Lancia Stratos

Lancia Stratos HF, pure voiture de rallye

Les autos de rallye sont la plupart du temps dérivées de voitures de route. C’est en tout cas l’idée même du rallye, et de tous temps on a au moins essayé de reprendre la forme d’autos de série. Certaines Groupe B ont pourtant été totalement originales, la Ford RS200 par exemple, mais la première du genre a bien été la Lancia Stratos.


Création longue et ex-nihilo

À la fin des années 60 la marque brille en rallye avec ses Fulvia. Les coupés sont particulièrement performants et se créent un joli palmarès. Mais il va falloir penser à trouver une remplaçante à cette auto dont la base, la berline, date de 1963 tout de même ! Sauf que Lancia est en proie à de graves problèmes financiers.

En 1969 tout change. Fiat entre au capital et éponge une grande partie des dettes. On peut alors penser à la compétition et à la suite.

On confie la tâche à Cesare Fiorio, à la tête de Lancia Compétition. Le choix est fort : l’équipe de course va concevoir la voiture sans tirer un modèle des chaînes de production pour le préparer ! C’est Nicola Materazzi (qui œuvrera chez Ferrari aux 288 GTO, Evoluzione puis F40 et concevra par la suite la Bugatti EB110) qui va être l’ingénieur en chef du projet.

Néanmoins on sait que l’homologation sera difficile pour une auto de ce genre. Il faut en effet construire l’auto à plus de 400 exemplaires… sans faire pâtir la production des autos de série. On se tourne donc vers les carrossiers et c’est Bertone qui se montre intéressé. Il en résulte le concept Stratos 0 exposé au Salon de Turin 1970. L’auto est encore une Lancia Fulvia 1600 recarossée mais au moteur placé à l’arrière. Si les lignes sont impossibles à reproduire, elles annoncent la couleur : la nouvelle auto ne ressemblera à rien de connu.

Toujours à Turin, mais cette fois en 1971 on présente l’auto sous ses formes définitives… mais elle n’est pas achevée, ses feux arrières sont des faux et le moteur est toujours le V4 Lancia.

Il faut en fait attendre le salon de Turin 1972 pour voir la Lancia Stratos s’équiper de sa mécanique définitive. L’accès à la banque de mécanique Fiat lui permet de fait de recevoir le V6 Dino !

L’auto est prête et elle impressionne. Sans être calquée sur la Stratos 0 elle est néanmoins futuriste. Sa ligne est donc due à Gandini et innove, surtout pour une auto ramassée de 3,71 m de long, 1,71 m de large et 1,11 m de large. Son principal signe distinctif est sans nul doute sa surface vitrée très aéronautique.

Le châssis sera, comme la coque, produit chez Bertone. Il est tubulaire et reçoit des poutres qui reçoivent les trains roulants avec des triangles superposés à l’avant et un système McPherson à l’arrière.
Ces éléments, comme le moteur V6 seront assemblés chez Lancia.

La Lancia Stratos propose, de base, 190 ch pour un poids juste sous la tonne. Sa vitesse de pointe est de 230 km/h, mais c’est surtout l’agilité qu’on a voulu privilégier avec une bonne répartition du poids, 46% à l’avant et 54% à l’arrière.

La carrière en rallyes de la Lancia Stratos

L’homologation Groupe 4 n’est pas encore arrivée que les premières Lancia Stratos sont engagées sur divers rallyes en 1972, mais en tant que Groupe 5. Ce sont surtout des tests qui permettent de corriger des problèmes de tenue de route, d’aéro (le petit aileron de toit n’est pas encore là) ou encore de refroidissement. Evidemment les abandons sont nombreux.

En 1973 on commence à retrouver une Lancia Stratos au point et les premières victoires tombent. Ainsi la Lancia Stratos s’impose sur le Tour de France Automobile. Si la voiture est surtout engagée en championnat d’Europe, cela va changer avec l’homologation Groupe 4 qui arrive alors que les 400 exemplaires sont achevés.

Ainsi en 1974 la Lancia Stratos va s’imposer avec Munari au San Remo et au Canada et avec Andruet au Tour de Corse. À l’issu de ce second Championnat du Monde des Rallyes, Lancia est champion du monde !

Rebelotte en 1975. Munari s’impose d’entrée au Monte Carlo, Waldegård en Suède et au San Remo tandis que Darniche remporte le Tour de Corse, le tout agrémenté de divers podiums, y compris sur les terres cassante du Kenya. On note aussi sa seconde victoire au Tour de France.

En 1976 les trois pilotes signent un triplé au Monte Carlo avec Munari en tête. Il impose de nouveau une Stratos au Portugal. Nouveau triplé au San Remo avec une victoire de Waldegård avant un doublé Munari – Darniche en Corse. Une fois de plus la Lancia Stratos est championne du monde.

À partir de 1977 le groupe Fiat va miser sur sa 131 Abarth. La Lancia Stratos est toujours engagée puisque de nombreux pilotes privés courent avec. Et elle continuera à gagner en Championnat du Monde. Cette année là elle remporte ainsi le Monte Carlo et le Tour de France. En 1978 elle accroche le San Remo et la Catalogne, en 79 le Monte Carlo, le San Remo et la Corse, plus le Tour de France !
Si elle commence à décliner elle signera encore des victoires sur le Tour de France 1980 et au Tour de Corse 1981.

La Lancia Stratos en piste

On notera aussi que Lancia a monté un autre programme à partir de 1976. Il s’agissait alors de lutter sur les circuits en silhouette. La Stratos se dote alors d’un Turbo ! Malgré un palmarès plus faible son principal fait d’arme sera le Tour d’Italie Automobile en 1976.

Les Lancia Stratos de nos jours

Avec 476 exemplaires construits et un palmarès aussi prestigieux, les Lancia Stratos sont bien sûr sources de beaucoup de rêveries automobiles. Les prix sont à la hauteur de la bête. Ils oscillent entre 350 et 550.000 €, le palmarès différenciant les Stradale des authentiques autos de course.

Certains n’hésitent pas à les faire courir. On peut ainsi les voir occasionnellement sur le Tour Auto, le Rallye Monte Carlo Historique ou encore dans les rassemblements spécialisés que sont l’Eifel Rallye Festival ou le Vosges Rallye Festival.

La Stratos a aussi été source de nombreux projets de résurrection. Un seul a finalement vu le jour en série, sur une base de Ferrari 430.

Sources : Wikipedia et Mecanicus


thomartini
Rédacteur-Essayer à News d'Anciennes
Thomas est le premier à rejoindre Benjamin dans l'aventure News d'Anciennes, dès 2013.
Amateur d'autos sportives, il sait aussi jouer le copilote en Simca ou bricoler un proto qui ressemble à une 4L.

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