EMKA 84/1

EMKA, quand le manager des Pink Floyd a créé son écurie

Si on vous dit Pink Floyd et les autos, vous pensez à Nick Mason et son impressionnante collection de Ferrari. Mais derrière les musiciens il y avait un autre fan de bolides. C’est Steve O’Rourke manager du groupe à partir de 1968 et dont la passion a mené jusqu’à la construction d’une auto pour les 24h du Mans : la EMKA.

Mason et O’Rourke passionnés de sport mécaniques

Retour sur l’année 1968. Syd Barett part de Pink Floyd. Il emmène avec lui les deux managers du groupe. Steve O’Rourke bosse déjà avec le groupe et devient le manager tandis que Gilmour remplace Barett.

Pendant les tournées on peut imaginer sans problèmes qu’on discutait de musique, mais aussi de voitures. Du moins entre Mason et son manager.

Nous voilà maintenant en 1978. Waters lance The Wall. Le projet musical est complexe, mais la série de concerts encore pire ! Il faut la préparer… et entre temps les amateurs de sport auto vont pouvoir approcher leurs idoles. En effet aux 24h du Mans 1979, Mason est au volant d’une Lola T297 tandis que son manager est au volant d’une 512 BBLM. Ils finiront tous les deux, respectivement 18e et 12e.

Tous deux vont s’engager sur bien des courses en 80, notamment au printemps, entre les dates de Los Angeles et Londres (la logistique est tellement énorme que le groupe préfère jouer plusieurs fois au même endroit). Aux 24h ils repartent sur les mêmes autos, Mason termine 22e et O’Rourke juste derrière à la 23e place.

EMKA Productions, l’écurie de course

Pour l’année 1981, O’Rourke lance sa propre écurie. Elle se nommera EMKA, à partir des noms de ses deux filles Emma et Katheryne et engagera une BMW M1. Si la voiture abandonne à Monza, au Mans et à Watkins Glen, elle est cependant 2e à Silverstone (avec Bell et Hobbs, excusez du peu) et 3e à Brands Hatch (avec Bell et Craft).

Mason court moins de courses, et n’est pas au départ du Mans. Par contre au Tourist Trophy et pour la première fois on les retrouve associés sur une Capri.

En 1982, Mason sera un pilote EMKA. Les deux compères partageront le volant de la M1 à Silverstone pour une 16e place et au Mans pour un abandon.

Mais déjà on prépare la suite chez EMKA.

EMKA le constructeur

En 1983 EMKA lance sa C83/1. Il s’attaque avec cette auto directement à la catégorie reine, le Groupe C “1”. C’est Len Bailey, un des ingénieurs châssis de la GT40, puis pilier du J.W. Automotive qui dessine l’auto. Le châssis est un monocoque en alu, fabriqué par Maurice Gomm. La carrosserie provient de chez Protoco, spécialiste de la fibre de verre.

Pour le moteur, Bailey fournit une version préparée du V8 Aston Martin de 5.3 litres de cylindrée. L’alternateur, la pompe à eau et l’allumeur sont déplacés pour permettre un effet de sol parfait sous l’auto. Cela n’empêche pas la mécanique de sortir 570 ch et de propulser la voiture jusque 350 km/h !

Tiff Needell et Jeff Allam épauleront O’Rourke lors de la première sortie de la voiture aux 1000km de Silverstone, qui se soldent par un abandon.

La deuxième sortie c’est le grand bain. Les 24h du Mans 1983. Cette fois ce sont Needell et Nick Faure qui épauleront O’Rourke. Qualifiée 25e, la EMKA C83/1 Aston Martin rouge ne termine que 17e, à 95 tours des vainqueurs sur leur 956 !
Mason est d’ailleurs de la partie, sur une Dome, mais ne voit pas l’arrivée.

C’est la seconde mais également la dernière sortie de l’auto pour l’année 83. On ne revoit pas pour autant d’EMKA, ni de O’Rourke en piste en 84. Le nouveau règlement sur la consommation fait que l’auto a besoin de grosses modifications.

1985 : place à la EMKA 84/1

Parmi les modifications apportées à l’auto : la fin de l’effet de sol. On revoit par conséquent toute la carrosserie et la suspension arrière. Le moteur est adapté mais c’est toujours le V8 Aston.

Comme en 83, elle débute à Silverstone avec O’Rourke, Needell et Evans pour un abandon.

Aux 24h du Mans on recompose l’équipage de 83. Cette fois l’équipe se qualifie 13e, derrière les Porsche et Lancia, mais devant les Jaguar !
En course ce sera la même chose. L’équipage boucle les 24h en 338 tours et termine 11e. Seules les Porsche et Lancia sont devant !

Malgré cette belle perfs, les deux sorties suivantes se solderont par des abandons. Aux 24h du Mans 1986 l’auto est pré-engagée mais finalement elle ne se montera pas.

EMKA redeviendra une “simple” écurie

O’Rourke fera une grosse pause sur les événements internationaux. Mais on le reverra en piste. 93 et 95 seront des années avec peu d’engagements.
En 96 il court sur une 911 GT2, engagée sous son nom, et voit rarement l’arrivée (y compris au Mans). L’une d’elles c’est aux 4h de Silverstone, avec Holmes… et Mason pour sa dernière course internationale. En 1997 le nom de EMKA fait son retour mais sans résultats significatifs.

En 1998 c’est une McLaren F1 GTR qu’engage l’équipe. Elle signe de très beaux résultats en British GT mais surtout elle amène O’Rourke, Sugden et Oberlen à la 4e place des 24h du Mans (elle est officiellement engagée par le Gulf Team Davidoff). La McLaren sera encore au départ de nombreuses courses nationales en 99 mais la suite des engagements de O’Rourke et EMKA se fera en Porsche Cup jusqu’en 2003.

Quand à la EMKA, elle est toujours en course. On l’a par exemple croisée au Mans Classic 2016, 2018 ou à Silverstone Classic 2016.

Photos complémentaires : Luc Joly, Les24heures.fr

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

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