Cité du Train à Mulhouse, l’autre musée à visiter en Alsace

Suite aux réactions de l’un de nos lecteurs sur l’article relatif aux 50 ans du RER A que vous trouverez ici, nous vous proposons une visite de la cité du train à Mulhouse.

Pour tout amateur d’automobiles anciennes, l’un des fondamentaux est la visite de la Cité de l’Automobile à Mulhouse, (ex-collection Schlumf) dont Benjamin vous avait déjà parlé là, mais il y a une autre expo permanente qui renferme des joyaux de métal et de fer à Mulhouse, la cité du train.

Le quai entre les deux bâtiments de l’expo met en valeur un abri de quai type PLM

1976 : Création du musée du train

Fondé en 1976, le musée du train comme il s’appelait alors, c’est le plus grand musée ferroviaire d’Europe, évoquant l’histoire du chemin de fer en France depuis ses origines jusqu’à nos jours.

C’est à l’initiative de la SNCF dès 1961, qu’est décidé de regrouper du matériel ancien alors stocké dans le dépôt de Chalon sur Saône,

Cette même année la ville de Mulhouse met à disposition un terrain permettant de mettre en valeur son matériel ferroviaire.

En 1971, naît officiellement le musée du train par l’initiative de deux passionnés Jean-Mathis Horrenberger, un mulhousien industriel du textile (tiens ça ne vous rappelle rien) et Michel Doerr, historien ferroviaire.

Du musée du train à la Cité du Train

Face à la baisse de la fréquentation du musée, en 2005, sous l’impulsion de François Seigneur, scénographe, la présentation du musée est entièrement revue dans un style beaucoup plus dynamique grâce à l’adjonction d’un hall dédié au siècle d’or du chemin de fer, allant de 1860 à 1940.

Plutôt que d’effectuer une visite traditionnelle, hall par hall, je vous propose un parcours didactique à travers l’histoire du chemin de fer et ses différents modes de propulsion, la vapeur, le diesel et l’électrique.

Les locomotives à vapeur

Age d’or du chemin de fer, les locomotives à vapeur ont une place de choix dans l’ensemble des deux halls .

Locomotives de lignes des différents réseaux mais aussi machine de lignes tel la 241 P “Mountain”, la Cité du Train regorge de trésors fumants qui malheureusement se sont éteint… mais pas tout à fait. On retrouve en effet cette rarissime 232 U, dont la mise en scène permet de simuler le démarrage d’une locomotive à vapeur, fumerolles et sonorisation sont présentes, seule l’odeur de charbon et les escarbilles vous seront épargnées.

Les machines de différentes couleurs, livrée grise du Paris Orléans, chocolat de la compagnie du nord, nous rappellent qu’avant la création de la SNCF en 1936, les réseaux étaient gérés par des compagnies privées qui rivalisaient d’audace pour attirer des clients sur leurs réseaux.

Mais la machine à vapeur c’est aussi un enjeu militaire et économique, après la destruction du matériel à l’issue de la deuxième guerre mondiale, ce sera l’Amérique qui viendra à la rescousse de la France avec les 141 R, locomotives de la libération. D’ailleurs l’un des clins d’œil du cousinage entre automobile et ferroviaire est la présence d’une Jeep à proximité de cette belle machine pavoisée, en bien meilleur état que les 141 R qui ont sillonné la France après guerre. Mais elles ont eu le mérite de la remettre sur les rails (sans mauvais jeux de mots).

Autorails et Michelines

Dès la création du chemin de fer, la traction vapeur n’est pas la seule source d’énergie permettant de déplacer des trains, d’ailleurs à l’instar de l’aviation, des ponts techniques se font entre grands industriels de l’automobile et chemin de fer. Bien sûr les fanas de trains vous diront à juste titre que l’automobile a tué le train notamment après la seconde guerre mondiale. Celle-ci offrant en effet une plus grande souplesse à ses utilisateurs que les tortillards de chemins de fers départementaux. Mais l’industrie automobile a aussi contribué au développement technique du chemin de fer.

Rien qu’en France, Renault, Bugatti et Michelin ont été des acteurs majeurs de l’industrie ferroviaire.

C’est ainsi que Renault, mais également Bugatti (qui recyclera ainsi les moteurs de la Royale) et même Michelin, se consacreront à la fabrication d’autorail, qui comme leur nom l’indique sont des automobiles sur rails dotés d’un moteur thermique et d’une boîte de vitesse offrant une autonomie et simplicité d’utilisation bienvenus sur le réseau secondaire.

A ce titre, ne pas confondre Micheline et Autorail souvent associés à cause de leur livrée rouge et crème. Une Micheline est un train circulant sur pneu, voulu par André Michelin, se plaignant du tactac régulier des roues sur le rail, lui empêchant de dormir sereinement lors de ses voyages vers Deauville.

La fée électricité

Comme déjà dit plus haut, à l’instar de l’automobile, les trois énergies sont nées en même temps dans la traction des trains, mais c’est véritablement après la deuxième guerre mondiale que la traction électrique supplantera la mythique vapeur, tant pour des volontés modernistes que pour des raisons de coût de l’énergie.

Que ce soit pour tracter de lourds convois de marchandises, sur l’axe Valenciennes-Thionville avec les fameux “fers à repasser” ou faire rouler des trains plus prestigieux tel les Trans Europ Express (TEE), ou le Capitole, première liaison Paris Toulouse franchissant la mythique barre des 200 km/h, le passage à l’électrique induira de grands travaux dans le paysage ferroviaire français.

Mais la deuxième révolution électrique interviendra en 1981 avec l’arrivée du TGV mettant le 300 km/h à la portée de tout les voyageurs

Le reste du matériel roulant

Mais le chemin de fer, c’est aussi des wagons pour le transport des marchandises et des voitures pour le transport des voyageurs. D’ailleurs, certains trains les plus prestigieux sont devenus mythiques via la littérature ou le cinéma, tel l’Orient Express.

Ce qu’il faut retenir de sa visite est l’impact du chemin de fer dans la vie quotidienne mais aussi dans la grande histoire de France telle cette locomotive échouée simulant une action de résistant durant la deuxième guerre mondiale

Si le patrimoine ferroviaire vous intéresse, n’oubliez pas que nous l’avons déjà évoqué à travers l’Orient Express, mais aussi le chemin de fer du Vivarais

Infos pratiques :

Si vous voulez vous rendre à la Cité du Train, musée du patrimoine SNCF, vous pourrez le faire tous les jours (à l’exception du 25 décembre). Le musée est ouvert, du 1er janvier au 31 mars : de 10h à 17h et du 1er novembre au 31 décembre : de 10h à 17h. Du 1er avril au 31 octobre il vous accueille de 10h à 18h.

Le plein tarif est fixé à 13€, le tarif réduit à 11€ et le tarif enfant à 9,5 €.

Toutes les autres infos sont à retrouver en cliquant ici.

Paul Guy on Email
Paul Guy
Rédacteur - Photographe à News d'Anciennes
Paul aime passer son temps à courir après les véhicules anciens. Au sens large puisque les autos côtoient les trains et les avions !
Il a rejoint l'équipe à l'été 2018.

4 commentaires sur “Cité du Train à Mulhouse, l’autre musée à visiter en Alsace”

  1. Oui, tout à fait et j’espère que l’endroit vous a plu. Le 1er octobre, dernier jour d’ouverture, j’ai visité le musée automobile de Vendée et c’est également un superbe et charmant endroit. Mais peut-être le connaissez vous déjà. Je vous mets le lien vers les photos que j’ai réalisées pour vous faire une idée si ce n’était pas le cas. Réouverture début avril : https://www.flickr.com/gp/christorama/vKve1S

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