Sur les pistes de l’Histoire : Dijon ce n’est pas que Prenois

Sur les pistes de l'Histoire : Dijon ce n'est pas que Prenois
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Sur les pistes de l'Histoire : Dijon ce n'est pas que Prenois
Benjaminhttp://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Le Circuit de Dijon-Prenois, tout le monde le connaît. Il est d’ailleurs actuellement visé par certaines associations dénonçant des troubles environnementaux et sonores. Mais autour de la cité Bourguignonne il y a eu d’autres pistes qui ont accueillir des courses automobiles. Et vous allez voir que la présence du sport auto à Dijon ne date pas d’hier.

Le Grand Prix Automobile de Bourgogne

C’est en 1927 qu’on trouve trace d’une première course automobile d’envergure du côté de Dijon. À l’initiative de l’Automobile Club de Bourgogne est créé une course qui se nomme les “6 Heures de Bourgogne”.

Le tracé est long : 17,9 km et la course couvrira au total 627,5 kilomètres ! Sacrée distance. Il prend place au nord de Dijon. La ligne de départ est située du côté de ce qui est devenu le Parc Valmy. Une épingle à droite emmène ensuite les concurrents plein nord direction Savigny-le-Sec. Là bas, nouvelle épingle à droite pour rejoindre Norges-La-Ville et ensuite direction Dijon.

Le 26 Mai 1927 la première épreuve regroupe trois catégories : plus de deux litres, entre 2 litres et 1100 cm³ et les moins de 1100.

15 Autos prennent le départ. La Bugatti Type 35C de Raymond Leroy est favorite et effectivement il l’emporte. Il couvre 24 tours au total, le plus rapide en 9 minutes 17. Il devance Lanciano sur Amilcar et Verpault sur Salmson qui sont à 5 tours ! La course au handicap est remportée par Laly sur son Ariès.

En 1928 on change le format. La Coupe de Bourgogne récompensera les voitures de course et la coupe de l’ACB les voitures de sport. La course des autos fait quatre heures mais on a bien deux heures de plus avec une course pour les motos.

Concernant les 4 roues, du beau monde est au départ avec 12 Bugatti au départ sur les 25 autos. On retrouve des noms qui sont encore utilisés de nos jours : Chiron est au départ et c’est Divo qui donnera le départ. Ce sont d’abord les autos de sport qui s’élancent et cinq minutes plus tard ce sont les voitures de course.

La La Licorne de Michel Doré devance Lally, la DFP de Colas et deux femmes : Scheel et Jennky, toutes deux sur Bugatti. La course est acharnée et certains favoris ont des ennuis. Cela n’enlève rien aux victoire de Janine Jennky et de Lally. Janine Jennky devient alors la première femme à inscrire son nom au palmarès d’un Grand Prix.

En 1929 c’est la troisième édition. Cette fois la course principale compte 525 km, c’est le 2e Grand Prix de Bourgogne. 27 concurrents sont au départ. 17 convoitent la Coupe Repusseau sur des voitures de course, 10 autres la Coupe du Journal Matin aux voitures de sport. Janine Jennky n’en fait pas partie, elle ne s’est pas qualifiée !

La course va se résumer en une bataille de Bugatti. Les 6 premières autos sont en effet des autos de Molsheim et c’est Georges Philippe qui l’emporte.

Ce sera la dernière édition avant une très longue pause.

1946 : le Troisième Grand Prix de Bourgogne

Après-guerre on retrouve la troisième édition du Grand Prix de Bourgogne couplée à la Coupe des Grands Vins.

Le tracé a changé et il est clairement urbain, dans la plaine des sports. Le départ est donné Boulevard Trimolet, les concurrents abordent ensuite le Boulevard de Strasbourg, prennent une épingle à droite et filent sur le Boulevard Paul Doumer avant de reprendre le Boulevard Trimolet en tournant à gauche sur le square du 18 Juin. Nouveau virage à droite vers l’Avenue du Maréchal Lyautey avant qu’une épingle à droite ne ramène les autos sur le Bld Paul Doumer et un dernier virage à droite sur le square du 18 juin les mène à la ligne de départ.

En tout le circuit fait 2 kilomètres.

Les deux courses sont réservées à des catégories différentes. Les voiturettes le parcourront 50 fois. Au départ on retrouve les concurrents habituels constitués d’artisans et de gentlemens drivers, souvent sur des montures d’avant-guerre. Ainsi on retrouve une D.B à moteur Citroën, une Peugeot Darl’Mat ou une BMW 328. C’est Amédée Gordini qui l’emporte sur une Simca 8 préparée à sa façon.

Pour les voitures de course on va couvrir 100 fois le circuit ! Jean-Pierre Wimille est au sommet de son art et il va imposer son Alfa 8C engagée par l’usine avec 5 tours d’avance sur Grignard et sa Delahaye 135 S et 11 tours d’avance sur Flahaut et son Amilcar G36. Quatrième et dernier classé : Charles Pozzi sur une autre Delahaye 135S.

Au niveau des abandons on retrouve Trintignant (Bugatti Type 35), Pierre Levegh et Louis Rosier, forcément sur Talbot (des 150 C et SS) ou encore Harry Schell sur sa Maserait 8C-3000.

Malgré le succès populaire, c’est la dernière course à Dijon avant un long moment.

Direction la BA 102

À la fin des années 60 des courses automobiles ont lieu sur la BA 102. Un lieu idéal permettant d’avoir des routes fermées et de faire courir des autos rapides.

En 1967 et 1968 elles ont lieu hors-championnat, c’est le Circuit de Vitesse de Dijon. La première est remportée par la Porsche 906 d’André Wicky, la seconde par la Matra MS630 à moteur Ford de Johnny Servoz-Gavin.

Le 4 Mai 1969 le Criterium de Dijon voit la victoire de Paul Hawkins sur sa Lola T70 MkIIIB et de Jabouille sur Alpine en GT. La Coupe de Bourgogne, réservée aux monoplaces, voit la victoire de François Mazet sur une Tecno-Ford.
En 1970, nouvelle victoire d’une Lola, cette fois avec Attwood au volant devant la 917 de David Piper… quelques semaines avant son accident sur le tournage du film Le Mans.

Néanmoins ces événements restent exceptionnels et la solution de la Base Aérienne ne peut perdurer.

Le Circuit de Dijon-Prenois

François Chambelland veut lancer un “Stade Automobile” et se tourne vers la commune de Prenois, sur les hauteurs à l’ouest de la ville. Dès 1969 il signe un bail de 99 ans avec la commune et lance les travaux de déboisement. Les soutiens sont nombreux et le circuit est inauguré le 26 Mai 1972. Il est alors long de 3.289 km et il est salué par son tracé rapide et vallonné.

La première course a lieu le 4 Juin avec la venue du Championnat d’Euope 2 litres et voit la victoire d’Arturo Merzario sur une Abarth Osella SE-021. En Juillet se déroule la première course moto sur le tracé.

L’année suivante c’est le championnat du Monde des Voitures de Sport qui fait étape à Dijon-Prenois pour les 1000 Km de Dijon. Cette fois la victoire revient à la paire Pescarolo-Larrousse sur Matra MS670B.

1974 : c’est la consécration. Le circuit de Dijon-Prenois accueille le Grand Prix de France de F1 ! Ronnie Peterson y impose sa Lotus-Ford. Les deux années suivantes la course retourne au Paul-Ricard.

Pour autant en 1975 les F1 sont bien là lors du Grand-Prix… de Suisse, remporté par… le Suisse Clay Regazzoni. L’endurance fait aussi son retour avec les 800 km de Dijon remportés par Merzario et Laffite sur Alfa Romeo 33TT12.

D’ailleurs cette année là le circuit est allongé avec l’ajout de la parabolique portant la distance à 3,801 km. On reprend en fait des travaux déjà menés quand dès 1971. Le projet initial voulait porter la longueur à plus de 5 km mais cela ne se fera pas.

En 1976, en Endurance on retrouve les 6h de Dijon remportées par Ickx et Mass sur Porsche 935.

1977 voit le retour du Grand Prix de France à Dijon-Prenois. Cette fois c’est Mario Andretti qui impose sa Lotus.
En endurance les 500 km de Dijon sacrent Merzario et Jarier sur Alfa Romeo T33/SC/12.

L’année suivante seule l’endurance se déplace avec les 6h de Dijon et la victoire de la paire française Wolleck-Pescarolo sur Porsche 935/77A.

1979 est une grande année pour le circuit avec une course mémorable en F1. Jean-Pierre Jabouille impose pour la première fois une Renault en Grand-Prix. Pourtant cette victoire est éclipsée par la bataille Arnoux-Villeneuve. On vous laisse l’apprécier en vidéo :

Les 6h de Dijon sont eux remportés par Joest-Merl-Letterer sur Porsche 908/3 Turbo (une 936 déguisée).

Pas de F1 en 1980 mais la seconde édition des 1000 km de Dijon avec une victoire de Pescarolo et Barth sur Porsche 935/77A.

En 1981 c’est Alain Prost qui l’emporte sur Renault, c’est la première de ses victoires et 50 autres suivront.

En 1982 le Grand Prix de France est retourné du côté du Castellet mais le Grand Prix de Suisse se tient une fois de plus à Dijon-Prenois. C’est Keke Rosberg qui gagne sur sa Williams. C’est sa première victoire en F1, la seule de sa saison… qui le voit pourtant devenir champion du monde !

Le dernier Grand Prix de F1 à se courir à Dijon-Prenois sera celui de 1984. Cette fois c’est Niki Lauda qui gagne. Lui aussi sera sacré en fin de saison, 0,5 points devant Prost, son équipier chez McLaren.

Par la suite on retrouvera les 480 Kilomètres de Dijon pour les Groupe C en 1989 (Victoire de Wolleck-Jelinski sur Porsche 962) et 1990 (Baldi-Schlesser sur Sauber-Mercedes C11).

La dernière course de grande envergure (au niveau international) aura lieu en 2009 avec une étape du DTM.

Depuis le circuit est loin d’être à l’abandon. Il accueille les épreuves de GT de la FFSA et de nombreuses courses historiques, Grand Prix de l’Age d’Or en tête.

Les emplacements des circuits actuellement

Si Dijon-Prenois est un circuit permanent, les deux autres tracés sont parfaitement empruntables de nos jours. Et si les moyennes ont 100 ans, on vous déconseille d’essayer de les battre ! Pour ce qui est de la BA 102, elle n’apparaît pas car nous n’avons aucune information sur le tracé.

Visuels initiaux et recherches : Oscar Plada
Photos complémentaires : Bugatti, Racing Sports Cars, Dijon-Prenois et Pinterest

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