre hommage à ces maîtres qui ont habillé les plus belles autos du monde pendant des décennies. On commence par évoquer les français. Après Saoutchik, Franay et Pourtout, on vous parle de Letourneur et Marchand.

Letourneur le designer, Marchand le carrossier

Jean-Marie Letourneur naît en Côte d’Or. Dans les années 1890 il arrive à Paris pour suivre une formation de designer. Une fois cette apprentissage fini, le voilà employé chez le carrossier Binder. Là il va rencontrer un jeune carrossier qui vient de terminer son compagnonnage, c’est Jean-Arthur Marchand.

Ambitieux, ils se lancent dans leur propre aventure. Ils créent Letourneur et Marchand le 1er Avril 1905. Leurs locaux de l’île de la Jatte à Neuilly ne sont pas créés de toute pièce puisque ce sont ceux du carrossier Wehrle Godard Desmaret qui est en faillite.
Leurs débuts sont marqués par la sous-traitance. C’est pour Binder, Franay ou encore Labourdette qu’ils construisent des carrosseries. Ils réalisent également les carrosseries des Darracq et des ailes pour l’avionneur Morane-Saulnier.

Néanmoins, à partir de 1907 ils commencent à avoir leurs propres clients. Tant et si bien que quand Marchand est mobilisé pour la première guerre mondiale ce sont déjà 1228 carrosseries qui sont sorties de leurs ateliers.

Les grandes heures de Letourneur et Marchand

Comme pour beaucoup de carrossiers français, Letourneur et Marchand va connaître la gloire entre les deux guerres.

Les clients se multiplient et leur confient de belles autos à carrosser. En 1923 le carrossier se dote d’un espace d’expo prestigieux, à l’Hôtel Calridge, sur les Champs Élysées.

La production de série avec Autobineau

L’année suivante, Letourneur et Marchand crée Autobineau. La production de voitures uniques n’est pas forcément une activité très rentable. La production en série l’est bien plus ! Autobineau va se spécialiser comme sous-traitant dans ce domaine. Ainsi Delage leur fera réaliser 2000 carrosseries de DI tandis qu’UNIC leur confie aussi beaucoup de travail.

Les grandes marques habillées par Letourneur et Marchand

Mais l’activité de carrossier “sur mesure” continue en parallèle. En 1928, Marcel Letourneur a achevé sa formation de designer et rejoint l’entreprise.

Les années 30 voient une diversification des marques. Aux “classiques” Delage, Delahaye, Bugatti, Renault, Panhard ou Hispano-Suiza, s’ajoutent des marques étrangères comme Minerva, Duesenberg ou Rolls-Royce.

Les Bugatti seront très représentées dans la fin des années 30, en particulier les Type 57 Cabriolet.

Mais ce n’est rien à côté des Delage. Client privilégié de Letourneur et Marchand, le carrossier crée en 1936 le Coach Jelm ou Coupé Panoramique. Basé sur des D6 et D8, il est élégant et tout à fait dans le style art-déco si répandu à l’époque.

Un après-guerre au ralenti

Letourneur meurt en Septembre 1944 et Marchand ne lui survit que jusqu’en 1946.

Pour autant l’entreprise ne s’est pas arrêtée. Cependant la production tourne au ralenti avec à peine plus d’une carrosserie par mois entre 47 et 52. C’est en partie dû à la relative petite taille de Letourneur et Marchand comparée aux autres carrossiers de la place. Et puis Delage est moribond, Delahaye ne va pas beaucoup mieux. Des Talbot sont aussi au programme.

En 53, alors que la fin est proche, on croit voir l’embellie. Renault a fait homologuer une version cabriolet de sa Frégate dont la production est confiée à Letourneur et Marchand. Las, il s’en vendra peu, comme pour la berline. 70 autos sont produites jusque fin 1959. Après la dernière, la société ferme ses portes.

Quelques réalisations de Letourneur et Marchand

Une Delage D6 de 1933 Mylord vue à la Vente Aguttes aux Grandes Heures 2017 :

Même année, encore chez Delage, une D8S vendue 649.000$ par Bonhams à Quail Lodge en 2017 :

Une Delage D8 vue à Automédon 2018. Si vous avez l’année…

Une D6-70 Coupé Panoramique. Une des premières, de 1936, vue à Colomiers :

Chez Delage on a aussi fait des cabriolet. Ici une Delage D6-70 de 1937 proposée par Gooding & Co à Pebble Beach en Août :

Autre Delage de 1937, un coupé vu à Chantilly en 2016 :

Une D6 3 litres de 1939 vendue par Bonhams pour 74.750 € par Bonhams au Grand Palais en 2019 :

De 1939, on a vu une belle Type 57 Aravis à Chantilly Arts et Elegance 2016 :

En 1939 on retrouve cette autre Bugatti Type 57 Cabriolet vendue 1.017.500 $ par RM Auctions à Scottsdale en 2017 :

D’après-guerre on retrouve une Delahaye 148 L de 1950 vue par Bertrand à Saulx les Charteux :

Photos Additionnelles : RM Sotheby’s, Bonhams, Gooding & Co, Osenat et Aguttes

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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