Lamborghini Islero, magnifique, classique et ratée

Lamborghini Islero, magnifique, classique et ratée
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Si on vous parle de Lamborghini des années 60 vous allez penser à la Miura et à l’Espada, évidemment. Mais elles n’étaient pas seules dans le catalogue. On trouvait également la Lamborghini Islero, fine GT qui souffrit de l’ombre de ses sœurs… entre autres problèmes.

Lamborghini se développe

La marque Lamborghini se lance en 1964 avec la 350 GT. Vous connaissez certainement la raison mais on la rappelle quand même : Ferrucio Lamborghini est vexé par Enzo Ferrari. Le premier, qui a fait fortune dans le matériel agricole critique les autos au cheval cabré, le second, toujours aussi sympathique, lui rétorque qu’il ne sait pas les conduire.

Avec une équipe qui a belle allure, c’est Bizzarinni qui se charge de la technique et Touring des carrosseries, naissent donc la 350 GT qui laisse sa place à la 400 GT 2+2 deux ans plus tard alors que le taureau lance un pavé dans la marre avec sa mythique Miura.

Mais il faut renouveler la 400 GT, qui n’est qu’une évolution de la 350 et Lamborghini va choisir deux autos pour relever le défi.

Les Lamborgini Islero et Espada, sœurs “ennemies”

Ce sont deux autos que présente Lamborghini au salon de Genève 1968. Deux GT qui comptent emporter 4 personnes dans leur habitacle, bercés par le V12 maison qui est partagé entre les deux autos (et la Miura d’ailleurs).

Les deux vont évoluer sur le même créneau mais leur philosophie n’est pas la même. L’Espada a été dessinée par Bertone. Sa ligne est assurément moderne et ne ressemble à rien de ce qu’on peut trouver sur les routes à cette époque. Son V12 avant et son pavillon haut laissent de la place pour quatre vraies places.

La Lamborghini Islero 400 GT, de son nom complet, est bien plus sage. Lambo voulait continuer avec Touring mais celui-ci a fermé et il se tourne donc vers Marazzi. Celui-ci est jusque là plus un sous-traitant qu’un styliste. Mais il s’emploie à créer une auto belle, consensuelle et qui ne rompt pas trop avec sa devancière. Effilée, avec un habitacle clair, mieux insonorisé et plus spacieux que la 400 GT, elle est jolie.

Mais elle rompt tellement peu que son design est jugé trop fade, trop classique car vraiment trop proche des 350 et 400 qui ont 6 ans.

Côté technique par contre c’est du grand art. Le V12 3929 cm³ et ses 6 carbus double-corps Weber délivrent 320 ch. Une cavalerie qui propulse 1350 kg, le poids est en hausse puisqu’on est passé de la Superleggera à de l’acier, à 250 km/h !

Son nom enfin est celui d’un taureau. Pas n’importe lequel, celui du taureau qui a tué dans l’arène le matador star Manolete en 1947.

Mais ce qui va poser problème à la Lamborghini Islero c’est la qualité de ses finitions. Quand on veut incarner le luxe dans le segment des GT et lutter contre Ferrari, Aston ou Maserati on ne peut pas se le permettre. Les premiers acquéreurs essuient les plâtres et lui donnent une réputation exécrable. Les autres clients potentiels ne se bousculent pas.

L’Espada se vend un peu mieux et ne souffre pas de la même réputation…

La Lamborghini Islero 400 GTS

En Février 1969 on a vendu “que” 125 exemplaires de l’auto. la firme au taureau présente une version revue et corrigée : la Lamborghini Islero 400 GTS. Les finitions sont largement améliorées. On la reconnait à son écope de capot plus grande, ses feux de position latéraux ronds,

On augmente aussi la puissance qui atteint désormais 350ch en utilisant notamment les arbres à came de la Miura et en augmentant le taux de compression. La suspension arrière reprend la conception de l’Espada dans le but d’améliorer tant la stabilité que le freinage. D’ailleurs les freins sont plus gros tant à l’avant qu’à l’arrière. La vitesse de pointe atteint 260 km/h.

Mais les premières versions ont fait tellement mal à l’image de la voiture et le design étant le même, la nouvelle auto ne fait pas de miracle. 100 exemplaires de la Lamborghini Islero 400 GTS seront produits avant que Lambo n’arrête les frais et ne dévoile la Jarama au Salon de Genève 1970. Avec un style signé Bertone, plus proche des autres autos de la gamme et une réputation toute neuve, elle fera un peu mieux que sa devancière !

L’anecdote qui tue : la Lamborghini Islero aux 24h du Mans !

La première Lamborghini à se présenter aux 24h du Mans est une Lamborghini Islero ! Il s’agit du premier exemplaire livré en France en 1968 qu’a acheté Paul Rilly en 1974.

Paul Rilly va l’engager aux 24h du Mans avec une préparation sommaire. Les résultats ne sont pas au rendez-vous, l’auto est ancienne et ce n’est pas une pure sportive. Non-qualifiée elle aurait cependant pû être repéchée mais Rilly a raté le coche car il était injoignable !

L’histoire complète est à retrouver sur le site Les24heures.fr

Les Lamborghini Islero de nos jours

Longtemps boudées il semble que les collectionneurs actuels aient une bien meilleure image de l’Islero que les clients potentiels de la fin des années 60.

Ses lignes rappellent un temps révolu et sa technique n’a jamais été prise en défaut.

Le prix de ses autos augmente régulièrement et dépasse désormais les 200.000 €, les GTS étant évidemment un peu plus chères. Une reconnaissance méritée pour une auto que tout destinait à un oubli quasi définitif !

Photos additionnelles : Osenat, RM Sotheby’s

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