Concepts et Études, ép. 24 : Isuzu 4200R, une GT inattendue

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Concepts et Études, ép. 24 : Isuzu 4200R, une GT inattendue
Pierre
Tombé dans la marmite automobile quand il était petit, il a rejoint l'équipe de News d'Anciennes en 2015. Expatrié en Angleterre depuis Mai 2016, il nous partage les évènements de là-bas. En dehors de ça, il partage une bonne partie de son temps sur la route entre une Opel Ascona et une Mazda RX-8.

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Parce que toutes les autos anciennes ne sont pas arrivées sur nos routes, on vous propose d’en découvrir régulièrement. Rendez-vous pour cela le 3e dimanche de chaque mois (les autres sont là). Aujourd’hui abordons l’Isuzu 4200R

De nos jours, parler d’Isuzu et de voiture de rêve semble assez incongru, puisque la marque ne produit plus que des véhicules tout-terrain et utilitaires depuis maintenant vingt ans. Cependant dans les années 1980, il en va tout autrement.

Isuzu, petit, mais pas anecdotique

N2 comme un constructeur de véhicules utilitaires et industriels, Isuzu se diversifie vers l’automobile grand public dans les années 50. Cette diversification donnera notamment naissance à la 117, ravissant petit coupé aux influences européennes.

Cependant, avec ses produits tirant vers le haut de gamme, et aux dimensions plutôt importantes (pour le marché nippon) Isuzu a du mal à joindre les deux bouts. Dès les années 60, Isuzu multiplie les partenariats, avec notamment Subaru, Mitsubishi ou encore Nissan. Hélas, aucun n’arrive à aboutir.

C’est là qu’intervient un autre investisseur, que nous adorons tous détester, General Motors. Les deux entreprises se connaissent de longue date, car GM avait déja coopéré avec Isuzu dans les années 20. En 1972, les américains prennent 34% du capital du constructeur nippon.

La première voiture à découler de cette prise d’intérêt est la Gemini, très étroitement dérivée de l’Opel Kadett. Cependant, la marque ne se limitera pas au rebadgeage de plateformes GM. Très rapidement, le constructeur de Shinagawa propose la Gemini, ou encore la Piazza, avec des plateformes originales.

Entre ces deux voitures, ainsi que d’autres modèles venant de la galaxie GM, Isuzu offre une gamme complète capable de rivaliser avec ses concurrents, et sera plus que porteuse durant l’essor économique japonais des années 80. Le constructeur se sent pousser des ailes, et c’est dans ce contexte que sort la voiture qui nous intéresse aujourd’hui.

La 4200R, déclaration d’intentions

Avec la 4200R, Isuzu affiche ses ambitions, être un constructeur de niveau mondial. Pour ce faire, non pas une sportive, comme la NSK qui sera elle aussi propposée au salon de Tokyo 1989, mais un coupé 2+2 orienté Grand Tourisme.

La fiche technique est pour le moins alléchante, un V8 de 4,2 litres (d’où le nom de l’engin), en position centrale arrière. Crainte d’y manquer, ce bloc a été conçu par Lotus, alors également dans le giron de GM. La puissance est estimée entre 300 et 350 chevaux, de quoi assurer des performances plus qu’honorables.

La collaboration ne s’arrête pas là, la firme britannique a également développé un système de suspension active, garantissant à la fois confort et stabilité.

Du côté des équipements, la 4200R pourrait faire rougir la Peugeot Oxia que nous avons évoquée il y a quelques mois. Elle propose un système de navigation par satellite, un lecteur VHS (oui, oui) et même un fax, de quoi attirer les golden boys de l’époque.

Et patatras

La 4200R reçoit un accueil plus que favorable de la part du public, et la production est assez sérieusement envisagée. Malheureusement, le miracle économique japonais prend fin avec l’explosion de la bulle spéculative sur l’archipel au tout début des années 1990.

Isuzu prend alors la décision de stopper tout développement de véhicules particulier en 1992. La marque ne produira plus alors que des tout-terrains et utilitaires, les voitures étant des produits rebadgés venant de chez Honda.

Bien évidemment, la 4200R fait également partie de la charrette, et le prototype est remisé dans un coin.

L’Isuzu 4200R de nos jours

La décision d’Isuzu étant définitive, on ne sait pas combien de temps exactement la voiture a été stockée, mais une chose est sûre, malheureusement. Le prototype a été démantelé, et il n’en reste plus rien.

La 4200R va toutefois trouver une nouvelle vie, numérique cette fois-ci. C’est pendant la production de Gran Turismo 5 que son designer, Shiro Nakamura, alors en relation avec Polyphony Digital pour les recréations des Nissan GT-R et 35OZ, qu’il a également dessinées. Son clone digital sera présenté officiellement au Salon de Tokyo 2010, et sera présent dans Gran Turismo 5 et sa suite.

Crédits photo : Isuzu, Wheelsage.

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