En ZX 16V ACAV pour un road-trip un peu particulier

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En ZX 16V ACAV pour un road-trip un peu particulier
Fabien
Un lion et un cheval cabré m'ont fait aimer les voitures de mon enfance... Un livre, «La maîtresse d'acier» de Pierre Coutras, et des légendes, Fangio-Moss-Hawthorn, m'ont conduit à me passionner pour des bolides plus ancien. A mon tour de partager avec vous.

À la une sur News d'Anciennes

Cela faisait un an que j’avais mis quelques mots-clés en ligne sur quelques sites de vente entre particuliers. L’objectif initial était de trouver une banque d’organes pour une 1.4i Flash de 1993, dont je vous parlerai très certainement dans un futur article… Et puis, un soir de décembre, je vois cette ZX 16V. Rouge Furio. Avec une liste assez détaillée des travaux réalisés dessus et un prix… En rapport avec mon budget et la cote basse de l’auto. Et là, l’aventure commence !

Premiers contacts

Acheter une ancienne, ou une youngtimer, c’est toujours difficile quand on n’est pas un pro. Et même en étant pro, d’ailleurs ! Alors, on se raccroche au feeling que l’on a avec le vendeur. On en parle autour de soi. Mais cela ne suffit pas. Il faut des éléments factuels.

Pour ne pas avoir de problème lors de l’immatriculation et pour éprouver un peu le vendeur, à la classique question « bonjour, la ZX 16V est-elle encore à la vente ? » et à la réponse positive attendue, j’ai demandé sir le Certificat d’Immatriculation était bien au nom du vendeur et une copie du dernier CT.

Quasi instantanément, j’ai reçu un oui pour ce qui concernait le CI, et avec la photo du CT de Janvier 2020, une floppée de photos de détail et même une vidéo ! Oui, j’oubliais de préciser : la voiture était à Pau et je suis en région Lyonnaise, donc pas évident d’aller faire un saut pour voir.

Bref, le contact était bon, cordial avec le vendeur, et le CT n’avait aucun point de contre-visite et seulement 3 lignes de défauts mineurs. Mieux, les photos et la vidéo permettait de se faire une idée de la propreté de l’auto.

Plus de qualités que de défauts

C’est sûr, cette belle ZX 16V a des défauts : 308.000 km au compteur, une peinture fanée (vous me direz, logique pour une rouge des années 90) et on voit qu’elle a servi… Et c’est encore heureux pour une presque trentenaire !

Mais j’y ai vu des belles qualités : une peinture fanée de manière homogène synonyme d’absence de choc, tout comme ces « pocs » ou ces rides (comprenez rayures) qui trahissent son âge et son usage quotidien une bonne partie de sa vie. Parmi les points forts, l’absence de rouille, un ralenti régulier (sur la vidéo), un intérieur propre avec autoradio d’origine, et la présence de tous les accessoires plastiques. Et oui, c’est une digne descendante des GTI des années 80 avec leurs appendices destinés à rendre l’auto plus agressive comme les élargisseurs d’ailes, les bas de caisse ou le fameux bécquet !

La dernière chose, et pas des moindres, c’est que mon vendeur a poussé l’honnêteté à prendre à sa charge les câbles de frein à main, car il n’avait pas mentionné leur usure sur l’annonce. Il faut préciser que j’avais décidé de ne pas marchander. Ceci a sûrement beaucoup aidé dans les relations ! J’ai même poussé le vice à envoyer 100€ à mon vendeur pour qu’il fasse le CT avant que je vienne. Et oui, comme nous l’avons déjà mentionné, le CT de moins de 6 mois est un passe nécessaire pour la sérénité de l’immatriculation et ce n’est pas non plus la mer à boire (c’est par ici).

Mais entre délai pour les câbles et le CT, confinements, vacances de Noël et le fait que le déplacement impose un voyage sur un week-end complet, c’est donc 2 bons mois plus tard que le rendez-vous physique, devant ZX 16V a été fixé. Mais là encore, la confiance réciproque avait opéré et mon vendeur avait retiré l’annonce du site dès les premiers échanges.

Mais au fait, pourquoi une ZX 16V ?

C’est vrai que pour la grande majorité des gens, et même des amateurs d’anciennes, une ZX, ça ne fait pas rêver. Comme l’écrivaient les journalistes à l’époque, la ligne est fade et l’intérieur, austère à l’allemande. Mais quand on gratte un peu, on constate que la ZX 16V, a été produite à moins de 10.000 exemplaires. La version de fin de règne forte de 167 chevaux est un graal inaccessible avec seulement 558 exemplaires sortis des chaînes.

La version ZX 16V ACAV, pour Admission à Caractéristique Acoustique Variable (oui, à l’époque les acronymes existaient aussi en français dans le texte !), n’a quant à elle pas dépassé les 7981 exemplaires produits. Ce système était en théorie destiné à favoriser le couple à bas régime et la puissance dans les tours, mais il a été très critiqué à l’époque pour avoir plutôt rendu le moteur moins tonique. Citroën avait prévu fournir 155 chevaux, mais au final, la communication se fera sur 150, a priori plus proche de la réalité.

Et ce désamour pour la Citroën a fait que beaucoup d’entre elles ont servi de banque de moteurs pour des SWAP sur 205 GTI, plus sexy, par exemple, depuis le début des années 2000. Ce qui rend l’auto encore plus rare aujourd’hui.

Outre ces considérations relatives à l’intérêt en collection de l’auto, et comme l’objectif est de rouler, la ZX est un choix qui s’est imposé de lui-même. Un châssis dont la réputation n’est plus à faire, un moteur décrié pour son système ACAV mais réputé pour sa fiabilité, ses 4 places confortables. Autant d’éléments qui ont fait pencher la balance. Et puis, avec ses accessoires et son décroché de fenêtre caractéristique au coupé, elle produit quand même son petit effet.

La prise en main

Le « jour J » est arrivé. Lever 4h30 un samedi… Ca pique ! 5h27, départ Gare de la Verpillière, entre Bourgoin-Jallieu et Lyon. Ce sera également mon point d’arrivée, histoire de boucler ce road-trip. L’arrivée se fait à 16h en gare de Pau après 3 correspondances SNCF et toutes les planètes sont alignées, puisque l’heure d’arrivée est respectée !

Mon vendeur m’attend à côté de la belle. Enfin, les photos avaient fait la mariée plus belle, le rouge prend bien l’objectif. Au final, la couleur est plus pelée que prévue, mais quoi qu’il en soit, un tour de l’auto sur le parking met en avant que les informations sont conformes aux attentes. Même mieux : les monogrammes 16V et Citroën manquant sont dans le vide poche de la console centrale. L’auto est 100% complète.

Puis il me tend les clés avec un large sourire : « on va chez moi, prend le volant puisque c’est bientôt la tienne ! » avec cet accent chantant du Béarn, aux notes fleuries. Je m’installe à bord. Le siège semi-baquet maintient bien. La position de conduite est obtenue très aisément avec les réglages basiques, seul le maintien lombaire nécessite plus d’ajustage. Mais tout fonctionne bien.

Contact. Le moteur s’ébroue dans un son feutré. Pas d’esbrouffe, le son est grave et pas tapageur, et la voiture avance sur un filet de gaz. On en a pour une bonne demi-heure de route, ville et départementale, un bon terrain de jeu pour évaluer l’auto.

Propriétaire de la ZX Flash dont je faisais mention au début de l’article, je suis surpris par la fermeté des suspensions de la ZX 16V qui pourtant gomment parfaitement les approximations de la route. De même, tant en ville qu’en campagne, le train arrière auto-directionnel inauguré sur ces auto est beaucoup plus présent : la voiture vire à plat avec une facilité déconcertante. En fait, comme à pleine charge sur la Flash. Les pneus taille basse en 15 pouces et les suspensions fermes n’y sont bien sûr pas étrangers.

Sortie de ville, quelques virages, une cote, une zone de dépassement à 2 voies et une cible (oui, enfin, une petite Sandero pépère qui n’avait rien demandé), l’occasion rêvée de tester le système ACAV. La voiture prend ses tours sans rechigner, avec un certain plaisir même. La Dacia est avalée sans même dépasser les limitations. Nouveaux virages, plus serrés. Je rétrograde en 3e, les tours montent et passé 4000 tours, la ZX 16V est catapultée. Mon vendeur refroidit mes ardeurs. Mais je sens que sur le trajet retour…

Pour l’heure, c’est satisfait de cet essai que l’on arrive sur le lieu de session. Tous les papiers sont remplis en prenant un café, et quelques sueurs froides au moment de verser la somme (merci internet !). Mais tout se fait finalement. Et quelques minutes plus tard, je fais un dernier signe amical à Maxime, ému de voir partir son auto qu’il aimait bien. Quant à moi, fier comme Artaban au volant de mon bolide !

Encore quelques kilomètres pour passer la nuit et être à pied d’œuvre le lendemain matin pour remonter. Chambres d’hôtes qu’au passage je conseille pour ceux qui se baladent dans le coin : la Villa Imaginaire à Maubourguet (prononcer le t). Un accueil sympa et une ambiance familiale qui font chaud au cœur en ces temps de pandémie !

Le road-trip du retour

La genèse

En préambule, je n’ai pas travaillé particulièrement le road-trip. L’objectif n’est clairement pas touristique. L’objectif est de se faire un max de plaisir, tout en cherchant à arriver avant le couvre-feu, 616 km plus au nord-est. Le tout par les routes, départementales et nationales. Le genre de parcours où l’on apprend que la ligne droite est peut-être la distance la plus courte entre deux points, mais surement pas la plus rapide quand il s’agit d’un itinéraire routier ! Ce qui n’est pas pour me déplaire.

Cet itinéraire a donc été défini sur Google Maps, en paramétrant l’appli pour éviter les autoroutes et éviter les péages. Afin de définir un point de mi-parcours avec un certain cachet, je me suis fixé le Tunnel du Lioran dont la légende raconte qu’il fut à la fois, le premier tunnel routier de France en 1843, le plus long du monde avec ses 1414 mètres, le plus haut du monde avec 6,5 m en sommet de voute, et enfin, le plus ancien tunnel routier en service lors de sa fermeture en 2007. Bref, une étape importante !

C’est parti !

8h00 pétantes, je démarre la ZX 16V. Le ralenti a du mal à tenir. Il faudra regarder ça. Le temps de quelques photos, et c’est parti à un train de sénateur, histoire de laisser la belle monter tranquillement en température. Le soleil monte dans le ciel, les brumes se dispersent, tout roule parfaitement. Sacré challenge de faire plus de 600 km dans une auto dont on ne sait… rien, en fait !

Jusqu’à Montauban, la route est large, vallonnée, mais on est encore loin des profils montagneux du massif central. La ZX 16V enroule les courbes, la direction reste douce à toutes les vitesses. Une portion à 110 permet de tester la tenue de cap, qui s’avère sans problème. Le temps d’un cliché de la nature qui s’éveille en cette fin d’hiver et les premières fleurs sur les arbres, lors d’une pose.

Les choses commencent à devenir marrantes à partir de Villefranche-de-Rouergue, avec un relief qui se forme, comme pour le surfer, quand la mer commence à se former : l’assurance que dans peu de temps, la glisse sera là, euphorisante !

Les routes du massif central sont variées. On passe de la voie large, assez rapide aux longues courbes, aux routes étroites, au revêtement moins parfait, et aux virages serrés. Et la voiture excelle dans tous les domaines. Autant elle enroule à tous les régimes sur les nationales les plus aseptisées, autant elle va se montrer méchante dans les enchainements.

Dr Jekyll et Mr Hyde…

Le Dr Jekyll, c’est une ZX 16V, volontaire, souple et qui sait se montrer docile tant en croisière qu’en dépassement. Et avec la limitation à 80, l’effort à fournir n’est pas énorme. Le Mr Hyde, je l’ai découvert au cœur du massif central. Quand la côte devenait plus raide et que les dépassements devaient se faire plus tranchés, sur les courtes lignes droites qui réunissaient les virages.

En fait, jusqu’à 4000 tours, on converse courtoisement avec le Dr Jekyll, et dès ce cap franchi, le régime moteur bondit vers la zone rouge comme un démon, et Jekyll devient Hyde. Pourtant, comme dans le roman de Robert Louis Stevenson, Hyde n’oublie jamais réellement qu’il a été Jekyll. Le châssis est d’un tel équilibre, d’une telle efficacité qu’il reste toujours prévenant. Pourtant la ZX 16V saute d’un virage à l’autre avec une avidité sans borne, se replaçant vivement, mais en obéissant au doigt et à l’œil. C’est certain qu’après la 205 GTI (c’est par ici), la ZX 16V est très prévenante !

A l’arrivée

18h00, couvre-feu. On arrive à la gare de la Verpillière, le point de départ. Le temps de faire quelques photos dans le soleil couchant, en se fredonner un « I am a poor lonesome cow-boy » façon Lucky Luke en route pour de nouvelle aventure et c’est le garage pour une nuit bien méritée.

Finalement, ce voyage a été l’occasion de voir que cette ZX 16V est saine, qu’elle nécessitera un entretien soigné pour la remettre en état collection. Mais ça a été l’opportunité de trouver cette symbiose nécessaire entre l’auto et son pilote (même si cette appellation est bien loin de la réalité pour moi !).

Et puis, quand on ne cherche pas à faire « l’affaire du siècle », que le feeling est bon entre l’acheteur et le vendeur, il est toujours possible de trouver des choses sympathiques sur les sites de ventes entre particuliers.

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4 Commentaires

    • Merci ! Il va falloir faire un peu remonter les finances, mais oui, je ferai part des évolutions lors de participations à des rassemblements.

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