Les Autos de l’Équipe : la 205 GTI de Fabien

Les Autos de l’Équipe : la 205 GTI de Fabien

Ce qui crée la passion de l’automobile ancienne, ce n’est pas l’événement, mais le sentiment que l’on a vis-à-vis de ces autos du passé. Alors je vais vous parler un peu de ma voiture, “ma danseuse”, comme l’appelle ma femme, ma 205 GTI.


Présentation de l’auto

Un peu d’histoire…

La 205 a débuté sa commercialisation en 1983 pour les versions de base. Il a fallu attendre mars 1984 pour qu’un pavé très conséquent soit lancé dans la mare de Volkswagen : le 205 GTI.

Ce modèle de 205 GTI 1.6, souvent oublié des novices, était équipé du moteur Xu5J (pour les type 66 et Xu5JA pour les types 66/1) de 1580 cm3 et développait 105 chevaux (77 kW) à 6250 tr/min. C’est le moteur Xu aluminium qui équipait les 305 GT auquel a été greffé un système d’injection Bosch LE2-Jetronic. Ce moteur pétillant dans cette configuration est épaulé par une boîte de vitesse aux rapports courts : la boite BE1, qui a souvent fini sur des 1.9 GTI !

Alors, les 200 km/h sont loin, les accélérations à 100 km/h juste en dessous des 10 secondes, le ratio de 66 ch/l pas exceptionnel… Et l’on pourrait continuer comme ça longtemps sur des caractéristiques sommes toutes assez moyennes. Mais Peugeot a réussi avec cette voiture à équilibrer quasiment à la perfection cette somme de paramètres « moyens » pour créer un engin enthousiasmant qui reste aujourd’hui encore source de passion. Adéquation parfaite entre moteur et châssis, tenue de route et confort, sportivité et… Sportivité ? Probablement aussi !

Ma lionne

Et c’est précisément cette auto que j’ai eu la chance d’acquérir en 2010, un temps où mon banquier ne faisait pas encore les gros yeux lorsqu’on lui parlait d’acheter une 205 GTI ! Il s’agit d’un modèle de décembre 1985, année millésime 86 : à cette époque, le millésime changeait en juillet de l’année précédente.

Côté habitacle, exit le marquage GTI « au fer rouge » au centre du volant des premières séries, le logo est « moulé tout propre » annonçant les séries à venir. Exit aussi le pommeau aux formes carrées pour un pommeau de levier de vitesse en plastique moulé surmonté d’un médaillon sur fond rouge. Sièges tout-tissus, motif « biarritz » sur la zone d’assise et le dossier. Et les fameuses commandes de chauffage à tirette, beaucoup plus vintage que les commandes circulaires des versions les plus récentes. Quant à la moquette rouge, elle donne cette touche finale de sportivité.

Le propriétaire initial a eu la bonne idée de commander sa 205 GTI avec deux options très pratiques. Premièrement, le pack électrique pour les vitres et la fermeture centralisée. Bon, j’ai neutralisé la fermeture centralisée le servo-moteur du coffre étant HS, et ne l’ayant pas encore remplacé. Mais surtout, le rétroviseur droit. Un Vitaloni, de cette marque qui signait également les miroirs Ferrari des 308 et 328 notamment. En 1985, c’était la période charnière de démocratisation des rétro droits, et Peugeot n’avait pas jugé bon de le fournir en série sur sa sportive d’entrée de gamme.

Pourquoi celle-ci?

Naissance d’une passion

La 205 est sortie pour mes 13 ans. Mon père a eu une 1.1 GL, en décembre 83, que j’ai rachetée à l’entreprise dans laquelle il travaillait pour mes 18 ans, 1 mois avant d’avoir mon permis. Bref, 13 ans, c’est l’âge où je commençais à m’intéresser aux voitures et à 14 ans, la GTI est sortie. A l’époque, le parc automobile moyen était à 80 chevaux environ. Beaucoup de voitures plafonnaient à 145 km/h… Sur le plat ! Alors avec 105 chevaux et 900 kg, la 205 GTI était « ze must have » du moment, entre Golf GTI série 1 et Renault 5 GT Turbo. Et pour un ado, la mode, ça compte !

Et puis il y a eu Subway, de Besson. Cette poursuite dès les premières minutes du film entre la 205 GTI que Christophe Lambert venait de voler à Adjani, et la Mercedes classe S des sbires de la dame ! Inoubliable!

Du rêve à la réalité

Ensuite la vie a pris le dessus, jusqu’au moment où j’ai décidé de vivre mes rêves. En 2010, le rêve était encore très accessible. Direction le bon coin. Je voulais une GTI. J’hésitais entre une Golf GTI mk1 à 4 portes et la 205. La première était à l’autre bout de la France. La seconde était à 100 bornes et c’est elle que je suis allé voir en premier. Elle m’attendait entre une Citroën Traction 15/6 et une MG B. Une espèce de gage de qualité à un moment où beaucoup de 205 finissaient en VHC, VHR ou pire, façon « Jacky tunning » compte tenu de leur côte !

Un petit essai et elle fut mienne. Et aujourd’hui, malgré les offres (dont certaines en toquant à la portière au feu rouge), elle restera avec moi. Ma Madeleine de Proust, mon rêve devenu réalité.

Ce qui a été fait dessus

L’avantage avec le propriétaire précédent, un passionné, c’est qu’elle a toujours été entretenue et n’est qu’une troisième main, avec ses 180.000 km au compteur aujourd’hui.

De manière classique pour 205 GTI, de 25 ans lorsque je l’ai achetée, le siège chauffeur était très abîmé, et la mécanique avait son âge… Donc j’ai refait faire le siège par une sellière sur Cholet qui a réussi à récupérer le Biarritz d’origine. Il faut avoir le nez dessus pour voir les différences avec le siège passager, tout d’origine quant à lui.

Côté méca, j’ai changé la tête d’allumeur et surtout le doigt, dont la buttée avait cassé : rien de l’extérieur, en revanche, dès que le moteur chauffait, c’était des pétarades, calages, et mise en court-jus. Un sacré casse-tête car même si on enlève la tête, on ne pense pas à retirer le doigt d’allumeur ! Démarreur, pompe à essence et alternateur ont aussi été renouvelés rapidement.

Bien sûr, sur une 205 de 30 ans et plus de 150000 km, tous les roulements du train arrière sont à refaire. Une faiblesse typique de l’auto. Tout est refait. Enfin, par 2 fois, le collecteur d’échappement a été changé. Là encore, sa fissuration est connue. Le prochain sera probablement en inox…

Dernièrement, un violent coup de vent a fait qu’une échelle a percuté ma voiture en tombant. Heureusement, rien que de très superficiel et un voile de peinture a permis de refaire une propreté.

Ce que j’ai fait de cool avec…

D’abord en “Daily”

Lors de l’achat, elle m’a servi de véhicule de tous les jours, et chaque week-end elle faisait l’aller-retour Cholet-Cherbourg, souvent avec des covoitureurs à bord, mais aussi plus égoïstement, par les petites routes de Basse-Normandie et des Pays-de-la-Loire.

Puis les rassos

Question cool, il y a bien sûr les rassemblements où l’on peut discuter entre passionnés, échanger nos impressions. En novembre, il y a même eu la consécration ! Sur le stand News d’Anciennes à Epoqu’Auto, en divine compagnie : ma lionne à côté d’un cheval cabré de légende, une 365 GTB/4 Daytona !

Et les road-trips

Il y a eu aussi des road-trips. Un petit sympa entre potes au cœur des châteaux de la Loire, par l’organisateur de la Balade Tourangelle.

L’autre road-trip mémorable, c’était dans le Sud France en 2016. Cholet, Bayonne, d’abord, puis Marseille via le Larzac. Troisième étape direction Grenoble et pour finir, retour à Cholet. Quelques chiffres clé : 2500 km, 15 jours, 0 km sur autoroute, moins de 50 km de 2×2 voies et surtout, 0 souci. En roulant cool, je suis même tombé à 7,5 l/100 km. Mais j’ai pu aussi étriller la bête pendant la traversée du Massif Central de Millau au Vigan, puis des Alpes par la route Sisteron – Lus la Croix Haute. Ces étapes ont donné à ma lionne l’occasion d’exprimer tout son tempérament !

L’an dernier, autre road-trip, Cholet – Marseille. Toujours aussi envoûtant. L’idée du trajet jusqu’à Lyon : tracer 1 ligne droite et emprunter les routes les plus proche de cette ligne, donc nécessairement pas très larges ! Pour Lyon-Marseille, direction la Vallée du Rhône, mais très vite, vers Saint-Marcellin, direction la vallée du Buëch et Sisteron via le Vercors et les contreforts des Alpes. Les photos ont été essentiellement prises sur ce trajet qui fut un vrai plaisir !

Et maintenant ?

Côté mécanique, je dois remplacer les durites qui ont l’âge de la voiture, et les pneus qui à l’avant ont tendance à se la jouer « slicks ».

Côté roulages, je commence à sillonner les magnifiques routes de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont le Vercors qui est une vieille connaissance. J’aime la montée de Grenoble vers Saint-Nizier-du-Moucherotte. Ces 17 km, je les ai faits en toutes saisons en Golfs 1 et 3, en 309, en ZX, en Honda Prélude MK2 16V, en R4 GTL et avec la 205. Je compte bien aussi programmer quelques nouveaux road-trips, tester la course de côte en mode plaisir et bien d’autres choses !

Ma 205 ? Elle est un peu ma maîtresse d’acier. Et même si le Coronavirus COVID-19 est peut-être violent, le virus 205 GTI l’est, pour moi, encore plus !

Quoi de plus enivrant qu’un compte-tour qui grimpe, grimpe et demande encore à grimper au-delà de la zone rouge ?

Fabien
Reporter-Photographe à News d'Anciennes
Un lion et un cheval cabré m'ont fait aimer les voitures de mon enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des légendes, Fangio-Moss-Hawthorn, m'ont conduit à me passionner pour des bolides plus ancien.
A mon tour de partager avec vous.

6 commentaires sur “Les Autos de l’Équipe : la 205 GTI de Fabien”

  1. L’organisateur de La Balade Tourangelle (30 ans du Club Venturi) a été ravi de vous avoir aussi lors de son petit road trip 😉

  2. Bonjour Fabien,
    Toujours aussi sympa ta 205 GTI…La sellière de Cholet sévit aussi sur pas mal de nos Matra dans la région.
    Au plaisir de se revoir.
    Un petit coucou de Dominique “Matra Passion” de la région nantaise

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