Grand Prix Rétro d’Yvois 2019 : Un mélange de charme et d’authenticité dans les rues de Carignan

Il y a dix jours avait lieu la 13e édition du Grand Prix Rétro d’Yvois. Pour la première fois nous y étions et il faut admettre que nous avons passé un excellent moment.

Juin 2018 : En tant que webmaster du site internet de l’Écurie Lorraine Historique, je reçois un email de la part président du club avec quelques photos de l’édition 2018 du Grand Prix Rétro d’Yvois. En effet, François, un membre du club y a participé pour la troisième fois avec sa MG TC. Je découvre un événement dont j’ignorais l’existence, et pour lequel j’ai directement eu un coup de cœur ! RDV est pris en 2019.

Manque de chance pour moi, suite aux élections européennes, l’événement est finalement avancé d’une semaine et tombe en même temps que Spa Classic. Comme prévu j’irai à Spa du vendredi au dimanche et j’aviserai le dimanche matin… Carignan étant plus ou moins sur la route entre Spa et Metz.

Le dimanche matin au réveil à Spa, trois solutions s’offrent à moi :

– Passer une troisième journée à Spa Classic
– Rentrer chez moi
– Faire les 130km qui me séparent de Carignan pour aller voir le Grand Prix d’Yvois

Vous l’aurez deviné, malgré la pluie, c’est pour la troisième option que j’ai opté.

Le Grand Prix Rétro d’Yvois : un événement sur 2 jours

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais vous présenter l’événement. Le Grand Prix d’Yvois, c’est une manifestation de voitures, motos et vélos anciens, réservée aux véhicules fabriqués avant 1940, avec une extension jusqu’à 1949 pour les véhicules, dont la conception date d’avant 1940 et qui étaient encore fabriqués jusqu’en 1949.

Concernant le déroulement de cette manifestation, il s’effectue sur deux jours. Un rallye touristique d’environ 150km a lieu dans la région le samedi. Le dimanche un parcours fermé est dessiné dans le centre ville de Carignan pour une démonstration. Un événement qui ressemble en fait au Grand Prix Rétro du Puy Notre Dame (à découvrir ici), au Grand Prix Historique de Bressuire ou à un Vintage Revival qui ne se déroulerait pas à Montlhéry (c’est par là).

Pour ma part, j’ai simplement pu assister aux démonstrations du dimanche, mais comme vous allez vous en rendre compte, ça vaut vraiment le détour.

Un parcours atypique au centre de la ville

À mon arrivée, ce sont les Cyclecars et les Tricyclecars qui sont en “piste”. Le cadre et l’ambiance sont justes incroyables. Comme à l’époque, des bottes de paille font offices de délimitation entre les voitures et le public, ce qui confère à l’événement une saveur particulière. On a l’impression d’être projeté un siècle en arrière, à la grande époque des Varzi, Nuvolari, Caracciola, Rosemeyer…

Le temps de prendre mes marques et c’est terminé pour cette première catégorie. La safety car local est de passage afin de vérifier qu’il y a plus de voitures présentes sur le circuit. Et l’autorisation est donnée aux spectateurs et aux riverains de traverser la route si ils le souhaitent. Une Safety Car dont le pilote et le copilote n’hésitent pas à donner de la voix si besoin grâce à leur équipement dernier cri.

Vous l’aurez compris, ici on se prend (trop) pas au sérieux ! Et c’est justement ce qui fait le charme de cet événement… On aura l’occasion d’y revenir un peu plus tard dans cet article, parce que c’est maintenant l’heure de la catégorie Grand Sport. Il s’agit des voitures les plus sportives. Malheureusement pour eux, la pluie s’intensifie quelques minutes avant leur apparition.

Des voitures, mais aussi des Side Cars et des Motos au Grand Prix Rétro d’Yvois

Outre les voitures, c’était également l’occasion de voir des side cars et des motos. Par mesure de sécurité, les deux catégories n’étaient pas mélangées.

Certains pilotes avaient joué le jeu avec des tenues et des casques d’époque, d’autres ont préféré jouer la sûreté. Vu les conditions météorologiques, on ne leur en voudra pas, même si pour les photos c’est un peu anachronique. En tout cas, ils ont fait preuve de beaucoup de courage lorsqu’on sait à quel point ses motos d’époques sont dangereuses dans ces conditions piégeuses.

Pause déjeuner et passage par les paddocks

Après avoir été gentiment convié par les organisateurs à déjeuner avec l’ensemble des participants, je me suis dirigé vers les paddocks afin de prendre quelques photos des véhicules à l’arrêt. Ces voitures et motos, véritables machines à remonter le temps, sont une véritable aubaine à photographier. Chacune d’elles possédant des détails qui méritent de s’y attarder. Je vous laisse d’ailleurs admirer la magnifique BMW 326 cabriolet de 1937.

Une deuxième manche partiellement sur le sec

À peine mon passage par le paddock terminé, que les participants de la catégorie Classic entrent déjà en piste. Il s’agit d’une catégorie peu impressionnante, puisqu’elle s’adresse à des voitures non sportives, même si ça reste un véritable plaisir de les voir rouler.

Une fois la démonstration terminée, puisque je vous rappelle que ça n’est pas une course, direction la “pré-grille” afin de photographier les CycleCars / Tricyclecars. Pour certain, c’est démarrage à la manivelle… un système archaïque, mais toujours aussi efficace. On est loin des boutons “Start” qu’on retrouve actuellement dans nos autos. Ces voitures sont vivantes et c’est justement ce qui fait leur charme.

D’ailleurs à toutes les personnes qui frôlent l’infarctus lorsqu’ils voient une goutte d’huile sous leur voiture, non ces voitures ne sont pas faites pour vous. Ces voitures sont vivantes, et ce, dans tous les sens du terme. Elles font du bruit, elles fuient, elles fument, elles sentent bon la mécanique, elles vibrent, et c’est justement pour ça, et comme ça qu’on les aime.

En piste des MG J2, Austin Seven, Amilcar CGSS mais également une sublime Delage DR70 qu’on retrouvera à la fin de cet article.

Place aux Sportives au Grand Prix Rétro d’Yvois

C’est maintenant au tour des sportives de se préparer à prendre la piste pour la seconde fois de la journée. Les regards des pilotes sont braqués sur les différents compteurs de leurs autos. En effet sur ces voitures qui ont presque 100 ans, il faut impérativement surveiller les pressions et les températures. Les coups de gaz successifs des heureux propriétaires, laissent transparaître leur envie d’entrer en piste !

C’est maintenant parti ! Les pilotes font le spectacle, et à chacun de ses passages, celui de la Bugatti est acclamé. Il faut avouer qu’il a un rythme relativement élevé pour le plus grand plaisir d’un public venu malheureusement peu nombreux. Aucun doute que les conditions météo en ont rebuté plus d’un. Idem du coté des participants, moins nombreux que les années précédentes, d’après les dires des commissaires de piste. Malgré tout, les terrasses des différents commerces locaux sont occupées par des riverains ravis par cette animation.

Malheureusement c’est pas le cas de tous… j’ai croisé quelques riverains excédés par cette manifestation, se plaignant du bruit, de l’odeur, et des différentes contraintes liées à la fermeture des rues de la ville. J’ai même assisté à une scène surréaliste, lorsqu’un riverain très menaçant verbalement, a failli en venir aux mains avec un commissaire. Ces scènes qui nous rappellent à quel point la France est un pays “autophobe”. Assez paradoxal lorsqu’on sait que le mouvement des gilets jaunes a trouvé sa source suite aux réformes liées à l’automobile ! Bref revenons à ce super événement !

Outre la Bugatti 35, il y a également quelques Riley, des Alvis, Salmson, mais aussi une Lea-Francis, marque anglaise dont j’ignorais l’existence. Après quelques recherches, il s’avère que cette marque a fourni en moteur, l’écurie Connaught en Formule 1 entre 1952 et 1954.

Retour des motos, des side Cars mais aussi des vélos !

On retrouve maintenant les Side Cars et les motos. La pluie a cessé sur Carignan mais la piste reste relativement humide. Avec les trottoirs et les bandes blanches, la prudence est de mise.

Les amoureux de moto auront certainement reconnu les modèles présents en piste. De mon coté, je dois avouer que j’ai du m’aider du programme. Même si j’ai beaucoup d’admiration pour ces modèles, mes connaissances sont très limitées. Norton, Monet Goyon, Gillet Herstal, Motobecane, Terrot, Matchless, Sarola voilà quelques marques présentes ce week end.

Dire que j’ai failli oublier de vous parler des vélos ! Et oui, le Grand Prix Rétro d’Yvois à Carignan, c’est aussi des vélos. Vélos d’époques bien entendu. Comme vous vous en doutez, ils n’ont pas participé au rallye touristique de la veille ! Quoique, ce serait peut être une idée à souffler aux oreilles des organisateurs… Plaisanterie mis à part, ce fut un moment particulier avec un Norda 1910, un Louvet 1913, un Standard 1919…

Chose promise, chose due, revoici cette sublime Delage DR70 de 1929. Équipée d’un 6 cylindres de 2.5l, la DR70 développe 45 Cv à 3600 tr/mn pour une Vmax de 100 km/h. Je vous laisse admirer le soin avec lequel ces voitures étaient fabriquées.

Une place animée !

Un petit passage par les différents stands sur la place de l’église. Stands où on peut se restaurer, écouter un orchestre jouer, mais où l’on peut également acheter des produits dérivés. Passage suivi par un dernier détour par les paddocks, et il est l’heure pour moi de reprendre la route direction Metz après un week end de trois jours bien chargé.

Avec le Grand Prix de Monaco Historique et les Mille Miglia, il y a fort à parier que je ne pourrai pas me rendre au Grand Prix Rétro d’Yvois en 2020. Mais rendez vous est pris en 2021 avec pourquoi pas un suivi sur deux jours cette fois, avec le rallye le samedi et les démonstrations le dimanche. Et puis pourquoi pas se prendre à rêver d’y participer un jour ? Comme disait, Eugène Marbeau dans Les remarques et pensées (1901) , ” Le rêve est l’espérance de ce que la raison n’ose espérer”.

Pour conclure cette journée fantastique, je vais m’adresser à cette poignée de riverains qui voient cet événement d’un mauvais œil. Ces voitures font parties intégrantes de notre patrimoine, et grâce à l’engagement de plusieurs dizaines de bénévoles, votre petite ville de Carignan contribue à sa sauvegarde et à sa mise en valeur. Ces voitures, symbole de liberté et de progrès au début du siècle dernier, embellissent votre ville le temps d’un week end. Alors ouvrez vos fenêtres en grand, et appréciez !

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Cédric
Rédacteur & Photographe à News D'anciennes
Passionné par la course automobile et par son histoire depuis son plus jeune âge, c'est au début de l'année 2016 qu'il a rejoint l'équipe News d'Anciennes.
Amoureux des voitures italiennes et plus particulièrement des Ferrari, c'est pourtant au volant d'une Porsche 944S2 Cabriolet qu'il parcourt les routes du Grand Est le week end.

5 commentaires sur “Grand Prix Rétro d’Yvois 2019 : Un mélange de charme et d’authenticité dans les rues de Carignan”

  1. C’est très dommage qu’il n’y ait pas de rappel du type de véhicule sur la photographies. Ce type pourrait apparaître, par exemple, lors d’un clic droit sur la photographie. On a pas toujours, ni même souvent, les connaissances nécessaires pour toutes ces identifications.
    Merci en tout cas pour vos nombreuses publications.

    1. Bonjour Michel,

      J’ai bien pris note de votre remarque et j’en ai conscience. Le soucis pour cet événement, c’est qu’il y a pas de numéro sur les voitures. Il y a certes un programme avec la liste des voitures inscrites, mais sans numéro difficile de les assimiler. Surtout que mes connaissances concernant les voitures d’avant guerre sont relativement limitées. Si vous souhaitez une copie du programme, n’hésitez pas. Cédric

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