Essai d’une Citroën 2CV : Loin de tout sauf de l’essentiel

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Essai d'une Citroën 2CV : Loin de tout sauf de l’essentiel
Mark
Passionné de photo et de sa BMW E30, Mark a rejoint News d'Anciennes courant 2016. Essais, road-trip, reportages, tout l'intéresse du moment qu'il peut sortir son appareil photo.

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La deudeuche, un sujet compliqué auquel on ne s’est encore jamais attaqué dans notre rubrique essais. Pourquoi complexe ? Parce que c’est un thème vu et revu, auquel nous ne sommes pas certains d’apporter grand chose. Faut dire que si l’histoire ne devait retenir qu’une seule voiture populaire Française, il y a fort à parier que la petite Citroën serait dans la tête de liste. Sauf que, d’une, ce serait dommage qu’un site dédié aux anciennes ne propose pas le test de l’une de ses plus mythiques représentantes. Et de deux, Baptiste que l’on connait bien (sa Golf GTI est mon premier essai) m’a gentiment proposé de prendre en main la 2cv de son père : une AZ-A de 1969. Alors en route !

La 2cv : C’est pas ma guerre, et c’est pour ça que je vais la faire

Pour reprendre un célèbre « vétéran du Vietnam », la deuche, c’est pas ma guerre. En fait je n’ai jamais été vraiment emballé par les populaires Françaises datant de l’après-guerre aux années 80. Qu’importe la marque, ces autos me faisaient ressentir autant d’émotions qu’un pot de fleur de chez Jardiland. Pour moi cela restait des caisses peu originales, avec une image aussi clichée que poussiéreuse. Il y a quelques années, l’idée d’essayer une 2CV, une 4CV, une Dyane, une Simca 1100 et j’en passe, aurait pu s’apparenter à un cauchemar. Sauf qu’entre temps, News d’Anciennes m’a permis d’évoluer et de changer mon regard sur ces modèles.

Ainsi, ce qui était vrai en 2016 ne l’est plus forcément aujourd’hui. Depuis, j’ai eu l’occasion de rencontrer des personnes, qui, grâce à leur partage et leur enthousiasme ont fait évoluer ma vision.

Je pourrais citer Ludovic ou encore Guillaume, friands de populaires, avec qui j’ai pu découvrir et passer d’excellents moments, mais aussi quelques galères. Notamment lorsque nous sommes tombés en rade lors de l’essai de la Dyane de Ludovic en 2018. Finalement, grâce à ces personnes j’ai pu expérimenter les sensations uniques dégagées par ces voitures, ainsi que ce sentiment d’aventure au moment de prendre la route. Aventure heureuse ou pas, mais toujours dans l’humour et l’autodérision !

Finalement c’est dans cet état esprit, et grâce à la pratique de la route que j’ai commencé à apprécier ces bonnes vieilles populaires. Et même si, aujourd’hui, ces autos ne me font toujours pas vibrer, je les aime davantage. En fin de compte, j’aborde l’essai de notre 2CV nationale comme une sorte de catharsis.

Et c’est pour ça que je me suis lancé dedans ! Mais j’ai aussi besoin de comprendre le mythe qui entoure ce modèle. Pour moi cela passe plus par la pratique que par la lecture des innombrables ouvrages/témoignages bohèmes dédiés. Bref, il est l’heure de me mettre à la place de ces personnes qui ont fait vivre la légende populaire de la 2CV. Alors c’est parti, direction la côte des Bars dans l’Aube.

Notre 2cv du jour : Quatre roues sous un parapluie

Notre bleue du jour est une AZ-A (AZ série A) de 1969, mais c’est aussi le petit bijou de son propriétaire actuel (2ème main) qui la possède depuis une quinzaine d’années. Dans son jus mais toujours aimée notre deudeuche n’a parcouru que 57.000km depuis sa sortie d’usine. C’est peu mais cela ne l’empêche pas d’avoir connu quelques tumultes au cours de sa longue vie.

Sauvée à temps d’un incendie de grange cette vieille dame n’aura pas été épargnée lors d’un mariage qui lui aura valu un ravalement de façade partiel. Voilà qui explique les différentes nuances de peintures qui habillent sa carrosserie. Quand on dit qu’elle est dans son jus, elle l’est vraiment.

Coté plastique, bah c’est la 2CV telle qu’on connait tous : originale, frêle et sans chichis. De face, la deudeuche s’identifie immédiatement avec ses yeux de batraciens perchés sur ses ailes avant proéminentes ainsi que sa calandre en alu trois barres faisant office de bouche béante intégrée au long capot nervuré.

Quand on la regarde, il est évident que la petite Citroën ne nous veut pas mal. En aucun cas agressive, plutôt féminine, elle se contente simplement d’offrir un design aussi original que joyeux et ludique. Pas ostentatoire pour un sous, la deuche est bien loin des tanks tous droits sortis de Mad Max auxquels on a le droit aujourd’hui. Autre époque autres mœurs.

Revenons à cette gaité. On la doit à un italien : Flaminio Bertoni, et on la retrouve aussi bien dans la teinte bleue cristal AC626 (le catalogue n’a pas toujours été aussi coloré) que tout au long de la carrosserie. Que ce soit l’habitacle alliant des formes enfantines, concaves et convexes, les 6 vitres latérales (post 1965), les ailes arrières, ou les quelques ornements latéraux, tout n’est que question de rondeurs et de joie simple. En regardant notre 2CV, l’expression « quatre roues sous un parapluie » colle à merveille à sa silhouette.

Il n’y a finalement guère que la face arrière plus anguleuse qui vient trancher avec l’ensemble. Vous me direz cela permet de dynamiser la ligne tout en plaçant quelques économies.

Et oui, au sortir de la seconde guerre mondiale, la deudeuche se voulait être le moyen de transport des familles rurales modestes. Et comme les ingénieurs avaient mis le paquet sur les solutions techniques et la fiabilisation, il fallait bien raboter ailleurs pour essayer de respecter le cahier des charges. Car oui la 2CV était loin d’avoir été pensée à l’économie. Bref, que ce soit dans les vitrages, les panneaux de carrosserie fins et plats, le toit façon open/air, ou encore les ouvertures sans charnières complexes, etc…, la Citroën regorge de petites astuces permettant de limiter des coûts de production déjà largement entamés.

Et qu’est-ce que j’en pense ? Bah même si son facies est aussi légendaire que charmant, pour moi, c’est clair que ce n’est pas la plus belle popu du monde. Je trouve qu’elle est un peu haute sur pattes, qu’elle manque d’assise et d’harmonie sous certains angles.

Mais malgré tout, je trouve la 2CV unique en son genre, rigolote, attachante à regarder. Et, nonobstant ses dimensions particulières impliquant le fait qu’elle soit plus haute que large (3,78m de long pour 1,48m de large et 1,60m de haut), je trouve ses proportions bicorps plutôt bien vues. En bref sans m’être fait décoller la rétine, je valide largement.

Intérieur : Le nom de la rose

Si je reprends le titre du célèbre Roman d’Umberto Eco ce n’est pas pour rien. C’est vrai que j’ai souvent l’habitude de me moquer de l’habitacle austère des allemandes. Mais ils sont sans commune mesure avec le jansénisme de la petite Citroën.

Notre deuche, c’est une chambre Franciscaine, ou une geôle, comme vous préférez. Ce n’est pas compliqué, à bord il n’y a rien à part de l’espace. Enfin si, seulement le strict nécessaire : deux banquettes (en simili pour l’occasion), un volant, le célèbre levier de vitesse sur la planche de bord et un tachymètre. Aller, parce qu’il faut bien un peu de luxe notre modèle dispose des essuies glaces électriques apparus en 1963.

Alors autant dans un track toy ce dénuement ne surprend pas, autant lorsqu’il est question d’une populaire ayant transporté des milliers de familles à travers la France bah c’est la claque, surtout quand on sait ce qui se faisait ailleurs à la même époque. En fait je me demande principalement comment tous ces foyers ont pu faire autant avec si peu. Et cela questionne pas mal sur la nécessité de l’opulence indécente dans laquelle nous baignons aujourd’hui.

Mais trêve de divagations, revenons à notre habitacle. Celui-ci a beau être digne d’un couvent des carmélites, il ne donne pas pour autant des idées noires. Au contraire, il apporte l’envie de prendre le temps, de contempler la route, sans être parasité !

Lorsque l’on ouvre la portière conducteur d’une deuche, qu’elle soit suicide ou non, on est comme fasciné et projeté dans la mémoire collective. Paradoxalement j’ai même très envie de m’y installer. Non pas parce qu’il fait un temps de merde, euh pardon, hivernal, mais tout simplement parce que j’ai envie de vivre l’expérience de l’essentiel, qui m’est proposée à bord.

Et puis avec ses différents éléments blancs cassés (un peu passés je l’accorde) ainsi que ce volant gainé, qui viennent trancher sur le bleu de la carrosserie, cet habitacle n’est pas morose. Sans parler du fait qu’il y a largement assez d’espace pour que quatre êtres humains en vie s’y sentent à l’aise. Bref j’aime ça !

Mécanique : Rat des champs

Ne voyez rien de péjoratif dans ce sous-titre, car après tout la 2CV était plus destinée à sillonner les étendues agricoles que les rues du XVIème. D’ailleurs on connait tous l’une des prérogatives qui voulait que l’amortissement soit suffisamment ample et souple pour que la « toute petite voiture » puisse franchir un champ sans casser d’œufs à son bord. Prouesse qui fut réalisable grâce à un ingénieux système de suspensions indépendante aux quatre roues associant : batteurs à inertie, ressorts, amortisseurs, pots et barres de torsion. Très malin mais malheureusement bien trop complexe et long à détailler pour un article d’essai.

Coté structure la 2CV fait appelle à la méthode du châssis séparé. On retrouve une plateforme sur laquelle viennent se greffer les éléments mécaniques ainsi que les trains roulants. Le tout est recouvert par la coque de l’habitacle et les différents panneaux de carrosseries. Simple efficace et pas cher ! Comme le moulin.

D’ailleurs, on ne le présente plus, mais sous le capot nervuré loge le bicylindre de 425cm3 refroidi par air. Sur notre modèle du jour le 4 soupapes développe la bagatelle de 18ch à 5000 trs/min. Associé à une boite 4, il est tout juste suffisant pour déplacer les 495kg de la deudeuche. À défaut de nous empaler dans les armatures des banquettes, il aura au moins le mérite de n’effrayer ni l’embrayage centrifuge, ni les quatre freins à tambours. À moins que…

Prise en main : Le temps de réviser ses acquis

Et si on allait rouler ? L’avantage en deudeuche c’est que lorsqu’on se jette sur la banquette bien moelleuse il n’y a plus qu’à démarrer. Ici pas de réglages possibles, mais La position est bonne et les commandes sont bien positionnées. L’austérité ambiante n’a pas laissé la place aux fantaisies ergonomiques. Contact et je démarre le Boxer.

Ahhhh ce bruit, euh cette mélodie si caractéristique ! Ce refrain, il est presque ancré dans le patrimoine génétique Français, à l’instar de la Marseillaise, de la baguette, ou des escargots au beurre persillé, tout le monde connait le bruit du bicylindre Citroën ! Alors certes cette mélopée est mythique et attire toute ma sympathie, m’enfin je ne peux pas dire qu’elle me susurre des mots doux l’oreille, quel vacarme !

Sur le plan sonore la 2cv c’est tout une expérience, faut dire que l’absence d’insonorisant et les tôles plus fines qu’une feuille de Lotus confort font allégrement ressortir tous les bruits de roulage. Qu’ils soient mécaniques ou aérodynamiques. La Citroën nous fait vivre le brouhaha de la route comme on en a rarement l’occasion. Et ce n’est pas le bicylindre franchement rêche qui va venir arrondir les angles.

Finalement il ne faut compter que sur l’amortissement pour tempérer l’âpreté du trajet. Cela-dit, rien n’est gratuit, la contrepartie de ce confort de suspension c’est le comportement routier tout droit sorti d’un autre monde. A bord, ça plonge, ça pompe, ça tangue comme si chaque virage était une vague scélérate s’abattant sur nous. Pas de doutes c’est la carte d’identité de la 2CV et c’est renversant pour nos habitudes de conducteurs modernes.

Mais finalement comme me le rappel judicieusement Baptiste, tant qu’on tient la barre, une deuche ça passe partout et ça ne se retourne pas. Il a totalement raison, la vieille dame tient correctement le pavé, et ne se montre jamais malsaine ou fourbe. Il suffit juste de lui faire confiance et de brasser.

Ça du tour de volant pour en manger, j’en mange autant que je prends du roulis, et la direction n’est pas assistée ! Remarquez, le train avant n’est pas très chargé alors l’effort reste modéré. Une fois le mode d’emploi acquis et la godasse soudée dans le fond, bah ça se conduit tout seul et c’est vraiment marrant même si je ne roule pas vite. Par contre si j’ai le malheur de ne pas bien tenir le cap c’est la sentence du tout droit.

En parlant de vitesse, la boite au maniement « so Citroën » pourra être source d’appréhension pour les Néophytes mais finalement elle n’est pas très compliquée à utiliser. Tant mieux car le bicylindre aussi soyeux qu’un sac de graviers oblige à jouer avec. J’avoue même que, dans le feu de l’action, son maniement est plutôt cool. Si on apprend à bien décomposer et à garder un œil sur le marquage de point mort, elle peut se révéler suffisamment rapide avec des verrouillages très corrects. Cerise sur le gâteau, à l’instar des sportives classiques, la première est en « bas ».

L’embrayage centrifuge est quant à lui un peu rustre à dompter, et obtenir une belle conduite souple ne se fait pas en un claquement de doigts. En revanche être à l’arrêt en prise puis repartir juste sur l’accélérateur, ça fait partie des petits détails cools.

Trêve de plaisanteries et passons aux points noirs. Sur notre AZ-A du jour, hormis le freinage que je qualifierais d’époque, je n’en vois qu’un : le cruel manque de puissance. C’est évident une 2cv ce n’est pas faite pour taper du 400m au feu rouge, ou pour dégommer du Paris Marseille en 4 heures. Par contre 425 cm3 et 18 chevaux, dans la circulation moderne, c’est vraiment chaud. D’un côté cela fait le charme de la conduite et j’y reviendrais, mais de l’autre c’est extrêmement pénalisant. Tellement que cela cantonne cette ancienne grande voyageuse à un simple usage urbain ou de petite balade dominicale.

Heureusement les versions équipées du 602cm³ comme la rouge (spécial de 1985) que j’ai aussi pu essayer (pour voir l’évolution) corrigent ce défaut majeur et permettent d’envisager la deudeuche en daily ou au long court.

Sur la route : L’aventure à chaque coup de clé

Plus je roule, plus j’apprécie les charmes de la 2CV. D’un point de vue pragmatique il n’y a rien de transcendant. Mais dans ma tête c’est l’éveil total. Avec seulement 18 poneys sous le pied droit j’apprends à gérer le relief, prendre de l’élan, rétrograder, anticiper d’avantage, finalement la route devient un jeu.

Chaque montée, chaque virage se transforme en mini challenge avec toujours la même question : va-t-elle y arriver ? Parfois facilement, parfois péniblement, cette 2CV ne manque pas d’humour et s’implique autant que son conducteur. Ultra limitée dans ses performances elle me ramène directement à l’essentiel d’une conduite raboteuse mais vivante, instinctive et ultra ludique. Ça c’est une des clés du plaisir automobile.

À chaque fois que l’on met le contact c’est comme une nouvelle aventure qui démarre. On sait quand on part mais jamais quand on arrive. En revanche, ce qui est certain c’est qu’on réapprend à prendre le temps de rouler et qu’il y aura toujours une anecdote ou un pouce levé à la clé.

Dans un monde où il faut rallier les destinations toujours plus vite sans ne jamais ressentir quoi que ce soit, bah ça procure un sentiment de liberté des plus agréable. Peu à peu je commence à comprendre l’enthousiasme, l’œil pétillant et le bagou des propriétaires de 2CV. Mais je repense aussi aux grands périples qui ont marqués au fer rouge mes parents, mon oncle, et toute une génération de Français.

Fallait quand même faire preuve d’une sacrée ténacité pour descendre à Chamonix sans réel chauffage en hiver, à Menton sous le cagnard estival, ou pour se lancer dans un « tour de France » en deudeuche ! Tandis que notre balade dans le sud de l’Aube touche à sa fin et que la neige commence à tomber, la 2CV, son vacarme infernal, et sa frugalité m’ont bien poncé.

Même si je n’ai pas particulièrement envie que cela s’arrête, je me pose quand même une question : Comment ont-ils pu faire autant dans ces conditions ? Peut-être parce qu’à cette époque-là, ces personnes découvraient pour la première fois la liberté procurée par l’automobile et que c’était plus important que tout le reste. Ou peut-être que nous nous sommes empâtés au point de ne plus supporter grand choses.

Conclusion

Est-ce qu’il y a eu catharsis ? Je serais tenté de dire oui. La 2CV AZ-A m’a rappelé mes premiers tours de roues motorisés en Solex. Basique à souhait, déroutante, lente mais bon dieu quelle bouffée d’air frais ! Ironique pour une auto que j’ai toujours trouvé poussiéreuse !

À son bord, on est loin de tous les standards modernes mais tellement proche de l’essentiel. La 2CV nous apprend à revivre la route et à la partager avec nos hôtes tout en distillant des sensations réellement marquantes et cools. Au volant, ou en passager, elle nous fait revivre l’enthousiasme de la France qui réapprenait à se mouvoir durant les 30 glorieuses.

Cela dit tout n’est pas rose et les versions les plus modestement motorisées sont certes les plus authentiques, mais elles demeurent vraiment compliquées à utiliser dans le trafic moderne. Vous me direz à la fin des années 60 la 2CV était déjà à bout de souffle.

Personnellement si je devais vous conseiller une deudeuche se serait une spécial (ou équivalent) comme la rouge qui nous a suivi sur cet essai. Symbole du renouveau de la deuche elle vous offrira tout le charme de la petite Citroën mais à l’usage elle sera beaucoup plus polyvalente et douce à mener. Pour le reste je n’ai qu’une chose à vous dire : à défaut d’investir faites en au moins une fois l’expérience, le mythe n’est pas usurpé.

Les plusLes moins
ÉconomiquePerformances trop limitées en 2021
RobusteTrès, très, rugueuse à rouler
Machine à sensationsÉprouvante
Facilité de prise en main
Morceau d’histoire
Cote d’amour
Un art de vivre
CritèreNote
Budget Achat18/20
Entretien17/20
Fiabilité18/20
Qualité de fabrication5/20
Confort6/20
Polyvalence6/20
Image20/20
Plaisir de conduite15/20
Facilité de conduite17/20
Ergonomie18/20
Total14/20

Acheter une Citroën 2CV

Cette fois vous êtes convaincus, il vous faut une 2CV. Et bien pour commencer il va falloir en trouver une. Votre première désillusion ? Les tarifs. Evidemment, la 2CV fait partie de ces popu qui n’ont plus rien d’abordable. Alors attention ce n’est pas non plus démentiel mais il est concevable que mettre 6-7000€ dans un modèle équivalent à la bleue de notre essai puisse refroidir. De plus les cotes sont très variables. Mais sachez qu’il est coutume de devoir allonger un chèque à cinq chiffres pour un modèle prisé et en parfait état.

Une fois votre belle débusquée il faut aller la voir. Sur place prenez le temps de bien l’étudier, histoire de ne pas rentrer au volant d’une rave. Globalement c’est comme pour n’importe quelle auto ancienne : traquez la corrosion. Longerons, caisse, planchers, ancrages, entourages de vitres, charnière, etc… n’en loupez pas une miette car la rouille s’installe partout la faute à une protection et des évacuations mal étudiées. Si vous le pouvez n’hésitez pas à vous servir d’un cric pour vérifier la bonne liaison entre la caisse et le châssis, si ça bouge, ou gondole, fuyez.

Côté mécanique on n’est pas sur un V12 Ferrari, la 2cv c’est simple et costaud à condition qu’elle ait été respecté. Sur place c’est un peu la même rengaine, traquez les fuites, évaluez leurs gravités. Inspectez les durites, conduits de chauffage et les joints de cardans qui sont souvent endommagés. Pensez aussi à jeter un coup d’œil au pot d’échappement. Évidement écoutez le moteur tourner et regardez s’il y a la présence de fumée ou de bruits suspects. Une fois sur la route, faites de même tout en vérifiant le bon fonctionnement de la boite et des organes de direction.

Pour ce qui est de l’entretien courant, hormis l’accessibilité un peu galère, celui-ci est faisable soi-même. La vidange ainsi que le graissage de divers éléments (cardans, pivots, couteaux de suspension etc.…) sont à faire tous les 5000km, voir 3000 suivant la sévérité de votre usage. Tous les 10.000km c’est au tour des filtres et bougies ainsi que la vérification du point d’allumage.

Les culbuteurs sont quant à eux à régler tous les 20.000km en même temps que le remplacement du rupteur, condensateur d’allumage, courroie d’alternateur et cartouche de filtre à air. Pensez à vidanger la boite de vitesse tous les 40000km. Côté pièces peu de problèmes à signaler sur les disponibilités, cela dit elles peuvent vite représenter un certain budget.

Si vous avez des questions sur l’entretien n’hésitez pas à vous rendre sur les forums/groupes sur la toile, vous y trouverez des amateurs ravis de vous aider ainsi que de nombreuses réponses à vos questions. La 2CV est très bien référencée et nombreux sont ceux qui veillent à ce que les connaissances sur ce modèle perdurent ! Le mot de la fin pour la consommation, tablez entre 6 et 8 litres/100km.

Merci à Baptiste et son père pour le prêt de ces deux charmantes 2CV.

Si vous cherchez un 2CV, vous en trouverez une sélection sur Classic Numbers.

Fiche Technique de la Citroën 2CV AZ-A
MécaniquePerformances
Architecture2 Cylindres à platVmax95 km/h
Cylindrée425 cm³0 à 100 km/h​NC
Soupapes4400m daNC
Puissance Max18 ch à 5000 tr/min1000m daNC
Couple MaxNCPoids / Puissance27,5 kg/ch
Boîte de vitesse4 rapports manuelle

TransmissionTraction
ChâssisConso Mixte~ 7 L/100 km
Position MoteurLongitudinale avant

FreinageTambours AV ARCote 1966~ 5500 Frs
Dimensions Lxlxh378 x 148 x 160 cmCote 2021~ 6-7.000 €
Poids495 kg

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4 Commentaires

  1. Il est vraiment sympa cet article… et il est intéressant d’y lire les propos de quelqu’un qui partait avec un a priori assez négatif (et ça se comprend !).

    Après, c’est clair que le gros souci d’une 2CV en daily (et pour l’avoir fait, en ville), c’est le manque de puissance : alors que tout va de plus en plus vite, que les voies urbaines sont parfois devenues des « pistes rouges » qui s’entrelacent, ne pas avoir de relance franche peut être un problème, y compris en 602cm3 d’ailleurs… bref, ça se tente, ça se fait, mais on en sue joliment en tous cas !

    Quant à la question du prix aujourd’hui, comment dire… trouver aujourd’hui une 2CV à moins de 5000€ qui n’a pas de problèmes de Carte Grise ou un châssis à remplacer relève du chemin de croix… et les pièces peuvent être assez onéreuses tant les versions low cost sont aussi low use.

    Mais reste que cela signifie rouler dans une véritable icône populaire française, signifie profiter d’un découvrable, etc. bref, « ceci n’est pas (qu’)une voiture » ! 😉

  2. Je crois que l’amour de la Deuche, çà se raisonne pas…! J’ai une AZAM 67, même moteur que cette AZA. Sur l’autoroute (quand je ne peux pas l’éviter), je me mets à cheval sur la bande d’arrêt d’urgence et je serre les fesses.
    Savez-vous que ces deuches-là, quand elles avaient un plancher amovible et des ceintures de sécurité, elles étaient exonérées de vignette ? Oui, parce que, fiscalement, elles étaient considérées comme sacs à dos (une parmi les centaines de vannes qu’elles ont inspirées).

  3. C’est vraiment une voiture emblématique. Quel rêve de gosses de rouler dans une 2cv.
    Quand je vois le nombre de 2cv parti pour quelques euros. Et aujourd’hui c’est une vraie pépite d’or. Je remercie les jeunes et moins jeunes qui sont aujourd’hui la remise en état de ces belles voitures. Il faut beaucoup de motivation surtout quand on voit dans l’état qu’elles sont aujourd’hui https://www.restauration-2cv.fr/restauration-de-la-caisse-de-la-2cv6/
    Peu importe votre génération, vous vous retournerez si vous voyiez passer une 2cv.

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