Rallye Historique du Poitou 2018

Rallye Historique du Poitou 2018 : 60 autos sous la pluie poitevine…

Les rallyes en anciennes représentent un corpus d’événements quasiment infini. Il est rare de trouver un département qui n’en a pas au moins 1 à proposer. Ce week-end, c’est à Chasseneuil du Poitou (vous savez, le Futuroscope) que je participais, côté Organisation, au Rallye Historique du Poitou 2018 : je vous propose de venir découvrir le schéma type d’un week-end de rallye.

Samedi matin : rendez-vous, vérifications et mise en parc

A l’inverse de la Route des Châteaux que j’ai l’honneur d’organiser et que Fabien vous avait présentée (article à retrouver ici), le “RHP” s’organise sur 2 jours. Le samedi matin est traditionnellement une période très administrative : c’est l’heure des vérifications administratives et techniques.

Les vérifications administratives, c’est contrôler que l’équipage (pilote, navigateur et auto) est apte à prendre le départ : contrôle technique, certificat d’immatriculation, carte verte, permis de conduire… c’est aussi l’occasion de retrouver les têtes connues, rencontrer les nouveaux venus, c’est un moment généralement assez convivial. Ici, c’est dans le Hall de la Salle de la Quintaine que ça se passe, avec café pour tout le monde notamment…

Une fois ce premier sésame en poche, l’équipage prend la direction des vérifications techniques. Cette fois, on vérifie que l’auto est conforme aux Règles Techniques et de Sécurité émises par la FFSA. Le Commissaire Technique va ici vérifier quelques points majeurs : le bon fonctionnement de tout le système d’éclairage, la présence des gilets et triangles et la présence d’un extincteur valide. C’est un étape souvent purement formelle : les équipages prennent soin de leurs autos, ont lu le règlement, il n’y a donc pas de raison que cela coince. On pose les plaques, les panneaux de porte et “en voiture Simone” !

Ce dernier sésame obtenu, il ne reste plus aux autos qu’à rejoindre le Parc de la Ribaudière où les autos stationneront jusqu’au départ. A l’inverse des rallyes dits “sur route fermée” (on vous présente la nomenclature ici), le parc du Rallye Historique du Poitou 2018 n’est pas un parc fermé : les équipages ont toujours accès à la voiture si besoin. Il est maintenant l’heure de passer aux choses sérieuses.

Samedi midi : repas, briefing et départs

Toutes ces étapes passées, les autos sont officiellement autorisées au départ. Les équipages peuvent donc aller se restaurer (grâce aux bons soins apportés par le Restaurant de la Gare) à la Salle dans l’attente du briefing. Je n’étais pas présent au briefing puisque chargé de mettre en place les bénévoles sur le parcours, mais je peux vous en expliquer le fonctionnement général.

Traditionnellement, le briefing se découpe en 3 grandes parties. La première, ce sont les consignes générales d’organisation : le représentant de l’équipe d’organisation va expliquer aux équipages comment se déroulera le rallye, que ce soit en termes d’horaires que de découpage des étapes… La deuxième partie est le rappel des règles de sécurité : elles sont délivrées par le Directeur de Course qui va insister sur la nécessité d’un bon comportement des équipages. En effet, nos événements se déroulant sur routes ouvertes à la circulation, nous sommes extrêmement surveillés : il nous faut donc être irréprochables. Enfin, ce sont les consignes plus précises sur le parcours qui sont délivrées : esthétique des panneaux de contrôle de passage, derniers rappels sur les modes de navigation, etc.

Il est maintenant l’heure de prendre le départ…

Samedi après-midi : premières difficultés

Les équipages du Rallye Historique du Poitou 2018 prennent le départ de minute en minute, road-book en main. Après une courte zone de liaison, ils rejoignent le départ du premier Secteur de Régularité du week-end : tout au long de ce SR, ils seront surveillés par 3 points de contrôle qui relèveront tout écart de temps entre l’heure de passage idéale et l’heure de passage réelle.

Sur ce RHP comme sur un nombre croissant de rallye de carto’régul, les moyennes ne sont pas indiquées : les équipages régulent à partir d’une table de temps qui leur indiquent leur temps de passage tous les 100, 200 ou 250m. L’intérêt de ce système est qu’il rend inefficace tout cadenceur : seule la maîtrise de l’odomètre et du chronomètre permettront d’en sortir la tête haute.

Une fois ce SR terminé, on en revient à de la navigation. Fléché allemand, chaîne d’arpenteur, fléché métré… sont autant d’instruments utilisés par l’Organisateur. Rien de très compliqué sur le papier, mais le plus dur est de faire coller le support papier avec la réalité du terrain.

La traversée des petits villages, tous plus charmants les uns que les autres, donne du fil à retordre. Et c’est bien l’une des principales difficultés du métier de “traceur de rallye” : trouver la bonne difficulté. En effet, créer des catégories intermédiaires ne suffit aujourd’hui plus : les équipages sont de plus en plus aguerris et affinés, il faut donc réussir à les contenter et à les discriminer (au classement) sans pour autant dégoûter les équipages qui sont moins affûtés.

Les modes de navigation s’enchaînent, se multiplient (ce rallye étant notamment réputé pour sa variété de modes de navigation)… les kilomètres se suivent et ne se ressemblent pas. Puis arrive la pause. C’est la Commune de Couhé qui accueillait cette année la pause intermédiaire de ce RHP. Aux pieds des remparts de la ville et sous ses vieilles Halles, les équipages ont pu souffler quelques minutes et grignoter quelques produits locaux et régionaux : jus de fruits divers et variés, fromage de chèvre local… le tout sous la houlette des bénévoles de l’ASA Poitou et de sa Section VH. Mais il faut repartir et reprendre la route jusqu’au repas du soir qui aura lieu à la Villedieu-du-Clain. Le tout sous les premières gouttes de pluie…

Saturday Night Rain-er : naviging in the rain

Une fois cette pause repas opérée, la nuit est tombée, on s’apprête à repartir pour une autre boucle du Rallye Historique du Poitou 2018. Mais la pluie est de la partie, on remet donc les toits et capotes en place pour ceux qui aiment rouler cheveux au vent. Certains re-règlent leurs phares additionnels, d’autres nettoient les pare-brises, tous se préparent : ils partent pour 2h de route avec 1 SR notamment.

Pour Philippe (dit Raoul l’Ecossais au sein du Club Caterham France dont il est vice-Président), mon navigo du jour, et moi-même c’est sur un Contrôle de Passage Humain que nous nous installons : notre rôle est de contrôle le passage des équipages (ne me remerciez pas pour cette explication) mais surtout de vérifier qu’ils passent dans le bon ordre et dans le bon sens. Petite anecdote, c’est aux côtés de Philippe que j’avais pris part en qualité de navigo à mon premier RHP, c’était il y a 4 ans…

A l’issue de ces dernières étapes du jour, les équipages rejoignent la Salle de la Quintaine pour la traditionnelle tarte aux pommes. Les plus connaisseurs d’entre nous auront remarqué le sympathique clin d’oeil au Monte Carlo (qu’il soit historique ou non) : la tarte aux pommes clotûrant traditionnellement l’étape de nuit.

Dimanche matin : dernière ligne droite, les classements se profilent

Dernière ligne droite du Rallye Historique du Poitou 2018, la matinée de dimanche. Lors des premiers épluchages des résultats le samedi soir, on découvre de très faibles écarts entre les équipages, la bataille pour le podium s’annonce rude ce dimanche matin.

Et elle l’a été ! Des villages comme Cheneché ou Les Courances auront mis les nerfs des leaders à rude épreuve et auront boosté les challengers à les pousser à la roue. D’ailleurs comment se contruisent les classements sur ce type de rallye ?

Il y a 3 postes menant à faire évoluer les points d’un équipage. Les premiers sont les SR. Dans les secteurs de régularité, chaque seconde d’écart avec le temps idéal de passage est sanctionné : si la sanction est de +1 point / 1 seconde, alors un équipage qui aura 10 secondes de retard recevra 10 points de pénalité.

Ensuite, ce sont les contrôles de passage : ils peuvent sous présenter sous la forme d’une lettre sur un panneau, d’un coup de tampon apposé sur le carnet de bord (comme Philippe et moi dans la nuit)… chaque erreur coûtera +300 points, soit qu’il manque un CP, soit qu’il y en a 1 en trop, soit qu’ils ne soient pas passés dans le bon ordre… bref, tout ce qui permet de savoir que l’équipage n’a pas suivi le bon itinéraire.

Enfin, les contrôles horaires. Ils ont pour rôle de marquer l’heure d’arrivée d’un équipage à la fin d’une étape. Chaque minute d’avance ou de retard coutera un certain nombre de points.

Ce sont toutes ces réjouissances qui permettent à l’issue du rallye de savoir qui a reçu le moins de points de pénalités. Reste une étape d’importance, le coefficient. Au Rallye Historique du Poitou 2018, comme dans tous les rallyes du Trophée Classic Centre Ouest, et bien d’autres d’ailleurs, nous essayons autant que faire se peut de favoriser les autos les plus anciennes : s’applique donc un coefficient d’ancienneté qui viendra limiter les points de pénalités des autos les plus anciennes (une auto de 1962 verra son nombre de points multiplié par 1,62 tandis qu’une de 2002 se verra appliqué un coefficient de 2,02).

Et alors, côté classements ?

Catégorie EXPERTS

Première place du Rallye Historique du Poitou 2018 : Patrick MARI – Yann VIOLLE, Lancia Bêta Monte Carlo de 1972

Deuxième place : Francis PLANCHE – Catherine NOGIER, MG BGT de 1974

Troisième place : Vianney DESCHATRETTE – Fabien JANVIER, Peugeot 205 de 1990

Catégorie INITIATION

Première place : Julien SEGRET – Anaïs SEGRET, Renault Clio 3RS de 2007

Deuxième place : Teddy BIRE – Betty TAINON, BMW Z3 de 1996

Troisième place : Sandrine BATS – Margaux BATS, Citroën 2CV6-PO de 1976

Et le plateau alors ?

Quand on a 60 équipages au départ, on peut en plus se payer le luxe d’avoir une vraie diversité d’autos. Et quelques coups de cœur en ressortent de ce Rallye Historique du Poitou 2018.

Mon premier coup de coeur, c’est la 2CV Hoffman, forcément. Cela dit, j’y ai une relation assez ambivalente : je ne suis pas fan des kit sur 2CV en général. Après, je trouve qu’il aboutit assez bien ce qu’aurait pu être la 2CV… mais cela reste un concurrent du kit français Azelle donc bon…

Second coup de coeur, l’Aronde. A première vue, rien ne la destine aux rallyes, donc comme tout bon vilain petit canard, j’adore ! En plus, cette version est assez rare donc 100% coup de coeur pour moi !

Enfin, purement subjectif à nouveau, la Visa Chrono. Déjà parce que #CitroënPower mais surtout parce que j’adore cette livrée et qu’elle l’histoire sportive de Citroën puisque partie intégrante de la gamme “homologation Gr B” (avec ses cousines Mille Pistes et Trophée). De plus, celle-ci fait partie de la première série, l’une des 1000 originelles ! Après, il y a aussi que l’équipage est super sympa, mais leur dites pas sinon je vous dis pas le melon…

Les équipages, malgré s’être parfois arraché les cheveux, ont eu l’air de ressortir assez satisfaits de ce week-end.

Jolie consécration pour l’Organisateur du Rallye Historique du Poitou 2018: ce collègue organisateur (Patrice GACON de la Râleurs Racing Team, pour ne pas le citer) qui, jouant les copilotes ce week-end là, fait faire à la salle une véritable standing ovation pour féliciter ceux qui œuvrent tout au long de l’année pour faire vivre un tel événement. C’est sa marque de fabrique et permet de savoir si un rallye lui a plu ou non…

Merci à toute l’équipe d’organisation que j’ai eu un grand plaisir à appuyer et avec laquelle je roule tout au long de l’année, et merci à Cindel et Sylvain, les talentueux Motorspixels, qui m’ont autorisé à utiliser leurs clichés pour cet article.

Vous pourrez retrouver le détail des résultats du Rallye Historique du Poitou 2018 en cliquant ici.

Et vous pourrez retrouver l’ensemble des photos (celles-ci et bien plus encore) de Cindel et Sylvain en cliquant ici.

Enfin, toutes les informations sur le Trophée Classic Centre-Ouest en cliquant ici.

En attendant, je vous laisse avec un dernier folio !

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Thibaut
Auteur et Photographe à News d'Anciennes
Etudiant, copilote, collectionneur, président de l'AutoMoto Classic de l'Ouest... et rédacteur/photographe pour News d'Anciennes (depuis 2017) lorsque les évènements s'y prêtent. C'est au volant d'une 2CV6-PO de 1976 que j'arpente les routes de France, au tous-les-jours comme en rallye !

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