Concepts et Études, ép. 20 : Peugeot Oxia, le Lion sort ses griffes

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Concepts et Études, ép. 20 : Peugeot Oxia, le Lion sort ses griffes
Pierre
Tombé dans la marmite automobile quand il était petit, il a rejoint l'équipe de News d'Anciennes en 2015. Expatrié en Angleterre depuis Mai 2016, il nous partage les évènements de là-bas. En dehors de ça, il partage une bonne partie de son temps sur la route entre une Opel Ascona et une Mazda RX-8.

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Parce que toutes les autos anciennes ne sont pas arrivées sur nos routes, on vous propose d’en découvrir régulièrement. Rendez-vous pour cela le 3e dimanche de chaque mois (les autres sont là). Aujourd’hui abordons la Peugeot Oxia.

Il est facile de reprendre le slogan de la marque sochalienne de l’époque, mais il faut bien l’avouer, avec l’Oxia, Peugeot n’a pas décidé de faire dans la dentelle.

Vers l’infini et au-delà

Il faut l’avouer, lorsque L’Oxia est présentée au Salon de Paris 1988, Peugeot est en pleine résurrection. Après les rachats coup sur coup de Citroën (1976) et Chrsyler Europe (1978), l’entreprise vacille au début des années 80. Et il faudra attendre l’arrivée de Jacques Calvet (et ses ouatures, comme lui avaient attribué les Guignols de l’Info) et la mise en production de la 205 et de la BX pour relancer le groupe.

La relance passe aussi par une série de prototypes, en 1984, Peugeot présente la Quasar (dont le nom vient d’un objet céleste particulièrement lumineux), basée sur la 205 Turbo 16. Deux ans plus tard, c’est au tour de la Proxima (dont le nom vient de Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche du ystème solaire) de faire son apparition. Enfin, en 1988, Peugeot termine sa “trilogie spatiale” avec l’Oxia.

Cette dernière tire son nom de la région d’Oxia Palus sur Mars, qui sert de point d’origine pour les mesures de latitude et de longitude sur la planète rouge. De là à dire que l’Oxia devait être le point de départ pour une aventure à toute autre échelle, il n’y a qu’un pas, que je franchirai allégrement.

Une véritable supercar tricolore

Même si associer une marque française à une voiture puissante capable d’aller tailler des croupières aux constructeurs allemands ou italiens en termes de performances et de finition semble aujourd’hui presque une gageure, à la fin des années 80, c’est moins vrai.

De plus avec son engagement en compétition, Peugeot est loin de faire de la figuration. La 205 T16 a écumé les rallyes en Groupe B, avant de s’attaquer aux rallye-raid, la 405 T16 a établi un nouveau record à Pikes Peak, les WM-Peugeot ont dépassé la barre des 350 km/h dans la ligne droite des Hunaudières au Mans… Bref, la marque est, incontestablement, un sérieux client, et l’Oxia en est le reflet.

C’est d’autant plus juste que l’Oxia, malgré son dessin dicté par les performances, n’en oublie pas la filiation avec les reste de la gamme. Gerard Welter a intégré à l’auto des détails communs à ses autres réalisations. Les feux arrière rappellent ceux de la 405, tandis que les optiques avant préfigurent celles de la 605, qui entrera en production l’année suivante.

Une fiche technique à faire bégayer la concurrence

Avec 8 millions de francs de budget de développement, rien n’a été laissé au hasard. Le châssis en aluminium est recouvert d’une carrosserie en carbone-Kevlar, comme une Ferrari F40 ! La voiture est également équipée d’un aileron arrière actif, asservi électriquement à la vitesse.

Le moteur, quant à lui, est… notre bon vieux PRV national. Cependant, c’est une version proche de celle utilisée par les WM, dégonflée à “seulement” 680 chevaux. Au programme, une cylindrée de 2850 cm³, 4 soupapes par cylindres, double arbre à cames en tête, gestion électronique séparée pour chaque bac de cylindres et deux turbos, on est loin de la version de série.

Côté transmission, la puissance est transmise via une boite 6 rapports à une transmission à 4 roues motrices (25% vers l’avant, 75% vers l’arrière) et directrices. Chaque essieu incorpore un différentiel à glissement limité piloté électroniquement. L’ensemble à de quoi faire rougir la Nissan MID4, dont nous avons déjà parlé.

La suspension reste relativement classique, avec des triangles superposés aux quatre coins, associés à des combinés ressort/amortisseur. Elle reste toutefois la garante d’une grande efficacité en terme de liaisons au sol.

Une technologie pour la vie à bord également

L’avalanche de technologie ne s’arrête pas là, bien au contraire. Dans l’habitacle, c’est Byzance ! Ordinateur de bord avec écran LCD et lecteur de disquette 5″1/4 intégrés à la console centrale, avec une trackball dans l’accoudoir central pour en faciliter la prise en main. Aujourd’hui ça fait sourire, mais, pour l’époque, ce genre d’installation n’était même pas courante en usage domestique, alors dans une voiture… L’ordinateur intégrait d’ailleurs un embryon de système de navigation.

De même l’Oxia était équipée d’un système Hi-Fi Pioneer CD (alors que le lecteur cassette était encore une option pour les voitures de grande série) et d’un téléphone.

Malgré cette avalanche d’éléments nouveaux (pour l’époque), Paul Bracq a réussi à dessiner un habitacle parfaitement opérationnel.

Plus impressionnant encore, même vu de 2021, les panneaux solaires intégrés dans la baie de pare-brise (héritage de Proxima) permettent d’alimenter la ventilation et la climatisation, même lorsque le moteur est coupé.

L’ultime frontière

Avec tout ça, l’Oxia offre de sérieux arguments. Peugeot annonce une vitesse de pointe de 300 km/h, soit à peine moins qu’une Ferrari F40 ou une Porsche 959, pourtant moins puissantes.

Il s’avère que la firme de Sochaux l’a joué petit bras. Lors des essais de présentation, la voiture conduite par le pilote essayeur de Michelin atteindra 349 km/h…. Il faudra attendre la McLaren F1 pour qu’une supercar aille plus vite !

Malheureusement, la fin des années 80 sonne aussi la fin des golden boys, les États-Unis et le Japon entrent en récession en 1989 et 1990 respectivement. Il devient impossible d’envisager une éventuelle mise en production de l’Oxia, qui se paie le luxe d’entrer en conflit direct avec l’approche très pragmatique de la direction de l’entreprise.

L’Oxia de nos jours

Peugeot a produit deux Oxia. L’une d’entre elles est toujours visible au Musée de l’Aventure Peugeot. La seconde a été vendue lors d’une vente aux enchères en 2009. Elle est partie vers les États-Unis où il semble qu’elle soit restée depuis.

Crédits photo : Peugeot, News d’Anciennes

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