La Porsche 956, ou le début de la domination des années 80

Si on est habitué à voir des Porsche 962 sur les plateaux de Groupe C, notamment chez Peter Auto, la Porsche 956 se fait bien plus rare. Heureusement en 2018 on a pu admirer cette belle aux Classic Days qui mettait à l’honneur son pilote le plus reconnu : Jacky Ickx. L’occasion de parler de cette fabuleuse 956.

Avant de commencer, quelques photos de la bête aux Classic Days 2018 qui sont à revoir ici. Et on note qu’une 956 est inscrite sur le plateau de Groupe C qui courra à Le Mans Classic 2018.

La Porsche 956, conçue pour le Groupe C

En 1981, Porsche avait ressorti la 936 du Musée pour s’adjuger les 24h du Mans. Mais l’auto était de conception relativement ancienne et les nouvelles règles du Groupe C lui promettaient d’être dépassée. Dès Juin la marque de Stuttgart décide donc la conception d’une nouvelle auto pour s’attaquer au Championnat du Monde des Voitures de Sport et des 24h du Mans.

La Porsche 956 n’innovera pas au niveau du moteur, c’est le flat-6 à double turbos de la 936 qui est repris. Avec une puissance de 635 ch c’est bien suffisant pour l’époque, même face au moteur Ferrari des Lancia LC2. L’innovation vient plutôt de la boîte. Si une classique boîte de vitesse manuelle à 5 rapports est disponible, Porsche innove en inaugurant une boîte à double embrayage, l’ancêtre de la PDK.

Concernant le châssis de la Porsche 956, c’est la plus grosse innovation de Porsche. Au lieu du traditionnel châssis tubulaire, c’est une monocoque en aluminium qui est retenue. Sa forme est assez classique et confie la suspension à des doubles triangles. Mais c’est en dessous que ça se passe. L’effet de sol est la grande tendance de la fin des années 70 et du début des années 80. D’abord mis en oeuvre via des jupes, c’est ensuite la seule forme d’aile d’avion inversée qui dessine le plancher de l’auto qui doit faire le boulot. Le pouvoir sportif a bien fixé une partie de la voiture dont le fond doit être strictement plat, mais dès cette partie passée, la 956 déploie son dispositif. Par rapport à l’inconduisible (ou presque) 917, la nouvelle auto génère trois fois plus d’appui ! Le large aileron arrière, fixé au bout d’une longue queue y participe.


Débuts en fanfare en 1982

La Porsche 956 va courir en 1982 sous les couleurs de l’écurie d’usine et les couleurs du cigarettier Rothmans. L’auto n’est pas prête au début du championnat et laisse Rondeau gagner les 1000 km de Monza.

La première sortie d’une Porsche 956 va se faire aux 6h de Silverstone. Une seule auto est prête et Jacky Ickx et Derek Bell vont signer la pole avant de terminer second derrière une Groupe 6, la LC1 d’Alboreto et Patrese. Au Nürburgring, c’est de nouveau la Lancia qui gagne, mais les Porsche 956 ne sont simplement pas présentes, elles préparent les 24h du Mans.

Les 24h du Mans 1982

Trois autos sont engagées aux 24h du Mans 1982, gros objectif pour Porsche puisque l’équipe a gagné en 1981. Les autos portent les numéros 1, 2 et 3. La première auto est engagée pour l’équipage de pointe Ickx et Bell, la seconde pour Mass et Schupan, la troisième pour Holbert et Haywood.

Si les deux premières se classent premières des qualifications, la troisième auto est à la traîne en se classant seulement 14e. Une 936 est 3e, les deux Lancia suivent malgré leur tout petit moteur.

Au départ, les Porsche sont en tête. Pourtant les ravitaillement commencent tôt et en l’absence d’abandons, c’est la Rondeau de Migault, Spice et Lapeyre qui sera en tête à la fin des trois premières heures. Ensuite c’est la Ford C100 qui occupe la première place avant que les voitures bleues et blanches ne repassent devant. La Porsche 956 n°2 est retardée par des problèmes d’allumage, à 19h30 ils sont 5e. C’est la n°3 qui occupe la tête devant la n°1.
A minuit, c’est toujours cet ordre qui prévaut, la n°2 est remontée à la 4e place derrière la Rondeau. Finalement elle va connaître un problème et laisser les Porsche en tête au cœur de la nuit.

Après 12h de course, Haywood est victime d’un malaise et il est remplacé par Jurgen Barth, en réserve sur les Porsche. Si l’auto doit changer une suspension à 4h du matin, elle va finalement bénéficier de l’abandon de la 936 de Wolleck en vue de l’arrivée et signer le triplé, dans l’ordre des numéros pour la seconde sortie des Porsche 956 !

Une fin de saison dominée outrageusement

Après les 24h on remarque une incursion de Porsche au Norsisring dans le championnat allemand DRM. Jochen Mass n’est que 3e sur la grille mais gagne sa course.

Aux 1000km de Spa, Ickx et Mass devancent Bell et van Schuppan aux qualifications et en course. A Fuji, ils gagnent de nouveau quand l’autre auto abandonne. C’est le premier abandon d’une  956 !
A Brands Hatch, Ickx et Bell sont seuls engagés. Qualifiés seulement 6e, ils gagnent néanmoins la course.

Même si les deux dernières victoires n’offrent aucun point aux Porsche, la somme des quatre meilleurs résultats leur offre le titre, devant Rondeau et Ford, Lancia n’ayant pas de Groupe C. Jacky Ickx est lui sacré champion, mais c’est plus serré avec Patrese qui termine second.

Une dernière sortie, hors de tout championnats a lieu à Kyalami où Ickx et Mass devancent une nouvelle fois Bell et van Schuppan tant en qualifications qu’en course.

Les privés deviennent de sérieux concurrents pour 1983

Pour sa deuxième année en course, les Porsche 956 ne sont plus seulement engagées par l’usine. Des écuries privées achètent des autos et on va les retrouver chez Joest, Fitzpatrick, Obermaier ou Kremer avec des livrées devenues mythiques, entre le cigarettier rouge et blanc, les New Man, les Boss, il y aura des couleurs pour les 956 !

Ainsi aux 1000 km de Monza, en ouverture de la saison ce sont 7 autos qui seront engagées en course, et une de plus fera les essais ! L’usine en amène deux, Joest Racing deux autres, Obermaier (couleurs Boss), Canon Racing et Fitzpatrick engagent les autres. Si c’est une Lancia LC2 qui signe la pole, les Porsche 956 vont rafler les 7 premières places en course ! Wolleck et Boutsen, engagés par Joest étaient les mieux placés au départ et remportent la course, devant la voiture d’usine de Ickx et Mass et l’autre Joest de Stommelen, Heyer, Schikentanz.

En parallèle du Championnat du Monde des Voitures de Sport, Joest et Obermaier engagent leurs autos sur le DRM. Sur l’Avus, les Joest font le doublé, l’Obermaier est 4e.

A Silverstone, on retrouve de nouvelles équipes. Henn’s T-Bird Swap Shop, Kremer et Sorga (en fait une auto Joest) rejoignent les autres équipent. Sur la grille les autos de l’usine encadrent la voiture rouge et blanche de Wolleck. En course c’est un quintuplé, la voiture d’usine de Bell et Bellof l’emporte devant la “Sorga” de Wolleck et Johansson et la Canon de Lammers et Boutsen.

Un record allemand

Après deux nouvelles victoires de Wolleck en DRM, on retrouve les Porsche 956 à domicile aux 1000km du Nürburgring. Stefan Bellof va marquer l’histoire en signant la pôle. Sauf que depuis ce jour, plus aucune course d’endurance ou de F1 n’a eu lieu sur le circuit complet et ses 20km 832m. Du coup les 6 minutes, 11 secondes et 13 centièmes sont encore le record absolu de la piste !
Il devance pour le coup l’autre Porsche officielle et celle du Canon Racing.
La voiture de Bellof ne terminera pas la course, laissant la victoire à Ickx et Mass sur la seconde auto, Wolleck et Johansson sur une Joest et la voiture du Canon Racing de Rosbgerg, Lammers et Palmer prend la 3e place.

Début Juin, Schuppan et Fujita remportent les 500km de Fuji sur la 956 du Trust Racing.

Armada de Porsche 956 aux 24h du Mans 1983

Onze Porsche 956 viendront aux 24h du Mans 1983 ! Onze auto qui toutes pourront prétendre à la victoire finale.
L’écurie officielle engage trois autos. La n°1 pour Ickx et Bell, la n°2 pour Mass et Bellof et la n°3 pour Shupan, Holbert et Haywood.
Le Team Joest engage la n°8 pour Johansson, Ludwig et Wolleck tandis que la 12 est confiée à Merl, Schikentanz DeNarvaez.
La n°11 est engagée pour le Fitzpatrick Racing et confiée à Quester, Fitzpatrick et Hobbs. L’écurie engage aussi la 16 pour Ewards, Keegan, et Fitzpatrick.
Le Canon Racing compte continuer sur sa lancée et la 14 est engagée pour Lammers, Palmer et Lloyd.
L’Obermaier Racing engage la 18 pour Plankenhorn, Lässig, et Wilson.
La 47 du Preston Henn T-Bird Swap Shop est engagée pour Schlesser, Ballot-Léna et Henn
Enfin le Kremer Racing engage une auto aux couleurs de Kenwood pour Michael et Mario Andretti associés à Philippe Alliot.

Et quand l’armada se mit en route… elle plaça 8 autos dans les 10 premières. Les deux Lancia LC2 faisaient mieux que de la résistance en se plaçant 2e et 4e. Une performance à tempérer cependant : Jacky Ickx avait signé la pole avec 4,23 secondes sur Alboreto qui n’avait que 0.19 seconde d’avance sur la n°2 !

Des frayeurs en tout début de course

Dès le 2e tour c’est la stupeur. Lammers et sa Canon se ratent au freinage de Mulsanne. Il veut éviter la n°1 de Ickx mais le touche quand même. La rouge finit dans l’échappatoire, le belge s’en sort avec un simple tête à queue ! Les autos vont cependant perdre du temps aux stands.

Avant 20h les Porsche 956 n’ont plus d’adversaire. Les Lancia ont eu des soucis d’alimentation, les Rondeau des pépins divers et les CK5 et 936 de Joest ont abandonné. A 20h la n°3 mène, un tour devant la 2 et la 1 dans cet ordre. Suivent 7 autres 956. 10/10 tout simplement !

Entre minuit et 4h, la n°2 va voir des soucis d’allumage et au final, à 4h du matin, une Sauber et une Rondeau sont revenues dans le top 10. La n°1 à peine revenue dans le tour de la 3, Bell se voit trahi par son allumage. Il va faire de la mécanique pendant 20 minutes, redémarrer avant de rentrer au stand où son boitier est changé. Ickx reprend le volant pour une remontée fantastique dont il a le secret. Il est 10h du matin, il a un tour de retard sur la voiture du Kremer Racing des Andretti et 4 tours sur la n°3.

Ickx est le plus fort, il dépasse la 956 Bleue qui ne peut accélérer sous peine d’utiliser tout le carburant alloué pour aller au bout. C’est le règlement… Plus tard dans la matinée la Joest de Ludwig casse un triangle et doit passer du temps au stand pour réparer.

Gros suspens en fin de course

La n°1 revient inexorablement sur la n°3, mais peu avant midi une canalisation d’huile saute et l’auto doit passer 7 minutes au stands. La n°3 tourne toujours comme une horloge, jusqu’à ce qu’Hobert voie sa portière gauche s’envoler ! La réparation ne convainc par les commissaire et ce sont 12 minutes qui sont perdues. A 1h de l’arrivée il y a 3 minutes et trente seconde d’écart entre les deux autos. Ickx économisait le carburant en voulant revenir, mais Derek Bell attaque à fond. Il reprend entre 10 et 20 secondes par tour !
Dans l’avant dernier tour, le Turbo de la 3 lâche. L’auto fume blanc du côté gauche et Bell revient. Holbert ne s’arrête pas et limite la casse. Quand il passe la ligne il ne faut attendre que 38 secondes pour que Bell ne l’imite. Ça c’est joué à peu !

En troisième position on retrouve la Kremer des Andretti et d’Alliot… En fait seule la Sauber C7 BMW qui se classe 9e, devant la voiture du Preston Henn T-Bird Swap Shop empêche Porsche de tout dominer. Enfin 9 autos dans les 10 tout de même !

Un été presque calme

On retrouve les Porsche 956 au Norisring où Joest gagne en DRM quand l’usine gagne les 200 Meilen avec Bellof devant Mass, Wolleck sur la Joest assurant le triplé.

Le Fitzpatrick Racing va même engager une auto en CanAm à la mi-juillet. Pour sa première, l’auto gagne ! Plus tard dans le mois on note les victoires du Kremer Racing à Diepholz en DRM, du Brun Motorsport à Most en Tchecoslovaquie et du Trust Racing aux 1000 Km de Fuji, hors championnat. Fin août la même auto s’adjuge même les 1000km de Suzuka.

Le championnat du monde des voitures de sport reprend ses droits en Septembre à Spa. L’usine signe le doublé aux 1000 km, Ickx-Mass devancent Bellof-Bell tandis que Fitzpatrick et Hobbs assurent le triplé. Suivent les autos du brun Motorsport et d’Obermaier pour un un beau quintuplé.

Des victoires sur tous les continents !

Aux USA, Fitzpatrick ne gagne pas sa 2e course de CanAm, ne terminant “que” troisième. Par contre, il remporte les 1000km de Brands Hatch en championnat, au nez des voitures d’usine. A Fuji, l’usine signe un nouveau doublé, Bellof et Bell devant Ickx et Mass. Ils devancent les Porsche 956 du Trust Racing, de la Matusda Collection, de Joest et de Brun Racing.

Les 1000km du Mugello sont hors championnat. Les Porsche 956 d’usine ne se présentent pas, ce qui n’empêche pas la domination des privés. Les autos de Joest font 1ere et 3e, la voiture de Fitpatrick s’intercalant. Les autos de Canon et Obermaier devancent même deux autres autos engagées par Joest !

D’autres victoires arrivent encore, par Joest en interserie et Trust Racing aux 500 Miles de Fuji.

Pour terminer la saison, la Porsche 956 gagne en Afrique aux 1000km de Kyalami. Bellof et Bell offrent la victoire à l’usine, devant une Lancia ! D’autres Porsche complètent les résultats des avants-postes.

Logiquement Porsche est sacré champion du monde des constructeurs. Même si les 5 meilleurs résultats sont comptés, seules les Porsche 956 ont gagné en 1983 ! Avec 100 points, l’écart est énorme avec Lancia qui n’en a marqué que 32 !
Du côté des pilotes, Ickx est sacré avec 97 points, Bell est second avec 94, leurs équipiers Mass et Bellof complètent le quatuor de tête… devant les pilotes privés .

En DRM, Wolleck et le Joest Racing sont titrés.


1984 : arrivée des Porsche 962

Il n’y a pas que le championnat du monde des voitures de sport dans la vie. Surtout quand on l’a dominé deux années de suite. Porsche veut maintenant gagner aux USA où la série IMSA remplace la CanAm. Seulement cette nouvelle série veut renforcer la sécurité et le pédalier doit être derrière l’axe des roues avant. En plus les moteurs à double turbo sont interdites. Porsche développe donc la 962… mais la 956 ne s’arrête pas de rouler pour autant.

Si à Daytona c’est la nouvelle auto qu’on retrouve, aux 1000km de Monza en Avril, l’usine engage bien ses Porsche 956. En fait les 962 vont rester aux Etats-Unis et les 956 courront en WSC. A la clé, un doublé avec Bellof-Bell devant Ickx-Mass. Les privés ont quelques soucis mais le Brun Motorsport, GTI Engineering et le Schnorstein Raing Team classent leurs autos 4e, 5e et 6e.

Aux 1000km de Silverstone la voiture d’usine de Ickx et Mass gagne devant Ludwig et Pescarolo sur la Joest Newman et Keegan-Edwards sur la Skoal Bandit. Début Juin une autre victoire s’ajoute au palmarès bien garni avec la victoire du team japonais Advan Sport Nova aux 500km de Fuji.

Les 24h du Mans 1984

Avant les 24h du Mans, la FISA a annoncé l’abandon des règles limitant la consommation de carburant. En fait, on garde les règles de l’année précédente, au mieux de limiter la consommation de 15%. Résultat, Porsche mécontent annonce que l’usine sera absente des 24h du Mans 24 ! Les numéro 1, 2 et 3 ne seront donc pas portés au départ ! Les Lancia LC2 devront donc composer avec les Porsche 956 privées. Et comme en 1983, elles sont nombreuses.

Joest engage deux autos. La première revient à Henri Pescarolo et Klaus Ludwig, la seconde à Stefan Johansson, Jean-Louis Schlesser et Mauricio de Narvaez avec les numéro 7 et 8.
Le Brun Motorsport engage une auto pour Walter Brun, Leopold Von Bayern et Bob Akin. Elle porte le numéro 9. La 20 est elle confiée à Oscar Larrauri, Massimo Sigala et Joël Gouhier.
Le Kremer Racing engage un bel équipage composé de Vern Schuppan, Alan Jones et Jean-Pierre Jarrier sur la Porsche 956 n°10 et Tiff Needell, David Sutherland et Rusty French sur la 17.
Pour le Schornstein Racing Team ce sont Volkert Merl, Dieter Schornstein et John Winter qui piloteront la n°11.
Du côté du GTI Engineering, Jonathan Palmer et Jan Lammers piloteront la 14 tandis que Richard Lloyd, Nick Mason (LE Nick Mason) et René Metge rouleront sur la 16.
Le Charles Ivey Racing fera rouler la 21 aux mains de Alain De Cadenet, Allan Grice et Chris Craft.
Les revenant du Henn’s T-Bird Swap Shop engagent la 27 pour Jean Rondeau et John Paul, Jr.
Le Skoal Bandit Porsche Team s’occupe de la 33 de David Hobbs, Philippe Streiff et Sarel van der Merwe.
L’original Team Australia fera piloter sa 34 par Larry Perkins et Peter Brock, deux… australiens forcément.
Obermaier sera de la partie avec Jürgen Lässig, George Fouché et John Graham.

Quatorze Porsche 956 au départ donc… et en plus le Skoal Bandit et le Henn’s T-Bird Swap Shop sont venus avec des 962 !

Les Lancia font peur !

Deux Lancia LC2 aux deux premières places. Voilà un scenario auquel on ne s’attendait pas en qualifications. Pourtant la n°4 devance la n°5 de trois secondes… Elle même dispose de 6 secondes d’avance sur la 8 et la 7 de Joest. Derrière il faut tomber en 8e position pour retrouver une WM et en 10e pour une Nimrod.

La tête de course va être animée. La WM va ainsi terminer le premier tour en tête ! Si la Lancia n°4 repasse devant au second tour, la WM est de nouveau en tête au 3e tour. Ensuite c’est la Porsche 956 n°11 du Kremer Racing qui se porte en tête. Seuls les ravitaillements vont ensuite faire bouger les lignes. Ils ne vont ainsi lâcher cette position qu’au 11e tour au profit de la Lancia n°4 qui elle même est détrônée dès le tour suivant par la Porsche 956 n°8 de Joest. Au 13e tour c’est la Jaguar XJR-5 n°44 qui se porte en tête. La 11 du Kremer Racing récupère son bien au 14e tour et reste en tête jusqu’au 23e. La Lancia repasse alors en tête, puis c’est la n°8 qui reste en tête deux tours avant que le GTI Engineering ne se porte en tête un tour.

La Lancia LC2 n°4 va ensuite occuper la tête un peu plus longtemps, entre 29e et le 38e tour avant de s’arrêter et de nouveau laisser la Joest de Johansson-Schlesser et Narvaez en tête pour deux tours. Retour ensuite de la Porsche 956 n°11 de Jones, Schuppan et Jarrier jusqu’au 48e tour et de nouveau un leadership pour la Joest pour 5 tours avant que les positions ne se ré-échangent. La 8 va cependant connaître des soucis qui vont l’éloigner des avant poste. Ainsi quand la 11 va rentrer aux stands c’est la Lancia qui va repasser en tête pour trois tours. Finalement la 11 va se reporter en tête pour 20 tours.

La Lancia va repasser en tête et la 11 va redescendre au classement. Après 6h, la Lancia n°4 devance la 956 du Skoal Bandit, la Lancia n°5 et la 956 n°11. En fait, du 88e au 205e tour les Lancia vont se succéder en tête de course. A la 12e heure, les Lancia 4 et 5 mènene devant Skoal, la Joest n°7 et  la Henn’s T-Bird Swap Shop. La Skoal fera deux tours en tête aux 206 et 207e passages avant que la Lancia n°4 ne reprenne son bien.

Seulement les Lancia vont avoir des problèmes. Si bien qu’au 241e tour c’est la Porsche 956 n°7 du Joest emmenée par Ludwig et Pescarolo qui s’installe en tête pour ne plus la lâcher. Alors même qu’elle était la première des 956 à s’arrêter, suite à un problème d’alimentation qui l’a reléguée à 6 tours ! La Lancia 5 finira par abandonner au bout de 275 tours, la n°4 ne terminant que 8e.

Porsche signe un nouveau doublé. Pescarolo remporte ses 4e 24h du Mans, le Henn’s T-Bird Swap Shop place sa voiture seconde à deux tours, le Skoal mal récompensé est 3e à 9 tours. Suivent les n°9 du brun Motorsport, n°12 du Schnorstein, n°11 de Kremer et la 20 du Brun ! 6 Autos ont abandonné sur les 14 !

Retour des usines, sur courant alternatif

Comme en 1983, une double victoire, DRM et 200 Meilen suivent au Norisring.

Aux 1000km du Nürburgring on retrouve les Porsche 956 Rothmans de l’usine. Bellof et Bell font pole et victoire, devant Boutsen et Hobbs pour le Skoal Bandit pour le doublé.
A Brands Hatch l’usine ne s’aligne pas. C’est le GTI Engineering avec Palmer et Lammers qui s’impose devant Mass et Pescarolo pour Joest.

A Mostport, retour des usines avec trois autos. La célébrité Nick Mason est engagé avec Schuppan sur une inédite troisième auto. Ickx et Mass gagnent les 1000km devant Hobbs, Keegan et Konrad sur la voiture du Skoal Bandit. Le Skoal place d’ailleurs sa 962 à la troisième place.

Les 1000km de Suzuka sont hors championnat. Les Porsche 956 y brillent malgré tout avec la victoire de Takahashi, Takahashi et Geoff Lees pour le Nova Engineering devant le Trust Racing Team de Schuppan et Katayama.

Début Septembre on retrouve trois autos pour l’usine avec Schuppan et Watson sur la troisième. Mais ce sont les deux habituelles qui vont briller, Bellof et Bell gagnant de nouveau devant Ickx et Mass.

A Imola les usines ne sont pas présentes. Stuck et Bellof gagnent sur la voiture du Brun Motorsport devant Palmer et Lammers pour le GTI Engineering et  Mass, Pescarolo et Heyer pour Joest qui complètent le podium. Les Porsche 956 occupent les 8 premières places à l’arrivée !

Hors d’Europe, les Porsche 956 gagnent aussi

On retrouve de nouveau les usines aux 1000km de Fuji. Bellof et Watson gagnent devant Mass et Ickx. Stuck et Shcuppan sur l’auto du Trust Racing complètent le podium.

A Kyalami, une seule auto est présente ! cela change de l’habituelle armada. Pescarolo, Schnorstein et Winter ne font que 9e, les Lancia signent là leur seule victoire de l’année. Car la dernière course de la saison, les 1000km de Sandown en Australie voit un nouveau doublé des Porsche d’usine, Bellof et Bell devant Mass et Ickx tandis que le triplé est assuré par Lammers et Palmer.

Le championnat du monde des voitures de Sports 1984 revient sans surprise aux Porsche 956. Sur 11 courses, les écuries ne marquaient pas de points à trois d’entre elles et les 6 meilleurs résultats étaient comptés. Logiquement Porsche marque le maximum de points possibles, 120, Lancia terminant à 57 points !
Côté pilotes, Bellof profite d’avoir fait le déplacement à Imola et gagne le championnat devant Mass, Ickx, Pescarolo et Bell.

En DRM, les titres reviennent aussi chez Porsche avec de nouveau Bellof et le Brun Motorsport.

1985 : Les 962 à l’assault de l’Europe, les Porsche 956 privées continuent

En Europe, l’usine Porsche va abandonner ses Porsche 956. Le programme va se faire autour de la Porsche 962C qui emmène le même moteur que les 956 ce qui va faire franchir un palier aux autos. Du coup, certaines écuries privées comme le Brun Motorsport ou Kremer vont passer aux 962.

La première course des 956 sur le plan international a lieu aux 1000km du Mugello en Avril. La meilleure auto, la Kremer de Ludwig, Fouché et Mossato est 5e.
A Monza, l’usine ressort une 956 pour Bell et Stuck. Ils finissent second derrière la 962C du Kremer Racing, et surtout, devant la 962 d’usine de Mass et Ickx.

Pendant ce temps en Interserie, les 956 accumulent les succès. Et au Japon, le Trust Racing remporte de nouveau les 1000km de Fuji, hors championnat.

A Silverstone, la Porsche 956 d’usine est de nouveau confiée à Bell et Stuck. lls terminent bien second derrière la 962 de Mass et Ickx, mais devant la Lancia LC2. Les autres privées font mieux que se défendre en accumulant les Top 10.

Les 24h du Mans 1985

Pour les 24h du Mans 1985, l’allocation de carburant des autos est bien baissée de 15%.

L’usine Porsche engage trois autos portant les n°1, 2 et 3 pour ses trois 962C. Lancia et sa nouvelle LC3 qui emmène toujours le même V8 pourrait pâtir des limitations de carburant. En plus des 962 d’usine, Kremer, Brun et Fitzpatrick ont aussi leur auto.

Mais les 956 ne sont pas en reste. Le team Joest, tenant du titre engage de nouveau deux autos. La 7 est aux mains de Paolo Barilla, Klaus Ludwig (D) et “John Winter”. Pescarolo n’est plus chez Joest… mais chez Lancia ! Joest engage aussi la 8 pour Mauricio DeNarvaez, Kenper Miller et un jeune pilote nommé Paul Belmondo. L’écurie a choisi, comme en 1984 de ne pas utiliser le système de gestion d’alimentation Bosch, mais son propre système. En plus les pilotes peuvent choisir trois richesses différentes.

Le Kremer Racing ne met pas tout ses oeufs dans le même panier et Sarel van der Merwe, George Fouché et Mario Hytten sont engagés sur une 956 affublée du n°10.
Le Richard Lloyd Racing fera rouler Jonathan Palmer, James Weaver et Richard Lloyd sur la n°14.
Brun Motorsport non plus ne compte pas que sur sa 962 et Oscar Larrauri, Massimo Sigala, et Gabriele Tarquini se partageront le volant de la Porsche 956 n°18.
L’Obermaier Racing Team engagera la n°26 pour Jürgen Lässig, Hervé Regout et Jésus Pareja.
Le Fitzpatrick Racing Team double sa 962 d’une 956 n°33 pilotée par David Hobbs, Jo Gartner et Guy Edwards.

Cela fait une belle armada de Porsche au départ et des privés aux dents longues qui aimeraient voir des 962 Rothmans dans leurs rétros.

Stuck écrase les qualifs

Avec un tour en 3:14.800, Stuck fait la pole. Surtout sa moyenne de 251.815 km/h sur la 962 ne sera jamais battu. De leurs côté les Porsche 956 ne sont pas ridicules. La n°7 de Joest devançant même une 962 d’usine, une Lancia et les 962 privées !

Au départ, Ickx se fait immédiatement doubler. Il veut économiser le carburant et finalement c’est la 956 n°7 qui est la seule à prendre la roue de la Lancia de Bob Wolleck. Au bout de deux tours, la Lancia est suivie par des 956, la 7, la 10 et la 18.
Au 4e Tour, la Lancia laisse s’échapper les Porsche.

A la fin de la première heure, quatre Porsche 956 sont en tête, devant l’EMKA Aston Martin qui devance les trois 962 officielles. Plus la course avance moins les 956 semblent avoir peur des 962. Non seulement la consommation des “vieilles” autos n’est pas un soucis, mais en plus elles sont rapides ! Après 6h, la n°7 de Joest est en bataille avec la 14 de Lloyd, devant la première Lancia. Les deux Porsche donnent de se battre à couteaux tirés, l’une laissant la première à l’autre dans les Hunaudières afin de partager l’aspiration… et moins consommer ! En fait c’est un accord entre les équipes qui produit ce curieux schéma.

A 21h30 la 14 va connaître ses premiers soucis et laisser la seconde place à la 18 de Brun. La 7 est seule dans son tour, solidement en tête. A la mi-course, la 7 du Joest tient encore la tête devant la 962 n°2 et la Porsche 956 n°18 de Brun. La Lancia n°4 est encore 4e mais ne tarde pas à plonger au classement suite au changement d’une durite d’essence.

Juste avant la 18e heure, la n°3 a un problème de moyeu. Elle se fait repasser par la n°14 et la n°18 qui complètent le podium derrière la voiture du team Joest. En fin de matinée, la n°3 officielle est trahie par son moteur. A midi c’est au tour de la n°18 de Brun d’abandonner, boîte HS. La 962 n°3 monte sur le podium et les positions ne bougeront pas. La voiture de l’usine ne rattrapera pas les Porsche 956 privées qui s’offrent un doublé. Ludwig, Barilla et Winter l’mportent devant Palmer, Weaver et Lloyd tandis que les 956 n°33 et 10 de Fitzpatrick et Kremer terminent 4e et 5e, devant les Lancia. Les Porsche 956 n’étaient pas encore bonnes pour la casse !

Quelques victoires pour finir la saison

Après les 24h du Mans, les Porsche 956 font leur habituelle razia sur les courses du Norisring.

Aux 1000km d’Hockeheim, Brun et Joest placent leurs autos aux 2e et 3e places. A Spa, c’est Joest qui complète le podium derrière une Lancia et une 962 d’usine.
A Brands Hatch, les 962 font le doublé devant les Lancia et une Porsche 956 engagée par l’usine pour Hobert et Schuppan.

A Fuji, les 962 officielles se retirent face à la pluie, la 956 du Trust Racing ne fait pas mieux que 6e laissant les March et Tom’s locales remporter la course. Le championnat du mondes des voitures de sport se termine au circuit du Shah Alam en Malaisie voit le podium de 956 d’usine en troisième position et devant les autos de Fitzpatrick et Brun.

Le classement du championnat du monde ne titre pas un constructeur mais une équipe. L’usine avec ses 962 est première, devant Lancia. Les italiens n’ont que 8 points d’avance sur le Team Joest qui devance Kremer, Richard Lloyd et Brun. Toutes ces écuries sont devant Jaguar, qui monte cependant en puissance.

Comme les précédentes saison, la Porsche 956 est sacré en DRM. C’est Jochen Mass qui remporte le trophée des pilotes et le Jeost Racing celui des équipes.

1986 : les Porsche 956 n’abdiquent pas

Les deux saisons de cohabitation avec les Porsche 962 n’ont pas pour autant ringardisé les Porsche 956. Les autos s’engagent au milieu des 962 et des Jaguar. A Monza le Brun Motorsport termine troisième, la course est arrêtée bien avant la fin. A Silverstone, la meilleure 956 est celle de Liqui Moly qui termine 4e.

Les 24h du Mans 1986

Les Porsche 956 restent sur trois victoires de suite, dont deux aux mains de Rheinold Joest. Forcément cela donne envie de continuer. Derrière les trois 962C de l’usine on retrouve logiquement les 956 privées. Joest n’a toujours pas de 962 et engage deux autos. La n°7 qui conserve une livrée proche de la Newman malgré le changement de sponsor et qui est confiée à l’équipage Paolo Barilla, Klaus Ludwig et “John Winter”, les vainqueurs sortants. La n°8 est aux couleurs des USA et sera confiée à trois américains : George Follmer ,John Morton et Kenper Miller.

Obermaier engage la Porsche 956 n°9 pour Jürgen Lässig, Fulvio Ballabio et Dudley Wood.
Le Kremer Racing engage la n°11 pour Yver, Cohen-Olivar et Striebig.
L’équipe Liqui Moly engage la 956 GTI, l’auto “préparée” par le Richard Loyd Racing. Elle portera le n°14 et Baldi, Cobb et Dyson seront aux commandes.
Le Brun Motorsport est présent avec la N°19 et Boutsen, Theys et Ferté aux commandes.
La dernière 956 engagée est pour l’équipe Danone Porsche Espagne avec de Villota, Velez et Fouché comme pilotes.

La pole revient à Jochen Mass sur la 962 n°2 qui devance la n°1. Suivent ensuite deux 956, la n°7 de Joest et la 19 du Brun… devant même la 962 de la même équipe ! Les Porsche 956 vont être plus que des outsiders ! Toutes ces autos sont devant les Jaguar qui reprennent le rôle de challenger après le retrait des Lancia.

En course, les 956 vont se battre !

Comme les années précédentes, les voitures d’usine partent prudentes. Ce qui entraîne assez logiquement que la 956 n°7 de Joest se retrouve en tête dès la fin de la première heure, devant deux 962 et deux Jaguar. Elle va garder la tête jusque dans la 6e heure quand les deux Porsche 962 officielles repassent devant. A la 11e heure et la 12e heure, elle repointe en tête alors que seule la n°1 peut encore apporter la victoire aux Porsche 962 officielles.

Finalement, la n°7 va être trahie par son moteur au bout de 196 tours. Pour autant à l’arrivée, les 956 ne sont pas absentes. Si c’est la 962 du Brun Motorsport qui est seconde, la n°8 “américaine” du Joest Racing est sur la troisième marche du podium. Elle devance d’ailleurs la 956 Danone et l’auto de l’Obermaier racing.


Fin de saison discrète

Les Porsche 956 vont se montrer plus discrètes sur le reste de la saison. Après les 24h du Mans, les équipes allemandes remportent des victoires en Interserie et dans des courses nationales. Sauf que cette année la course du Norisring, qui revient une fois de plus au Team Joest, compte au Championnat du Monde !

Fin Juillet, le Trust Racing remporte une nouvelle fois les 500km de Fuji. Aux 1000km de Brands Hatch, les teams Liqui Moly, Joest (qui engage une 956 aux couleurs Rothmans) et Brun offrent le triplé aux 956 en l’absence de l’équipe d’usine.

A Jerez, c’est le Brun Motorsport qui place sa voiture sur la seconde marche du podium. Lors de la manche suivante, les 1000km du Nürburgring qui se déroule en deux manches, les 962 officielles se percutent lors de la première et finissent logiquement loin dans la seconde. Si c’est la Sauber du Kouros Racing qui l’emporte, elle devance trois Porsche 956 engagées par Liqui Moly, John Fitzpatrick Racing et l’Obermaier.

Aux 1000 km de Spa, les 962 font le triplé en qualifs la voiture du Brun devançant les autos d’usine. En course, elle confirme, devant une Jaguar, et la 962 n°1. La première 956, celle de Joest aux couleurs Blaupunkt n’est que 4e.

La dernière course de la saison se coure à Fuji. La 962 du Brun signe la pole devant la 956 de Joest la première des 962 officielles. Mais en course c’est bien la “vieille” Porsche 956 de Barilla et Ghinzani qui va l’emporter, devançant la 956 du Brun Motorsport.

Le Championnat du Monde des Voitures de Sport ne désigne plus le meilleur constructeur, mais la meilleure équipe. A ce jeu, le Brun Motorsport qui a su placer sa 956 aussi bien que sa 962 l’emporte devant Joest et Jaguar. Malgré la 4e place de l’usine, ce sont Bell et Stuck qui sont champions pilote.

La dernière apparition des Porsche 956 va se faire en Afrique du Sud fin Novembre. Le Joest Racing y signe un beau doublé devant la 956 de Brun. C’est la toute dernière apparition de la 956. A partir de la saison 1987, les Porsche 962 vont reprendre le flambeau, avec une concurrence encore renforcée !

Photos : les24heures.fr, Raphael Dauvergne, Luc Joly

 

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Benjamin
Redac-Chef à News d'Anciennes
Passionné d'automobile ancienne, il a créé News d'Anciennes en 2013 à force de se balader sur les salons sans savoir quoi faire de ses photos.
Conducteur occasionnel de Simca 1100 il adore conduire les voitures des autres, dès qu'elles sont un peu plus rapides !

1 commentaire sur “La Porsche 956, ou le début de la domination des années 80”

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