Rassemblement du Siècle

Rassemblement du Siècle : Citroën a frappé fort à la Ferté Vidame

Oui, c’était bien ce week-end. Normalement vous aviez entendu parler à l’avance. Si vous habitez le Perche, la concentration de deuches, DS et Traction sur les routes vous aura mis la puce à l’oreille. Le Rassemblement du Siècle a été remarqué… et il a été remarquable. On vous propose d’en faire le tour.

Arriver à l’entrée, ça se mérite !

Après avoir commencé à croiser des Citroën dans tous les sens sur la N12 puis sur les axes menant à la Ferté Vidame, nous voilà… bloqués. Nous sommes Samedi, il est 10h15 et on se croirait place de l’Étoile à 19h… Rien n’avance. En fait peu d’axes convergent vers les lieux. Et comme les visiteurs n’entrent pas par les mêmes accès que les collectionneurs inscrits, ça se croise sur de minuscules routes dans un joyeux bazar.

Du coup, tant qu’on a encore un poil de réseau, c’est l’occasion de se renseigner sur les lieux. La Château de la Ferté Vidame a eu de gros problèmes aux XVIIIe. Vendu à un entrepreneur qui disperse ses matériaux pour les revendre, il connaît une histoire à rebondissement. La famille d’Orléans essayera bien de lui redonner de sa superbe mais il ne pourra que restaurer le “Petit Château” (les dépendances). Le château de la Ferté Vidame a cependant un gros atout : son immense parc. Il est utilisé pour des fêtes de l’aviation et des courses hippiques dans les années 20 et 30.

Citroën rachète les lieux au début des années 30… juste avant la faillite. Ce sont donc les chevrons sauce Michelin qui transformeront les bois en un centre d’essai toujours très utilisé par le groupe PSA. Le château, lui, n’a pas bougé et sera donc le décor de ce Rassemblement du Siècle, cinq ans après avoir accueilli les 80 ans de la Traction.

4600 autos pour le Rassemblement du Siècle

Après les embouteillages, nous voilà arrivés. Commençons par faire le tour des immenses aires réservées aux collectionneurs.

Les Traction se taillent la part du Lion

Impressionnant. Dans l’immense parc à l’ouest du château, on rentre pour se prendre une vague noire dans la figure. Les Traction sont bien présentes et elles ont un des meilleurs emplacements de ce Rassemblement du Siècle.

Citroën a eu la bonne idée de “ranger” proprement les autos. Plus on se rapproche du château, plus les Trac’ sont anciennes. Alors qu’au bout on trouve surtout du noir et au final assez peu de modèles différents (hormis quelques autos affichant fièrement les périples qu’elles ont couvert), on retrouve près du château des pare-chocs différents, des 7 également, des couleurs qui varient plus, et même une belle quantité de vrais et faux cabriolets (on ne parle pas de leur authenticité, mais bien de leur désignation commerciale de l’époque).

Un horizon de DS au Rassemblement du Siècle

Elles ne sont pas dans l’axe du château mais l’allée qui les sépare des Traction permet de dominer le champ de bataille. Je n’ai JAMAIS vu autant de Citroën DS et ID réunies au même endroit. L’horizon est tout bonnement impressionnant et il sera bien compliqué de compter les autos.

Comme pour leurs devancières, plus les autos sont à l’est, plus elles sont anciennes. L’avantage c’est que la large gamme des DS et ID fait qu’on retrouve des beautés dans toutes les travées. Les breaks sont autant de sortie que les 23 ie, les ID et DSuper sont là également.
Proche de la tente Aguttes, on en reparle plus bas, on retrouve les carrosseries spéciales, Coupés et Cabriolet Chapron (et usine) en tête.

Les “propulsion” ne font pas de la figuration

La crainte de certains était que les autos représentant vraiment les débuts de l’histoire de la marque n’aient pas fait le déplacement. Au final celles que les puristes appellent globalement les “propulsions”, sont bien représentées. Alors évidemment on ne parle pas ici de centaines d’autos. Mais elles sont suffisamment représentées pour qu’on ne les oublie pas.

SM, CX et récentes excentrées

Il fallait chercher un peu pour les voir En effet il fallait tout le parc pour caser autant d’autos et certaines sont devant le château, côté est donc. Au premier rang on retrouve Sa Majesté SM. Étonnant de voir le nombre de 6 cylindres rassemblés. Étonnant aussi de voir les versions. Quelques américaines sont de la partie, des versions préparées aussi. On retrouve également une Opéra ! En tout cas, s’il n’est pas aussi grand que celui des Traction ou DS, le nombre de SM fait plaisir à voir.

Ensuite on remonte vers notre époque en découvrant les travées adjacentes. On passe à la CX, là aussi représentées par toutes les versions, des 2.5 diesel aux GTI, du break au Tissier.

Suivent vraiment les plus récentes. Le Rassemblement du Siècle c’est toutes l’histoire de la marque et il faut que tous les modèles soient représentés. Ainsi on passe en revue les XM, les Xantia, quelques Xsara et pour terminer les C5 phase I et II, mais surtout un impressionnant regroupement de C6.

Byclindres sous les arbres

Pour retrouver les deuches, c’est à l’extérieur. Et ce qu’il faut noter c’est que ces populaires sont accessibles sans avoir besoin de s’acquitter des 12€ de l’entrée. Deux plans d’eaux sont en effet séparés du parc principal par les grilles et la route. Autour de ces plans d’eaux, des allées ombragées envahies par les bicylindres.

Les premières auto que l’on voit sont des autos… qu’on a déjà essayé il n’y a pas si longtemps. Les Dyane dans un premier temps (à revoir par là) et les Ami (à revoir ici). Evidemment la variété est ici amenée par les couleurs de carrosseries (pas tant pour les Dyane d’ailleurs) mais aussi et surtout par les états des voitures. Du jus d’époque au bel état en passant par la restau concours, on trouve de tout.

Ensuite on retrouve un impressionnant alignement de deuches. On parle ici des dernières versions de la voiture, avec 602, et des couleurs très variées. On peut détailler les différences entre les autos tranquillement car au final la grande foule n’est pas ici.

Étonnamment les Méhari sont bien peu nombreuses. On enchaîne donc direct avec deuches les plus anciennes. Les pré-6 sont rassemblées ensemble et à part… dommage qu’elles n’aient pas été avec les autres deuche, là elles semblent relativement peu nombreuses. On note aussi la présence d’une rare Dagonet.

On oublie personne au Rassemblement du Siècle

Entre les deux travées, le long d’une route on retrouve… toutes celles dont on a pas encore parlé. Et il y en a ! On commence par le bout avec de beaux camions. Les Type H et 23 sont mélangées et font ressortir les belles peintures de leurs carrosseries. En face on retrouve des Xsara musclées, et un regroupement de sport avec notamment une MEP, un étrange proto et une BX 4 TC !

En redescendant vers le château, justement, on en voit des BX. Mais aussi des GS, nombreuses, des LN, un peu moins, des AX… bref là on rassemble les oubliées de l’histoire Citroën. Celles qui ne sont que trop peu mises en avant par les grandes expos. Pourtant elles sont toutes aussi adorées, il suffit de voir l’état concours de certaines pour s’en convaincre !

La vente Aguttes et ses trésors

Une fois qu’on a fait le tour de toutes ces autos, direction l’espace réservé à la vente Aguttes. En attendant les résultats, si vous voulez quelques infos sur les autos exposées, je vous renvoie à cet article.

La vente du siècle présente en effet quelques beaux spécimens. Celle dont on est la plus fière est bien mise en avant. C’est un faux-cabriolet 7C en superbe état. Déjà c’est remarquable. Et en plus il est venu au Rassemblement du Siècle… par la route depuis la Suède !

On vous tiendra vite au courant des résultats de la vente.

Citroën avait sorti ses joyaux

Forcément Citroën ne pouvait pas laisser à ses propriétaires le soin de construire l’exposition. Du coup on trouvait un bel espace du côté du chapiteau officiel. Si celui-ci abritait surtout deux concept cars, une rétrospective de modèles de route et de compétition de la marque côtoyait la gamme actuelle sur le côté du château. Une belle expo dont la scénographie rappelait celle de Rétromobile, mais en bien plus grand.

Près de l’espace partenaire on retrouvait ensuite trois chapiteaux avec des autos notables. Le premier abritait un hélicoptère équipé du birotor. Dans le second et la première partie du troisième ce sont des prototypes qui sont exposés, mais aussi quelques pièces intrigantes comme ce tracteur ou cette moto à moteur GS.

Enfin, quatre autos focalisaient l’attention des visiteurs. Ce sont les autos présidentielles, des 15-6 carrossées par Franay et Chapron, mais aussi l’impressionnante DS !

Partenaires et vendeurs ont répondu à l’appel

À côté de ces chapiteaux on retrouvait les tentes accueillant les partenaires de l’événement, notamment le camion Total qui sera un bel abri au moment des quelques averses qui émailleront l’après-midi. Mais surtout on retrouvait ici la DS de présentation du salon 1968, celle qui montrait l’intérieur en enlevant les portières gauches, et les phares directionnels. Un bon spot photo.