Ferrari & Porsche, deux marques légendaires, pas pour les mêmes raisons

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Ferrari & Porsche, deux marques légendaires, pas pour les mêmes raisons
Benjaminhttps://newsdanciennes.com
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos. Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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Qu’on soit sensible, ou non, à leurs charmes et à leurs autos, on ne peut pas le nier. Ferrari et Porsche sont deux marques stars. Elles le sont avec leurs dernières productions, elles le sont également avec leurs modèles historiques. Si les deux ont en commun leur aura et leur succès, les deux marques ne sont pas prisées par les mêmes conducteurs/pilotes et on ne les recherche pas pour les mêmes raisons. On vous propose de décortiquer leurs points communs et leurs différences.

Les raisons de leur amour

Pour commencer, analysons ce qui fait que ces autos tant aimées. Parce qu’au final, sur les nombreux points qui ont construit leur cote d’amour, les deux marques ont beaucoup de points communs.

Des autos sportives

Des marques qui produisent des autos sportives, il y en a beaucoup au final. Mais chez Ferrari et Porsche, ce n’est pas un segment, c’est un credo et cela fait toute la différence.

Porsche a toujours proposé des autos sportives, même si la noblesse mécanique n’était pas celle de Ferrari, au début de l’aventure du moins. Quand les 356 étaient des dérivées de Coccinelles, conçues pour la route avant tout, les Ferrari étaient des autos de compétition. Elles ont d’ailleurs mis quelques années à réellement arriver sur les routes.

Néanmoins les deux marques sont toujours restées attachées à ces autos sportives. Certes la marque allemande a fini par proposer des SUV et des berlines à moteur Diesel, mais elles n’ont jamais fait oublié le vrai but de la marque. Et puis n’oublions pas que Ferrari prépare son SUV. Dans les deux cas, quel que soit l’auto, elle est travaillée pour être dynamique, sportive, et belle si tant est qu’on trouve de la beauté dans un Cayenne.

Pourquoi cette vocation sportive est-elle importante ? Au-delà de la compétition, on en parle après, l’auto de sport, l’auto rapide, l’auto performante, quelles que soient les limitations de vitesse et le réel usage qu’on en fait, reste une auto de rêve. Quand les marques généralistes restent dans les mémoires comme des autos de souvenirs, quand le propriétaire de deuche se rappelle celle du grand-père, il n’oubliera pas le jour où il s’est fait déposer par une 250 et son V12 hurlant.

Des marques historiques qui parlent encore

Des marques sportives, qui ont marqué l’histoire et qui existent encore de nos jours, il y en a peu au final ! Certaines n’ont plus la même aura et sont devenues très (trop) généralistes, Jaguar, Alfa, Maserati… Certaines ont disparu ou se sont réorientées, MG fait désormais de l’électrique low cost.

Ferrari et Porsche ne sont pas seuls, puisque d’autres marques comme Lamborghini, Aston Martin perdurent également tandis que Alpine, Bugatti ou même McLaren ont des histoires qui leur permettent de produire toujours des sportives en 2021.

Mais aucune de ces marques n’est encore aussi présente dans l’esprit des amateurs, des collectionneurs, des pistards et des enfants comme le sont les deux marques qui nous intéressent aujourd’hui. Si elles ne sont pas les plus anciennes en tant que constructeur, l’allemande est apparue officiellement en 1948, un an après Ferrari, au moins ont-elles traversé l’histoire sans changer leur fusil d’épaule.

Des palmarès longs comme le bras

On vous citait précédemment d’autres marques concurrentes. Mais aucune n’a le même palmarès que Porsche et Ferrari. Et en plus, des palmarès encore ouverts, des palmarès qui accumulent les événements prestigieux avec une tradition de victoires dans les grands événements.

Côté Ferrari, c’est évidemment la présence en F1 qui marque. C’est le seul constructeur qui soit présent depuis la première saison et qui n’en ait manqué aucune ! Du coup cela représente 1009 départs, 238 victoires, 228 pôles, 254 meilleurs tours, 773 podiums et 16 titres constructeurs !

Pour autant la marque italienne s’est aussi distinguée en endurance. Et même si elle va faire son retour sur le devant de la scène, cela fait 50 ans qu’elle n’a que rarement visé la victoire absolue. Les compteurs font quand même état de 9 victoires aux 24h du Mans, 5 à Daytona, 12 à Sebring, 11 Mille Miglia et 2 Carrera Panamericana.

Côté Porsche, en endurance, les victoires de classe sont arrivées bien avant les victoires au général avec les petites 550, 718, 904, etc. En fait la marque a gagné un Grand Prix de F1 (sa seule victoire d’ailleurs) avant de remporter le Mans, c’était sur le circuit des Essarts en 1962. Par contre, aux 24h du Mans, une fois la première victoire acquise en 1970, la machine était lancée et la marque compte désormais 19 victoires !

On pourra ajouter à son crédit 18 victoires à Daytona et autant à Sebring. Quand Ferrari a gagné sur les Mille Miglia et la Carrera, Porsche n’y brillait que dans sa catégorie. Par contre la marque allemande s’est aussi distinguée en rallyes avec deux victoires en WRC et la première coupe internationale des marques en 1970, l’ancêtre du championnat constructeur. On ajoutera aussi un terrain sur lequel Ferrari ne s’est encore jamais aventuré : Porsche a remporté deux fois le Paris-Dakar !

Des palmarès tout bonnement énormes qui contribuent donc à leur aura.

Des ADN distincts et bien définis

Des voitures sportives, d’accord. Concurrentes ? En 2021, c’est plutôt vrai, même si c’est plus au niveau des performances que du positionnement des modèles, Ferrari la jouant plus haut de gamme et exclusive.

Pour ce qui est des anciennes, les Ferrari sont bien plus exclusives que les Porsche. Dès le début la 356 était bien plus diffusée que les Ferrari, qui comptaient pourtant une véritable gamme avec des déclinaisons nombreuses.

Quand Porsche a toujours cherché le volume, et fait la promotion de ses productions sur la piste. À l’inverse Ferrari ne voulait, au départ, que rentabiliser l’investissement technique dans les autos de course en vendant des autos de route.

Du coup, même si on se retrouve au volant d’autos sportives, pensées pour la performance et le plaisir, l’exclusivité est ce qui différencie le plus les deux marques. Néanmoins ce n’est pas forcément un gage de réussite commerciale.

Les Ferrari ont toujours eu la réputation de voitures difficiles à entretenir et, fut un temps, à la finition désastreuse. De leur côté les Porsche ont compensé leur tradition d’auto piégeuses, à cause de leur porte à faux, par une qualité poussée et une fiabilité au diapason.

Porsche et Ferrari, les valeurs sûres de la collection

Des points communs, des différences, voilà ce qui définit les deux marques. Maintenant on va s’attaquer à ce qui nous touche directement : leur place dans le monde de la collection.

Deux marques très recherchées

Dire que les Porsche et les Ferrari sont les autos les plus recherchées du monde de la collection n’est ni totalement vrai, ni totalement faux.

Pour autant, un gros indicateur vient conforter cette idée quand on parle de la marque allemande : le dernier baromètre de Classic Expert (auquel nous avons participé d’ailleurs) mettait en avant que la Porsche 911 était le modèle le plus recherché du monde de la collection. Elle devance la 2CV et la Mustang ! Pour autant, la Porsche 911 a pour elle que c’est un modèle à la longévité peu commune : ses différentes versions sont en effet présentes depuis 1964 sans discontinuer ! Et puis la marque a construit une grosse partie de son image avec ce seul modèle, même si les autos de compétition engagées pour briguer les grandes victoires n’en étaient pas.

Du côté de Ferrari, difficile de mettre en lumière que les autos de la marque sont si recherchées. Déjà par le simple fait que les modèles sont plus nombreux et entraînent un phénomène de dilution des demandes. Quand on peut rechercher une Porsche 911 de 1982 ou de 1967, on recherche une Ferrari 308 ou une Ferrari 275. Et puis il faut bien reconnaître que le volume de production, on y revient, n’était pas le même.

On notera également que les deux marques sont recherchées pour une raison simple : l’aura et le fait qu’elles se soient imprimées dans la tête de l’amateur d’automobile dès son plus jeune âge en font des autos « logiques ». C’est logique que ces marques soient celles vers lesquelles se tournent les amateurs une fois qu’ils ont les moyens d’en acquérir une. Surtout, elles sont tellement connues que même celui qui ne s’y connaît pas énormément pensera à elles. Et c’est certainement ce qui les différencie de Lamborghini ou d’Aston Martin.

Des valeurs (pécuniaires) sûres

Ferrari et Porsche sont deux marques recherchées. Et ce n’est pas par hasard. Au delà du fait que leurs autos sont des sportives, des autos de rêve, et que la marque a une aura énorme, les valeurs des autos sont également intéressantes pour les quidams. Les Porsche et les Ferrari, dans leur généralité, n’ont jamais été des autos abordables. Même si leur décote est forte sur les premières années, elles arrivent très vite dans le monde des collectors, à défaut de parler des autos de collection.

Si elles sont chères, et que ça se vérifie année après année, c’est également un avantage : elles sont des placements intéressants.

Jérôme Weytens, expert automobile chez Classic Expert nous en dit plus sur ces valeurs :

Du côté des Porsche anciennes, il faut dissocier deux types d‘autos, à savoir les 911 (haut de gamme) et les PMA (entrée de gamme).

Pour les premières, les cotes montrent une progression de plus de 10% sur les 5 dernières années concernant les Gamme G (autour de 60.000€ pour une voiture en bon état) et une constance concernant les 964 (autour de 50.000€).

Pour les autres, les cotes ont doublé depuis 5 ans concernant les 924 (autour de 10.000€) et les 944 (autour de 20.000€) et celles des 928 ont suivi quasiment la même progression (autour de 25.000€). Les Porsche sont donc des valeurs sures sur le long terme, même si une analyse à court terme peut montrer des variations spectaculaires, à la hausse comme à la baisse.

Chez Ferrari, il faut également dissocier deux types d’autos, à savoir les V8 (entrée de gamme) et les V12 (haut de gamme)

Pour les premières, les cotes sont stables sur les 5 dernières années pour la 308 (autour de 90000€), mais en baisse de plus de 20% pour les 328 (autour de 80000€), la Mondial ayant subi une baisse similaire également (autour de 40000€).

Pour les autres, les cotes sont stables pour les 512 (autour de 200.000€), mais en baisse de plus de 10% pour les Testarossa (autour de 100.000€).

Comme on peut le constater, ce sont donc les versions d’entrée de gamme des 2 marques qui ont le plus la cote d’amour (cette fois ci) en ce moment, sachant qu’elles sont restées longtemps au purgatoire des véhicules de collection pour leur côté « populaire » mais qu’elles en sortent finalement, la barre des 30 ans enfin passée.

Les stars des enchères restent incontestablement les Ferrari qui battent régulièrement des records, notamment grâce aux 250 GTO (record d’enchères frôlant les 50 millions d’euros et record de vente à 80 millions d’euros). Les plus grosses ventes mondiales jamais enregistrées pour des autos ! C’est donc de ce côté-là (le très haut de gamme) que les Ferrari subissent les plus fortes hausses.

L’histoire n’est pas laissée de côté

Si Ferrari et Porsche sont également bien présentes dans le monde de l’ancienne, c’est que les deux marques mettent en avant leur patrimoine. D’abord via des Musées de haute qualité que bien des constructeurs généralistes leur envient.

Et puis les anciennes sont souvent mises à contribution. On ne lésine pas sur les références aux modèles anciens au moment de présenter une nouvelle auto présentant un tableau de bord ou une entrée d’air « en référence » à une glorieuse ancêtre. Même Porsche a su jouer la carte du tracteur au moment de dévoiler son Cayenne mazouté !

Et puis, de plus en plus, les deux constructeurs s’impliquent dans la préservation de leurs modèles historiques. Via des ateliers de restauration, directement à Maranello où via des ateliers labellisés du réseau pour la marque de Stuttgart. Les deux n’hésitent pas non plus à délivrer directement des sésames avalisant l’authenticité de l’auto.

De vraies communautés

Enfin, un dernier point qui lie Porsche et Ferrari et qui joue énormément sur leur place dans la collection automobile : les communautés de collectionneurs.

Les deux marques peuvent compter sur un vrai attachement de leurs propriétaires. On est fier d’avoir une Porsche ou une Ferrari et cela vaut comme une carte d’entrée dans un club très sélect, au delà du fait que ces membres sont de plus en plus nombreux. Et puis ces clubs se mettent régulièrement en avant en proposant des événements ouverts uniquement aux autos de la marque. Certes, beaucoup de clubs font la même chose… mais n’ont pas le côté exclusif que sont les événements dédiés aux deux marques au blason chevalin.

Contrairement à un club de Citroëniste, on parlera ici moins de refabrications, même si les problématiques liées aux pièces peuvent apparaître également.

Les deux marques soutiennent d’ailleurs de nombreuses actions… Même si du côté Ferrari le côté pécunier est quand même bien plus important.

Conclusion :

On adore les opposer. L’une est germanique, austère, l’autre est latine, exubérante. Mais les deux sont performantes et surtout, le Porschiste et le Ferrariste n’ont-ils pas acheté leur belle pour les mêmes raisons ?

Il y a plein de similitudes entre les productions des deux marques. Plein de rêves d’enfants aussi. En tout cas les deux entretiennent la passion et feront tourner des têtes pendant longtemps.

Et si vous ne savez pas choisir : essayez en. Ce n’est d’ailleurs pas sûr que vous puissiez trancher !

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3 Commentaires

  1. Lorsque vous évoquez le palmarès des Ferrari et des Porsche (ces dernières étant à mon avis moins prestigieuses et franchement vulgaires), en disant qu’ils sont uniques, vous oubliez Lancia, qui a probablement le plus beau palmarès qui soit, 11 fois championne du monde des rallyes. Pour les collectionneurs, les Delta intégrale, Delta S4, 037 et Stratos atteignent des prix stratosphériques, l’Aurelia B24 atteignant des sommets

    • On ne peut nier en effet le palmarès des Lancia. Mais, malheureusement pour cette marque qui a toujours été bien devant Ferrari et Porsche au niveau technologique, Lancia n’a brillé « que » en rallyes. Et, sans faire injure aux amoureux de la discipline, un titre de champion du monde des rallyes n’a pas le même retentissement qu’un titre en F1, et peut-être est-il comparable à une « simple » victoire au Mans.

  2. Je vois que Rosselet défends les Italiennes et il a raison, car le passé de Maserati est aussi prestigieux, par exemple.
    Pour ma part, j’aime les Porsches pour leur relatives discretions et je n’ai pas les moyens pour me payer Ferrari…que j’adore aussi.

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