Talbot Horizon et Sunbeam, les fausses jumelles

Après avoir « écumé » l’Europe afin de s’y implanter, à travers le rachat de Simca, de Barreiros et du Groupe Rootes dans les années 60, Chrysler lance dans les années 70 deux véhicules à l’esthétique similaire mais dont le développement et l’architecture sont complétement différents, les Horizon et Sunbeam. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’une n’est pas un dérivé de l’autre.

La Sunbeam, dernière trace du groupe Rootes

Après le rachat du Groupe Rootes, décision est prise de tailler dans le vif, histoire de réduire les coûts de production et de diminuer la concurrence interne. Surtout après la nationalisation de British Leyland en 1975, le principal concurrent des activités de Chrysler en Angleterre. La situation devient « critique » : Chrysler menace de fermer les usines anglaises s’ils ne reçoivent pas eux aussi des aides gouvernementales. Un terrain d’entente est trouvé. Chrysler produira une nouvelle compacte, intégralement développée et fabriquée au Royaume-Uni.

Le développement démarre en 1976 dans l’usine de Ryton, sous le nom de code R424. Entre les délais très courts pour le lancement de la voiture et l’obligation d’utiliser un maximum de pièces britanniques, décision est prise de réutiliser les trains roulants et la mécanique de l’Hillman Avenger. Le design, quant à lui, est réalisé par le studio Whitley à Coventry, appartenant lui aussi à Chrysler.

C’est ainsi qu’est présentée en 1977 la Chrysler Sunbeam, qui sonne le glas de Sunbeam en tant que marque à part entière. La nouvelle venue est donc une compacte trois portes à roues arrière motrices, propulsée par des moteurs allant de 0.9 à 1.6 litres. Elle est fabriquée dans l’usine de Linwood en Ecosse, comme prévu par les accords avec le gouvernement britannique. Ces modèles seront épaulés dès l’année suivante par la Sunbeam Ti qui offre un moteur de 100ch afin de proposer une version plus sportive. Et en 1979, ce sera la mythique version Lotus qui fera son apparition avec son 2.2 de 150 ch.

Malheureusement, Chrsyler va mal, et ils revendront leurs actifs en Europe à PSA. Le groupe français fait alors un achat « barrage » dans le but d’éviter une éventuelle nationalisation si la gauche devait arriver au pouvoir, ce qui sera chose faite en 1981. De fait, le groupe français se retrouve dans une situation économique catastrophique, essuyant à peine les plâtres du rachat de Citroën, lui aussi fait de manière défensive. L’usine de Linwood ferme définitivement ses portes en 1981, condamnant au passage la Sunbeam.


L’Horizon, la dernière Simca

On vous en a déjà parlé dans un article il y a deux ans. La conception démarre en 1974, sous le nom de code C2. Le design de base est ici aussi signé par le studio Whitley, mais les détails finaux, ainsi que la conception sont à la charge de l’usine de Poissy.

La nouvelle Horizon, présentée en 1977, cache en fait des éléments hérités de la 1307, et donc son architecture traction. C’est une compacte 5 portes, par ailleurs la première à être produite en Angleterre, un marché à l’époque encore frileux pour ce type de carrosseries.

Cette voiture mondiale (on vous a également parlé de l’Omni GLH-S) était assemblée dans trois usines héritées de Chrysler Europe : Poissy bien évidemment, Ryton en Angleterre, Villaverde en Espagne. Il faut noter aussi quelques 15.000 exemplaires fabriqués par Valmet en Suède avec quelques variations par rapport aux modèles PSA.
La production s’arrêtera en 1986 en France et en Espagne avec la fin de Talbot. Elle perdurera toutefois une année de plus en Suède, et surtout Angleterre, où la marque Talbot survivra jusqu’aux années 90.

Bref, comme vous avez pu le constater si la proximité stylistique est évidente, et cohérente, venant du même centre de design de la même marque, Horizon et Sunbeam n’ont que la crémaillère en commun !

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Pierre
Rédacteur à News d'Anciennes

Tombé dans la marmite automobile quand il était petit, il a rejoint l’équipe de News d’Anciennes en 2015. Expatrié en Angleterre depuis Mai 2016, il nous partage les évènements de là-bas.

En dehors de ça, il partage une bonne partie de son temps sur la route entre une Opel Ascona et une Mazda RX-8.


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