Traversée de Lyon 2022, le message est passé

Publié le par Fabien

Traversée de Lyon 2022, le message est passé

Avec la mise en place de la ZFE du Grand Lyon, Jean-Pierre Benozillo et son équipe ont eu fort à faire pour répondre aux questions des potentiels participants, tous dans l’incertitude de sanctions potentielles. Mais, comme nous l’expliquions dans notre article sur le sujet, tout a été mis en place pour permettre à tous d’être acteurs Traversée de Lyon 2022, et manifestement, vu le nombre d’autos, le message est bien passé.

Les ponts de Lyon

Les ponts de Lyon, c’était le thème de cette 16ème édition : le parcours qui, comme à son habitude maintenant, partait et revenait à l’Hippodrome de la Tour de Salvigny, faisait découvrir Lyon par ses ponts. Soit presque 50 km en suivant bien le roadbook. Et ça, c’est indiqué en clair sur le document fourni le matin à chacun des équipages :

Un conseil, suivez votre road book, pas le participant de devant

TdL

La Traversée de Lyon 2022 commence donc par sauter la Saône par le pont Clémenceau, puis direction le pont de Lattre de Tassigny qui enjambe le Rhône. Tous les ponts routiers sur le fleuve sont empruntés jusqu’au pont Pasteur. Sortie du pont de la Mulatière, commence alors la remontée de la rivière par les quais jusqu’au pont Bonaparte, où nous étions postés pour les photos, les voitures l’empruntant deux fois en s’y croisant.

Et c’est reparti direction nord, après une incartade Place Bellecour et re-pont Bonaparte, jusqu’au pont Schuman, là encore en n’en ratant aucun. Soit au total seize passages au dessus de l’eau, huit intrusions et autant de sorties de la presqu’île, par quinze ponts différents. Un parcours rafraîchissant.

Un joli parcours pour cette Traversée de Lyon 2022, qui, comme chaque année, se faisait dans une circulation qui paraissait assez fluide en cette matinée du dimanche 18 septembre… Et sous le soleil.

Départ à l’hippodrome

Avant que ne sonne le départ du convoi à 9h30, l’hippodrome de la Tour de Salvigny a vu arriver des centaines de voitures, toutes filtrées. Remise des autocollants et du road-book en échange d’un nom, d’une marque, d’un modèle et d’une année. Beaucoup sont venus en famille ou entre amis. Un, deux, trois ou même voiture pleine comme un oeuf, peu importe, il faut participer.

Alors oui, certains pourront dire que cette Traversée de Lyon 2022 (les précédentes et les suivantes aussi, d’ailleurs) est un événement pour flatter l’égo du propriétaire de chaque auto… Mais quand on a un véhicule ancien, il y a le plaisir de conduire, assez égoïste, mais il y a aussi le plaisir de faire plaisir.

Le plaisir de voir des yeux qui brillent au passage, les voitures rappelant à chacun un souvenir de famille, un souvenir d’enfant ou une envie pour « quand on sera grand ». Si tant est qu’un passionné d’automobiles ne soit jamais « grand » ou alors, il est un grand enfant !

Dans les rues de Lyon

Justement, alors que je photographiais le cortège de la Traversée de Lyon 2022 sur le pont Bonaparte, j’ai pu discuter avec plusieurs personnes. Quelques unes, c’était simplement pour savoir s’il y avait encore beaucoup de voitures. D’autres, c’était pour échanger sur tel ou tel modèle qui passait, d’origine ou pas, de sa propreté, de sa ligne…

Une jeune fille cherchait ses amis qui étaient à bord d’une Renault Supercinq pour prendre une vidéo de leur passage. Et prise au jeu, elle est restée un moment à regarder les autres participantes en s’étonnant devant les avant-guerre. Citroën, Mathis, Peugeot… C’est vrai qu’elles sont bien sympathiques ces voitures de débuts de l’automobile.

Même une touriste américaine, tout droit venue de Los Angeles, s’est extasiée devant cette « parade » (en anglais dans le texte). Elle n’était surement pas dépaysée au passage des Mustang, Pontiac ou autre Cadillac coupé deville ! Pour les amateurs, sur la côte ouest des USA, les défilés automobiles sont apparemment réguliers. Mais sûrement que le cadre n’a pas le même charme de cette ville de Lyon.

Retour à l’Hippodrome

Pour finir sur une bonne note, après cette Traversée de Lyon 2022, une pause avant de repartir reste de rigueur. Pour discuter, boire un verre, mais aussi sympathiser entre passionnés du même modèle pour échanger des tuyaux (pas forcément des durites) pour trouver les pièces recherchées depuis des lustres…

C’est bien simple, difficile maintenant que l’on revoit enfin les visages, de ne pas voir des sourires. Chacun y trouve son compte. Et puis, il faut bien avouer que « se taper » 50 km à 30 km/h, c’est quand même mieux d’en parler et d’en rigoler à la fin ! Parce que oui, Lyon est limitée à 30 à l’heure…

Et les voitures dans tout ça ?

Celles qui sont venues en nombre

C’est assez intéressant de voir comment, d’une année sur l’autre, le paysage peut changer. Si l’an dernier, peu de 205, de R5 ou de Golf étaient venues, cette année, sur la Traversée de Lyon 2022, il y en avait finalement pas mal. Idem pour les Mustang modèle 66 pour l’essentiel, ou les Cox, en versions d’origines ou customisées. Des BMW série 3, seconde génération E30, s’étaient également retrouvées.

Lors de la Traversée de Lyon 2022, on ne pouvait oublier les éternelles 2CV, décidément présentes partout. Pourtant, on peut noter la présence de séries spéciales France 3, Chic ou Charleston, pas si communes. Sans oublier un kit-car Burton et la Dyane.

Les originales

Dans la série incongrue, une Inter. Un scooter à cabine 2 places en tandem, sortie d’une production assez confidentielle d’une firme d’aviation de la région lyonnaise, la SNCAN, entre 1953 et 1956. Un design de tricyclecar découvrable, et probablement pas très étanche, avec de faux airs de la Messerschmitt type KR-175 qui a été l’inspiratrice. Elle est équipée d’un moteur Ydral de 175 cm3 et seulement quelques centaines ont été produits.

Dans la même série, une kit-car sur base de Renault R4, moteur et chassis, aux airs de Morgan avait fait le déplacement pour la Traversée de Lyon 2022 avec son truculent équipage. C’est une SMS Tilbury, et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la n°2 des 160 produites. Pour obtenir ce look, les sièges avant ont été retirés et le pilote et son passager sont en fait assis à la place des sièges arrières de la 4L d’origine. Petit moteur, mais luxueuse dans son traitement avec un tableau de bord en ronce de noyer, sa sellerie cuir et sa carrosserie polyester de qualité. On doit cette création à Yves Charles et Michel Bonenfant en 1986.

Un petit roadster De Lachapelle et une Excalibur finissaient ce tableau décalé avec leur côté néo-rétro des années 80-90 : prendre des autos d’avant-guerre et les réactualiser en terme de design de manière plus ou moins heureuse mais indéniablement remarquable dans la circulation.

Les rares

Plus proche de nous, c’est du côté de Lancia que l’on trouvait une pépite. Une Lancia Fulvia Zagato Sport dessinée par Ercole Spada, le styliste en chef du designer à la fin des années 60. Avec le fameux V4 1300 sous son capot, il s’agit d’une 1.3S de 90 ch. En fait, l’une des dernières de la série 1 qui voyait l’abandon progressif de l’aluminium qui n’était conservé que pour les ouvrants du modèle.

Toujours chez Lancia, une jolie petite Beta Monte-Carlo noire, exposant son moteur et l’ouverture originale du capot, prenait la pose. Quand on pense aux dérivés sportifs auxquels cette auto a servi de base, tant sur piste avec la Beta Monte-Carlo Turbo ou en rallye avec la Lancia 037 !

On peut également citer une VW-Porsche : une 914/4 2.0 qui a fêté ses 50 ans. Equipée d’un moteur 4 cylindres en position centrale, elle possède un coffre à l’avant et un à l’arrière qui permet de ranger le toit amovible rigide. A noter que ce modèle est un européen ce qui en fait sa rareté, contrairement à beaucoup d’autres qui ont été rapatriés des USA où la 914/4 2.0L a connu un joli succès.

On finit avec un Espace. Oui, celui de chez Renault. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il s’agit d’une série 1, version 2000-1. Trouver un modèle dans l’état de conservation de celui vu lors de la Traversée de Lyon 2022, est aujourd’hui une véritable gageure.

On terminera ce panorama de la Traversée de Lyon 2022 par les incontournables Ferrari et Mercedes que l’on remarque forcément. Lors de la TdL, c’était une Mondial pour la marque Italienne et une 190SL pour l’Etoile de Stuttgart. Mais sans oublier une Venturi 260 côté française, et une superbe Honda S800 pour le pays du soleil levant et une TVR anglaise.

Et au bilan ?

On peut encore dire que cette Traversée de Lyon 2022 aura tenu toutes ses promesses. Peut-être un peu moins de fréquentation que l’an dernier, mais le succès de cette manifestation ne se dément pas, malgré toutes les embûches qui se dressent sur le chemin des organisateurs. Alors rendez-vous l’an prochain pour voir comment tout cela évolue !

En attendant, voici un échantillon des autos présentes sur cet événement.

Fabien

Un lion et un cheval cabré m'ont fait aimer les voitures de mon enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des pilotes de légende m'ont conduit à me passionner pour des bolides plus anciens. A mon tour de partager avec vous.

Commentaires

  1. gougnard

    magnifique expo merci Fabien

    Répondre · · 23 septembre 2022 à 12 h 38 min

    1. Fabien

      Merci à toi pour ce message !

      Répondre · · 23 septembre 2022 à 13 h 02 min

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