Histoire de Carrossiers, ép. 22 : Motto, des lignes larges et simples

Histoire de Carrossiers, ép. 22 : Motto, des lignes larges et simples
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Histoire de Carrossiers, ép. 22 : Motto, des lignes larges et simples
Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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De la fluidité, de larges faces avant, voilà comment on peut caractériser le style Motto. Ce carrossier italien est loin d’être le plus connu mais il a tout de même carrossé des autos venues des plus grands ateliers… dont de magnifiques françaises !

De sous-traitant à carrossier, de l’acier à l’alu

Comme toutes les carrozzeria ou presque, c’est le nom de son créateur qui lui a été donnée. Né en 1904, Rocco Motto se retrouve vite orphelin et doit prendre le chemin des ateliers et quitte sa ville de Rivarossa pour Turin à quelques kilomètres au sud. Il y travaille le métal et se retrouve employé chez divers carrossiers de la région. Chef d’atelier à la Martelleria Maggiora alors qu’il n’a que 21 ans, il décide de voler de ses propres ailes à seulement 28 ans, toujours à Turin.

La Carrozzeria Rocco Motto reste une société qui va surtout fabriquer des carrosseries pour d’autres ateliers ayant besoin de sous-traitance. Du moins dans un premier temps…

Après la guerre, la Carrozzeria Motto passe la seconde et crée ses propres dessins. Ce sont surtout des carrosseries alus qui sont fabriquées, logiquement montées sur des châssis sportifs. Ainsi les premières Cisitalia, les monoplaces D46 sont carrossées Via Bardonecchia. On ajoute également des Alfa Romeo, des Lancia, des Siata et très vite des Ferrari.

Mais Motto séduit aussi en France. Les dernières Delahaye, les dernières Talbot, les dernières Salmson passeront entre les mains des carrossiers italiens.
L’export de ces carrosseries ne se fait pas qu’en France. Ainsi Virgil Exner de chez Chrysler, toujours attaché aux créations italiennes, va les faire travailler, tout comme Raymond Loewy, certes français mais professionnellement américain.
On notera enfin Porsche qui va faire travailler Motto sur les 356 Carrera Abarth.

Histoire de Carrossiers, ép. 22 : Motto, des lignes larges et simples
Une Packard carrossée par Motto et engagée à la Panamericana !

Néanmoins ce sera un des derniers coups automobiles de l’atelier. À partir de 1965 c’est vers la production d’utilitaires, puis de caravanes qu’on s’oriente. Rocco Motto est décédé en 1996.

Quelques réalisations de Motto

En 1947 l’atelier collabore avec Stanguellini et carrosse cette 1100.

En 1949 on retrouve encore l’ADN sportif avec cette Simca 8 barquette préparée par Deho et donc carrossée, avec de l’alu, à Turin. Elle sera notamment engagée aux 24h du Mans 1951.

Une auto française, de course, à carrosserie Motto, c’est aussi la recette appliquée à cette Delahaye 175. Elle courra le Monte Carlo 1950 et remportera l’édition 1951 avec Trévoux et Crovetto. Chiron et Mariotti l’emmèneront même au Mexique pour la Panaméricaine la même année.

En 1951 sort la Delahaye 235 qui sera la dernière production de la marque. Si c’est Charbonneaux qui dessine la base (l’avant), le premier prototype est bien carrossé à Turin !

La même année c’est Louis Rosier qui fait appel au turinois pour créer son coupé sur base de Renault 4CV. Une base en aluminium qui deviendra polyester au moment de la production par Brissonneau et Lotz (on en parle ici).

À partir de 1952 c’est SIATA qui fait appel à Motto pour carrosser les superbes barquettes 208 avec le moteur des Fiat 8V.

La même année, Michel Collange et Robert Huguet qui ont fait carrossé leur Talbot-Lago T26 de 1950 en coupé par Perret la font réhabiller en barquette chez Motto.

En 1953 c’est sur la base d’une MG TD que Dave Ash, importateur de ces autos sur la cote est des USA, fait réaliser une barquette aux superbes lignes. Elle sera la rivale des Osca et autres Porsche en SCCA et aux 12h de Sebring 1954.

En 1955 le carrossier est choisi pour réaliser une barquette sur base de Salmson 2300 S. Cette auto sera même engagée aux 24h du Mans. Elle marquera l’histoire puisque le journaliste Jean Paul Colas retransmettra la course depuis la voiture avec un laryngophone !

C’est cette même année que la Cadillac Elegant Special est enfin terminée, à partir d’un dessin de Harry Birdsall et Joe Mascari qui date de 1953. On note que c’est un coupé-cabriolet, technologie rare à l’époque.

Toujours avec les Salmson 2300 S, la seule berline jamais créée sur cette base le sera par Motto, en 1956 dernière année où sont produites ces autos.

Parmi les dernières autos carrossées par Motto, cette fois un avant plus fin, du au moteur arrière : les Porsche 356 Carrera Abarth GTL construites à 21 exemplaires entre 1960 et 1961.

Une dernière création marquante : la Lancia Flaminia Loraymo. Elle tient son nom de son dessinateur LOewy RAYMOnd, le français installé aux USA qui la fera exposer au salon de Paris 1960.

Photos additionnelles : Conceptcarz

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