La Rosengart Ariette, ratée et rareté

La Rosengart Ariette, ratée et rareté
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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On ne vous blâmera pas si vous n’avez jamais vu ou jamais entendu parler de la Rosengart Ariette. Mais on a pu en croiser une il y a quelques temps et ça nous a donné envie de vous présenter cette étonnante petite auto.

Vous ne vous souvenez pas de Rosengart ?

Derrière la marque il y a Lucien Rosengart. Ingénieur de génie, il invente le baby-foot ! Il sera aussi à l’origine de nombreux brevets utilisés dans l’automobile au début du vingtième siècle.

En 1927 il lance sa marque automobile. Il fabrique des Austin Seven de 1923 sous licence et ça marche bien puisque les ventes permettent à Rosengart de se hisser à la 5e place des ventes en France ! En 1932 il lance une auto 11CV qui sera la “première voiture française à Traction Avant”, même si d’autres sont déjà passées avant, comme la Tracta par exemple. Sa Rosengart Supertraction est pourtant… une allemande, une Adler Trumpf construite sous licence ! La gamme s’étend vers le haut mais les ventes déclinent. Les dérivés de la Seven restent au catalogue, la LR4N2 et sa calandre en pointe, aussi appelée Supercinq, relance un peu la machine. En 1938 la nouvelle Supertraction est basée sur la Citroën Traction…

Après la guerre, Lucien se retire, mais Rosengart continue. La Supertraction ne peut plus recevoir de moteur Citroën, elle devient Supertrahuit avec un V8 Mercury ! Viennent ensuite des autos plus petites, la première c’est la Vivor en 1950, dépassée dès son lancement.

L’apparition de la Rosengart Ariette

Au Salon de Paris 1951, on présente la toute nouvelle Rosengart Ariette. Dessinées par Philippe Charbonneaux, ses lignes sont réussies.

Côté technique on recycle… notamment le moteur des Supercinq des années 30. Toujours basé sur la mécanique de l’Austin Seven, ce 4 cylindres de 743 cm³ tourne sur deux paliers. Il n’a pas de pompe à huile et le refroidissement se fait par thermosiphon. Au total il sort 18ch et est accouplé à une boîte à peine plus jeune, celle de la Simca 6. La voiture adopte un châssis séparé, des suspensions arrière à lames et des freins à cables ! Et puis la Supertraction est loin, la Rosengart Ariette est une propulsion. Dans les années 50, cela fait tâche !

Enfin le prix est tout simplement hors sujet ! À 615.000 frs elle est plus chère qu’une Traction 11 BL !

La Rosengart Ariette évoluera de façon obligatoire. Au salon de Paris 1952 apparaît une première évolution. Le moteur ne cesse de couler des bielles qui sont revues. Doté d’un carburateur inversé, d’une admission et d’un échappement revus sa puissance passe 21 ch. Elle recevra ensuite des freins hydrauliques avec de plus gros tambours. On note aussi l’arrivée d’un break et d’un cabriolet.

Mais les ventes ne décollent pas. En 1953 ce sont seulement 240 autos qui sont produites. On présente alors l’Artisane, une version dépouillée du coach mais cela ne change rien.

L’arrivée d’autres petites autos, la Scarlette, une Rosengart Ariette avec une mécanique et une calandre de Panhard Dyna X et de la Sagaie au flat-twin SEMO ne sauvera pas la marque.

Au total ce sont 1577 autos, toutes carrosseries comprises qui auront été produites quand Rosengart ferme ses portes en 1954.

La Rosengart Ariette de nos jours

On a déjà eu de la chance d’en croiser une… Forcément avec une production si réduite, c’est une auto extrêmement rare. Alors profitez en pour en faire le tour.

Et si d’aventure son histoire ne vous a pas refroidi, vous pourrez en acheter une pour environ 5000 € et 8000 € pour un cabriolet. Histoire de rouler (très très) décalé !

La Rosengart Ariette, ratée et rareté

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4 Commentaires

  1. Mon père avait acheté l’un des derniers modèles d’Ariette. Cette petite voiture (4CV) se situait à un tout autre niveau que la 4CV Renault par exemple, plus proche de l’Aronde de Simca. Bonne habitabilité malgré deux portes seulement. Son point noir était sa mécanique qui avait trente ans de retard, soupapes latérales, refroidissement par thermosiphon, vilebrequin sur deux paliers graissage par barbotage. Rosengart conscient de cette faiblesse avait bien tenté d’en améliorer les performances, aboutissant à une fragilisation qui cependant ne portait pas les performances de la voiture à un niveau commercial acceptable. Sur la voitures de mon père, le vilebrequin finit par se rompre, entraînant une salade mécanique rédhibitoire. Mon père, fin mécanicien, se procura alors un ensemble moteur/ boite de vitesse de Dauphinoise. La Dauphinoise était en fait une Juvaquatre, utilitaire datant d’avant guerre et produite par Renault. Ce petit utilitaire a continué sa carrière commerciale sous le nom de Dauphinoise. Il fut remotorisé après la guerre avec un moteur de Dauphine Renault et une boite à trois vitesses entraînant un arbre de transmission vers le pont arrière. Moderne, avec sa cylindrée de 850 cm3, développant une trentaine de CV, (contre une vingtaine au moteur Rosengart) ce moteur avait métamorphosé l’Ariette, lui permettant d’atteindre plus de 110 Km/h alors que le moteur d’origine ne permettait guère de dépasse 90, et à condition d’avoir pu se lancer.
    Cette attachante petite Ariette de mon père finit tristement sa carrière à la ferraille suite à un accident.
    Je serais heureux de communiquer avec une personne ayant eu aussi relation avec cette petite voiture dont très peu d’exemplaires doivent encore exister, après…70 ans

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