Les rallyes en ancienne, kezako ?

Notre credo, vous commencez surement à le savoir, c’est l’auto ancienne. On essaye de balayer tous les domaines : expos, rassemblements, ventes aux enchères, circuit, et le rallye… bref, la totale. Pour ce qui est des expos, des rassemblements ou des événements sur circuit, les choses sont assez nettes, et les événements sont suffisamment médiatisés pour que nous ne puissions rien apporter en tant que tel. Aujourd’hui on vous parle des rallyes en ancienne, vu que le terme est extrêmement vaste, autant le détailler.

Salon Automédon 2018

Pourquoi un rallye s’appelle-t-il un rallye ?

On va évacuer maintenant la partie un peu rébarbative, l’origine du mot rallye. Pour la faire simple, à l’origine, le rallyes en anciennes c’est une sorte de course d’orientation : une sorte de chasse à courre où le gibier est un homme, et le traçage est une suite de bouts de papier dans le plus pur style Petit Poucet (ahhhh, ces Anglais).

Dans l’idée, on trouve 4 grandes familles de rallyes en ancienne : ce qu’on appellera, et ce n’est pas péjoratif, le « rallye saucisson », le rallye de carto-régul, le rallye de régularité et les « rallyes routes fermées ». On va essayer de vous présenter les 4 plus ou moins rapidement selon le besoin.

Les rallyes en ancienne sur routes ouvertes

Les “rallyes saucisson” : une sortie entre potes plus “cadrée”

Le terme n’est forcément beau ou séduisant, mais il ne doit surtout pas être vu comme péjoratif. On commence par les rallye-saucisson : en fait, c’est une sortie balade entre potes, mais pas qu’avec des potes. Le principe est donc très simple : via un road-book simplifié, vous partez en promenade, passant par les coins les plus sympas de la région visitée, plus ou moins en convoi. L’aspect principal de ces événements, c’est la convivialité pure et dure, par le biais de nombreuses pauses collation, par (souvent) des questionnaires qui vous amènent à vous arrêter dans les lieux touristiques intéressants.

Le principal intérêt ici est qu’il n’y a aucune notion de classement ou de compétition : c’est vraiment de la balade plaisir au sens premier du terme. Le principal intérêt de ces événements tient au côté convivial du rallye saucisson : non seulement vous rencontrez de nouvelles personnes dans un cadre propice à la discussion, mais vous allez en plus découvrir quelques lieux touristiques importants ou au contraire plus méconnus, l’organisateur cherchant à faire (re)découvrir la région à ses participants.

Le Rallye Hibernatus fait par Fabien il y a quelques jours, et à découvrir ici, est un bon exemple.
//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js


VIDEO – la sortie annuelle du Tacot Club Bressuirais, prochaine édition le dimanche 20 mai 2018 (infos : bellespops@gmail.com)

Les rallyes de carto’régul : entre sport automobile et chasse au trésor

L’idée générale est assez proche du rallye-saucisson, seulement, on hausse un peu le niveau de difficulté.

Dans le cadre des rallyes de navigation, le côté primordial au moment de produire les classements n’est pas la régularité (qui ne sera souvent que juge de paix), mais le respect du parcours prévu par l’organisateur. En effet, il n’est pas alors question de proposer le parcours en un seul fléché-métré, mais plutôt par des modes de navigation qui paraissent tordus de loin mais ne sont pas si inaccessibles que cela. Là encore, le copilote a une très importante charge sur ses épaules.

En effet, les modes de navigation sont loin du boule-flèche présenté plus bas. Cette fois, l’organisateur dispose d’une véritable armada de modes de navigation possibles. On citera par exemple le fléché-allemand (qui vous montre, sous la forme d’une arrête de poisson, les routes à ne pas prendre), la carte tracée ou non (et à différentes échelles of course) voire même muette si on veut rigoler un peu… bref, de tout, et du reste aussi.

Ces rallyes sont, il faut le dire, beaucoup plus complexes en termes de navigation que leurs homologues de régularité pure. Mais cela les rend aussi plus stimulants. Il faut pourtant ne pas oublier que, comme dans toute chasse au trésor, il n’est pas rare de se perdre, de devoir revenir sur ses pas, de réfléchir… donc si vous ne souhaitez que rouler sans vous poser de question, pas sûr que ce format soit, de prime abord, le plus adapté.

Un des bons exemples, c’est l’Hivernale Vallée, qu’on vous faisait découvrir ici.

Plus d’infos sur les modes de navigation notamment sur le site de l’AutoMoto Classic de l’Ouest (je sais, je prêche un peu pour ma paroisse, mais j’ai essayé de proposer un véritable lexique du navigateur, le plus accessible possible).

Les rallyes de régularité : premier pas dans le pur sport auto, mais de manière prudente

Dans le cadre des rallyes de régularité, le road-book est en fléché métré et la notion clé est celle des temps de passage : l’organisateur, souvent une association affiliée à la FFSA pour les rallyes de régularité pure, vous fournit un road-book en fléché-métré (donc plutôt simple si bien fait) et vous indique la moyenne de vitesse à tenir dans chaque case. Les deux meilleurs amis du navigateur (s’il décide de jouer le jeu et de ne pas participer à la course à l’armement qui mène les autos à devenir des tableaux de bord de F1) sont alors la table de moyennes et le chronomètre. Dans cette situation, le suivi du parcours est assez aisé, c’est la gestion des temps qui peut s’avérer un peu plus complexe.

VIDEO – Jean Baptiste LASSAUX sur une Sunbeam Chamois au Classic Val de Sèvre, avec incrustation des notes


Les rallyes en ancienne sur routes fermées

Le VHRS : si si, comme chez La Fontaine, la tortue peut l’emporter

La première catégorie des rallyes en ancienne sur route fermée est le VHRS, comprenez Véhicules Historiques de Régularité Sportive. Le système est somme toute assez simple : vous empruntez des « spéciales » (donc des portions de routes fermées à la circulation publique) en devant tenir une moyenne imposée par l’organisateur.

3 catégories vous sont traditionnellement proposées : Basse, Intermédiaire et Haute. Le but est ici de vous faire choisir la moyenne que vous souhaitez tenir, selon la préparation de votre auto, de votre expérience, etc. Si la moyenne Basse sera finalement assez proche d’un rallye de régularité sur routes ouvertes, les moyennes Intermédiaire et a fortiori Haute nécessiteront de se cracher dans les mains à coup sûr.

Côté navigation, pas grand-chose à signaler si ce n’est que cette discipline impose de savoir annoncer les notes et gérer très finement le chronomètre dans des conditions de circulation parfois un peu « chaoteuses » (sic), voyez-vous ? Dernier élément, la préparation de l’auto. En effet, la réglementation laisse à l’organisateur une forme de liberté quant à l’équipement à avoir dans l’auto ou sur les équipages : si le casque est obligatoire, harnais, arceau et consorts seront parfois demandés, parfois non, mais dépendront surtout de la catégorie dans laquelle vous vous inscrivez !

Le meilleur exemple dans notre cas, c’est le Rallye Monte Carlo Historique, dont l’édition 2018 approche à grands pas.

Le VHC : gentle(wo)men, laissez les cerveaux à l’assistance !

Apogée des rallyes en ancienne pour certains, le VHC, comprenez Véhicules Historiques de Compétition. Fini de rire, on joue dans la cour des grands. Fermez les yeux, souvenez-vous du Tour de Corse à la TV, souvenez-vous des sonorités des Simca Rallye et autres Porsche ou Lotus Sunbeam, etc.

L’esprit du VHC, c’est de faire revivre cette ambiance, de faire rouler les « mamies » comme elles le faisaient dans leur jeunesse. Mais ici, il est évidemment hors de question de débarquer avec une auto full-stock : on vous demandera, pour prendre le départ, d’avoir une auto de rallye, une vraie, avec tous ses équipements de sécurité ! En effet, non seulement les routes sont fermées, mais le but est ici de rouler plus vite que les autres, il faut alors que votre auto soit proprement préparée et dispose d’équipements de sécurité plus importants.

Un bon exemple avec le rallye d’Automne, qu’on avait suivi dans cet article et dont la vidéo ci-dessous est tirée.

VIDEO – le Rallye d’Automne 2016, par MKLFactory


Conclusion ?

Vous l’aurez vu, faire des rallyes en ancienne, c’est possible, quelle que soit l’ancienne, quel que soit l’équipage, bref, quel que soit votre objectif !

Je tiens cependant à préciser quelque chose. Cet article, nous l’avons voulu à la fois complet et assez ludique (du moins ai-je essayer de le faire), pas une présentation procédurale et peut-être indigeste de toutes les spécificités réglementaires de chaque type de rallye… Si vous souhaitez vraiment vous lancer dans le rallye, n’hésitez pas à aller plus loin dans la réflexion préalable, vos meilleurs contacts sont les Associations Sportives Automobiles de chaque secteur : elles représentent la Fédération localement, vous en trouverez la liste en cliquant ici.

Nous ne sommes pas là pour les remplacer dans le prise d’info : ainsi, allez voir les ASA pour tout ce qui touche aux rallyes fédéraux, et l’association organisatrice pour le reste, elles sont les vecteurs de ce volet de notre passion automobile !

Thibaut on EmailThibaut on FacebookThibaut on FlickrThibaut on LinkedinThibaut on Youtube
Thibaut
Auteur et Photographe à News d'Anciennes
Etudiant, copilote, collectionneur, président de l'AutoMoto Classic de l'Ouest... et rédacteur/photographe pour News d'Anciennes (depuis 2017) lorsque les évènements s'y prêtent. C'est au volant d'une 2CV6-PO de 1976 que j'arpente les routes de France, au tous-les-jours comme en rallye !

3 commentaires sur “Les rallyes en ancienne, kezako ?”

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.