Lotus Elite Type 14, les grandes premières

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Lotus Elite Type 14, les grandes premières
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Cette auto, c’est une grande première. La marque de Colin Chapman a fait un saut dans une nouvelle ère avec sa Lotus Elite. Un vrai pari, plutôt gagnant.

La première Lotus… avec un toit

Oui, c’est une première pour la marque. Les Lotus de course sont des barquettes et la Seven qui débarque en 1957 reprend la forme de sa devancière la Mark VI. C’est d’ailleurs en parallèle du développement de la Seven que Lotus s’attaque à une auto fermée.

En fait, la marque se retrouve obligée de produire une auto de route moins radicale que la Seven. Il faut, en effet, vendre des autos pour financer les activités de course de Lotus. L’auto est présentée en 1957, en même temps que la Seven, mais n’est pas encore prête. Il va falloir attendre pour voir cette auto révolutionnaire sur la route.

La Lotus Elite, une vraie révolution sur roues

Quelques clients-pilotes sont mis à contribution pour développer l’auto. Car Chapman fait du pur Chapman : il innove dans tous les domaines.

Au niveau du moteur, la marque d’Hethel n’est pas encore calée. Elle va donc utiliser le fameux moteur Coventry Climax. Un moteur de pompe qui s’est retrouvé dans bien des automobiles… et même des F1 ! Un de ses gros avantages : bloc et culasse sont en alu. Dans la Lotus Elite il est de type FWE de 1216 cm³. Une petite cylindrée qui ne l’empêche pas de sortir 75 ch à 6100 tours/minutes avec un taux de compression élevé de 10:1 et alimenté par un carbu SU.

Chapman a néanmoins conclu un deal avec Coventry Climax : il en commande 1000 mais le motoriste les lui sort avec un vilebrequin en acier forgé. Pour des raisons de coût, pas de folie sur la boîte : on va chercher celle de la MG A.

Pour le moteur c’est presque du classique. Mais pour le châssis on va aller très loin. En 1957 les carrosseries plastique renforcées par de la fibre de verre sont en plein boom. Chevrolet l’a même utilisé sur sa Corvette C1 et les artisans anglais et français en sont fans. Sa légèreté est réelle et Chapman décide de ne pas l’utiliser QUE pour la carrosserie.

Le châssis de la Lotus Elite est ainsi entièrement réalisé dans ce matériau. C’est une grande première. L’acier n’est utilisé que pour le cadre du pare-brise et le support des charnières de portes ainsi que pour un faux châssis avant qui supporte le moteur et les ancrages de suspension ! Cinq grands ensembles sont collés entre eux pour former la structure de l’auto.

Les trains roulants sont bien étudiés avec quatre roues indépendantes, en fait identiques à la monoplace Type 12. À l’arrière on utilise l’essieu Chapman : une longue jambe de force verticale avec ressort hélicoïdal et amortisseur tandis que le demi-arbre de transmission représente la partie inférieure de l’ensemble. À l’avant on fait appel à des triangles. On installe aussi des disques Girling sur les quatre roues, solution encore peu utilisée, nous sommes en 1957 hein !

Enfin au niveau de la carrosserie on fait simple. On recherche la finesse et Peter Kirwan-Taylor crée malgré tout une superbe carrosserie qui sera affinée par le maître aérodynamicien anglais de l’époque, Frank Costin. La traînée est faible, l’auto est belle, elle est prête !

La Lotus Elite Type 14 arrive sur les routes

Après un an de développement la Lotus Elite Type 14 est proposée à la vente. Néanmoins les débuts sont plus que mitigés. Lotus néglige quelque peu le contrôle qualité et certaines autos sont vraiment bâclées.

Commercialement ce n’est pas non plus la panacée. Lotus a voulu fixer un prix trop bas. Le constructeur, qui voulait rentrer du cash avec son auto de route, perd en fait de l’argent pour chaque auto vendue ! Le pire, c’est que les concurrents font des autos plus performantes pour moins cher ! Et puis elle nuit un peu à sa propre image : en étant aussi proposée en kit, bien moins chère, elle n’est pas aussi GT et désirée qu’elle aurait dû l’être.

Les problèmes de jeunesse sont nombreux mais les qualités se démontrent vite. Hormis une vibration énorme à 4000 tr/min, quand le moteur fait résonner toute la caisse, l’auto est plutôt saluée. En course, elle cartonne littéralement, on en parle plus bas.

Dès 1959, Colin Chapman s’attaque à différents problèmes. Après 280 exemplaires de l’auto, la Lotus Elite passe à la série 2 en 1960. La construction des autos passe de Maximar Mouldings à Briston Airplane et la qualité s’en ressent. On propose aussi d’autres versions.

Ainsi arrive la Lotus Elite SE, pour Special Equipment. La boîte MG est remplacée par une ZF entièrement synchronisée déjà testée en course. L’échappement est retravaillé, l’arbre à came également. On sort 85 ch du moteur avec deux carbus SU. On reconnaît ces autos à leur toit argenté.

On propose aussi une autre version, la Super 95 avec, donc, 95 ch à 7000 tours, obtenus avec des Carbus Weber 40DCOE et un taux de compression poussé à 10,5:1. Et comme on ne s’arrête pas en si bon chemin, les Super 100 voient leur arbre à came passer sur 5 paliers et sort 100 ch. Les Super 105 ont un collecteur d’échappement encore plus travaillé, un taux de compression porté à 11:1 et donc 105 équidés !

Les ventes partent enfin à la hausse. On ne fera plus évoluer les Lotus Elite. Peu après que les 1000 moteurs aient été écoulés, en 1963, on arrête la production. Selon les chiffres, 1030 à 1047 auront été construites. On s’est bien rattrapé… mais on a toujours pas gagné d’argent !

On notera également que Lotus a ressorti l’appellation Elite en 1974 avec ses Type 75 et 83.

Les Lotus Elite en compétition

Dès les premières autos sur la route, leurs propriétaires n’hésitent pas à les mettre sur la piste, notamment aux USA.

Mais le Team Lotus va également les engager, aux côtés des privés, à partir de 1959. En championnat du monde, on retrouve ainsi des autos aux 12h de Sebring puis aux 1000 km du Nürburgring où Lumsden et Riley remportent leur classe.

Aux 24h du Mans 1959, elles seront trois au départ. Si l’auto de l’Équipe Los Amigos abandonne, les deux autres terminent 8e (Lumsden-Riley) et 10e (Whitmore et Jim Clark) assurant le doublé de classe GT 1.5.

Lotus Elite Type 14, les grandes premières

On note des participations dans toutes les grandes courses, Tour de France ou tournée de Bahamas compris.

En 1960 une Lotus Elite s’adjuge une nouvelle victoire de classe sur le Nürburgring. Mais c’est au Mans qu’elle va surtout se distinguer. En plus des deux autos privées, le Team Lotus engage deux autos. Deux des quatre autos sont à l’arrivée, Roger Masson et Claude Laurent sont 13e et remportent leur classe juste devant la 41 de Wagstaff et Marsh qui remportent le prix de l’efficacité énergétique.

Parenthèse LX

Mais cette année là on aurait dû retrouver une autre auto aux 24h du Mans, la Lotus Elite LX. Chapman voulait viser la victoire absolue. Pour le coup il avait monté dans l’auto un Coventry-Climax de 2 litres. Ce FPF atteignait 175 ch en F1 et avec les 712 kg de l’auto, elle était redoutable sur le papier.

Elle devait être pilotée par Innes Ireland et Alan Stacey. Las, ce dernier, lors du Grand Prix de Belgique, frappé à la tête par un oiseau, perd le contrôle de sa Lotus 18 et décède. Whitmore est libéré par Aston Martin et fera équipe avec Ireland. Cependant ce dernier boucle ses premiers tours avec un pneu mal gonflé et se plaint de l’auto. Il est ensuite affecté par la grave blessure de Jonathan Stieff sur une Lotus Elite “normale” qui se coupe en deux en percutant un poteau à Mulsanne.

Ireland décide de ne pas prendre le départ, l’auto est retirée de la liste des inscrits et ne courra plus jamais !

La Lotus Elite accumule les victoires

En 1961 la Lotus Elite est une vraie bête de course. Son agilité fait des merveilles, les nouveaux moteurs aussi. Aux 1000 km du Nürburgring elles sont 11 au départ et remportent une nouvelle victoire de classe.

Rebelotte au Mans où le Team Lotus remporte la classe GT 1.3 avec Allen et Taylor, un tour devant Kosselek et Messenez, les trois autres autos ont abandonné.

Les engagements sont nombreux, aux USA elles sont rarement moins de 3 au départ des courses SCCA !

En 1962 les Alfa Romeo Giulietta SZ sont de redoutables concurrentes. C’est l’une d’elle qui remporte la catégorie au Nürburgring. Mais aux 24h du Mans, l’italienne est encadrée par les deux Lotus Elite du Team Lotus (Hobbs-Gardner 8et Hunt-Wyllie 11e) sur le podium de la catégorie. D’ailleurs Hobbs et Gardner remportent également le Prix de l’Efficacité Énergétique.

Lotus Elite Type 14, les grandes premières

La Lotus Elite va encore gagner sa catégorie au Nürburgring en 1963. Aux 24h du Mans, les deux autos au départ sont engagées par le Team Elite. Wagstaff-Ferguson arrivés 10e remportent une nouvelle victoire de classe.

En 1964 la Lotus Elite n’est plus produite. Elle est encore au départ de nombreuses courses mais la concurrence est rude mais la “vieille” anglaise bat l’Aérodjet pour une 6e et dernière victoire de classe.

Un superbe palmarès en tout cas qui se sera surtout attaché aux grandes victoires du Nürburgring et du Mans où la finesse de l’anglaise a fait des merveilles.

La Lotus Elite en collection

Qu’il y ait eu 1030 ou 1047 exemplaires de produits, cela ne change pas grand chose : l’auto est rare. Avec en plus une carrière sportive qui aura vu la destruction de bien des autos, il faudra bien chercher avant de trouver la perle rare.

Niveau tarif, les moins chères se trouveront autour des 30.000 €, mais il y aura du boulot. Les bons exemplaires dépassent les 50.000 € et le prix peut doubler si l’état est exceptionnel.

Attention à un point : si l’auto ne peut pas trop rouiller (attention cependant aux rares structures métalliques enserrées dans la fibre), tout problème entraînera des réparations longues et coûteuses qui ne pourront être faites que par un spécialiste.

En tout cas cela n’effraie pas les propriétaires actuels qui sont nombreux à s’engager au Mans Classic où à courir divers rallyes au volant de leurs belles.

Photos supplémentaires : Wheelsage, Mecanic Gallery, les24heures.fr, Bonhams

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